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Les batteries Li-Ion

Les batteries Li-ion et la plongée

Les batterie Li-ion, on dit aussi les accumulateurs Li-ion, sont des batteries à base de technologie au Lithium. On ne peut pas vraiment dire qu’il s’agisse d’une technologie nouvelle puisqu’elle existe sur le marché des accumulateurs depuis plus de 20 ans déjà. Ce type de batteries bénéficie actuellement d’un véritable engouement.

Pourquoi utiliser une technologie Li-Ion ?

La technologie Ion Lithium permet d’accumuler beaucoup plus de charge énergétique que les anciennes batteries au nickel (de 2 à presque 5 fois plus) pour un encombrement réduit. Les batteries Li-ion n’ont pas d’effet mémoire, un véritable et énorme avantage. Enfin, ces accumulateurs ne s’auto-déchargent quasiment pas, parfois même sur des durées d’un an ou plus et ils ne nécessitent aucun entretien de maintenance.

Une Technologie non sans risques

Tout irait bien avec cette technologie dans le meilleur du monde si tous ces avantages ne s’accompagnaient pas de sérieux inconvénients.

Une décharge profonde risque d’endommager la batterie, mais en plongée, il arrive d’avoir besoin de lumière longtemps, la nuit par exemple ou en expédition sous-terraine. Il vaut mieux éviter de trop tirer sur l’accumulateur et prendre la précaution de le recharger régulièrement, même si ce n’est que très peu.

L’électrolyte liquide présente réellement un danger de manipulation. En cas de détérioration de l’accumulateur, l’électrolyte peut entrer en contact avec l’air ou avec l’eau. Il y a alors production d’un acide dangereux. Une mauvaise utilisation ou une élévation de température anormale peut même rendre l’accumulateur explosif.

Par construction, il peut même se produire des court-circuits internes.

Pour se protéger de ces dangers, il est impératif que les éléments Li-Ion soient protégés par une électronique embarquée capable de contrôler la charge et la décharge, les surintensités anormales et les décharges profondes qui feraient baisser la tension en dessous de 2,5 v (3,7 v en charge normale).

Attention aussi aux expressions utilisées ici ou là: ne pas confondre battery et batterie, le premier terme est anglais et signifie pile (d’ailleurs les piles au lithium existent bel et bien mais ne sont pas rechargeables). Batterie est l’expression française utilisée par abus de langage pour parler d’un accumulateur.

Pour finir, il faut être prudent sur l’utilisation des chargeurs qui sont vraiment d’un usage très spécifique. En effet, la charge des éléments doit se faire en deux temps bien distincts avec un contrôle très pointu du courant de charge surtout en fin d’opération. La tension de charge finale ne doit jamais dépasser 4,2v.

Comment utiliser ses batteries Li-ions ?

Les batteries Li-ion pour le grand public ont une durée de vie de quelques années à peine alors que celles destinées aux matériels professionnels peuvent atteindre des durées de vie de plus de 10 ans sans soucis.

Puisqu’on parle de durée de vie, il semblerait que ces batteries puissent se détériorer à la longue, même si elles ne sont pas utilisées. Il est d’ailleurs conseillé pour le stockage de vider partiellement les accumulateurs pour ne faire une recharge partielle que de temps en temps afin de compenser l’auto-décharge (elle est très faible, quelques % par mois, mais elle existe).

Il est également conseillé de ne pas utiliser les Li-ion aussitôt après une charge complète, pas plus qu’il ne faut les exposer à une température importante, les Li-ion, c’est comme les Leds, ça aime les températures froides.

Le nombre de cycles décharge/charge avoisine les 1000 en utilisation normale, ça laisse au plongeur une grande marge d’utilisation avant d’envisager un changement de ses accumulateurs.

Les questions qu’on se pose le plus souvent.

Est-ce qu’il faut commencer par charger une Li-ion neuve avant de s’en servir ?

A priori ,non, l’électronique de contrôle de la batterie a subi normalement une calibration en usine et la très faible décharge interne fait que l’accumulateur est prêt à fonctionner. Il semble donc plus normal de l’utiliser directement.

Le calibrage c’est quoi ?

L’électronique de surveillance et de contrôle de la batterie mémorise un cycle complet de décharge puis de charge. Une utilisation quotidienne des batteries peut modifier sensiblement les paramètres de réglage. Il est donc conseillé de faire une fois de temps en temps une décharge complète suivie d’une recharge complète. C’est ce qu’on appelle le recalibrage. La fréquence de cette opération est à cadencer en fonction de l’utilisation. Il faut cependant rester prudent, une décharge profonde peut définitivement détériorer la batterie, le mieux est donc de ne pas trop insister sur cette pratique.

Est-ce qu’on peut laisser la batterie vide longtemps avant de la recharger ?

A mon avis il ne vaut mieux pas, il n’est pas possible de connaitre simplement l’état de décharge de la batterie. Disons que si vous mesurez une tension de 3v à ses bornes il vaudrait mieux lui donner une petite recharge sans trop attendre. La décharge interne étant faible, elle n’est pas nulle, et un accumulateur déjà détérioré se déchargera en interne probablement plus facilement, ce qui risque de le conduire à se rapprocher trop près de la zone de détérioration.

Faut-il charger la batterie en une seule fois à fond ?

Tout dépend de ce que vous voulez faire avec l’accumulateur. Si vous voulez l’utiliser très rapidement, allez-y, mais attention, ne pas le faire en période de cannicule, la chaleur n’est pas du tout appréciée par les Li-ion qui perdent de la capacité de charge après de trop forte charge pendant une phase de montée en température. Si vous ne souhaitez pas utiliser la batterie de suite, le mieux est de la charger partiellement, la meilleure charge est à 40% si la batterie doit être stockée, dans ce cas la mettre dans un local frais.

Ces batteries sont-elles plus puissantes que les autres types ?

En théorie oui, cependant il y a de tout sur le marché internet. Le risque est d’acheter des contrefaçons qui vantent de fortes capacités alors qu’en réalité elles n’en font que la moitié à peine. Les batteries au lithium-ion sont chères à fabriquer, un prix trop attractif devrait lever beaucoup de doutes sur la fiabilité d’une annonce.

Ci-dessus, 2 exemples de contrefaçons: la jaune annonce 9800 mah ce qui est complètement illusoire, la deuxième annonce 4200 mah, sa facture est de bonne qualité et la batterie fonctionne assez bien mais son poids d’à peine 40 grammes démontre la fraude. En réalité il s’agit d’une batterie de 2800 mah maquillée.

Comment savoir si un accumulateur Li-ion est de bonne qualité ?

On vient de le voir, le prix peut-être un bon indice mais c’est surtout le poids qui fait la différence. Si vous prenez par exemple des batteries 18650 ( très couramment utilisées dans les lampes de plongée), d’une capacité entre 2800 et 3400 mah, elle pèsera entre 45 et 52 grammes environ. Plus légère c’est l’assurance d’une entourloupe du vendeur. De la même façon, une batterie de ce type annoncée avec une capacité de 6000 à 9000 mah sent l’escroquerie à plein nez.

