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Pourquoi entend-on mal sous l’eau ?

Comme beaucoup de plongeurs certainement, un jour j’ai eu à me poser la question « Pourquoi est-ce qu’on entend mal sous l’eau ? ». Comme beaucoup j’avais remis l’explication à plus tard. Mon travail de formateur en techniques industrielles m’a fait revenir en mémoire il y a peu mes anciens questionnements. J’ai finalement trouvé intéressant de faire une proposition d’explication à travers ce nouvel article que je vais essayer de rendre aussi clair que possible.

Le son c’est quoi ?

Un son est une vibration qui se propage de proche en proche dans un milieu « élastique », solide ou non. Les sons peuvent donc se propager aussi bien dans l’air, dans l’eau ou dans un corps plus solide comme l’acier par exemple. Cette onde a besoin d’un support pour se propager, ce qui explique qu’il n’y a aucun son dans l’espace puisque le vide ne peut pas le transmettre par « manque de matière support ».

Comment définit-on un son ?

On caractérise un son à partir de 3 critères techniques qui sont, sa fréquence, son intensité, son timbre.

La Fréquence.


La fréquence de l’onde sonore se définit par le nombre de cycles alternatifs par seconde.

Le son étant une onde, il possède donc une fréquence. Plus cette fréquence est rapide, plus le son est aïgu, vous aurez compris que plus la fréquence est faible, plus le son est grave. Nos oreilles ne sont pas capables d’entendre tous les sons. En général on admet que nous sommes capables d’entendre seulement des sons de fréquences comprises entre 15 et 20000 Hertz (20 kilohertz).

Certains animaux ont une oreille plus fine que la notre, ils peuvent entendre des sons beaucoup plus aïgus jusqu’à environ 40000 Hertz (les chats ou les chiens par exemple).

L’intensité d’un son, notion de bruits.

On peut facilement quantifier un son par son intensité. Cette mesure s’effectue en décibel (dB). Elle nous permet de donner une échelle de tolérance à la douleur. En effet, un son de plus de 80 dB devient un bruit fort, il est dangereux pour l’acuité auditive de nos oreilles, à 130 dB le son devient tellement fort qu’il en est très douloureux voire insupportable. Une exposition prolongée nous rendra probablement sujet à un traumatisme de l’oreille jusqu’à éventuellement devenir sourds.

Le timbre d’un son.

Dans le milieu musical on préfère quand on parle d’un son, évoquer plutôt son timbre.

En fait, les sons qui nous parviennent sont des assemblages de multiples fréquences. Les musiciens parlent d’harmoniques. Le timbre est une association d’harmoniques que le musicien tente de rendre parfaite en combinant différentes notes.

Le son sous l’eau.

Une vitesse de propagation différente que dans l’air.

Dans l’air un son circule avec une vitesse de propagation voisine de 340 m/s. Cette vitesse peut très légèrement varier en fonction de la densité de l’air et de sa température. Dans l’eau la vitesse de propagation est beaucoup plus rapide. Elle est proche de 1500 m/s. Dans d’autres milieux tels que les métaux, le son peut se propager à des vitesses bien supérieures jusqu’à plus de 5000 m/s.

Comment le cerveau localise-t-il un son dans l’air ?

Prenons un son provenant de la droite. Il est comme une vague qui passe devant un bateau. L’onde sonore va venir frapper le tympan de l’oreille droite. puis une fraction de seconde plus tard c’est le tympan de l’oreille gauche qui sera bousculé par l’onde. En fonction du temps entre les deux contacts le cerveau est capable de dire avec une précision de l’ordre de 10° d’où provenait le son. Mais les oreilles ne sont pas les seuls capteurs dont dispose le cerveau, l’ensemble du corps et les os en particulier lui servent à la géolocalisation.

Quelle différence avec le milieu aquatique ?

Dans l’eau, le son se propage donc 4 fois plus vite. Le cerveau se trouve perturbé par cette anomalie. Mais ce n’est pas le problème majeur qu’il rencontre. En effet dans l’eau l’oreille voit son impédance modifiée. Aie aie aie, dire que j’avais dit que j’allais faire simple !!!

L’impédance traduit le rapport entre la pression qui s’exerce et la vitesse de propagation du son dans le milieu donné. Nos tympans et les osselets de notre oreille jouent le rôle d’adaptateur et de transmetteurs avec le moins de pertes possibles jusqu’à la cochlée (le milieu aqueux dans lequel se trouvent les capteurs audios de nos oreilles.


L’oreille est un outils de transmission des ondes assez complexe.

Lorsque notre oreille est sous l’eau le son arrive donc dans un milieu aquatique. Pour atteindre les capteurs de l’audition, après le tympan, le son va devoir traverser une phase gazeuse (en lien avec les sinus) puis à nouveau une phase liquide dans la région de la cochlée. Cela se traduit par un affaiblissement notoire du son.

Cependant, notre corps étant essentiellement composé d’eau et se trouvant immergé il va transmettre très bien les ondes sonores qui vont trouver une raisonnance particulière dans les os du crane. Au final, on ressent assez bien le son plutôt qu’on l’entend. Cependant, on a la désagréable impression qu’il arrive de partout à la fois. On va donc « entendre » les sons et les bruits mais sans réelle possibilité de les localiser, c’est flagrant avec le bruit des bulles, sauf évidemment si la source se trouve à proximité immédiate.

Conclusion.

Cet article est sans doute un peu trop long mais la chose n’était pas si facile que ça a expliquer à moins de faire tellement vague qu’il n’aurait servi à rien. J’espère qu’il vous aura apporté quelques éléments de réflexion. Il y aurait tellement plus à dire: par exemple comment les lobes des oreilles amène le son jusqu’au tympans, ou encore comment on peut écouter de la musique sous l’eau. Mais tout cela serait bien trop compliqué.

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Bonnes bulles estivales à tout le monde.

Boussole ou compas sous l’eau.

Boussole ou compas, quel matériel utiliser sous l’eau ?

J’ai déjà eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises dans les pages de ce blog, être capable de bien s’orienter sous l’eau peut être vital, surtout au bassin d’Arcachon où la visibilité est connue pour être très limitée tout au long de l’année et où les courants peuvent être tourmentés et très puissants.

Une boussole c’est quoi ?

Selon la définition retenue par l’encyclopédie en ligne Wikipedia, « une boussole est un instrument de navigation constitué d’une aiguille magnétisée qui s’aligne sur le champ magnétique de la Terre. Elle indique ainsi le Nord et le Sud magnétiques. A retenir tant qu’on y est, que le pôle géographique est fixe sur l’axe de rotation de la Terre alors que le pôle nord magnétique se déplace dans le temps d’une façon désordonnée, ce qui nécessite des calculs de compensation si on doit se déplacer sur de grandes distances.

Pour s’orienter on va mesurer les angles en degrés. Un tour complet du cadran d’une boussole fera 360°. Les 4 points cardinaux seront parcourus dans le sens des aiguilles d’une montre. L’Est sera donc à 90°, et on parlera d’un cap au 90. Le Sud sera si vous avez tout bien suivi au 180, le sud-est au 135….. Bien ,j’espère que personne n’est encore perdu sans boussole !!

On pourra donc dire qu’une boussole est une aiguille mobile s’orientant dans une rose des vents fixe. Et c’est là que ça se complique un peu puisque malheureusement quand on porte la boussole à la main, au poignet ou ailleurs, elle est tout sauf immobile. Restons donc pragmatiques.

Un compas c’est quoi alors ?

Si on en reste à la dernière définition d’une boussole, à contrario, un compas serait donc une rose des vents mobile s’orientant dans un cadre fixe. L’usage veut qu’on utilise le nom de boussole pour les instruments de navigation terrestre à aiguille aimantée. En plongée on parlera de compas, l’aiguille est remplacée par un disque pivotant. Bon j’en connais qui commencent à se dirent: « On est pas sorti de l’auberge !!! ». Rassurez-vous, voyons tout de suite comment s’y retrouver en pratique.

