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La vie sous-marine au bassin d’Arcachon

Petit à petit je complèterai cette page pour en faire un dossier complet sur la vie sous-marine nocturne au bassin d’Arcachon comprenant un inventaire des espèces, leurs caractéristiques observables en plongée de nuit. Ces articles seront complétés par de nombreuses galeries photos.

Merci de votre patience et bonne visite en attendant les prochains dossiers.


congre 2 p2n Dromie juin 2016 P2N
Doris à taches d'or p2n Anémone rose et jauneP2N




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Eléments de vie nocturne sous-marine au Bassin d’Arcachon.




La Sépiole

La sépiole est un petit mollusque, un céphalopode plus exactement qui ressemble à une minuscule seiche bien qu’en fait elle ne fasse pas partie de cette catégorie.

Petite sépiole 3 juillet 2016 p2n

Le corps de la sépiole mesure à peine 5 cm, il est sensiblement cylindrique. La tête supporte 8 bras équipés de ventouses. Ah ben mince !, 8 ça fait pas 10 et déca c’est bien 10, aurais-je loupé quelques choses ? Loupé non, mais pas vu oui. Effectivement les deux derniers bras sont enroulés sous les premiers lorsque le sépiole nage, ces deux là sont préhensibles, ils servent à la chasse pour attraper les petits crustacés qui passent à proximité. 8 et 2 ça fait bien dix, oufff.

La tête de la sépiole est munie de deux gros yeux globuleux. A mon sens, tout comme sa nage, ce détail la fait plus ressembler au calmar plutôt qu’à la seiche. Le reste du corps est relativement trapu et fusionne avec la tête juste entre les deux yeux. Sur la partie postérieure deux grandes nageoires translucides arrondies se développent de part et d’autre du manteau de l’animal. Leur dimension importante a induit pour la sépiole le surnom de « grandes oreilles ». D’autres trermes sont également utilisés plus ou moins couramment tel que supion ou souchet.

Au bassin d’Arcachon on la rencontre de la surface jusqu’au fond du chenal que ce soit sur les sables de St Yves ou dans les rochers du Cap Ferret. La journée, elle est enfouie dans le sable et seuls ses 2 gros yeux en dépassent, elle est alors extrêmement difficile à décelée. La nuit c’est plutôt en train de nager élégamment à une vingtaine de centimètre sur sol qu’on va la voir évoluer. La nage est assez lente et très agréable à observer. Mais il ne faut pas s’y tromper, l’animal est capable de fulgurantes accélérations, tout comme son cousin le calmar, et que ce soit en avant ou en arrière.

En cas de danger elle va chercher à se faufiler au raz du sable entre les rochers. Mais la sépiole ne va pas aller bien loin, dès qu’elle aura trouvé un endroit qui lui convient elle va s’y poser et très rapidement, comme une seiche, se recouvrir de sable et ne plus bouger. Si elle n’est pas inquiétée, elle nage de préférence en arrière, mais on peut la voir évoluer aussi tête en bas, presque à la verticale ou en avant comme une seiche.

Côté coloris, le petit animal est capable de prouesses époustouflantes pour se camoufler en changeant de couleurs. il va utiliser un large éventail du jaune au brun foncé presque noir en passant par toute une gamme de variantes orangées très surprenantes, surtout en pleine nage. Si la sépiole est tranquille, tout son corps de coloration jaune est recouvert de points ou de motifs plus ou moins circulaires du plus bel effet dans la lumière des phares.

Si vous la croisez en plongée de nuit, posez-vous tranquillement sur un rocher et laissez la venir satisfaire sa curiosité en venant tournoyer autour de votre phare de plongée. Pas de mouvements brusques, elle s’enfuirait immédiatement. C’est d’ailleurs la même attitude à adopter avec les calmars. C’est d’ailleurs à sa façon qu’elle lâchera parfois en s’enfuyant un épais nuage d’ancre noire dont le volume épandue est étonnant vu la taille toute petite de la sépiole. Attention d’ailleurs au matériel photo, cette encre adhère particulièrement bien au optiques des caisson étanches.

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L’anémone solitaire.

Anémone solitaire La Vigne 10 avril

Beaucoup moins grande que les cérianthes, l’anémone solitaire n’en reste pas moins l’anémone la plus imposante qu’on puisse rencontrer au bassin d’Arcachon. Bien que peu fréquente, on la croise un peu partout dans la zone des 3 à 8 m, que ce soit placée près du sable entre deux rochers du Cap Ferret, ancrée sur des coquilles d’huitres mortes au Port de La Vigne ou encore sur un support solide dans les bancs de sable devant la ville d’Arcachon.

L’anémone solitaire est aussi appelée anémone parasite, anémone du pagure ou bien encore anémone du bernard l’hermite. En effet, elle est connue pour vivre en symbiose avec ces petits crustacés. Lorsque c’est le cas, l’anémone fixe son large pied sur la coquille qu’occupe le crustacé dont elle assure en partie la sécurité en produisant en cas d’attaque des filamments blancs collants et urticants. Celui-ci se charge en échange (mais a-t-il le choix ?) de la déplacer au fur et à mesure de ses périgrinations. Il peut alors profiter des restes des repas de l’anémone. Mais au bassin, on ne la trouve qu’uniquement fixée à un rocher par un pied imposant. A moins d’être détachée de son ancrage par les courants puissants des chenaux elle ne peut pas se déplacer par elle-même.

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L’animal atteint environ 10 cm de hauteur pour une ouverture des tentacules d’environ 8 cm. Ceux-ci, très nombreux sont vraiment du plus bel effet avec des couleurs qui varient de l’ocre beige clair au blanc presque transparent. Bien à l’abri au milieu de ces tentacules (ils se comptent par plusieurs centaines) se tient la bouche de l’animal. Il est rare de pouvoir l’observer sauf à avoir la chance de trouver le panache des tentacules complètement ouvert. La plupart du temps, en tous cas à ce que j’en ai vu, le pied est fortement incliné, parfois même orienté vers le sol entrainant dans cette direction l’ensemble du panache.

Les tentacules qui peuvent être stiés de traces brunes ou orangées sont presque entièrement rétractiles dans le pied. Dans cette position celui-ci ressemble à une espèce de grosse patate. Si l’animal n’est pas inquiété, le pied se présente en général sous la forme d’un tube cylindrique épais de couleur beige, brune ou tirant sur le jaune. D’aspect rugueux, il est rayé sur la longueur de traces claires.

En cas de dérangement, le pied peut émettre les filamments urticants, appelés aconties, à partir de quelques pores d’aspect foncé répartis sans ordre précis tout autour du cylindre.

En restant immobile devant l’anémone en plongée de nuit, la lumière des lampes attire quantité de planctons et de puces de mer. On peut alors assister à la capture du malheureux qui s’approche trop près au contact d’un tentacule gluant. Celui-ci se rabat immédiatement vers la bouche entouré d’une foule d’autres tentacules venus en renfort.

L’anémone solitaire est vraiment un animal marin spectaculaire tant pas sa taille que par sa beauté. Elle mérite qu’on essaie de la trouver. Attention toutefois, elle est relativement craintive et n’hésite pas à se rétracter si elle se sent menacée. Dans ce cas il faudra être très patient pour la voir se redéployer à nouveau et en profiter pour faire une belle photo ou un clip vidéo sympa.

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La Lime

Parmi tous les bivalves du Bassin d’Arcachon il en est un qui mérite qu’on lui accorde un peu de temps, c’est la lime bâillante. Drôle de nom pour ce petit animal marin d’environ 3 à 4 cm. Rien à voir à priori lorsqu’on la trouve avec le fait qu’elle paraisse endormie la coquille largement entrouverte, laissant apparaitre des chairs charnues orangées. Superbe découverte, la bête est magnifiquement parée de tentacules de la même couleur.

