Dragage, un malheureux cadeau de Noël

Dragage, non ce n’est pas un cadeau de Noël.

Noël est normalement synonyme de bonnes nouvelles et de cadeaux, malheureusement, il y a certaines choses dont on se serait bien passé en cette fin d’année.

En effet, il y avait trop longtemps que la visibilité au bassin d’Arcachon était redevenue acceptable pour que ça dure. Cette fin d’année est donc marquée par la reprise des chantiers de dragages.

Dragage du chenal d’accès au port de Gujan-Mestras.

La commune de Gujan-Mestras a sollicité le SIBA (syndicat Intercommunal du Bassin Arcachon) pour désenvaser le chenal de La Hume. Les travaux qui ont déjà commencé devraient durer selon mes informations jusqu’au 28 février 2018.

Ces travaux utilisent la drague stationnaire « DRAGON », le remorqueur « SIBA II » ainsi qu’un système hydraulique assez complexe pour transférer les boues jusqu’à une zone de stockage en vue d’un traitement postérieur pour valoriser l’imposant volume de vases.

La photo ci-dessus qui fait partie du document de déclaration de travaux montre le système installé en vue d’accomplir la mission.

Le travail consiste donc à dégager le chenal de La Hume sur environ 700 m.

On ne peut guère reprocher aux communes du littoral de vouloir se débarrasser de l’immense dépôt vaseux qui bloquent leur port. Pour autant la situation se montre catastrophique pour la limpidité de l’eau du bassin.

Dragages et turbidité.

On peut se demander pourquoi les dragages débutent en cette fin d’hiver. La réponse est assez logique selon moi, en effet le dragage des ports génère le soulèvement de très considérables quantités de vases qui vont se transporter au grès des courants partout à l’intérieur du Bassin d’Arcachon, entrainant une turbidité impressionnante et désagréable.

Il est évident que cette turbidité aurait contrarié la collecte des huitres destinées aux fêtes de fin d’année. Il est probable que les sédiments ne soient pas seuls à se répendre en dilutions mais que certains effluents toxiques le fassent aussi par la même occasion.

Le SIBA a beau annoncer que des mesures de la turbidité seront faites en permanence tout au long des travaux, on ne voit pas ce en quoi cela préservera le milieu sous-marin du choc inévitable provoqué par l’afflux massif de particules boueuses.

Et pour la plongée alors ?

Et pour la plongée ? En voilà une question qu’elle est bonne !! j’y ajouterais avec tristesse: Et pour la faune et la flore ?

J’ai bien peur que tout le milieu sous-marin paie un lourd tribut encore une fois à cette nouvelle pollution qui se traduit depuis déjà une semaine par une turbidité si importante que la visibilité se trouve réduite à moins de 50 cm sous l’eau. Le fait que cela se passe en plein au moment de la reproduction de certaines espèces déjà fragilisées de nudibranches est en soit largement inquiétant.

Mais comment être surpris de la prédominance des enjeux économiques sur la survie du patrimoine sous-marin. Les plongeurs sont en quelque sorte les sentinelles de la mer, il faudra être attentifs et capables de tirer la sirène d’alarme auprès des autorités du parc marin. J’espère qu’elles auront une oreille attentive, mais j’en doute un peu.

Prudence sous la mer.

Une nouvelle fois j’attire l’attention des jeunes plongeurs qui voudraient parfaire leur formation en plongée au Cap Ferret. Beaucoup de rochers possèdent du ferraillage potentiellement dangereux par faible visibilité. Il est possible de s’y accrocher le gilet, les détendeurs ou bien le masque. La turbidité peut même empêcher une lecture correcte des instruments comme la boussole le profondimètre ou bien le manomètre. La turbidité peut même rendre les fils de pêche complètement invisibles, leur solidité représente en soit un danger potentiel si l’on a pas un couteau sous la main pour s’en dégager.

Donc pour finir, prudence avant tout, il vaut mieux renoncer que prendre trop de risques, surtout si c’est pour ne rien voir en immersion.

Qu’y a-t-il d’autre de prévu ?

Malheureusement, il y a bien d’autres choses de prévues, mais ça on le savait déjà, en effet, depuis près de quatre ans, le port d’Arcachon a entamé un large plan de dragage sur dix années. Après les campagnes de janvier 2014, celle de 2016, c’est au tour de la prochaine session de démarrer ce mois-ci. Elle devrait durer jusqu’au 31 mars 2018 si aucun retard n’est pris en raison des perturbations climatiques. « La zone à draguer se situe si j’ai bien compris à droite de l’entrée du port, entre le ponton 4 et le ponton 10. L’extraction devrait s’effectuer à l’aide d’une pelle mécanique.

Print Friendly, PDF & Email

3 commentaires

  • jean-pierre CHANSIGAUD

    Ça commençait à être potable, galère. On plonge mercredi à la vigne, on va voir les dégats. Merci pour l’info.

    • Bonjour Jean Pierre, j’espère que la plongée a été agréable. Pour ma part j’y vais ce soir à St Yves normalement histoire d’être à l’abri du vent qui est annoncé, je laisserai un mot ici demain matin.

      • Visibilité assez catastrophique au Cap Ferret, à peine 1 m au fond et un peu plus quand même dans la zone des 2 à 3 m. Dernière plongée le 30 à 8h30 le matin, rien, même pas un banc de poissons. Les rochers au fond ont du être frappés par des lames de fond, ils sont comme lessivés, impressionnant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *