Poids, froid et plongée.

Du régime à la plongée.

Pour entamer sa deuxième année d’existence, le blog s’ouvre à un domaine qui pourrait intéresser bien plus que les plongeurs. Il s’agit de l’influence de l’immersion en eau froide et de son incidence sur la perte de poids. Attention, je ne suis pas en train de prescrire une nouvelle médication contre l’exces de poids, non non, mais juste de faire le constat qu’avec un régime alimentaire équilibré et une activité aquatique ou sub-aquatique il est facile de perdre quelques kilos superflus.

Le corps humain face au froid.

Face au froid, tout comme face à la chaleur d’ailleurs, le corps humain est obligé d’équilibrer sa température interne. Dans des conditions normales, le corps humain stabilise cette température à 37°. C’est nécessaire, sinon vital, à de nombreux processus physicochimiques qui assurent notre survie en fonction des variations de températures externes au corps. Si ces variations deviennent trop importantes, ou si elles durent trop longtemps, le corps peut très bien ne pas réussir à maintenir une bonne régulation et malheureusement, dans les cas extrêmes il peut périr de froid (hypothermie) ou de chaud (hyperthermie).

Comment le corps pert-il sa chaleur ?

Le corps peut perdre sa chaleur de différentes façons:

– pertes par conduction thermique: la chaleur corporelle se transmet par contact à tout corps plus froid, en gros il le chauffe.

– Pertes par rayonnement: pour s’en assurer il suffit d’utiliser des capteurs sensibles à la lumière infrarouge.

– Perte par évaporation: la transpiration qui recouvre le corps lors d’une activité physique intense s’évapore dans l’air. Cette transformation de phase du liquide vers la vapeur s’accompagne d’une consommation de calories, la peau en est refroidie.

– Perte par la respiration: l’air qui pénètre dans les poumons est en général plus frais que la température du corps humain, le cycle de la respiration contribue donc au rafraichissement local du corps.

Comment le corps se bat-il contre le froid ?

La plus grande déperdition de chaleur se produit au niveau de la peau. Tout le monde le comprendra facilement, c’est pour cela qu’on revet des vêtements ou des combinaisons en plongée. Pour éviter de refroidir l’intérieur du corps par un afflux de sang frais en provenance des régions cutanées, le corps réagit par un phénomène de vasoconstriction des vaisseaux sanguins sous la peau. Cela va contenir le sang dans les tissus profonds et conserver le sang au chaud. Dans le même temps un processus chimique s’enclanche qui va accélérer le métabolisme interne, l’obligeant ainsi à produire plus de chaleur au niveaux de nos organes. Enfin, un système d’excitation nerveuse des muscles antagonistes va créer des mouvements convulsifs de ces muscles ce qui les réchauffe, c’est ce qui se passe lorsque le corps frissonne.

Tout cela nécessite de l’énergie pour approvisionner correctement nos cellules. Cet apport supplémentaire se fait en consommant dans le stock de glucides et de lipides, c’est à dire dans les sucres et les graisses.

Perte de calories en plongée.

Chacun réagit plus ou moins bien à l’immersion en eau froide, certains sont frileux, d’autres non. Ce qui est sûr c’est qu’on ressent d’autant plus vivement la température de l’eau que l’on descend en profondeur. La combinaison de plongée assure une protection toute relative en fonction de son épaisseur et de sa qualité. Le choix d’une combinaison n’est pas chose facile. On est souvent tenu à s’en remettre aux bons conseils d’un vendeur.

Comment se refroidit-on en plongée ?

La pression qu’exerce l’eau sur la combinaison contribue à l’écraser progressivement au fur et à mesure de la profondeur. Il est d’ailleurs assez curieux de constater un pallier étonnant dans le ressenti du froid quand on descend juste en dessous de 10 mètres. Le phénomène de conduction thermique joue à fond. En effet, l’eau en contact avec la peau conduit 25 fois plus la chaleur que l’air. On comprend tout de suite l’intérêt d’avoir un néoprène épais en hiver.

Le corps exposé à l’eau froide va rapidement se refroidir au niveau de la peau et des extrémités que constituent les mains et les pieds. Ce refroidissement va être d’autant plus important que le plongeur ne produira pas d’efforts. Hors on l’a vu dan un article précédent, plus on fournit d’efforts en plongée et plus la consommation d’air augmente. Il va donc falloir gérer sa consommation et sa température. Le choix d’une combinaison étanche peut s’avérer judicieux pour autant que l’étanchéïté soit vraiment au rendez-vous ce qui n’est pas gagné d’avance.

Malheureusement, une combinaison étanche est une véritable bouée, il faudra compenser la poussée d’Archimède par plus de poids à la ceinture, pas très agréable. De plus cet équipement reste relativement dangereux à manipuler pour un néophyte à cause du risque non négligeable de retournement du plongeur par transfert de l’air contenu dans la combi vers les pieds. Faire le bouchon c’est pas très rigolo, c’est même ultra dangereux, surtout si on est profond.

Lorsque l’eau est froide, la bouteille d’air comprimé l’est tout autant. Cet air, détendu en bouche, est très frais. Il va contribuer à refroidir le corps par échange thermique dans les poumons.

Si en plus le plongeur pratique la photo sous-marine il y a peu de chance qu’il bouge beaucoup, le froid va vite se faire ressentir et rendre la plongée assez désagréable.

Que faire pour ne pas trop souffrir du froid en plongée ?

La première chose à faire est de vérifier la compatibilité de son matériel avec la sortie sous-marine. Si une combinaison est trop fine, il y a toujours moyen d’en enfiler une deuxième. Le choix de combinaisons semi-étanches épaisses permet d’être assez bien protégé sans perdre trop de fluidité sous l’eau. Une combinaison totalement étanche dans laquelle on pourra s’équiper de vêtements chauds parait judicieux.

Pour que le corps ne se refroidisse pas trop vite il lui faut de l’énergie. Il sera indispensable avant la plongée en eau froide de manger des aliments riches en protéïnes et en sucres lents. Un plat de pates est souvent conseillé tout comme un peu de chocolat noir.

Quand le corps se refroidit.

Si malgré toute les précautions le froid se fait cruellement sentir, si le corps se met à frissonner sous la combinaison, si des crampes se manifestent douloureusement, c’est que le corps est en détresse thermique. Rien de bien grave pourvu qu’on reste attentif à l’évolution de la chose. Bien souvent remonter de quelques mètres peut suffire à redonner un peu de chaleur en décomprimant le néoprène.

Physiquement le corps aura enclanché un processus de boost de l’activité des organes internes, il va consommer pas mal de lipides. Si l’alimentation n’est pas particulièrement riche avant une plongée, le corps va taper dans ses réserves d’une façon assez soutenue, surtout si la plongée s’éternise. Cette consommation peut perdurer même après la fin de la plongée. Il est donc fortement probable que le plongeur constate le lendemain une perte de poids assez remarquable de l’ordre du demi-kilo ou du kilo. Pour celui qui cherche à perdre du poids cela pourrait bien être une alternative à un régime contraignant. Pas besoin d’aller en pleine mer, il suffit de trouver une piscine avec une eau entre 22 et 24° pour nager une heure ou deux, c’est vraiment excellent pour la santé.

 

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