Relever un cap à suivre.


Sur les deux cadrans de compas ci-dessus, on distingue les traits noir ou rouge qui servent à relever ou a prendre un cap.

Sur un compas de plongée classique, le cadran est traversé de part en part par un trait fin de couleur noire ou rouge, peut importe. Lorsqu’on veut connaitre l’orientation d’un objet que l’on observe face à soi (pour peu qu’il y ait une très bonne visibilité), il suffit d’aligner ce trait dans la direction de l’objet observé, on dit que l’on fait un relèvement de cap. Vous remarquerez alors que la rose des vents a pivoté dans son bain d’huile stabilisatrice et s’est arrêtée en indiquant la direction du nord magnétique. Il suffit alors de tourner le cadran pour aligner le repère 0 degré en face de la flèche indiquant le nord (la lettre N majuscule). La lecture sur le cadran de l’angle en vis à vis du trait noir ou rouge du côté de l’objet observé donne son cap.

Suivre un cap.

La plupart du temps en plongée la visibilité est très réduite, du coup pour trouver un objet si on connait son cap, il suffit de régler son compas à partir de ce paramètre, voyons comment procéder.

Supposons que nous cherchions à aller voir le Côtre Bleu au cap 330 en partant de la mise à l’eau de la ruelle St François à Arcachon.Tout d’abord il va falloir faire tourner le cadran mobile du compas de façon à aligner le repère 330° (ou 33 selon le modèle) sur le trait rouge ou noir. Le cap 330° est un cap presque au nord. Attention !! il faut aligner l’angle sur le trait dans le sens où on va se déplacer.

Il ne reste plus qu’à tenir le compas devant soi et qu’à pivoter sur soi-même. Au fur et à mesure de notre rotation, la rose des vents pivote elle aussi. Il nous reste finalement à aligner la flèche noire qui indique le nord de la rose des vents avec la graduation 0° du cadre. Il suffit maintenant de palmer en prenant garde de maintenir le nord de la rose des vents bien aligné avec le 0° du cadran et normalement tout doit bien se passer.

Pourquoi ça ne marche pas ?

Si la distance à franchir est grande, disons quelques dizaines de mètres, il y a de fortes chances qu’on ne trouve pas la cible malgré toute l’attention portée à rester bien aligné. Que s’est-il donc passé ?, Pourquoi est-ce que ça ne marche pas notre réglage de cap.

Le courant de marée.

Il est fort probable que le courant de marée nous ait déportés au fur et à mesure de notre trajet. Si nous étions sur une marée montante, en fait nous sommes arrivés trop à l’Est, il aurait fallut compenser la force du courant en déviant notre cap légèrement sur la gauche. Sur marée descendante il aurait fallut compenser à droite. Une opération particulièrement difficile puisque la distance à franchir est d’environ 100 m. L’erreur en bout de course peut vite atteindre une dizaine de mètres, du coup on passera à côté de l’épave sans la voir.

La position du compas

J’ai rarement vu les plongeurs au bassin d’Arcachon s’appliquer à ne jamais perdre de vue leur compas. Faire cela et veiller en même temps à ne perdre personne de la palanquée sur une distance aussi grande, c’est mission impossible. D’autant que l’on trouve différentes façons de porter le compas. Certains le porte au poignet, d’autres attaché par un lien rétractable à un anneau de la stab, d’autres enfin intègrent le compas dans une platine qui donne également la pression d’air et éventuellement la profondeur atteinte. Bref, autant de situations qui ne permettent pas d’avoir à tout instant le cap sous les yeux. Mais alors comment faire ?

Personnellement j’ai depuis longtemps adopté une technique plus efficace de mon point de vue. Je monte mon compas sur la platine de mon appareillage photo, ce qui me permet de toujours le surveiller en l’ayant en permanence face à moi dans une position la moins gênante possible. La platine est en aluminium et la visserie en inox A4, l’ensemble est amagnétique et ne produit aucun décalage mesurable avec la direction du Nord.

Et en plongée de nuit alors ?

En plongée de nuit c’est simple, j’ai équipé mon gilet stabilisateur d’une petite lampe LED que je porte en épaulière. En fait j’en ai même une sur chaque épaule, histoire de sécuriser la plongée. Mon compas tout comme mon appareillage photo se trouve éclairé en permanence, c’est donc extrêmement facile pour suivre un cap dans l’obscurité et atteindre une cible sans trop prendre de risque de s’égarer.

Conclusion.

Plonger la nuit sans boussole au bassin d’Arcachon serait suicidaire. Je déconseille vivement aux plongeurs de se risquer à cette grosse erreur tactique. Le compas tout comme le couteau est un outil de sécurité incontournable.

Pour ceux qui ne savent pas encore prendre un cap, entrainez-vous, c’est facile et ça peut vous sauver la mise, ce serait franchement idiot de s’en priver.

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Bonnes bulles tout le monde et à bientôt pour d’autres sujets passionnants sur le bassin.

Améliorer le contraste d’une photo

La retouche photo.

Pourquoi faut-il oser la retouche d’une photo ?

J’ai déjà expliqué dans un article précédent pourquoi il faut oser la retouche de nos photos de plongées. Je ne vais pas redétailler ici tout mon argumentaire. Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus ils peuvent cliquer ici pour retrouver cet article.

En fait, la vision humaine ne fonctionne bien que si ce que l’on observe est contrasté, c’est à dire s’il y a dans notre champ visuel des zones sombres et des zones claires mêlées et en grand nombres.


Une photo sous-marine peut paraître complètement loupée, pourtant avec quelques retouches très simples elle retrouvera comme nous allons le voir plus loin de la couleur et un certain intérêt.

Trop de zones claires et nous sommes aveuglés, trop de zones sombres et nous ne percevons plus les détails. En photo nous sommes confrontés à la même problématique. La plupart des photos que l’on prend sous l’eau semblent fades, sans couleurs et souvent mal éclairées. C’est normal. Le spectre lumineux est très vite absorbé sous l’eau soit du fait de la profondeur, soit à cause de la présence de particules d’une eau turbide.

Une solution, le contraste

Le contraste c’est quoi ?

Le contraste est une notion assez compliquée, il est le résultat d’un calcul dans lequel on fait le rapport de fortes et de faibles luminances. Bref peu d’intérêts pour nous. Plus pratiquement, on va chercher à obtenir une image dans laquelle on va avoir beaucoup d’ombres et de lumières.


Sur l’image ci-dessus, on voit bien qu’en réglant le contraste on a fait ressortir les détails et donner un certain charme à la photo.

Régler un contraste grâce à l’outil « histogramme ».

On trouve sur le marché de l’imagerie de nombreux logiciels permettant de retoucher une photo. Certains sont payants, parfois même très chers, d’autres gratuits et pourtant très efficaces dans leurs fonctions de base. En cherchant un peu sur Google vous en trouverez en téléchargement. Parmi tous les logiciels les adeptes de la retouche opèrent souvent avec Photoshop, ou Lightroom, deux logiciel de la société Adobe. Très biens, mais très chers. Si votre budget reste limité pourquoi ne pas commencer par GIMP, un logiciel gratuit vraiment très performant, une excellente alternative.


Sur les deux photos ci-dessus on a dans le coin en bas à droite de chacune un graphique, l’histogramme. Grâce à ce graphique on va pouvoir vérifier la présence de pixels sur l’étendue complète du graphique.

L’histogramme représente le mode de répartition des pixels dans une image. L’histogramme permet d’indiquer le niveau de détails dans les tons foncés (partie gauche de l’histogramme), dans les tons moyens (partie centrale) et dans les tons clairs (partie droite). Un histogramme permet de s’assurer que le niveau de détail d’une image est suffisamment élevé.