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Quand on la rencontre pour la première fois on est d’abord surpris, la lime ne ressemble à aucun autre bivalve du coin. C’est sa belle couleur orange ou rouge qui attire tout de suite la vue. Et aussitôt on se demande alors qu’est ce c’est que tous ces tentacules qui ondulent dans le courant. D’une dimension variant entre 1 et 3 cm, leur couleur orangée brille superbement dans la lumière des phares. On dirait quelques tubes charnus avec tout le long comme de petits anneaux plus transparents. On dirait un coquillage bisarement paré d’une large barbe hirsute.

La coquille est d’ailleurs assez peu visible. D’une forme légèrement ovoïde qui se rétrécit au niveau de la charnière des valves, elle ne représente que la moitié environ de la taille de la lime. La plupart du temps la coquille relativement fine et aplatie est masquée par l’abondance de la touffe des tentacules. Les valves sont en général de couleur blanchâtre et munies d’une cinquantaine de stries qui cisellent le bord de la coquille. D’ailleurs, on aurait mieux fait d’appeler ce coquillage une rape plutôt qu’une lime, mais bon, on ne peut pas trop reprocher aux biologistes de ne rien y connaître en usinage.

Tant que la lime se sent en sécurité, elle reste immobile, entrouverte. C’est un coquillage filtreur qui se nourrit des micro-organismes du plancton. Lorsque les valves sont fermées, leur forme légèrement asymétrique laisse des ouvertures qui lui ont valu le titre de bâillante. Ceci dit, ce n’est pas facile à voir car la lime ne restera pas longtemps immobile. Si elle prend peur, on voit les deux valves s’écarter pour laisser entrer un volume d’eau important. Puis d’un seul coup les valves se ferment brutalement en expulsant la réserve d’eau. Cela à pour effet de créer une réaction qui propulse la lime avec un bond parfois assez important. Si on la poursuit, elle va essayer de s’enfuir ainsi par bonds successifs assez lents et brouillons, jusqu’à trouver une anfractuosité ou elle va pouvoir se cacher. La scène est à la fois amusante et impressionnante. Elle rappelle la technique identique pour se mouvoir de la coquille st jacques. Mais contrairement à cette dernière, la lime ne dispose pas d’yeux en périphérie de la coquille.

La lime est un animal nocturne. La journée il reste le plus souvent à l’abri sous quelques roches ou caché aux pieds de quelques algues touffues dans les zones plus sableuses. On peut donc la croiser au Bassin aussi bien sur les pereys devant Arcachon que dans les rocailles du Cap Ferret. La lime est plutôt rare, en tous cas à ce que peut m’en dire l’expérience de mes plongées. Les quelques fois où j’ai pu la filmer ou la prendre en photo, c’était dans la zone des 5 à 10 m, mais à ce que j’en sais, ailleurs, elle pourrait descendre beaucoup plus bas.

La rencontre mérite qu’on s’y attarde, c’est un vrai plaisir pour les yeux. C’est aussi un régal de la revoir en vidéo pour la montrer sur un grand écran à la famille ou à des copains. Un plaisir que je vous souhaite de connaître bientôt. Attention toutefois, c’est un animal fragile, n’essayez pas de l’attraper au risque de lui abimer les tentacules qui, s’ils sont rétractables, ne peuvent en aucun cas être réintégrés à l’abri dans la coquille. Le mieux est donc de respecter sa fuite sans l’inquiéter davantage.

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La Galathée

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Parmi tous les crustacés que l’on peut rencontrer au Bassin d’Arcachon, il en est un qui ne se laisse pas facilement prendre en photo. En tous cas pas si on veut tranquillement lui tirer le portrait. L’animal est plutôt peureux. La journée la galathée reste cachée dans quelques trous de rochers. C’est la nuit venue qu’on aura le plus de chances de la croiser alors qu’elle est en train de chercher sa nourriture.

La galathée est un petit crustacé dont le corps dépasse rarement les 6 cm. C’est un arthropode, c’est à dire un animal à pattes multiples. En effet elle compte 10 pattes, ce qui la classe parmi les décapodes tout comme le homard, les crabes ou les langoustes.