Peut-on utiliser un chargeur universel ?

Surtout pas, ce serait extrêmement risqué. Les Li-ion sont extrêmement sensibles et fragiles lors de la charge. Elles nécessitent des chargeurs adaptés.

Combien de temps une batterie Li-ion se conserve-telle ?

En réalité il faudrait se poser la question: quel âge a-t-elle ? En effet ces accumulateurs se détériorent petit à petit d’autant plus qu’ils ont été stockés dans de mauvaises conditions. Disons qu’une longévité de 4 à 5 ans est une moyenne honorable. Donc du coup, il ne faut pas acheter une batterie qui a déjà cet âge-là si vous voulez la conserver autant.

Conclusions.

Les batteries Li-ions se retrouvent installées un peu partout maintenant (téléphones, portables, consoles de jeux, appareils photo etc etc…). Bref pas moyen de passer à travers. En plongée, ces batteries ont permis de réduire d’une façon impressionnante la dimension des lampes et des flashs. On ne va pas s’en plaindre, en tous cas pas moi. Pour autant elles restent des sources d’énergies dangereuses avec des risques d’explosion, de dégagement de flammes ou de projections d’acides. Il est donc prudent de les manipuler avec précaution.

Il y a encore beaucoup à dire sur ces batteries et sur leurs prochaines évolutions technologiques, ça fera peut-être l’objet d’un prochain article.

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Osez la vidéo sous-marine.

La vidéo sous-marine nocturne.

Pourquoi un article sur la vidéo nocturne ?

La vidéo sous-marine nocturne est devenue pour moi un espace de détente et d’émerveillement. Cela fait 22 ans déjà que j’arpente la nuit les rochers du Cap Ferret et les sables d’Arcachon. Comme tout le monde, j’ai passé mes premières années subaquatiques à balader tranquillement avec pour seul objectif de passer un moment agréable sous l’eau en observant la faune sous-marine.

En 2003 j’ai fait l’acquisition d’un appareil photo Canon G3 que je montais dans un caisson étanche Ikélite. J’ai très vite pris un goût prononcé pour la photo sous-marine malgré le peu de performances de l’appareil. Mais bon, certaines images étaient vraiment sympas et j’en étais finalement assez fier. Avec 3 Mpx on ne pouvait tout de même pas demander le summum de la qualité.

Côté éclairage j’avais bricolé une platine qui accueillait le caisson étanche et deux phares halogènes de 50 watts. Une démarche sportive puisque l’ensemble avoisinait les 8 kilos.

Quelques années plus tard, j’ai enfin délaissé mon G3 pour un compact Sony HX20V toujours en caisson Ikélite. J’avais enfin la possibilité de faire du film de très bonne qualité. Depuis lors, je n’ai eu de cesse de filmer poissons, crustacés et mollusques.

Pourquoi cet article sur la vidéo nocturne ? Disons que je suppose que quelques photographes sous-marins aimeraient bien se mettre à la vidéo, alors autant leur adresser conseils techniques et pratiques pour qu’ils se laissent tenter.

La vidéo sous-marine nocturne c’est tout simplement magique. Bien la maîtriser, c’est l’assurance de ramener en famille de superbes images très colorées et très originales. La nuit dans la lumière des phares, tout s’éclaire de couleurs somptueuses. De plus, beaucoup d’espèces animales sont nocturnes et donc par principe impossible à observer la journée. D’où l’intérêt des plongées de nuit.

La lumière, une nécessité.

Avoir une bonne lumière et donc un bon éclairage en plongée de nuit c’est vraiment essentiel, plus encore si on fait de la vidéo. Avoir une lumière homogène est vraiment une nécessité incontournable. De fait il faut tout de suite réaliser qu’un phare pour la vidéo doit posséder des caractéristiques bien précises.

Premièrement, la lumière doit être puissante, j’ai parlé de cela dans un article précédent sur les lampes et les phares de plongée. Attention, plutôt que de parler de puissance en watts, comme on le fait pour une ampoule à la maison, il vaut mieux parler de flux lumineux, (Voir mon article sur les grandeurs physiques en photographie). Beaucoup de fabricants ont délaissé les watts pour les lumens. Attention toutefois, cette information en lumens est parfois à discuter car plus ou moins fiable.

L’eau absorbe très vite la lumière et il sera nécessaire de disposer de beaucoup de lumens en plongée de nuit, un minimum de 5000 lumens est tout juste acceptable, c’est pour dire !!

Deuxièmement: La source de lumière ne doit pas provoquer d’ombres disgracieuses. Il faudra donc disposer d’au moins 2 lampes ou phares placés de part et d’autre du caisson étanche. Une petite lumière d’appoint placée au-dessus de la cible permettra avec bonheur de mieux équilibrer l’éclairage.

Troisièment: Il ne doit pas y avoir de point chaud au centre du faisceau. Sinon il provoquera des zones surexposées qui vont dénaturer l’image.

Quatrièmement, La zone éclairée doit être la plus grande possible. Les lampes ou les phares devront donc avoir un angle de faisceau d’au moins 90 à 110 degrés, au-delà, on pert très vite en efficacité lumineuse.

Cinquièmement: Chaque source de lumière autonome possède une dominante de couleur. Les fabricants annoncent dans leurs descriptifs la température de couleur du matériel en faisant référence à des Kelvins. Cette information permet d’évaluer la couleur dominante produite par la lampe ou le phare. Je vous laisse découvrir ça dans mon article sur les températures de couleurs.

Incidence de la turbidité de l’eau la nuit.

La turbidité de l’eau est le pire ennemi en plongée de nuit. En effet, le capteur numérique de la caméra enregistre sans accommodation, contrairement à l’oeil humain, qui adapte notre ressenti à ce que l’expérience nous a déjà appris. Le capteur donnera donc une image plus près de la réalité que ce que nos yeux et notre cerveau ont cru voir. Le résultat est souvent moins agréable que ce qu’on pensait avoir vu.

Ainsi lorsque l’eau est turbide, chargée de particules ou de planctons, même avec des lampes à la lumière bien blanche, l’image produite sera très colorée d’une dominante jaune assez désagréable. De plus, l’eau turbide absorbe si vite la lumière qu’au delà d’un mètre de distance il est quasi impossible d’éclairer suffisamment un poisson ou une zone rocheuse.

Le manque d’éclairement est compensé par l’appareil numérique en ouvrant le diaphragme à fond. L’image en devient très floutée car la profondeur de champ se trouve très réduite. Et cela d’autant plus si on veut utiliser une lentille grossissante.

Comment faire son choix ?

Pour faire le choix du bon matériel il faut avoir en tête quelques notions simples.