Si on regarde l’histogramme de la photo de droite, on se rend compte que le graphique occupe toute la largeur du diagramme, l’image est contrastée. A contrario, sur celle de gauche on voit que l’histogramme montre un graphique dans lequel il manque des détails à gauche et à droite. En fait plus l’histogramme va être étroit et moins on pourra récupérer en post production une photo mal équilibrée dès le départ.

Les histogrammes des deux photos montrent des courbes colorées, je reviendrai sur ce point particulier dans un article uniquement consacré à l’histogramme, car il y a beaucoup de choses à dire.

Conclusion.

J’espère que cette petite présentation vous aura convaincus que bien souvent, une photo que l’on mettrait facilement dans la corbeille aura la possibilité de retrouver une seconde vie après quelques manipulations assez simples dans un logiciel spécialisé. Alors n’hésitez pas, d’abord vous allez vous surprendre, mais de plus, vous tirerez un énorme plaisir à jouer avec les fonctions et les réglages des logiciels.

Un petit conseil toutefois, une fois votre logiciel choisi, apprenez à le connaître en profondeur pour en tirer le maximum. Vous trouverez sur internet de nombreux tutos qui expliquent tout très bien. Cependant rien ne sert de vouloir un logiciel pour ci, un logiciel pour ça et plein d’autres pour le reste. Non, soyez efficace avec celui que vous choisirez plutôt qu’un mauvais amateur dans les autres.

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Je vous souhaite de très belles photos bien contrastées.

Et si on parlait mégapixels ?

Je me rends compte en refaisant un petit tour sur mes précédents posts qu’il y a longtemps que je n’ai plus parlé technique photo.

Encore une fois, loin de moi l’idée de vous faire croire que j’en suis un grand spécialiste, pas du tout, mais vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre sur Facebook et beaucoup me posent des questions assez pertinentes tant sur la photo que sur la vidéo. Avant de revenir bientôt et une dernière fois sur les perrés d’Arcachon, je vais essayer de lever un voile sur un des éléments parfois mal compris en matière de numériques.


Le SONY RX100, un excellent compromis entre capteur et résolution en faible lumière.

C’est quoi un mégapixels ?

Mégapixels vous avez dit ? hummm, voyons d’abord ce qu’est un pixel. Le pixel est l’unité de base permettant de mesurer la définition d’une image numérique matricielle. C’est en fait une contraction du vocable anglais signifiant « élément d’image ». Méga est le coefficient multiplicateur et signifie million. 10 mégapixels veut donc dire 10 millions de pixels. Les pixels permettent de quantifier la définition de l’image.

Définition d’une image.

Pour se représenter facilement ce qu’est la définition d’une image on va imaginer une image en forme de rectangle. on trace sur ce rectangle une grande quantité des colonnes et de lignes. Chaque case obtenue va représenter un pixel. Si on multiplie le nombre de colonnes par le nombre de lignes on obtiendra le nombre de pixels total de l’image, c’est sa définition.

Cool, facile, mais petite question: c’est quoi alors la différence entre définition et résolution ? Bien vu !!, voilà qui demande plus de précision.

Résolution d’une image.

Avant tout, il faut se rappeler que beaucoup de termes de technologie s’expriment dans la langue de Shakespeare. La résolution se définit donc en DPI (dot per inch), c’est à dire en nombre de colonnes et de lignes contenues dans une image de surface d’un pouce carré, un pouce mesurant 2,54 mm. Par exemple 360 DPI, signifie qu’on a une image qui contient 360 colonnes et 360 lignes par pouce carré. En pratique cela signifie que plus on voudra avoir une image grande et de qualité, plus il faudra avoir de pixels pour remplir l’espace de chaque case.

Bien bien, donc si tout le monde a suivi jusque là, on pourrait penser que plus un appareil photo à de pixels, mieux c’est. Et bien pas vraiment, voyons pourquoi.

La pièce maîtresse, le capteur.

Plus que le nombre de pixels, c’est avant tout la dimension du capteur qui fait la différence. Ok, mais c’est quoi le capteur ?

Le capteur est l’élément de base de l’appareil photo ou de la caméra numérique, c’est l’équivalent de l’antique pellicule. Plus il est grand et plus il est capable de traiter correctement les rayonnements lumineux qui viennent le frapper lors de la prise de vue.

La technologie évolue très vite dans ce domaine de l’électronique. Beaucoup d’appareils actuels utilisent des capteurs de types CMOS mais d’autres technologies sont aussi présentes sur le marché. Ces capteurs sont constitués de photodiodes ultrarapides et de faible coût de fabrication. Rentrer plus en détail ici nécessiterait un article complet rien que pour les capteurs, je ne m’étendrai pas sur ce sujet.

Plus le capteur est grand, plus on se situe dans du matériel haut de gamme, comme avec la catégorie des reflex à base de haute technologie APS-H développée par CANON par exemple. Dans un domaine toujours de précision mais à l’usage d’un public non professionnel, c’est le capteur 1″ (lire 1 pouce) qui fait parler de lui. S’il est quasiment deux fois plus petit que le capteur APS-H, ce capteur équipe maintenant pas mal de compacts et d’hybrides dit experts, comme mon RX100 par exemple.


Sous l’eau, et c’est encore plus vrai la nuit, c’est votre source de lumière qui fera la réussite de votre film ou de vos photos.

Capteurs et mégapixels.

J’espère que vous l’aurez compris, plus le nombre de pixels est grand sur la surface d’un capteur, meilleure est sa définition. Pour autant cela ne veut pas dire que l’appareil sera très performant, en effet sur un capteur de petite dimension mais avec beaucoup de mégapixels, chaque photosite (élément sensible des photodiodes) reçoit peu de lumière du fait de sa petite taille. Cela génère ce qu’on appelle du bruit qui fait baisser la qualité de l’image, surtout dans le cas de faibles luminosités. On dit que le capteur a alors une faible dynamique, ce que l’électronique devra essayer de compenser avec plus ou moins de bonheur. Par contre on pourra tirer un grand tirage papier sans trop de soucis.

Pour avoir une belle image, surtout en faible luminosité il vaudra mieux avoir des photosites bien éclairés. Ce qui sous-entend un nombre de mégapixels raisonnable par rapport à la dimension du capteur.

Mégapixels et plongée de nuit.

Le plongeur photographe et le plongeur cinéaste doivent se poser la question du choix de l’appareil numérique.

En gros pour simplifier, vous savez maintenant je pense que l’eau absorbe énormément la lumière. Cette contrainte entraine une choix particulièrement délicat. En effet, pour faire du film il faut beaucoup de lumière, il faudra donc avoir un capteur le plus grand possible, même sans énormément de mégapixels, à partir de 8 c’est déjà pas mal. Malheureusement, pour faire de la photo, le capteur manquera de lumière, l’image sera donc de moins bonne qualité, moins précise et moins dynamique que ce que le photographe ferait dans les mêmes conditions.

Le photographe dispose d’un énorme avantage, il sait (en tout cas il devrait savoir) gérer la lumière très puissante de ses flashs. Pas de problème d’exposition, et donc pas de bruit sur la photo. Le capteur peut donc envoyer un signal analogique de grande qualité. Un nombre élevé de mégapixels est alors plus que souhaitable.

Bref, voilà pourquoi mon RX100 mark 4 utilisé avec des lampes ne donnera jamais la qualité photographique que ce qu’il pourrait donner avec des flashs. Ce n’est pas tant une histoire de capteur et de pixels, mais beaucoup plus celle de la qualité et de la quantité de la lumière au moment de la prise de vue.

Voila voila, j’espère que cet article vous aura permis d’y voir un peu plus clair.

Si cet article vous a plu.

Si cet article vous a plu, il y en a sûrement d’autres qui vous plairont aussi, alors n’hésitez pas à revenir souvent sur le blog pour y fouiller à la recherche des perles rares de la technique ou de la bio en plongée.