Les deux premières pattes poilues et épineuses sont munies de pinces qui lui servent à attraper sa nourriture mais aussi à batailler. Elles sont d’une grande dimension dépassant celle du corps lui-même. Relativement fines, elles restent fragiles et il n’est pas rare que la galathée en perde une dans un duel. La chose n’est pas si grave en soit, car en 3 ou 4 semaines la pince aura totalement repoussé et l’animal pourra à nouveau s’en servir pour fouiller la vase ou pour attraper vers et petits crustacés dont il se nourrit. Les autres pattes tout aussi poilues sont beaucoup plus fines que les pinces. La dernière paire est très atrophiée et peu visible.

La galathée est comme la plupart des crustacés protégée par une solide carapace, épaisse et rugueuse. Le front de la bébête est couronnée d’un rostre constitué de plusieurs cornes pointues. De chaque côté du rostre les yeux globuleux de la galathée semblent montés sur pivots. Le corps est assez aplati, de couleur rouge ou brune. La queue courte est vite recourbée sous le thorax. De belles bandes bleues hachurent le dos de la galathée striée.

La nuit au bassin, on trouve la galathée très facilement sur le site de plongée du port de La Vigne. Au Cap Ferret, elle est plus difficile à observer car très prompte à se faufiler à l’abri d’un trou dans les rochers, quitte à s’échapper à grande vitesse par des mouvements puissants de son abdomen. En général elle fréquente les eaux peu profondes près des entrées des petites cavités où elles trouve refuge.

Deux espèces se partagent le territoire, la première, la galathée strigosa, sans doute la moins abondante mais la plus jolie, possède une belle robe rouge striée des fameuses bandes bleues. Sa cousine la galathée brune est moins affriolante avec une couleurs terre beaucoup plus terne. Pour approcher l’une ou l’autre le plongeur photographe devra prendre beaucoup de précautions pour ne pas les effrayer au risque de les voir disparaître en un éclair.

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La Daurade

Dorade

Le nom daurade fait référence en France à la daurade royale. Le terme dorade désigne lui les autres espèces de sparidés dont la dorade grise, encore appelée « griset » ou « brème de mer ».

La daurade se rencontre de moins en moins au bassin d’Arcachon, la faute sans doute à une pêche intensive en mer ou elle se déplace en bancs importants faciles à repérer au radar. Comme tous les sparidés la daurade change de sexe avec l’âge ce qui peut avoir un effet désastreux si la population vient à manquer soit de jeunes, soit d’individus matures.

Au bassin on croise la daurade royale, ainsi appelée à cause de la bande dorée orangée qui recouvre l’espace entre ses yeux. On rencontre aussi la dorade grise, plus petite et plus fréquente que sa cousine sur les rochers du Cap Ferret.

Comme les balistes à une certaine époque, on rencontrait la daurade en grande quantité, mais les choses changent au bassin et maintenant il faut avoir beaucoup de chance pour en observer plusieurs sur une plongée. La daurade est un poisson craintif et prudent. Même en plongée de nuit il ne sera pas facile de l’approcher. Si en mer les adultes peuvent atteindre des tailles imposantes de l’ordre de 30 à 50 cm, les spécimens observés dans le bassin sont de tailles plus modestes, rarement supérieures à 25 cm, ils s’agit donc de juvéniles.

Suivant son habitat, la daurade possède une livrée qui peut varier assez nettement. Elle possède une tête bombée et un corps assez haut de forme ovale dont les flancs sont très comprimés. Sa couleur est en général argentée mais elle peut aussi prendre une teinte bleutée assez soutenue très belle à observer en plongée de nuit. En dehors de la bande dorée qui orne son front, la daurade royale dispose d’une tache sombre sur l’opercule branchial et beaucoup moins visible, une tache orangée sur le bas de l’opercule. La bouche épaisse est puissante.

La daurade est un poisson qui aime les fond sableux ou les zones semi rocailleuses avec des espaces sableux. Du coup on la rencontre autant sur les bancs de sable devant la ville d’Arcachon que sur la digue du Cap Ferret ou même près des ports du fond du bassin.

La daurade est un poisson essentiellement carnassier mais il peut se satisfaire de brouter de temps en temps. Sa puissante mâchoire en fait un prédateur redouté et vorace de petits crustacés, de moules et d’huitres.