Pour le matériel, tout d’abord, parlons puissance: Pour faire du film il faut beaucoup de puissance et donc beaucoup de lumens. Personnellement, j’associe plusieurs lampes différentes qui m’autorisent un bon rendement lumineux aux environs de 10000 lumens. Le nombre parait énorme mais pas du tout, c’est presque un minimum.

Ok, et si on a que l’information en watts ? Dans ce cas on peut faire un calcul approximatif très simple en multipliant la puissance annoncée par 10 pour obtenir une équivalence en lumens ( mais cela reste vraiment très approximatif).

Le fait d’utiliser plusieurs lampes ou phares permet de moduler l’éclairage pour l’adapter au besoin. Il est évident que si l’on filme une surface claire, balancer toute la puissance va cramer la netteté et les couleurs. Par contre, toute la puissance disponible sera la bienvenue si l’on veut faire un champ large pour suivre par exemple un congre en pleine eau ou faire un panorama sur un abrupt de rochers.

Evidemment, plus l’eau sera claire et plus il sera facile d’éclairer loin avec un éclairage « standard ». Dans de l’eau même légèrement turbide, pas moyen de faire un film sympa à plus d’1 mètre, allez, 1,5 m tout au plus.

Côté pratique.

En pratique, c’est les particules dans l’eau qui gênent le plus le photographe et le cinéaste sous-marins. J’ai expliqué il y a peu dans un précédent article comment éviter au maximum l’impact des particules. Pour simplifier sans refaire ici la démonstration, disons que si vous ne voulez pas avoir de particules en photo ou film de nuit, le mieux et de ne pas les éclairer.

Voila une lapalissade pas si évidente que ça à mettre en pratique. Disons que sur un plan large, les lampes devront être largement écartées de l’axe optique de la caméra. Pour les plans serrés en macro, là ce n’est pas facile à mettre en oeuvre, l’idéal serait presque d’avoir des lampes positionnées à la perpendiculaire (90°) de l’axe optique de la caméra. Pas de secret, c’est votre expérience et vos échecs qui vous permettront de faire les bons choix à l’usage.

Et en ce qui concerne le choix d’une caméra ?

Comme j’aime à le rappeler parfois dans mes articles, je ne suis ni revendeur, ni spécialiste de test en appareillage. Ce que je vous livre ici sont des informations tirées de mon expérience.

J’utilise depuis quelques années maintenant un compact Sony RX100 dont j’ai fait une présentation sur ma page « Matériel ». Ne comptez donc pas sur moi pour vanter du matériel que je ne connais pas. Fouillez les forums de plongée pour vous faire une idée en observant les commentaires des uns et des autres tout en restant attentifs à ne pas vous laisser séduire par les enjolivures qu’on peut parfois y trouver. Comparez les avis sur plusieurs sites et faites vous votre propre opinion.

Eviter les particules en photos sous-marines de nuit

Gérer son éclairage en plongée de nuit.

Préambule: ne pratiquant quasiment que le film de nuit en éclairage LEDs, je ne parlerai ici que de ce mode d’éclairage et pas du tout de l’usage des flashs, un domaine qui est déjà traité ailleurs de très bonne façon.

Beaucoup des photos que je publie ici sur le blog ou encore sur ma page Facebook peuvent surprendre les habitués de la plongée au bassin d’Arcachon. En effet, la plupart donnent l’impression de conditions idéales pour de la photo avec semble-t-il une eau très limpide. Pourtant tout au long de l’année la visibilité oscille de 30 cm seulement à 7 ou 8 mètres maximum, avec une moyenne d’1,5 mètres. Alors comment puis-je arriver à produire des clichés aussi peu encombrés de particules ?

Les particules

Il est évident que je n’ai pas de baguette magique pour faire disparaître les particules véhiculées par le courant des marées ( d’ailleurs, si j’en avais une, je l’utiliserais pour bien autres choses…). Au fait, elles sortent d’où toutes ces particules ?

L’origine des particules marines.

Plusieurs origines sont possibles pour expliquer la présence des particules marines.

Tout d’abord il y a la présence naturelle du plancton. Celui-ci est particulièrement important lors de la période hivernale au cours de laquelle la température oscille entre 7 et 11°C.

La période hivernale est traditionnellement celle où certaines villes côtières du bassin louent les services du Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (le SIBA) pour dévaser les ports et leurs chenaux d’accès ou bien pour réensabler certaines plages. Ces opérations soulèvent évidemment d’énormes quantités de vases ou de boues sédimentaires qui se diffusent très rapidement dans les eaux et qui sont véhiculées aux grès des marées un peu partout dans le bassin.

A certaines périodes de l’année les conditions météos peuvent favoriser également l’apparition de flocons de boues. Ce phénomène biologique apparait lors de conditions particulières ou le mélange des eaux douces et salines donne naissance à certains développements bactériens produisant des assemblages cellulaires vivants ou morts d’environ 250 microns de diamètre mais qui s’agglomèrent pour former d’innombrables flocons opaques de l’ordre du millimètre. La grande quantité de ces flocons donnent l’impression d’un nuage de neige virevoltant dans tous les sens.

Les fortes marées enfin, parfois associées aux tempêtes, brassent considérablement les rivages et soulèvent quantités de particules qui viennent opacifier les eaux.

Gérer sa lumière pour éviter les flux de particules.

Dans certaines circonstances, même avec la meilleure volonté, il est impossible d’empêcher l’apparition des particules sur une photo. La visibilité est si réduite que les images en sont inexploitables.

Mais alors, comment faire ?

Tout d’abord, il faut bien se rendre à l’évidence, il sera impossible avec une eau chargée de faire des photos d’ambiance. La seule façon pour espérer faire de belles photos sera de se lancer dans la macrophotographie.

En effet, pour faire de la macro il est nécéssaire d’approcher l’objectif du caisson étanche au plus près de la cible. La faible distance réduit considérablement le nombre de particules. Pour autant ce n’est pas suffisant.

En photo de nuit, une lapalissade implacable serait de dire que pour ne pas voir les particules sur une photo prise en eau chargée, le mieux serait de ne pas les éclairer. Et bien c’est exactement ce qu’on va essayer de faire justement.

Plus on est près de la cible et plus il est difficile de l’éclairer frontalement, ça tombe bien, c’est justement ce qu’il ne faut pas faire. La seule solution est alors de positionner l’éclairage latéralement avec un angle presque perpendiculaire à l’axe de la prise de vue et de chaque côté de la cible.

Autre avantage de cette technique, elle fait ressortir très bien le relief de l’image. Cet effet est encore plus accentué si on positionne l’appareil photo au même niveau que la cible, voire même légèrement en dessous si c’est possible.

Ok pour les particules, mais que fait-on pour éliminer les zones d’ombres ?

L’astuce consiste à utiliser une lampe d’appoint de plus faible puissance ou de puissance équivalente et de la positionner à la perpendiculaire au dessus de la cible, presque à contre-jour. Cette lumière va effacer les zones nombres créées par les lampes latérales. On peut même disposer si on est riche deux lampes positionnées à environ 75°C de par et d’autre de la cible, toujours sur un plan vertical perpendiculaire à l’axe optique de l’appareil photo. La lumière est alors homogène et cela donne de la puissance à l’image.