N’hésitez pas aussi à faire connaitre le blog autour de vous, parlez en et conseillez le à vos amis, ce sera ma plus belle récompense pour le travail que j’accorde à faire vivre ses pages. Et croyez moi, du travail il y en a. A très vite pour parler encore longtemps de nos passions sous l’eau, je compte sur vous, et si vous ne l’avez déjà fait, profitez-en pour vous abonner, c’est gratuit.

Photo et vidéo, retouche ou pas retouche ?

Retoucher ou pas une vidéo ou une photo ?

J’avais gardé ça assez discrètement mais j’ai passé une dizaine de jours de vacances en Martinique. L’occasion vous vous en doutez de faire quelques plongées avec une partie de mon bardas photo. C’est un peu encombrant tout ce matos mais ça vaut vraiment le coup de se fatiguer un peu. On a discuté photo et technique, bien évidemment, avec quelques autres plongeurs et je me suis rendu compte que pas plus la retouche photo que la retouche vidéo ne sont réellement connues. Je me suis donc dit que ce serait probablement une bonne idée que de faire ici un petit point sur la question avant de reprendre mes articles sur le bassin d’Arcachon.

Quelles différences entre photo et vidéo ?

On pourrait effectivement se poser la question de savoir quelles différences il y a entre une photo sous-marine et un clip tourné dans les mêmes conditions. La réponse est pourtant presque logique, il n’y en a pas, un clip vidéo n’est simplement que la juxtaposition, dans l’ordre, d’une série d’images (et donc de photos) placées les unes à côté des autres et dont le défilement rapide donne l’illusion d’une continuité du fait de la rémanence de la lumière sur notre fond de l’œil. Pour la retouche des deux types d’images on va juste utiliser de préférence des logiciels dédiés, il en existe pas mal de disponibles sur internet.

Pourquoi retoucher une photo ou une vidéo ?

Notre œil est un outil formidable, il est très sensible à la lumière du jour et il est assez fiable, tout au moins pendant nos jeunes années. Mais alors pourquoi les couleurs que l’on observe avec un masque ne sont pas les mêmes que celle d’une photo ?

En fait notre œil n’y est pour rien, les coupables s’il doit y en avoir sont l’appareil utilisé et notre cerveau. En effet, notre œil n’est simplement que l’association d’une lentille optique et d’un capteur sensible à la lumière. Les informations transmisent au cerveau sont donc des données brutes qui nécessitent un développement, un traitement du signal si vous préférez. Notre cerveau se comporte alors comme un ordinateur disposant de divers programmes de retouche qui lui permettent de reconstituer une image qui doit être la plus fidèle possible, non pas à la réalité, mais à ce que le cerveau estime qu’elle doit être en fonction de ce qu’il a en mémoire de ses expériences passées.

Sous l’eau nous l’avons déjà décrit, les couleurs ne pénètrent pas en profondeur sur les mêmes distances, le rouge disparaissant très vite dès les premiers mètres contrairement au bleu qui est visible jusqu’à très grande profondeur.

Bon c’est bien beau tout ça, mais ça n’explique toujours pas la différence d’appréciation avec le rendu d’une photo ou d’un film sous-marin et ce que dit notre « vision ». Et bien c’est assez facile à comprendre. L’appareil numérique enregistre des données brutes en grandes quantités sur la luminosité, la couleur, la netteté, les contrastes etc… Pour les appareils photos disposant de la ressource, ceux-ci enregistrent tous ces détails dans une mémoire appelée fichier Raw, pour ceux ne disposant pas de cette option, le format d’affichage est dit compressé, le plus souvent en jpeg, après avoir subit un traitement informatique. Chaque constructeur est de ce point de vue différent des autres pour des questions de propriété intellectuelle sur les logiciels, quand bien même ils utiliseraient le même capteur optique, ce qui est d’ailleurs souvent le cas.

Cela signifie que pour une même photo prise avec des appareils différents, le résultat seront différents sur chaque appareil, à quelque chose prêt bien sûr. Il n’y a donc pas UNE réalité, mais autant qu’on peut en créer avec le matériel, notre cerveau y compris.

Retouche ou pas alors ?


La retouche photo embellit les couleurs et permet d’éliminer les brumes bleues.

Retouche bien évidemment !!, votre objectif étant je présume de ramener de beaux souvenirs, il n’est pas forcément besoin qu’ils soient exactement fidèles à ce que vous avez vu, ce dont entre parenthèse vous êtes bien incapables de vous rappeler quelques jours plus tard sinon à travers une vague sensation de…, et comme je le disais, rien n’est moins sûr.

Bref, que faire ? Hé bien, pas grand chose si vos photos ou vos films sont malheureusement mal exposés, flous et sans aucune couleur hormis du bleu partout. Aie, là ça fait mal.

C’est bien joli, mais on fait comment pour que ce ne soit pas le cas ?

Votre handicap sous l’eau c’est le manque de couleurs, si vous voulez en avoir, pas d’autre solution que de les y apporter grâce à des flashs ou à des lampes. Malheureusement l’eau absorbe très vite les couleurs et même avec de l’eau claire comme aux Antilles, pas question d’obtenir de belles couleurs à plus d’un mètre avec des phares et deux ou trois mètres avec des flashes. Aie, ça fait mal aussi ça !!, bon on fait quoi alors ?

Que retoucher et avec quoi ?

J’aurais du dire en premier: avec quoi !! Avec un logiciel d’ordinateur bien sûr. Je n’ai pas pour objectif de faire de la pub pour une marque ou une autre, votre choix possible est vaste, que ce soit entre les gratuits et les payants, mais aussi entre les chers et les pas chers, voire même entre les efficaces et les inefficaces.

Bref, fouillez les forums pour vous faire une idée selon vos moyens et vos goûts.

J’avais proposé il y a quelques temps un article sur l’utilisation des filtres, en particulier d’un filtre rouge dont la fonction est de bloquer une partie du bleu. Ce n’est pas à l’usage une solution pratique. Elle dépend trop dans ses résultats de la position du soleil, de la clarté de l’eau, de la profondeur, bref de plein de paramètres qui sont susceptibles de varier pendant la plongée et donc ce n’est pas un filtre mais plusieurs filtres qu’il faudrait utiliser, imaginez la galère.

Ok, vous allez regardez ça, très bien. Reste donc à savoir quoi toucher en retouche.

En premier lieu, faites toujours votre travail sur une copie, on ne sait jamais, surtout lorsqu’on débute dans ce travail. Il manque la plupart du temps deux couleurs essentielles, le rouge et le jaune. L’idée de base est donc d’en ajouter par petites doses pour ne pas trop s’éloigner d’un effet objectif de la modif. Il faut bien évidemment enlever du bleu, mais attention, n’y allez pas trop fort, sinon l’eau ne sera plus bleue, mais presque grise ce qui n’est évidemment pas la réalité.

La plupart des appareils offrent un réglage appelé « Balance des blancs » que les caissons étanches gardent accessible. Mais sous l’eau l’utiliser est loin d’être évident. Ce réglage permet de recaler la lecture d’une couleur blanche, je devrais dire plutôt un gris moyen, le plus proche possible comparativement à un gris étalon qu’il est possible d’acheter, mais qui de mon point de vue n’est pas nécessaire. L’idée si vous voulez est de régler l’appareil pour qu’un objet blanc ressorte blanc sur la photo. Pratique dans le principe, beaucoup moins dans la pratique, sans parler des pertes de temps à faire les réglages.

Bref, autant passer du temps devant un ordinateur, c’est presque plus efficace. Avant même de tenter d’équilibrer les couleurs vous devriez ajuster le même petit réglage de la balance des blancs mais cette fois ci avec un logiciel de retouche, on procède par tâtonnements successifs jusqu’à obtenir un résultat acceptable, au début c’est un peu fastidieux mais une fois qu’on commence à maîtriser le logiciel, ça devient intuitif et c’est même un vrai plaisir dont vous aurez très vite du mal à vous passer.

Retoucher c’est pas tricher un peu ??