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Le Poulpe

poulpe hortense le 8 11 2015

Le poulpe, que l’on appelle aussi la pieuvre, est certainement l’animal marin le plus intelligent que l’on puisse rencontrer au bassin d’Arcachon. Il appartient à la famille des céphalopodes (traduire rapidement par les pieds sur la tête). En fait de pieds, le poulpe possède 8 bras dont le dessous est muni de 2 rangées de ventouses très puissantes…….

Le poulpe est un mollusque sans coquille. Sa peau est la plupart du temps rugueuse mais elle peut aussi se muer en une texture beaucoup plus lisse. Le poulpe a un corps flasque capable de prouesses étonnantes. De couleur généralement brune au bassin d’Arcachon, parfois rougeâtre, il peut par exemple changer de couleur pour s’adapter presque instantanément à celle de son environnement. La couleur du poulpe peut également traduire son état émotionnel: blanc lorsqu’il a peur ou rouge s’il est coléreux par exemple. Lorsqu’il se déplace, son corps peut faire apparaître des vagues successives et colorées qui ondulent sur sa peau.

Le poulpe est un animal plutôt nocturne, ce qui n’empêche pas de l’observer en journée. On le rencontre fréquemment sur les fonds rocailleux où il aime se mettre à l’abris. Pour autant, la nuit il n’hésite pas à chasser sur les étendues sableuses ou dans les herbiers à la recherches des crustacés et des bivalves dont ils se nourrit.

Lorsqu’il ne chasse pas, le poulpe se choisit une anfractuosité dans les rochers où il se constitue un abris. Avec ses bras très agiles, il peut déplacer des pierres qui lui serviront à obturer son antre ou même éventuellement à s’en servir de projectile pour dissuader un agresseur de s’approcher trop près.

La population de poulpes au bassin est très fluctuante. Elle dépend d’une part de la quantité de crustacés qui lui assurent sa subsistance, d’autre part de sa capacité à échapper aux attaques des congres et enfin à la rigueur des hivers, le poulpe affectionnant plutôt les eaux chaudes.

A la période de reproduction, on peut avec un peu de chance trouver une femelle qui monte la garde devant le trou dans lequel elle a déposé ses oeufs blancs sous la forme de chapelets blancs cotonneux accrochés au plafond du trou. La femelle peut avoir grise mine, elle cesse de se nourrir pendant les 2 mois nécessaires aux oeufs pour arriver à éclosion. La plupart du temps d’ailleurs elle mourra complètement épuisée par cette tache.

Le poulpe est comme beaucoup de poissons relativement curieux. Lorsque le plongeur nocturne se montre discret et non invasif, l’animal après un moment de réflexion n’hésitera pas à venir voir de plus près ce qu’est la bébête qui fait des bulles devant son trou. Attention toutefois à ne pas le laisser trop tenter des amicalités car il peut arriver que le poulpe tente de tâter quelques endroits avec ses tentacules, les ventouses sont largement assez puissantes pour arracher un masque.

Les poulpes que l’on rencontre à Hortense sont en général de taille modeste. Certains peuvent néanmoins atteindre les 60 à 70 cm. Il est rare d’en rencontrer des plus grands mais on en a observés de près d’un mètre de long.

Lorsqu’ils se déplacent, les poulpes préfèrent en général ramper sur le sable ou le fond rocailleux en se servant de ses bras comme support. En cas de besoin, il n’hésitera pas à s’envoler en se propulsant grâce à un puissant jet d’eau expulsé par un siphon dirigeable placé sous le cou. Le poulpe sait parfaitement nager. Il prend alors l’aspect d’un véritable petit obus qui s’échappe à grande vitesse en marche arrière. La plupart du temps il laissera derrière lui un nuage d’encre qui masquera sa fuite.

Bien qu’il paraisse inoffensif, le poulpe est muni de bras puissants et d’une bec de perroquet tranchant au niveau de la bouche. Il n’est donc pas très prudent de s’amuser avec ce petit animal. Après tout lorsqu’on le trouve dans son trou il est chez lui, autant le laisser tranquille et simplement l’observer sans trop le déranger.

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L’Hippocampe

Hippocampe à Arcachon 05-2013

L’hippocampe est assurément la figure emblématique de la faune marine du bassin d’Arcachon. D’une taille relativement modeste, à peine 10 à 15 centimètres pour les plus gros, les hippocampes du bassin déploient un éventail de couleurs surprenant. Si les plus nombreux ont une robe brun sombre, on peut avec un peu de chance en croiser des jaunes, des ocres et même des rouges. Chose surprenante, il semble que cette espèce de poisson soit capable de changer de couleur.

Les hippocampes affectionnent tout particulièrement les zones à herbiers peu profondes. Si on le trouve rarement dans les rochers du Cap Ferret, les rencontres sont plus habituelles de l’autre côté du bassin devant les plages d’Arcachon. Ici c’est dans les colonies de moules entre 3 et 8 mètres de profondeur à l’est de la jetée de la Chapelle qu’on le trouvera attaché par la queue.

S’il est dérangé, l’hippocampe est tout à fait capable de nager pour s’échapper, la queue enroulée sous le ventre. Mais dans le courant il se montre lent et assez maladroit. Il est d’ailleurs tout aussi maladroit accroché par la queue. Il accepte très peu la lumière des phares et le plongeur de nuit le verra se contorsionner dans tous les sens pour échapper à cette lumière. C’est pourquoi il est assez difficile à photographier en macro la nuit.

Le photographe nocturne veillera à nager assez haut au-dessus du fond car le plateau sableux devant Arcachon est souvent recouvert d’une vase très fine et très volatile qui empêche de voir quoi que ce soit si jamais on la soulève avec quelques coups de palmes malencontreux.

Deux types d’hippocampes coexistent au bassin d’Arcachon

Il semble qu’il y est au moins deux types différents de cette espèce de poisson au bassin d’Arcachon. Le premier type est un hippocampe tacheté de points blancs sur tout le corps. Il est recouvert de petites excroissances qui ressemblent à des cornes, surtout au niveau de la tête. Son museau est relativement allongé, c’est l’hippocampe moucheté. L’autre type ressemble au moucheté mais sans les points blancs et sans les excroissances. Son museau est également plus court. C’est d’ailleurs de cette caractéristique qu’il tire son nom: l’hippocampe à museau court. L’un comme l’autre ne possèdent pas d’écailles mais des plaques osseuses qui forment comme un blindage parfois impressionnant.

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La Blennie

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La Blennie est un petit poisson d’une dizaine de centimètres qui affectionne les rochers du Cap Ferret. Très craintive mais d’une curiosité maladive elle fait le bonheur du plongeur de nuit. On la rencontre très fréquemment à Hortense à faible profondeur mais aussi, dans une moindre mesure, plus près du fond. C’est un poisson assez coloré très reconnaissable à sa bouche épaisse qu’il garde souvent entre-ouverte mais surtout grâce à quelques tentacules rigides en forme de cornes ou de buissons et qui ornent sa tête à la façon d’un couronne.

La blennie n’est pas équipée pour la nage comme les autres poissons, aussi préfère-t-elle se réfugier dans les petits trous, les coquilles vides ou les anfractuosités des rochers recouverts de colonies d’anémones-bijoux. On ne distingue alors que sa tête qu’elle laisse dépasser de son repère à la manière d’un guetteur. A l’approche du plongeur elle se tapit au fond de sa cachette, mais poussée par la curiosité elle revient très vite observer le nouveau venu. La lumière des phares ne semble pas la gêner. Ses mimiques soulignées par les mouvements de ses deux gros yeux indépendants sont une vraie source d’amusement que l’on peut déguster en famille si on a la chance de les avoir capturées en vidéo.