Et ça suffit ?

Et bien non malheureusement, si l’eau est chargée, que voulez-vous elle est chargée un point c’est tout !! Donc vous n’éviterez pas les particules sur la photo. Par contre, bonne nouvelle, elles seront en très petites quantités normalement.

Du coup, il suffira de faire un petit traitement d’image sur ordinateur pour effacer les points ou les traits de lumières disgracieux. Assombrir un tout petit peu l’image permet normalement de vaincre les zones résistantes.

Le problème de la technique macro.

En technique macro, La profondeur de champ est malheureusement réduite. C’est pourtant plutôt intéressant car les particules seront floutées, et donc moins gênantes. Par contre, du fait de la fermeture du diaphragme, peu de lumière pénètrera dans l’appareil photo et les clichés vont avoir tendance à être sous-exposés, à moins de travailler en tout automatique, mais nous avons vu dans un article précédent que ce n’est pas une bonne solution.

Pour redonner de la vivacité à la photo, il suffira de jouer avec la sensibilité ISO de l’appareil. En augmentant la sensibilité on obtient des vitesses d’obturation plus rapides. Plus la vitesse d’obturation est grande, et moins les particules véhiculées par le courant donneront des traits de lumières désagréables qui viennent gâcher la photo.

Evidemment, la maîtrise de tous ces paramètres n’est pas facile, c’est l’expérience seule qui vous montrera les bons choix. Alors n’hésitez pas à faire plusieurs photos d’un même sujet en variant la position ou le nombre des lampes, en réglant les ISO ou le diaphragme, c’est le meilleur gage d’avoir dans le tas, au moins un cliché qui vaudra la peine d’être gardé.

Comment éviter la buée dans le masque.

Bien comprendre la buée.

Tout plongeur a été confronté un jour ou l’autre à un phénomène de dépôt de buée à l’intérieur de son masque. Si certaines méthodes que nous verrons plus loin très rapidement permettent de s’en protéger, peu de gens savent ou comprennent pourquoi ce phénomène se produit. Je vais donc faire ici un petit rappel presque scientifique pour me démarquer des présentations habituelles.

Les états de l’eau.

L’air que nous respirons est formé de différents gaz mais aussi de vapeur d’eau. L’eau est un élément naturel présent sur notre planète sous 3 formes spécifiques qui sont: l’eau liquide, l’eau en phase solide (glace) et l’eau en phase gazeuse (la vapeur). Notre atmosphère est le principal agent transporteur de l’eau en phase vapeur. Quand l’atmosphère contient beaucoup de vapeur d’eau on dit qu’elle est saturée.

Pourquoi y a-t-il de la buée ?

Au contact d’une surface plus froide que le gaz atmosphérique une partie de la vapeur d’eau qu’il contient va se transformer en micro-gouttelettes. Plus il y a de gouttelettes, plus un voile opaque et grisâtre se forme. C’est ce que l’on constate sur la vitre d’un masque ou sur le miroir d’une salle de bain.

Saturation et point de rosée.

Trois paramètres influencent la création de la buée. Premièrement, sa formation est liée aux propriétés du support sur lequel elle se dépose, deuxièmement, elle est liée au niveau de saturation de l’humidité dans l’atmosphère et enfin à la température du support ainsi que celle du gaz.

Le point de rosée est la température du support qui permet la condensation, il dépend évidemment de la saturation en vapeur d’eau mais pas seulement. Par exemple si on a 100% d’humidité dans l’air, le point de rosée sera égal à la température ambiante. Si par contre l’air est moins chargé en humidité, le point de rosée sera plus bas, et ce d’autant plus que l’humidité sera faible. On en déduit donc que plus l’humidité de l’air sera grande et plus il y a des risques d’apparition de la buée.

Tout corps chaud transmet sa chaleur à celui qui est plus froid. Donc en ce qui nous concerne, la vitre du masque au contact de l’eau se réchauffe grâce à l’air contenu dans le masque qui se refroidit, il y a donc échange d’énergie. C’est cet échange d’énergie qui permet la création de gouttelettes d’eau microscopiques.

Le phénomène dépend également de l’état du verre du masque: micro-rayures, rugosité, encrassement, présence d’éléments chimiques divers. Toutes ces imperfections facilitent ce qu’on appelle le mouillage. Le phénomène de début de condensation porte quant à lui un nom assez barbare, la nucléation hétérogène.

La diffusion des gouttelettes.

Les micro-gouttelettes vont avoir tendance à s’agglomérer rapidement pour former des gouttelettes de plus en plus grosses. Le dépot d’humidité sur le masque devient alors opaque car il absorbe une partie de la lumière.

Comment éviter la formation de buée dans le masque ?

Pour éviter la formation de buée dans le masque, une des méthodes les plus employées est de cracher sur la vitre interne avant de mouiller le masque. Quelle drôle de pratique !! Mais puisqu’elle marche très bien, regardons pourquoi.

La salive est un agent tensioactif. Whouaaa !!, là déjà ça fait peur !! Bon alors rassurons nous, on peut imaginer qu’un tensioactif est un « assemblage » de 2 parties. La première partie qu’on appellera A aime la proximité de l’eau, la deuxième partie B au contraire déteste l’eau, elle souhaite s’en éloigner. Cette dernière partie B va donc chercher une surface de contact qui ne lui déplait pas, par exemple le verre. On pourrait dire que l’eau agit de même en s’écartant de la vitre par antipathie avec cet élément B. En simplifiant beaucoup On peut dire que les particules d’eau s’écartent donc du verre par rejet des parties B qui s’y trouvent.

Pour rester tout de même plus scientifique, disons que l’eau distribue ses molécules d’oxygènes et d’hydrogènes de façon homogène, c’est ce qu’on appelle la tension superficielle de l’eau. La salive, en tant que tensioactif va venir perturber ce bel arrangement, on dit qu’elle diminue la tension superficielle de l’eau.

L’effet de la salive est que l’eau se trouve éloignée d’une certaine façon du verre de la vitre et donc de ses aspérités, rayures et autre produits gras ou chimiques. Du coup cela empêche la formation en grande quantité de micro-gouttelettes et donc de la buée.

Quel produits utiliser contre la buée ?

Si vous avez compris ce qui précède vous déduirez facilement que l’on peut utiliser pour lutter contre la buée d’autres tensioactifs que le crachat (m’enfin lui au moins il est gratuit). Alors quels produits ? hein ?

Et bien par exemple on peut savonner la vitre, certains utilisent aussi des pommes de terre ou encore un brossage de la vitre interne au dentifrice. Si vous êtes un peu plus riche, vous trouverez en magasin des sprays semblent-ils assez efficaces, ne me demandez pas lesquels, j’en suis resté au crachat, hé oui je sais…..!!