N’écoutez pas les donneurs de leçons, si corriger une photo c’était tricher, il y en aurait plein les poubelles, que ce soit celles en noir & blanc ou autres et pas un seul magazine de photo ne se vendrait. Votre travail est simplement d’embellir, c’est presque de l’art finalement. Vous ne mettriez pas un Picasso ou un Dali à la poubelle parce qu’ils ont déformer leur modèle féminin. Bon, on est d’accord, donc faites vous plaisir avant tout et si la photo ou le film de vos plongées est au final plus beau que ce que vous avez vu, et bien tant mieux, non ?

S’il y a de la demande je peux faire quelques petits tutos, mais si vous cherchez un peu, il en existe déjà beaucoup sur YouTube par exemple. Vous serez d’autant plus fiers des résultats si c’est vous qui avez fait l’essentiel du travail de recherches et d’essais, alors n’hésitez plus, osez la retouche de vos photos et de vos films.

Archimède, poussée, flotter ou couler.

La Poussée d’Archimède, pas aussi simple qu’on ne le croit.

La poussée d’Archimède a déjà fait l’objet d’un article dans le blog, un article que je vous invite à relire ou peut-être à découvrir si ce n’est déjà fait.

Mais si l’article existe déjà, pourquoi donc en refaire un autre ? Tout simplement parce que les raisons qui permettent à un nageur ou un plongeur de flotter ou de couler ne sont pas si faciles que ça à comprendre malgré ce qu’en disent la littérature ou les explications basiques les plus répandues.

Ah bon ?, y aurait-il plusieurs poussées d’Archimède ? Non, bien évidemment non, mais ce qui fait toute la différence (et qui n’est quasiment jamais noté ou mis en avant), c’est que le théorème d’Archimède ne fonctionne que dans un état de statique, c’est à dire quand aucune modification de position, de déplacement ou de volume n’intervient. Nous allons donc étudier ces différents paramètres.

Le poids apparent est la différence qui existe entre le poids P de l’objet et la force d’Archimède Fa. Si Fa est plus grand que P, l’objet flotte en surface.

Le théorème de base

Rappelons ce que dit notre fameux théorème. Tout corps plongé dans un fluide subit de la part de ce fluide une force verticale, dirigée vers le haut, équivalente au poids du liquide déplacé par le volume immergé..

Jusque là rien de bien sorcier. Mais ce qui coince c’est quand on commence à se poser quelques petites questions saugrenues. Par exemple, « comment se fait-il qu’on flotte mieux à l’horizontale qu’à la verticale ? » ou bien: « pourquoi certaines personnes n’arrivent pas à faire la planche ? ». Pour répondre simplement, il faut revenir à quelques bases de physique, voyons ça.

Densité et flottabilité

La densité.

Si on s’en tient à la simple définition d’un dictionnaire, la densité est le rapport de masse entre un volume de liquide ou de solide et le même volume d’eau à une température de 4°. Pour les gaz c’est un peu différent mais ici cela ne nous intéresse pas.

Prenons l’exemple d’un mètre cube d’acier, il possède une masse de 7850 kg, le même volume d’eau douce a une masse de 1000 kg, le rapport donne 7850/1000 = 7.85. On va dire que l’acier est 7.85 fois plus dense que l’eau douce.

Un corps humain à une densité de 1.025 en moyenne ce qui explique qu’étant plus dense que l’eau il coule. Pourtant les gens font la planche et ne coulent pas ? C’est vrai, que se passe-t-il donc ?

Pour flotter il faut faire baisser sa densité, le corps humain possède deux poumons qui se comportent comme des ballons gonflés d’air. L’air étant mille fois moins dense que l’eau, plus les poumons sont gonflés, plus le volume occupé s’agrandit et plus la densité apparente du corps diminue. Au bilan on flotte. C’est d’autant plus vrai que l’eau est dense car chargée en sel dilués comme c’est le cas en eau de mer.

Certaines personnes n’arrivent pourtant pas à faire la planche. Il faut donc chercher autre chose.

Le centre de gravité.

Pour qu’un corps soumis à l’action de deux forces soit en équilibre, il est impératif que les droites d’action de ces deux forces soient parfaitement alignées. Sinon il se produit un phénomène de rotation qui va mettre en place cet alignement. Le poids du corps humain produit une force verticale, dirigée vers le bas, accrochée au centre de gravité du corps quelque part du côté du nombril. La masse d’eau déplacée produit une force d’Archimède au centre de masse du liquide déplacé. Tant que le centre de gravité et le centre de masse ne seront pas alignés, le corps va pivoter dans l’eau, du moins tant que des mouvements des mains ou des pieds ne viennent l’en empêcher.

Chaque personne est un cas à part et même si en moyenne nous avons tous une densité corporelle de l’ordre de 1,025 l’équilibre dans l’eau dépend donc de la répartition des masses. Nous avons tous une forme plus ou moins différente de celles des autres. On peut très bien avoir par exemple des os plus épais et donc une masse plus lourde, notamment au niveau des jambes. Les jambes auront donc naturellement tendance à couler pour venir se mettre à la verticale sous le corps. La seule façon de contrecarrer ce mouvement est de raidir les muscles et de déplacer le volume d’air des poumons en gonflant leur partie basse qui est la plus volumineuse. On appelle ça avoir une respiration ventrale.

C’est bien beau mais si on se met à la verticale on coule très facilement, pourtant on est bien immergé non ? Hé oui, mais je n’ai pas tout dit, voyons ça.

Les variations de volumes.

Lorsque le corps est en position verticale, il se produit un phénomène assez simple à expliquer. L’eau qui entoure le corps exerce sur lui une multitude de petites forces perpendiculairement à la peau (pour simplifier). Ces forces de pression dépendent de la profondeur. Plus le corps est loin de la surface, plus la pression est importante et même si on ne peut s’en rendre compte, cette pression tend à faire diminuer le volume du corps humain. Le volume diminuant, la poussée d’Archimède diminue alors que la densité du corps augmente. C’est tellement vrai qu’en apnée, à 10 mètres de profondeur le volume des poumons est réduit de moitié. Cette pression s’exerce aussi sur les bulles d’air des combinaisons en néoprène qui perdent elles aussi du volume.

En position verticale, surtout si c’est tête en bas, la pression de l’eau va donc faire diminuer le volume global du corps et le faire couler de plus en plus facilement.

Pour rester en surface en position verticale la seule solution consiste à gonfler les poumons mais aussi à faire avec les mains ou les pieds quelques mouvements dont la pression sur l’eau crée une force qui s’ajoute à la poussée d’Archimède. C’est une technique assez facile à apprendre et le fait qu’une personne n’y arrive pas du premier coup ne veut pas dire qu’elle en est incapable, il suffit juste de trouver les mouvements qui vont bien.

Conclusion.

Retenons simplement que la poussée d’Archimède se définit dans le cas d’un corps non déformable et dans une position statique.

Les humains ont en moyenne une densité supérieure à celle de l’eau ce qui les empêche de flotter. Pour réussir à flotter en surface il faut apprendre à utiliser sa respiration ventrale et s’aider de petits mouvements des mains en particulier.

Voila, je voulais faire cette petite mise au point qui vient compléter mon précédent article. Y inclure toutes ces précisions l’aurait trop alourdi et mon but n’est pas de vous faire peur avec des textes trop volumineux ou trop compliqués.

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Dans le prochain article je vais vous présenter le troisième volet de ma série sur les perrés d’Arcachon. Cette partie abordera en particulier la faune qu’on peut y découvrir.

Je vous dis donc à très bientôt.

Le SONY RX100 Mark IV

Le Sony RX100 mark IV en plongée.

Avec sa série des 3 premiers RX100, Sony avait déjà fait couler beaucoup d’encre et causé pas mal de soucis à sa concurrence. Avec la mouture mark IV qui date de 2015 et qui est déjà suivie de la mark V, la marque ajoute à son boitier quelques fonctionnalités bien intéressantes.
RX100 3 f av

Quoi de neuf coté look.

