Comment les poissons voient-ils les couleurs. Partie 2.




Comment l’homme et les poissons voient-ils les couleurs

La vision des couleurs chez l’homme et chez les poissons. Partie 2.

Comme promis lors de ma dernière publication, voici la deuxième partie du texte sur la vision des couleurs chez nos amis les poissons.

Vu que je ne suis pas biologiste (voir mon à propos), ce qui va suivre est donc simplement une petite synthèse de mes recherches ici où là concernant la vision animale. Mon objectif est seulement de vous faire partager des informations parfois assez surprenantes, en tous cas, peu courantes. En effet, la vision animale, en particulier celle des poissons, est assez peu étudiée scientifiquement.

Généralités sur la vision des poissons.

La vision chez les poissons, un domaine peu étudié.

Vouloir comprendre la vision chez les poissons c’est s’engager dans une recherche assez longue pour trouver quelques publications sérieuses ou bien documentées. Dans ce domaine d’étude, les analyses scientifiques en France mais aussi à l’étranger ne courent pas vraiment les rues (en tous cas, pas en français).

Par contre il est facile de trouver et de lire quelques articles intéressants sur les blogs de passionnés de pêche à la ligne. Manifestement, beaucoup de spécialistes de cette discipline se sont assez longuement intéressés à l’influence de la couleur des leurres sur le taux de réussite de leurs prises. Que ce soit d’ailleurs pour la pêche en rivière ou pour la pêche en pleine mer.

Des différences physiologiques assez frappantes avec l’œil humain.

grondin 1 œil de grondin du bassin d'Arcachon

L’œil des poissons a un certain charme en plongée. Il brille parfois de belles couleurs et permet de faire quelquefois des photos très sympas car il est vraiment différent du notre d’un point de vue physiologique.

Tout d’abord, les poissons n’ont pas de paupières, ils ne peuvent donc pas fermer les yeux comme nous. Ensuite on constate facilement que leur pupille est énorme comparée à la notre. On peut facilement imaginer que cela leur permet de laisser entrer dans leurs yeux plus de lumière et donc de mieux voir en très faible lumière.

On peut le voir sur les deux photos ci-dessus, lorsqu’on éclaire un œil de poisson il prend des colorations très belles qui trahissent une paroi intérieure assez spéciale et très réfléchissante. La lumière d’une lampe ne fait pas se fermer l’iris du poisson alors que le notre se contracte plus ou moins rapidement pour diminuer le diamètre de notre pupille, nous évitant ainsi d’être éblouis. Chez le poisson, les bâtonnets de la rétine seraient capables de se rétracter en partie pour se retrouver protégés des fortes lumières.

Vous aurez aussi noté que contrairement à nous, les yeux du poisson ne sont pas placés frontalement, mais sur le côté de la tête. De plus, ils ne sont pas enfoncés dans des orbites, mais sont proéminents. De plus, chacun des deux yeux de l’animal peut bouger indépendamment. Cela lui offre la possibilité d’étendre le champ visuel très largement au-delà du notre, presque jusqu’à 300° (180 pour nous). Autre curiosité, comme chaque œil est indépendant, il peut « rouler » de telle sorte à pouvoir observer des détails au-dessus et en-dessous du poisson.

Un mécanisme physiologique malgré tout assez proche de celui de l’homme.

Du fait de la grande diversité des espèces de poissons, des différences notables de la configuration des yeux existent d’une espèce à l’autre. Il n’est pas question dans ce chapitre d’en faire un inventaire précis mais plutôt de dégager les caractéristiques essentielles qui nous permettront de nous faire une idée des perceptions visuelles qu’ont ces animaux.

oeil de poisson 2 Vision bino chez les poissons

Comme chez l’homme, la chaine sensorielle de la vision commence par l’organe récepteur de la lumière qu’est l’œil. L’influx nerveux transmet les informations rétiniennes au cerveau du poisson par l’intermédiaire du nerf optique. Jusque là point de différence avec nous. Par contre, la rétine des poissons possède beaucoup plus de bâtonnets que notre propre rétine. Ils sont donc mieux armés que nous pour voir par faible luminosité et surtout la nuit.