D’autres solutions existent comme la flamme d’un briquet pour dégraisser la vitre du masque, ou encore les produits pour lave-vaisselle utilisés entre 50 et 60 degrés. Vous l’aurez compris, c’est à vous d’essayer et de garder finalement la solution qui vous plait le plus.

Et si malgré tout ça on a encore de la buée dans le masque ?

Si vous avez malgré tout de la buée dans le masque après avoir essayé toute ces techniques, il ne vous reste plus qu’à jeter ce satané masque pour en prendre un qui vous ennuiera moins, hé hé !!

Si vous avez de la buée en cours de plongée, pas d’autre solution que de faire rentrer de l’eau dans le masque, un petit mouvement de tête pour mouiller la vitre et hop, plus de buée, malheureusement ça ne dure que quelques instants, mais bon, quand on est coincé, au moins ça, ça marche.

J’espère que cet article vous aura intéressé malgré ses quelques longueurs. Alors je vous souhaite bonne plonge et sans buée !! A bientôt pour d’autres articles, abonnez-vous, c’est gratuit et vous ne louperez rien des nouveautés.

La plongée rend-elle sourd ?

Plongée et surdité.

Pourquoi vouloir traiter de surdité ici alors qu’il s’agit d’un sujet qui manifestement serait plus compatible avec un blog de médecine ? Tout simplement parce que souffrant moi-même d’une déficience auditive aux deux oreilles je me sens particulièrement concerné. Porter des prothèses auditives n’est pas chose amusante. Du coup, je pense utile de partager d’une façon simple ce que j’ai appris dans mes recherches en ce domaine.

La surdité c’est quoi ?

La surdité c’est quoi ? whouaa !!, bonne question vu qu’en fait, il y en a plusieurs.

La surdité se mesure grâce à des tests d’audiométrie qui vont définir 5 niveaux d’acuité en fonction de l’affaiblissement du volume sonore perçu par paliers de 20 à 30 décibels. L’objectif n’est pas ici d’en faire l’analyse, mais de faire un lien avec l’immersion, que se soit en scaphandre ou en apnée..

Les sites de prothésistes sont souvent agrémentés d'informations didactiques intéressantes comme ici sur le site A"audition Conseil".

Les sites de prothésistes sont souvent agrémentés d’informations didactiques intéressantes comme ici sur le site « Audition Conseil ».

La surdité peut être la conséquence de la dégradation de différentes zones comme l’oreille externe, l’oreille moyenne, l’oreille interne, mais aussi le nerf auditif ou encore le cerveau lui-même.

La surdité peut être due à un traumatisme sonore, Bon d’accord, en plongée, il y a peu de chance qu’on s’amuse à faire exploser des pétards. Le plus souvent en plongée on aura donc affaire à un traumatisme corporel lié à un mauvais équilibrage des tympans. Il y a aussi malheureusement des déficiences congénitales évolutives (ou pas). La surdité peut toucher une seule oreille ou bien les deux. Tout ça n’est pas très simple si on a pas une culture de la chose médicale.

Comment savoir si on est concerné ?

HEIN  ???

HEIN ???

Pour savoir si on est concerné par une baisse d’acuité auditive, qu’on soit plongeur ou pas, le mieux est de faire procéder régulièrement à un dépistage chez un ORL. Il mettra en évidence un statut particulier de l’audition et/ou son évolution dans le temps.

Dans la majorité des cas les problèmes d’audition surviennent consécutivement à des expositions prolongées à des niveaux sonores élevés on l’a dit. Ce peut être le cas du fait du milieu professionnel ou bien de l’usage non maîtrisé de sources sonores comme les casques de baladeurs par exemple. La question pour nous est simplement de savoir si la plongée est un élément aggravant.

Il est possible d’être victime d’une surdité brusque, en général sur une seule oreille, en général passagère et sans qu’il y ait de cause apparente. Dans ce cas il faut investiguer très vite pour en trouver la cause. L’analyse des événements précédents peut mettre en évidence un traumatisme ou une fragilité du par exemple à un accident de décompression.

Plongée et traumatismes de l’oreille.

Si on est en bonne santé.

Lorsqu’on est en bonne santé et qu’un suivi médical sportif est mis en place, il y a peu de risques de traumatiser ses oreilles pour peut qu’on respecte certaines règles de prudence.

Si on a déjà des problèmes d’audition.

Les prothèses auditives ne fonctionnent pas sous l'eau.

Les prothèses auditives ne fonctionnent pas sous l’eau.

Si on a déjà des problème d’audition, suivez mon regard, il est évident qu’il faille s’astreindre à encore plus de prudence. Normalement il n’y a pas de contre indication en dehors du cas où la surdité a été causée précédemment par justement un accident en plongée. On peut citer par exemple les déchirures de tympans, les inflammations chronique etc… Là, la meilleure des prudences est de ne plus plonger ou alors en limitant l’immersion à très faible profondeur si le trauma est jugé guéri par un ORL.

Surdité liée aux barotraumatismes.

En plongée vous le savez, vous exposez votre oreille à de fortes variations de la pressions liées à votre profondeur d’immersion et à la vitesse avec laquelle vous effectuez vos changements de profondeurs.

Plus on descend en profondeur, plus la pression augmente. Le tympan est soumis à une force qui le pousse vers l’intérieur de l’oreille. Si la trompe d’Eustache est bloquée, l’air d’équilibrage ne peux pénétrer l’oreille interne jusqu’au tympan. Celui-ci s’étire anormalement et crée une douleur violente. A l’excès, il peut même se rompre.

Lors de la remontée, surtout si elle est trop rapide, le phénomène inverse se produit. La pression de l’oreille interne pousse le tympan vers l’extérieur où la pression diminue avec le retour vers la surface.

Quel que soit le cas, la douleur est un signal d’alerte de votre corps, il faut immédiatement en tenir compte. Si votre oreille ne passe pas en descendant il faut absolument remonter de quelques mètres. Hors de question de jouer la pompe à air en soufflant comme un malade dans le nez lors de la valsalva, à moins de chercher les problèmes. Le passage des tympans doit toujours se faire sans contraintes. En cas de résistance le mieux est de renoncer en remontant à la surface doucement, attendre quelques secondes, essayer une valsalva modérée, si l’oreille passe, pas de soucis redescendre doucement enpassant les oreilles sans violence tous les mètres.

Et si l’oreille ne veut pas passer du tout ? Ben mieux vaut renoncer à descendre. Les têtes brûlées qui s’y aventurent se retrouvent parfois avec des saignements, des acouphènes et parfois pire.

Les coton-tiges compactent le cérumen au fond de l'oreille.

Les coton-tiges compactent le cérumen au fond de l’oreille.

L’oreille est un organe important dans la gestion de l’équilibre, il faut absolument la protéger pour s’assurer des immersions sans soucis. Attention donc aux cagoules trop serrées par exemple. Dans le même ordre d’idée, avoir des tympans bien propres. L’abus d’usage des coton-tiges pour se nettoyer les conduits auditifs tasse parfois le cérumen contre le tympan et il y durcit.