Aucun changement dans l’aspect extérieur.

Au premier regard, aucun changement ne distingue le RX mark IV de son prédécesseur le mark III si ce n’est une petite gravure blanche en haut à gauche au-dessus de l’écran arrière. L’aspect extérieur reste toujours……..

Cliquez ici pour poursuivre la lecture de cet article en entier.


Dans un tout autre domaine, FACELINES PRODUCTIONS vient de sortir le 13 décembre son premier DVD documentaire « En Quête des Nudibranches ». Il est disponible sur le site www.facelinesproductions.com. Nous venons d’y inclure un bouton d’achat par PAYPAL, une option sécurisée et très pratique.

N’hésitez pas à vous renseigner et à commander le DVD, nous avons travaillé d’arrache-pieds pour vous donner un maximum de belles images et des commentaires concis et précis, le tout sur une musique vraiment géniale de Claude.

Pour les heureux amateurs de la Gironde, les DVD sont disponibles également chez Sub-Ouest à Gradignan et chez Bigata Scub’Atoll à Mérignac. N’hésitez pas à aller visiter ces magasins pour y trouver plein de cadeaux de Noël.

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Les batteries Li-Ion

Les batteries Li-ion et la plongée

Les batterie Li-ion, on dit aussi les accumulateurs Li-ion, sont des batteries à base de technologie au Lithium. On ne peut pas vraiment dire qu’il s’agisse d’une technologie nouvelle puisqu’elle existe sur le marché des accumulateurs depuis plus de 20 ans déjà. Ce type de batteries bénéficie actuellement d’un véritable engouement.

Pourquoi utiliser une technologie Li-Ion ?

La technologie Ion Lithium permet d’accumuler beaucoup plus de charge énergétique que les anciennes batteries au nickel (de 2 à presque 5 fois plus) pour un encombrement réduit. Les batteries Li-ion n’ont pas d’effet mémoire, un véritable et énorme avantage. Enfin, ces accumulateurs ne s’auto-déchargent quasiment pas, parfois même sur des durées d’un an ou plus et ils ne nécessitent aucun entretien de maintenance.

Une Technologie non sans risques

Tout irait bien avec cette technologie dans le meilleur du monde si tous ces avantages ne s’accompagnaient pas de sérieux inconvénients.

Une décharge profonde risque d’endommager la batterie, mais en plongée, il arrive d’avoir besoin de lumière longtemps, la nuit par exemple ou en expédition sous-terraine. Il vaut mieux éviter de trop tirer sur l’accumulateur et prendre la précaution de le recharger régulièrement, même si ce n’est que très peu.

L’électrolyte liquide présente réellement un danger de manipulation. En cas de détérioration de l’accumulateur, l’électrolyte peut entrer en contact avec l’air ou avec l’eau. Il y a alors production d’un acide dangereux. Une mauvaise utilisation ou une élévation de température anormale peut même rendre l’accumulateur explosif.

Par construction, il peut même se produire des court-circuits internes.

Pour se protéger de ces dangers, il est impératif que les éléments Li-Ion soient protégés par une électronique embarquée capable de contrôler la charge et la décharge, les surintensités anormales et les décharges profondes qui feraient baisser la tension en dessous de 2,5 v (3,7 v en charge normale).

Attention aussi aux expressions utilisées ici ou là: ne pas confondre battery et batterie, le premier terme est anglais et signifie pile (d’ailleurs les piles au lithium existent bel et bien mais ne sont pas rechargeables). Batterie est l’expression française utilisée par abus de langage pour parler d’un accumulateur.

Pour finir, il faut être prudent sur l’utilisation des chargeurs qui sont vraiment d’un usage très spécifique. En effet, la charge des éléments doit se faire en deux temps bien distincts avec un contrôle très pointu du courant de charge surtout en fin d’opération. La tension de charge finale ne doit jamais dépasser 4,2v.

Comment utiliser ses batteries Li-ions ?

Les batteries Li-ion pour le grand public ont une durée de vie de quelques années à peine alors que celles destinées aux matériels professionnels peuvent atteindre des durées de vie de plus de 10 ans sans soucis.

Puisqu’on parle de durée de vie, il semblerait que ces batteries puissent se détériorer à la longue, même si elles ne sont pas utilisées. Il est d’ailleurs conseillé pour le stockage de vider partiellement les accumulateurs pour ne faire une recharge partielle que de temps en temps afin de compenser l’auto-décharge (elle est très faible, quelques % par mois, mais elle existe).

Il est également conseillé de ne pas utiliser les Li-ion aussitôt après une charge complète, pas plus qu’il ne faut les exposer à une température importante, les Li-ion, c’est comme les Leds, ça aime les températures froides.

Le nombre de cycles décharge/charge avoisine les 1000 en utilisation normale, ça laisse au plongeur une grande marge d’utilisation avant d’envisager un changement de ses accumulateurs.

Les questions qu’on se pose le plus souvent.

Est-ce qu’il faut commencer par charger une Li-ion neuve avant de s’en servir ?

A priori ,non, l’électronique de contrôle de la batterie a subi normalement une calibration en usine et la très faible décharge interne fait que l’accumulateur est prêt à fonctionner. Il semble donc plus normal de l’utiliser directement.

Le calibrage c’est quoi ?

L’électronique de surveillance et de contrôle de la batterie mémorise un cycle complet de décharge puis de charge. Une utilisation quotidienne des batteries peut modifier sensiblement les paramètres de réglage. Il est donc conseillé de faire une fois de temps en temps une décharge complète suivie d’une recharge complète. C’est ce qu’on appelle le recalibrage. La fréquence de cette opération est à cadencer en fonction de l’utilisation. Il faut cependant rester prudent, une décharge profonde peut définitivement détériorer la batterie, le mieux est donc de ne pas trop insister sur cette pratique.

Est-ce qu’on peut laisser la batterie vide longtemps avant de la recharger ?

A mon avis il ne vaut mieux pas, il n’est pas possible de connaitre simplement l’état de décharge de la batterie. Disons que si vous mesurez une tension de 3v à ses bornes il vaudrait mieux lui donner une petite recharge sans trop attendre. La décharge interne étant faible, elle n’est pas nulle, et un accumulateur déjà détérioré se déchargera en interne probablement plus facilement, ce qui risque de le conduire à se rapprocher trop près de la zone de détérioration.

Faut-il charger la batterie en une seule fois à fond ?

Tout dépend de ce que vous voulez faire avec l’accumulateur. Si vous voulez l’utiliser très rapidement, allez-y, mais attention, ne pas le faire en période de cannicule, la chaleur n’est pas du tout appréciée par les Li-ion qui perdent de la capacité de charge après de trop forte charge pendant une phase de montée en température. Si vous ne souhaitez pas utiliser la batterie de suite, le mieux est de la charger partiellement, la meilleure charge est à 40% si la batterie doit être stockée, dans ce cas la mettre dans un local frais.

Ces batteries sont-elles plus puissantes que les autres types ?

En théorie oui, cependant il y a de tout sur le marché internet. Le risque est d’acheter des contrefaçons qui vantent de fortes capacités alors qu’en réalité elles n’en font que la moitié à peine. Les batteries au lithium-ion sont chères à fabriquer, un prix trop attractif devrait lever beaucoup de doutes sur la fiabilité d’une annonce.

Ci-dessus, 2 exemples de contrefaçons: la jaune annonce 9800 mah ce qui est complètement illusoire, la deuxième annonce 4200 mah, sa facture est de bonne qualité et la batterie fonctionne assez bien mais son poids d’à peine 40 grammes démontre la fraude. En réalité il s’agit d’une batterie de 2800 mah maquillée.

Comment savoir si un accumulateur Li-ion est de bonne qualité ?