Les poissons ont un cristallin presque sphérique. Il traverse assez fortement l’iris pour venir presque effleurer la cornée. Contrairement au notre, leur cristallin ne peut changer de forme pour accommoder le trajet de rayons lumineux. Il peut juste être légèrement déplacé en arrière grâce à un muscle placé au dessous de lui. Du coup, en vision de loin, les rayons lumineux sont assez vite réfractés et sont focalisés en avant de la rétine ce qui rend l’image floue. En vision de loin le poisson souffre donc de myopie. Rien de bien grave, sous l’eau de toute façon on ne voit jamais très loin. En vision de près par contre, les rayons de lumière subissent moins de réfraction en arrière du cristallin et surtout sans aucune aberration chromatique du fait que le cristallin n’est pas déformé. Ils focalisent alors un peu plus loin sur la rétine. Les poissons voient donc très bien de près.

Les poissons ne voient pas tous les mêmes couleurs.

Tous les poissons ne sont pas logés à la même enseigne, leurs capacités à voir les couleurs dépendent de leur mode de vie ( en particulier en phase de reproduction), du milieu environnant (récif de corail, sable…), et de la profondeur à laquelle ils vivent (en dessous d’une centaine de mètres il n’y a aucun intérêt à voir les couleurs, il n’y en a pas). Ce n’est pas tout, des différences notables existent selon que le poisson est plutôt une proie (la vision est orientée vers la surveillance) ou bien un prédateur (les chasseurs possèdent une vision plus frontale).

La plupart des poissons qui vivent en eaux claires près de la surface ont comme nous une vision trichromique très performante. Ils voient donc en couleurs et cela soulève bien évidemment de gros débats entre pêcheurs quant à savoir quelle et la meilleure couleur à adopter pour une mouche, une turlute ou une cuillère. On trouve d’ailleurs sur le net des articles assez bien fournis sur ces débats concernant la truite, le blass, le brochet, la carpe et bien d’autres.

Mais ce n’est pas tout, certains poissons seraient capables de voir dans un domaine de spectre qui nous est totalement inconnu, ils verraient dans l’ultraviolet. Cette capacité semble jouer un rôle très important dans les modes de communication au sein des espèces car les proies et les prédateurs ne voient pas la même gamme de couleurs ultraviolettes. D’autres enfin ne voient qu’en bichromie, c’est en général le rouge qu’il ne voient pas.

Le rouge est d’ailleurs une couleur répandue chez les proies, n’oublions pas que c’est la couleur la plus vite absorbée dans l’eau. En profondeur ce qui est rouge apparait donc noir pour les prédateurs. Avantage certain pour les proies si ce n’était que les prédateurs bénéficient d’un sens de l’odorat particulièrement développé avec lequel ils chassent beaucoup plus qu’avec la vue, surtout les prédateurs nocturnes qui voient très mal malgré des yeux énormes (le congre par exemple). Dans les grandes profondeurs les poissons peuvent développer des capacités étonnante à capter la moindre lumière. Ainsi la sensibilité aux faibles lumières pourrait être près de 100 fois meilleure que la notre.

Conclusions

J’espère que vous aurez trouvé cet article intéressant. J’ai essayé de faire le plus concis possible sans être trop approximatif.

N’hésitez pas à commenter, à préciser pourquoi pas certaines informations de ce texte. Si vous le partagez, faites m’en part, ça me fera plaisir.

Je vous dis à bientôt pour d’autres articles. Bonnes plongées à tous et toutes.


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2 commentaires

  • bonjour,
    cet article était très interressant mais j ai une petite question pour vous : je travaille actuellement sur la vision du poisson archer mais j ai du mal à trouver des informations !
    savez-vous quelque chose dessus ?
    merci d’avance

    • Bonjour Alice,
      Merci pour l’avis sur mon article. Il y a très peu d’étude sur la vision des poissons. Pour ma part je n’en connais pas sur celle du poisson archer. Il possède une vision binoculaire spéciale qui lui permet grâce à une légère déformation de son oeil de compenser la réfraction air/eau pour accomoder la netteté sur sa cible. Je n’en sais pas plus à son sujet, désolé.

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