Autre recommandation, lorsque vous plongez en eaux tropicales, quantité de bestioles se baladent dans l’eau. Certaines sont si petites qu’on ne les voit pas. Par contre, pour elles l’oreille est un abri inespéré dans lequel l’une d’elle peut décider de s’installer. Pour s’en débarrasser préventivement, ne pas oublier de se rincer les conduits auditifs avec de l’eau douce.

La pratique.

La pratique de la valsalva est relativement brutale. Elle marche très bien si on la déclanche dès le premier mètre d’immersion. Déjà, à 3 ou 4 m, c’est trop tard. Cette technique est a exclure en remontant. La pratiquer dans ce cas serait pire que le mal.

D’autres techniques existent comme par exemple tirer le maxillaire inférieur vers l’avant jusqu’à entendre un petit déclic dans l’oreille. Personnellement je ne suis pas très doué avec ces méthodes donc je me limiterais juste à ce signalement.

Une dernière chose que je n’ai pas signalé, l’intérieur de l’oreille peut subir diverses modifications physiques comme des calcifications ou un gonflement des cartilages conduisant à un rétrécissement des conduits auditifs. Encore une fois, un suivi médical régulier permettra de surveiller ces inconvénients que l’on sait traiter médicalement sans problèmes.

Conclusion.

Mieux vaut prévenir que guérir, donc soyez attentifs à vos oreilles en ne les sollicitant jamais avec des tensions trop fortes. C’est le meilleur gage de ne pas vivre une diminution de l’audition à plus ou moins long terme.

Il faut tout de même répondre à la question initiale, la plongée rend-elle sourd ? La réponse la plus concise est : « Non, mais elle peut !! ». Le monde sous-marin est un monde où l’on doit s’inviter avec prudence.

J’espère que ce petit topo vous aura intéressé. Pour ne pas louper mes prochains articles, abonnez-vous, l’inscription se fait simplement en notant votre adresse mail dans le cadre réservé à cet effet. Dès la nouvelle parution vous recevrez une lien à cliquer qui vous dirigera instantanément sur la page de mon article.

En ce début d’année, laissez moi vous souhaiter d’excellentes plongées.

Retouche des photos de plongées ou pas ?

Faut-il retoucher ses photos de plongées ou pas ?

Sur ma page facebook quelqu’un m’a demandé si je retouche mes photos. Ce n’est pas la première fois que la question est évoquée et je sais que dans ce domaine très particulier de la photographie, les avis divergent grandement. Essayons d’apporter juste quelques éléments de réflexion, qui évidemment n’engagent que moi.

Mais avant d’aller plus loin il faut tout de suite faire la différence entre développer une photo et la retoucher.

Le développement d’une photo.

Le développement d’une photo en argentique c’est l’action de réaliser une photo soit sous forme de positif, de négatif ou de tirage papier à partir d’une bande sensible exposée à la lumière.

Le développement d’une photo en numérique c’est l’action de réaliser une photo à partir des données numériques d’un fichier informatique RAW qui n’est pas lui-même une photo, mais alors pas du tout.

La retouche photo.

La retouche en argentique consiste à retravailler un négatif ou une diapo afin d’obtenir une amélioration. Cette opération est l’affaire de spécialistes qui travaillent manuellement avec des pinceaux ou d’autres outils la plupart du temps pour supprimer des défauts.

La retouche photo en numérique c’est l’action de modifier une photo numérique existante (donc développée) en lui faisant subir différentes techniques comme le floutage, l’accentuation, la suppression ou l’ajout de détails par exemple.

Image RAW ou image direct boitier?

Je ne vais m’intéresser pour la suite de cet article qu’aux documents numériques.

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Sur la plupart des boitiers actuels, l’opérateur peut choisir dans les menus proposés par le fabriquant quantités de réglages plus ou moins évolués. Pour ce qui nous concerne, nous pourrions trouver: fichier RAW, JPEG ou encore RAW + JPEG. Bon, le JPEG, tout le monde connait j’espère, mais le RAW c’est quoi ?

Les fichiers RAW.

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur, un obturateur s’ouvre pour permettre d’exposer une surface sensible à la lumière appelée capteur. Bien que ce soit assez compliqué, disons simplement que le capteur va fournir une information brute directement enregistrée sous forme de données numériques complètement inexploitables dans l’état, c’est ce qu’on appelle le fichier RAW.

Pour obtenir une photo, il faudra développer ces données à travers divers traitements informatiques qui vont aboutir à la construction d’une image selon les réglages ou les traitements spécifiques qu’aura choisi le photographe. Il faut donc un programme informatique spécialisé pour faire ce travail, on en trouve de très performants dans le commerce.

Les photos produites par le boitier.

Si vous n’enregistrez pas en RAW mais en JPEG, vous autorisez l’appareil à développer lui-même les données du capteur en appliquant des réglages spécifiques précalculés en labo chez le fabricant. La photo que vous obtenez donc n’est pas la réalité de la scène photographiée, mais juste une interprétation parmi d’autres de ce qu’aurait pu produire le fichier source. C’est pour cela que deux photos prises par deux appereils différents d’un même objet ne donneront pas au final le même résultat.

Le photographe peut lui-même intervenir pour modifier certains réglages qui participeront au développement, par exemple en choisissant une certaine balance des blancs ou un niveau de contraste particulier. Même si ces choix modifient le résultat, ils ne sont pas pour autant des retouches mais encore une fois juste une interprétation différente d’une base de données informatiques.

Retouche d’une photo.

Pour retoucher une photo il faut disposer d’un exemplaire déjà développé. On peut alors modifier certains détails comme par exemple la couleur du ciel ou bien encore supprimer des tâches de rousseur sur un visage.

La retouche est une action qui modifie sans retour possible en arrière l’épreuve d’origine. Le developpement au contraire ne modifie en rien le fichier RAW, il exploite uniquement ses données pour en tirer ce que souhaite l’utilisateur.

On retouche ou on retouche pas ?

photo-ratee photo-ratee-retouchee

Une photo complètement ratée peut retrouver un certain caractère en quelques clics de souris, avant de mettre vos photos loupées à la poubelle, essayez de regarder si elle n’ont rien de sauvable, parfois on a des surprises agréables.

On retouche si par soucis d’espace disponible sur la carte mémoire par exemple (je fais du film donc j’ai besoin d’espace), si donc la version JPEG est déjà suffisante. L’objectif est, après le traitement informatique, d’obtenir un effet particulier ou encore de reconstruire l’image obtenue en essayant de la faire ressembler le plus possible au souvenir qu’on a de la prise de vue.

On ne retouche pas le fichier RAW, on le développe pour aboutir au même résultat que celui de la retouche mais sans effet destructeur des données de base et avec la certitude de pouvoir refaire une autre production à partir du même fichier source plus tard.

Quel avantage à faire du RAW ?

L’avantage à shooter en RAW est que le fichier source comportera toutes les nuances que le capteur aura pu enregistrer. C’est ce qui explique qu’un fichier RAW est très volumineux.

Par contre, choisir le JPEG, c’est faire le choix de perdre beaucoup d’informations numériques que le boitier aura supprimées en effectuant son développement automatique.

Bon, et moi alors, est-ce que je retouche mes photos ?

Puisque je fais souvent le choix du JPEG, je suis amené à retoucher mes photos pour améliorer le produit du boitier. En effet, parfois le résultat ne me satisfait pas du tout, que ce soit dans le ton, à cause de la température de couleur des lampes, ou parce qu’elle est peu contrastée ou encore mal exposée. A mon désavantage d’ailleurs, car le JPEG ne disposant pas de suffisamment d’informations numériques, je ne peux en retouche obtenir des résultats aussi performants que ceux que je pourrais espérer avec du raw. Mais bon, moi ça me suffit amplement.

Qu’est-ce que je peux dire aux gens qui me reprocheraient de faire de la retouche ? Ben rien du tout !!, ils font ce qu’ils veulent mais s’ils croient que ce que leur donne leur appareil en JPEG est représentatif de la vérité, ils se mettent juste le doigt dans l’oeil parce qu’ils n’ont tout simplement pas compris ce que je viens d’expliquer.

La photo est, et doit rester, un outil pour se faire plaisir avant tout. Ce n’est pas une compétition de quoi que ce soit. Je continuerai donc à faire de la retouche si j’en juge le besoin, en tout cas jusqu’à ce que je me mette au Raw moi aussi.

Conclusion.

J’espère que ce petit topo vous aura éclairés sur vos possibilités en photo numérique. Je vous souhaite donc de vous faire plaisir autant que vous pourrez en utilisant la technique qui vous ira le mieux. A bientôt donc pour d’autre articles…

Si cet article et éventuellement le contenu du blog en général vous a plu, n’hésitez pas à en parler autour de vous entre plongeurs et plongeuses bien sûr mais pourquoi pas en famille ou au boulot. Plus vous serez nombreux et nombreuses à visiter mes pages et plus je serai motivé à les faire vivre encore longtemps. Alors je vous en remercie d’avance et je vous souhaite une excellente fin d’année.

Autofocus et photo sous-marine

L’autofocus en photo sous-marine.

En regardant les photos de plongée que je trouve de temps en temps sur le net, il m’arrive de me dire: « Oula! dommage, avec un peu de netteté la photo aurait peu être très sympa ! ». Avec un peu de recul je me rend compte que j’ai mis pas mal de temps moi-même pour arriver à faire des photos de macros sous-marines qui tiennent la route. Cet article est donc une suite logique à mes précédents articles sur la lumière, la profondeur de champ, la retouche photo et d’autres encore.

Un des principaux soucis que le photographe, débutant ou non, rencontre avec un appareil photo c’est de comprendre puis de maîtriser les nombreux réglages des boitiers numériques utilisés en caissons étanches. En plongée sous-marine, la principale difficulté réside dans le fait que les appareils photos (reflex, hybrides et compacts) sont calibrés en laboratoire pour fonctionner au mieux en mode terrestre et au cours de la journée, c’est à dire avec beaucoup de lumière. Mais pas de chance, j’en ai parlé dans mes articles sur la turbidité par exemple, en plongée l’eau absorbe la lumière en grande quantité et très rapidement.

Heureusement, ou plutôt malheureusement, certains des automatismes sensés nous faciliter la vie vont au contraire nous la compliquer en photo sous-marine. Parmi ceux-ci on trouve l’autofocus. Mais l’autofocus c’est quoi ?

L’autofocus.

autofocus

On trouve dans les menus des appareils numériques quantités de réglages, ici 3 exemples de sélection en fontion de l’objet dont on souhaite la netteté.

Comme rien n’est simple, quand on discute d’autofocus il vaut mieux savoir duquel on parle car en effet, il en existe plusieurs types.

Deux types d’autofocus.

Le premier type est l’autofocus dit actif. Assez performant sur des objets peu contrastés ou peu éclairés, il a le gros inconvénient d’être capable de faire la mise au point sur tout objet qui viendrait s’intercaler entre l’objectif et la cible. Hors, en plongée, il n’est pas rare que l’eau soit chargée de nombreuses particules. Ce mode peut donc être gênant, surtout en plongée de nuit.

Le deuxième type est l’autofocus passif. Deux technologies sont utilisées dans ce mode. La première fonctionne par tâtonnements, l’appareil mesure les contrastes sur une image, il teste différents contrastes et déduit que la photo la plus nette sera celle au contraste le plus élevé. Cette technique bien que lente donne de bons résultats. La deuxième méthode consiste à séparer un faisceau de lumière en deux parties et d’effectuer en les comparant une estimation de la distance d’une cible.

Bon, c’est bien beau tout ça mais pourquoi alors certaines photos sont si floues ?

Les collimateurs.

L’appareil photo n’est pas télépathe, il n’a aucun moyen de savoir ce qui vous passe par la tête au moment ou vous appuyez sur le déclencheur. Intéressant, mais alors comment fait-il ?

En fait c’est assez simple à comprendre. Pour qu’une photo soit nette, il faut que l’appareil décide sur quel objet il doit faire la mise au point. Facile à imaginer mais pas à faire tant les cas de figure peuvent être nombreux et variés. Est ce qu’on veut que toute la photo soit nette ou bien juste une toute petite partie. Est-elle en premier plan ou au contraire assez éloignée. Est-elle toute petite ou bien de bonne dimension. Est-ce une photo d’ambiance ou une macro difficile. Bref autant de cas très différents qui nécessitent que l’opérateur dise au boitier numérique ce qu’il doit faire.

C’est les collimateurs qui vont permettre de définir la netteté. Un collimateur est un petit capteur représenté par une petite zone de l’image identifiée la plupart du temps par un carré lumineux. Chaque constructeur dispose un certain nombre de collimateurs disposés de façon géométrique. On aura par exemple un collimateur placé au centre de l’image et qui calculera la netteté uniquement à cet endroit. Mais si le sujet principal de la photo n’est pas au centre de la photo, celle ci sera loupée. Pour la réussir il faudra utiliser un collimateur décentré sur l’objet qui doit être net sur la photo. Les constructeurs ont donc prévu que l’opérateur puisse lui-même faire le choix du collimateur qui va bien.

Lorsque l’appareil photo a réussi la mise au point sur un collimateur, celui-ci s’entoure d’un cadre lumineux vert en général. Pour autant, rien ne garantit la qualité du résultat, en effet, une cible peut être immobile, là c’est simple évidemment. Mais si la cible est en déplacement rapide, le temps d’appuyer sur le déclencheur, la mise au point aura perdu de sa finesse. Pour faire face à ce problème, les appareils numériques intègrent une fonction de suivi automatique. Le problème c’est qu’en plongée, surtout en plongée de nuit, tout déplacement de la cible ou de l’appareil photo se transforme vite en catastrophe. Bon, ok, comment faire alors pour espérer avoir une photo nette ?