On vient de le voir, le prix peut-être un bon indice mais c’est surtout le poids qui fait la différence. Si vous prenez par exemple des batteries 18650 ( très couramment utilisées dans les lampes de plongée), d’une capacité entre 2800 et 3400 mah, elle pèsera entre 45 et 52 grammes environ. Plus légère c’est l’assurance d’une entourloupe du vendeur. De la même façon, une batterie de ce type annoncée avec une capacité de 6000 à 9000 mah sent l’escroquerie à plein nez.

Peut-on utiliser un chargeur universel ?

Surtout pas, ce serait extrêmement risqué. Les Li-ion sont extrêmement sensibles et fragiles lors de la charge. Elles nécessitent des chargeurs adaptés.

Combien de temps une batterie Li-ion se conserve-telle ?

En réalité il faudrait se poser la question: quel âge a-t-elle ? En effet ces accumulateurs se détériorent petit à petit d’autant plus qu’ils ont été stockés dans de mauvaises conditions. Disons qu’une longévité de 4 à 5 ans est une moyenne honorable. Donc du coup, il ne faut pas acheter une batterie qui a déjà cet âge-là si vous voulez la conserver autant.

Conclusions.

Les batteries Li-ions se retrouvent installées un peu partout maintenant (téléphones, portables, consoles de jeux, appareils photo etc etc…). Bref pas moyen de passer à travers. En plongée, ces batteries ont permis de réduire d’une façon impressionnante la dimension des lampes et des flashs. On ne va pas s’en plaindre, en tous cas pas moi. Pour autant elles restent des sources d’énergies dangereuses avec des risques d’explosion, de dégagement de flammes ou de projections d’acides. Il est donc prudent de les manipuler avec précaution.

Il y a encore beaucoup à dire sur ces batteries et sur leurs prochaines évolutions technologiques, ça fera peut-être l’objet d’un prochain article.

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A très bientôt pour d’autres nouveautés…

Osez la vidéo sous-marine.

La vidéo sous-marine nocturne.

Pourquoi un article sur la vidéo nocturne ?

La vidéo sous-marine nocturne est devenue pour moi un espace de détente et d’émerveillement. Cela fait 22 ans déjà que j’arpente la nuit les rochers du Cap Ferret et les sables d’Arcachon. Comme tout le monde, j’ai passé mes premières années subaquatiques à balader tranquillement avec pour seul objectif de passer un moment agréable sous l’eau en observant la faune sous-marine.

En 2003 j’ai fait l’acquisition d’un appareil photo Canon G3 que je montais dans un caisson étanche Ikélite. J’ai très vite pris un goût prononcé pour la photo sous-marine malgré le peu de performances de l’appareil. Mais bon, certaines images étaient vraiment sympas et j’en étais finalement assez fier. Avec 3 Mpx on ne pouvait tout de même pas demander le summum de la qualité.

Côté éclairage j’avais bricolé une platine qui accueillait le caisson étanche et deux phares halogènes de 50 watts. Une démarche sportive puisque l’ensemble avoisinait les 8 kilos.

Quelques années plus tard, j’ai enfin délaissé mon G3 pour un compact Sony HX20V toujours en caisson Ikélite. J’avais enfin la possibilité de faire du film de très bonne qualité. Depuis lors, je n’ai eu de cesse de filmer poissons, crustacés et mollusques.

Pourquoi cet article sur la vidéo nocturne ? Disons que je suppose que quelques photographes sous-marins aimeraient bien se mettre à la vidéo, alors autant leur adresser conseils techniques et pratiques pour qu’ils se laissent tenter.

La vidéo sous-marine nocturne c’est tout simplement magique. Bien la maîtriser, c’est l’assurance de ramener en famille de superbes images très colorées et très originales. La nuit dans la lumière des phares, tout s’éclaire de couleurs somptueuses. De plus, beaucoup d’espèces animales sont nocturnes et donc par principe impossible à observer la journée. D’où l’intérêt des plongées de nuit.

La lumière, une nécessité.

Avoir une bonne lumière et donc un bon éclairage en plongée de nuit c’est vraiment essentiel, plus encore si on fait de la vidéo. Avoir une lumière homogène est vraiment une nécessité incontournable. De fait il faut tout de suite réaliser qu’un phare pour la vidéo doit posséder des caractéristiques bien précises.

Premièrement, la lumière doit être puissante, j’ai parlé de cela dans un article précédent sur les lampes et les phares de plongée. Attention, plutôt que de parler de puissance en watts, comme on le fait pour une ampoule à la maison, il vaut mieux parler de flux lumineux, (Voir mon article sur les grandeurs physiques en photographie). Beaucoup de fabricants ont délaissé les watts pour les lumens. Attention toutefois, cette information en lumens est parfois à discuter car plus ou moins fiable.

L’eau absorbe très vite la lumière et il sera nécessaire de disposer de beaucoup de lumens en plongée de nuit, un minimum de 5000 lumens est tout juste acceptable, c’est pour dire !!

Deuxièmement: La source de lumière ne doit pas provoquer d’ombres disgracieuses. Il faudra donc disposer d’au moins 2 lampes ou phares placés de part et d’autre du caisson étanche. Une petite lumière d’appoint placée au-dessus de la cible permettra avec bonheur de mieux équilibrer l’éclairage.

Troisièment: Il ne doit pas y avoir de point chaud au centre du faisceau. Sinon il provoquera des zones surexposées qui vont dénaturer l’image.

Quatrièmement, La zone éclairée doit être la plus grande possible. Les lampes ou les phares devront donc avoir un angle de faisceau d’au moins 90 à 110 degrés, au-delà, on pert très vite en efficacité lumineuse.

Cinquièmement: Chaque source de lumière autonome possède une dominante de couleur. Les fabricants annoncent dans leurs descriptifs la température de couleur du matériel en faisant référence à des Kelvins. Cette information permet d’évaluer la couleur dominante produite par la lampe ou le phare. Je vous laisse découvrir ça dans mon article sur les températures de couleurs.

Incidence de la turbidité de l’eau la nuit.

La turbidité de l’eau est le pire ennemi en plongée de nuit. En effet, le capteur numérique de la caméra enregistre sans accommodation, contrairement à l’oeil humain, qui adapte notre ressenti à ce que l’expérience nous a déjà appris. Le capteur donnera donc une image plus près de la réalité que ce que nos yeux et notre cerveau ont cru voir. Le résultat est souvent moins agréable que ce qu’on pensait avoir vu.

Ainsi lorsque l’eau est turbide, chargée de particules ou de planctons, même avec des lampes à la lumière bien blanche, l’image produite sera très colorée d’une dominante jaune assez désagréable. De plus, l’eau turbide absorbe si vite la lumière qu’au delà d’un mètre de distance il est quasi impossible d’éclairer suffisamment un poisson ou une zone rocheuse.

Le manque d’éclairement est compensé par l’appareil numérique en ouvrant le diaphragme à fond. L’image en devient très floutée car la profondeur de champ se trouve très réduite. Et cela d’autant plus si on veut utiliser une lentille grossissante.

Comment faire son choix ?

Pour faire le choix du bon matériel il faut avoir en tête quelques notions simples.

Pour le matériel, tout d’abord, parlons puissance: Pour faire du film il faut beaucoup de puissance et donc beaucoup de lumens. Personnellement, j’associe plusieurs lampes différentes qui m’autorisent un bon rendement lumineux aux environs de 10000 lumens. Le nombre parait énorme mais pas du tout, c’est presque un minimum.

Ok, et si on a que l’information en watts ? Dans ce cas on peut faire un calcul approximatif très simple en multipliant la puissance annoncée par 10 pour obtenir une équivalence en lumens ( mais cela reste vraiment très approximatif).

Le fait d’utiliser plusieurs lampes ou phares permet de moduler l’éclairage pour l’adapter au besoin. Il est évident que si l’on filme une surface claire, balancer toute la puissance va cramer la netteté et les couleurs. Par contre, toute la puissance disponible sera la bienvenue si l’on veut faire un champ large pour suivre par exemple un congre en pleine eau ou faire un panorama sur un abrupt de rochers.

