St Yves, c’est quoi ?

St Yves, un des sites de plongée les plus connus du bassin d’Arcachon.

St Yves évoque pour beaucoup de plongeurs locaux un site ensablé moyennement profond sur lequel les clubs font découvrir aux néophytes l’épave déglinguée d’un vieux chalutier en bois, le Côtre Bleu.

Mais pour les plus aguerris c’est certainement le lieu de plongée le plus profond à l’intérieur de bassin. En effet, assez loin du bord, sur un plateau dans la zone des 15 à 17 m, une dépression sur le fond sableux s’enfonce assez brutalement jusqu’à plus de 30 m. C’est le Trou St Yves. Très bien, mais bon, St Yves c’est qui ? levons le voile sur cette question.

La villa St Yves.


St Yves c’est avant tout le nom d’une célèbre villa repérable sur le front de mer à sa petite tour. Quelques dizaines de mètres plus au nord se trouve le ponton de la Chapelle.

La villa St Yves à été construite au début de 19° siècle puis réaménagée depuis à plusieurs reprises selon les goûts des différents propriétaires successifs. Située entre la jetée Thiers et le ponton de la Chapelle, c’est une bâtisse très facilement reconnaissable à sa tour belvédère de plan carré qui domine la toiture. A quelques mètres plus au Nord une extension de la rue St François d’Assise permet aux plongeurs qui fréquentent ce site d’accéder à la mise à l’eau sans importuner les pêcheurs du ponton.

Le ponton fait face à la basilique Notre Dame. C’est maintenant le seul ponton autorisé pour la pêche à la ligne. A la période estivale mais également tout au long de l’année, le nombre impressionnant de bas de lignes à cet endroit rend les plongées délicates car le site est connu pour la mauvaise visibilité de l’eau.

Le trou St Yves.

Au nord, dans le prolongement du ponton de la Chapelle se trouve une zone sableuse qui sert depuis des décennies de cimetière à bateaux et autres aéroplanes. Cette zone s’appelle le trou St Yves. Certains disent qu’il s’agirait des restes d’une ancienne résurgence d’une veine d’eau douce. Plus certainement il s’agit d’un simple décaissement dans les dunes de sables sous-marines. Sa forme globalement circulaire lui a donné son surnom de trou. Le trou St Yves se situe sur la rive concave du chenal du Teychan, c’est une zone d’affaissement du sable qui s’enfonce d’un quinzaine de mètres par rapport au plateau environnant.

Dans cette zone assez vaste de plusieurs milliers de m² ont été déposées plusieurs épaves de bateaux dont le plus visité est sans doute le Côtre Bleu, le seul qui soit facilement accessible depuis le bord.

Malheureusement, cette épave de bois s’est effondrée et disloquée sous les coups violents des marées. A cet endroit la visibilité est rarement bonne mais on peut, avec un peu de chance, en partant de la mise à l’eau et en suivant un Cap au 330 pendant une centaine de mètres, trouver l’épave de ce chalutier coulé par 14 m de fond le 22 juin 1976.

Plus au nord, mais accessibles seulement en bateau, on trouve d’autres épaves dont « La Poupe » et « La Mado ». Puis plus loin et plus profonds d’autres navires dont « Le Sentez Anna » ou encore « La Petite Fleur de Lisieux ». Il y aurait même un avion de chasse de type Mystère IV, mais je ne me rappelle pas avoir jamais entendu un plongeur dire qu’il l’avait vu.

Les perrés de St Yves

Les perrés sont des empierrements dont j’ai décrit précédemment à travers plusieurs articles la raison et les caractéristiques. Je vous renvoie à ces 5 articles car il serait trop long ici de revenir dessus.


Facilement visible par -17m une petite épave d’une vedette dont le moteur est toujours en place, l’occasion de faire une photo sympa du volant.

Facilement accessibles depuis le bord toujours par la même mise à l’eau, Les perrés permettent de rencontrer ou découvrir une faune particulière dans le bassin mais aussi d’autres épaves dont une vedette par -17m à quelques 80 mètres du bord vers le nord. Plus à l’Est et moins profonde une épave de barge très ensablée accueille crabes et autres crustacés de jeunes sars et oblades et même parfois un joli congre.

Bref, un site à découvrir, même s’il est vrai que les richesses du Cap Ferret le surclassent de très loin. Attention c’est un site qui peut s’avérer très dangereux du fait des forts courants et du manque de repères. Un guide local et une bonne maîtrise du maniement d’une boussole sont nécessaire pour une sortie en sécurité.

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