Obtenir une photo nette en plongée.

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Beaucoup de facteurs peuvent contribuer à provoquer un floue sur vos photos, mieux vaut prendre son temps et peaufiner ses réglages, même si cela prends plus de temps. Comparez ces deux photos, celle de gauche est floue, celle de droite bien nette et agréable à regarder.

Respecter plusieurs règles/

Premièrement, pour obtenir une photo nette, il faut avoir suffisamment de lumière, pas question de faire de la photo sans lumière. La plupart des photographes choisissent d’utiliser un flash extérieur au boitier, voire deux parfois. Les techniques de synchronisation des flash que ce soit par câble ou par fibre optique se sont très améliorées. Elles permettent d’obtenir des vitesses d’obturation rapides et donc de limiter les effets de bougés. Sinon il faut embarquer plusieurs lampes de forte puissance. Reste que des lampes n’auront jamais l’efficacité des flashs. Par contre, par leur température de couleur, elles donneront un charme certain à beaucoup de photos.

Deuxièmement, l’objet photographié doit être le plus contrasté possible. En effet, le capteur numérique n’est pas devin, comment pourrait-il distinguer un objet noir sur un fond noir, compliqué. Par contre, un carré blanc sur un fond noir va nous sauter au yeux.

Troisièmement, éviter autant que possible les modes tout automatique et d’une façon générale tous les réglages préétablis par les constructeurs mais privilégier plutôt les modes priorité à la vitesse, au diaphragme ou même le tout manuel. C’est plus complexe au début mais on finit par trouver ses marques assez rapidement.

Quatrièmement, toujours s’assurer d’une vitesse d’obturation importante. Autant que possible, ne jamais avoir une vitesse plus lente que le soixantième de seconde. L’idéal est au minimum de prendre une photo avec une vitesse égale au double de la longueur focale. Par exemple pour une longueur de focale de 50 mm, l’idéal serait de ne pas avoir une vitesse d’obturateur inférieure au centième de seconde.

Cinquièmement, stabiliser l’appareil pendant la prise de vue. Ca parait idiot, mais pour réussir une photo en tenant l’appareil d’une main pendant que l’autre vous sert à vous tenir à un rocher pour luter contre le courant, ben c’est pas gagné d’avance. Non, l’appareil doit être bien stable, tenu à 2 mains ou bien appuyé sur un support le plus immobile possible.

Sixièmement, anticiper la photo. Les appareils numériques regorgent de réglages possibles, vous pouvez par exemple sélectionner un seul collimateur pour faire une mise au point précise sur une toute petite partie de la photo. Au contraire, si l’objet est plein cadre, vous aurez à sélectionner dans les menus le plus grand nombre possible de collimateurs. Bon d’accord, facile à dire, surtout qu’on a pas toute la journée devant soit quand on est en immersion, le temps semblant passer 2 fois plus vite que la normale.

Septièmement, On y pense pas assez mais le choix de la sensibilité ISO est primordial, point de salut pour la photo au-delà de 400 ISO en photo de nuit par exemple si vous travaillez avec des lampes LED ou autres. Au flash, tentez l’ISO le plus petit.

Autofocus ou pas ?

Mon expérience au RX100 en macro de nuit sous éclairage LED me fait vous conseiller de choisir le mode priorité à la profondeur de champ. Il s’agit de garantir le plus de netteté possible, surtout si vous pratiquez comme moi la macro extrême en milieu naturel ( les cibles font parfois moins de 3 à 5 mm).

Et c’est tout ?

Non, ce n’est pas tout, munissez-vous de patience ce sera déjà pas mal. Ensuite évidemment il y a d’autres facteurs qui tiennent plus à la construction de votre appareil qu’à votre compétence technique. Je pense notamment à la qualité de l’optique ou à la performance du capteur numérique, mais ça c’est une autre histoire….

La lentille macro ATOM +19d de chez DYRON

La lentille macro DYRON ATOM +19d.

Après un petit article de vie nocturne au bassin d’Arcachon, voici une présentation d’une lentille macro que j’utilise aussi souvent que je peux en photo macro. J’espère que vous trouverez ici de quoi vous faire une idée des possibilités de ce matériel optique.

ATOM

L’ATOM, une lentille impressionnante.

Cela fait déjà presque 2 ans que j’utilise pour mes macros difficiles une lentille de fabrication française ( cocorico…..enfin presque !!….Vu le prix aussi énorme que ses qualités, c’est plutôt Glouppp !!!). Il s’agit de la lentille macro ATOM fabriquée par la société DYRON qui offre en immersion + 19 dioptries.

Cette lentille imposante ne laisse pas indifférent tant par sa qualité optique que par son poids (320 gr tout de même). Il s’agit d’une lentille achromatique de nouvelle génération en verres BK7 traités contre les rayures et les reflets. Le corps en polyacelathe assure une solidité à toutes épreuves.

L’ATOM se monte sur un caisson ou une bague d’adaptation………

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Mes dernières plongées.

Vous n’avez pas encore eu le loisir de mettre la tête sous l’eau ? Pas de soucis, je plonge toute l’année alors suivez mes petits résumés de chaque sortie dans mon journal de plongées. Vous y trouverez plein de photos d’actualité et des infos sur l’état de la mer ou encore sa température.

Cliquez ici pour aller sur le journal.

Petits désagréments

Bonjour, Vous aurez peut être constaté quelques disfonctionnements des liens de navigation sur ma page VIE MARINE. Je travaille sur la résolution des petits problèmes localisés à quelques liens uniquement. Je fais au plus vite pour vous délivrer une page totalement fonctionnelle.

La lampe Archon W42VR

La lampe W42VR de chez Archon.

Après mes deux derniers articles sur la puissance des lampes de plongée partie 1 et partie 2, la suite logique était de parler plus précisément du matriel lui-même et donc des lampes et phares que j’utilise. Evidemment, je n’ai rien à voir un quelconque site marchand et je ne suis pas non plus testeur ou fournisseur de matériel de plongée. Ce qui suit est donc seulement une annotation de mon expérience personnelle.

Deux mots sur la société Archon.

La société Archon était restée jusqu’à peu relativement méconnue ou boudée en France. Mais depuis quelques années, elle a percé le marché européen des lampes à LED. Archon est une filiale du groupe Xiware Technologie dont le siège se trouve à Shenzhen en Chine. Spécialisé dans la production de sources lumineuses à base de LED (diodes électroluminescentes), le groupe diffuse désormais plusieurs produits en France à travers la société Subtek implantée dans la Drôme qui en assure le service après-vente. L’entreprise à su convaincre les utilisateurs en mettant l’accent sur une fabrication de qualité.

La lampe W42VR.

archon-2 dessus

La W42VR est une lampe de plongée destinée à la ……Cliquer ici pour lire la suite de l’article complet en page MATERIEL.

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