Evidemment, plus l’eau sera claire et plus il sera facile d’éclairer loin avec un éclairage « standard ». Dans de l’eau même légèrement turbide, pas moyen de faire un film sympa à plus d’1 mètre, allez, 1,5 m tout au plus.

Côté pratique.

En pratique, c’est les particules dans l’eau qui gênent le plus le photographe et le cinéaste sous-marins. J’ai expliqué il y a peu dans un précédent article comment éviter au maximum l’impact des particules. Pour simplifier sans refaire ici la démonstration, disons que si vous ne voulez pas avoir de particules en photo ou film de nuit, le mieux et de ne pas les éclairer.

Voila une lapalissade pas si évidente que ça à mettre en pratique. Disons que sur un plan large, les lampes devront être largement écartées de l’axe optique de la caméra. Pour les plans serrés en macro, là ce n’est pas facile à mettre en oeuvre, l’idéal serait presque d’avoir des lampes positionnées à la perpendiculaire (90°) de l’axe optique de la caméra. Pas de secret, c’est votre expérience et vos échecs qui vous permettront de faire les bons choix à l’usage.

Et en ce qui concerne le choix d’une caméra ?

Comme j’aime à le rappeler parfois dans mes articles, je ne suis ni revendeur, ni spécialiste de test en appareillage. Ce que je vous livre ici sont des informations tirées de mon expérience.

J’utilise depuis quelques années maintenant un compact Sony RX100 dont j’ai fait une présentation sur ma page « Matériel ». Ne comptez donc pas sur moi pour vanter du matériel que je ne connais pas. Fouillez les forums de plongée pour vous faire une idée en observant les commentaires des uns et des autres tout en restant attentifs à ne pas vous laisser séduire par les enjolivures qu’on peut parfois y trouver. Comparez les avis sur plusieurs sites et faites vous votre propre opinion.

Eviter les particules en photos sous-marines de nuit

Gérer son éclairage en plongée de nuit.

Préambule: ne pratiquant quasiment que le film de nuit en éclairage LEDs, je ne parlerai ici que de ce mode d’éclairage et pas du tout de l’usage des flashs, un domaine qui est déjà traité ailleurs de très bonne façon.

Beaucoup des photos que je publie ici sur le blog ou encore sur ma page Facebook peuvent surprendre les habitués de la plongée au bassin d’Arcachon. En effet, la plupart donnent l’impression de conditions idéales pour de la photo avec semble-t-il une eau très limpide. Pourtant tout au long de l’année la visibilité oscille de 30 cm seulement à 7 ou 8 mètres maximum, avec une moyenne d’1,5 mètres. Alors comment puis-je arriver à produire des clichés aussi peu encombrés de particules ?

Les particules

Il est évident que je n’ai pas de baguette magique pour faire disparaître les particules véhiculées par le courant des marées ( d’ailleurs, si j’en avais une, je l’utiliserais pour bien autres choses…). Au fait, elles sortent d’où toutes ces particules ?

L’origine des particules marines.

Plusieurs origines sont possibles pour expliquer la présence des particules marines.

Tout d’abord il y a la présence naturelle du plancton. Celui-ci est particulièrement important lors de la période hivernale au cours de laquelle la température oscille entre 7 et 11°C.

La période hivernale est traditionnellement celle où certaines villes côtières du bassin louent les services du Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (le SIBA) pour dévaser les ports et leurs chenaux d’accès ou bien pour réensabler certaines plages. Ces opérations soulèvent évidemment d’énormes quantités de vases ou de boues sédimentaires qui se diffusent très rapidement dans les eaux et qui sont véhiculées aux grès des marées un peu partout dans le bassin.

A certaines périodes de l’année les conditions météos peuvent favoriser également l’apparition de flocons de boues. Ce phénomène biologique apparait lors de conditions particulières ou le mélange des eaux douces et salines donne naissance à certains développements bactériens produisant des assemblages cellulaires vivants ou morts d’environ 250 microns de diamètre mais qui s’agglomèrent pour former d’innombrables flocons opaques de l’ordre du millimètre. La grande quantité de ces flocons donnent l’impression d’un nuage de neige virevoltant dans tous les sens.

Les fortes marées enfin, parfois associées aux tempêtes, brassent considérablement les rivages et soulèvent quantités de particules qui viennent opacifier les eaux.

Gérer sa lumière pour éviter les flux de particules.

Dans certaines circonstances, même avec la meilleure volonté, il est impossible d’empêcher l’apparition des particules sur une photo. La visibilité est si réduite que les images en sont inexploitables.

Mais alors, comment faire ?

Tout d’abord, il faut bien se rendre à l’évidence, il sera impossible avec une eau chargée de faire des photos d’ambiance. La seule façon pour espérer faire de belles photos sera de se lancer dans la macrophotographie.

En effet, pour faire de la macro il est nécéssaire d’approcher l’objectif du caisson étanche au plus près de la cible. La faible distance réduit considérablement le nombre de particules. Pour autant ce n’est pas suffisant.

En photo de nuit, une lapalissade implacable serait de dire que pour ne pas voir les particules sur une photo prise en eau chargée, le mieux serait de ne pas les éclairer. Et bien c’est exactement ce qu’on va essayer de faire justement.

Plus on est près de la cible et plus il est difficile de l’éclairer frontalement, ça tombe bien, c’est justement ce qu’il ne faut pas faire. La seule solution est alors de positionner l’éclairage latéralement avec un angle presque perpendiculaire à l’axe de la prise de vue et de chaque côté de la cible.

Autre avantage de cette technique, elle fait ressortir très bien le relief de l’image. Cet effet est encore plus accentué si on positionne l’appareil photo au même niveau que la cible, voire même légèrement en dessous si c’est possible.

Ok pour les particules, mais que fait-on pour éliminer les zones d’ombres ?

L’astuce consiste à utiliser une lampe d’appoint de plus faible puissance ou de puissance équivalente et de la positionner à la perpendiculaire au dessus de la cible, presque à contre-jour. Cette lumière va effacer les zones nombres créées par les lampes latérales. On peut même disposer si on est riche deux lampes positionnées à environ 75°C de par et d’autre de la cible, toujours sur un plan vertical perpendiculaire à l’axe optique de l’appareil photo. La lumière est alors homogène et cela donne de la puissance à l’image.

Et ça suffit ?

Et bien non malheureusement, si l’eau est chargée, que voulez-vous elle est chargée un point c’est tout !! Donc vous n’éviterez pas les particules sur la photo. Par contre, bonne nouvelle, elles seront en très petites quantités normalement.

Du coup, il suffira de faire un petit traitement d’image sur ordinateur pour effacer les points ou les traits de lumières disgracieux. Assombrir un tout petit peu l’image permet normalement de vaincre les zones résistantes.

Le problème de la technique macro.

En technique macro, La profondeur de champ est malheureusement réduite. C’est pourtant plutôt intéressant car les particules seront floutées, et donc moins gênantes. Par contre, du fait de la fermeture du diaphragme, peu de lumière pénètrera dans l’appareil photo et les clichés vont avoir tendance à être sous-exposés, à moins de travailler en tout automatique, mais nous avons vu dans un article précédent que ce n’est pas une bonne solution.

Pour redonner de la vivacité à la photo, il suffira de jouer avec la sensibilité ISO de l’appareil. En augmentant la sensibilité on obtient des vitesses d’obturation plus rapides. Plus la vitesse d’obturation est grande, et moins les particules véhiculées par le courant donneront des traits de lumières désagréables qui viennent gâcher la photo.

Evidemment, la maîtrise de tous ces paramètres n’est pas facile, c’est l’expérience seule qui vous montrera les bons choix. Alors n’hésitez pas à faire plusieurs photos d’un même sujet en variant la position ou le nombre des lampes, en réglant les ISO ou le diaphragme, c’est le meilleur gage d’avoir dans le tas, au moins un cliché qui vaudra la peine d’être gardé.

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