La blennie se sert de ses nageoires pectorales comme de deux béquilles sur lesquelles elle s’appuie pour pouvoir se redresser. Ne pouvant pas nager facilement elle rampe ou plutôt sautille nerveusement lorsqu’elle est surprise en dehors de son abri. En fin d’été et jusqu’au début de l’hiver on peut observer les jeunes de l’année pas plus grands que 2 à 3 centimètres, s’amuser à glisser entres les coroles des anémones-bijoux. Leur livrée d’un beige très clair presque transparent les rend difficiles à localiser.

On pourrait confondre la blennie avec un gobie mais la distinction se fait assez facilement en observant la nageoire dorsale unique de la blennie. Celle-ci lui parcourt tout le long du corps. Le gobie dispose lui de 2 nageoires dorsales séparées, il est de couleur plus sombre et n’a pas les fameuses couronnes sur la tête.

Au bassin d’Arcachon on peut observer deux types de blennies. La blennie rayée possède un corps assez massif, brun foncé, pouvant atteindre une quinzaine de centimètres. Ses yeux sont rouges et sa tête est couronnée de tentacules courts ressemblants à un buisson trapus. L’autre représentante de l’espèce est la blennie à cornes. Plus petite, c’est aussi la plus fréquente. On la reconnait facilement à ses deux tentacules fins et colorés placés juste en arrière de ses yeux globuleux.

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La Rascasse

Rascasse du bassin d'Arcachon

La Rascasse est un poisson qui fréquente toute l’année aussi bien les perreys d’Arcachon que les enrochements du Cap Ferret. C’est là qu’il possède la colonie la plus importante. Sa grosse tête, son corps massif et coloré en font un sujet très intéressant pour le photographe. C’est un poisson assez facile à localiser la nuit malgré sa robe tachetée qui lui assure un camouflage très efficace. Il affectionne les rochers ou les concrétions des tubes de vers qui tapissent les perreys. On ne le rencontrera que rarement sur un fond sableux.

La rascasse est facilement observable en plongée de nuit dès les premiers mètres d’immersion. Ce poisson aime se poster sur un petit promontoire d’où il surveille les alentours à l’affût d’une proie passant à proximité. Il est relativement peu peureux et se laisse approcher sans bouger et sans montrer trop d’inquiétude. La plupart du temps, s’il se sent incommodé, il redresse simplement les épines de sa nageoire dorsale mais ne prend pas pour autant la fuite. Au pire il se tournera légèrement vers un espace dégagé pour être prêt à s’enfuir.

La rascasse se montre assez tolérante avec la lumière des phares. Le plongeur de nuit n’aura aucun mal à s’approcher suffisamment près pour faire une belle photo d’ensemble ou même un portrait très serré. Au pire, si l’approche est trop brutale, elle donnera un coup de queue nerveux qui la propulsera quelques dizaines de centimètres plus loin à l’abri d’une crevasse dans les rochers.

Au bassin d’Arcachon on rencontre deux types de rascasses. Le premier type est la petite rascasse, appelée aussi rascasse brune. De taille modeste au bassin, entre 15 et 20 centimètres, elle possède une robe variant du brun clair au brun très rouge. L’arrière de la tête peut être ornée d’une large tache plus claire, presque blanche. Cette rascasse se reconnait aussi au fait que sa bouche, notamment sa mâchoire inférieure, ne dispose pas de lambeaux de peaux pendouillants.

Le deuxième type est la grande rascasse, appelée aussi chapon, parfois appelée aussi Rascasse Rouge. De taille plus importante, la rascasse Rouge possède une grosse tête, une bouche très large et un corps massif pourvu d’une grosse nageoire dorsale épineuse. Sa couleur varie du brun très clair, presque jaune, au rouge orangé. Son corps est recouvert, surtout au niveau de la bouche, de lambeaux de peaux qui pendent et assurent un camouflage très efficace. Le chapon, assez fréquent au Cap Ferret, est aussi présent sur les sable devant la ville d’Arcachon.

Ces deux poissons sont d’excellents modèles pour les photographes nocturnes. Nombreux et de caractère docile ils permettent de ramener quelques belles photos autant en été qu’en hiver. Alors prenez le temps de les chercher, ça vaut le coup d’œil.

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Les Nudibranches

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Au bassin d’Arcachon il existe plusieurs espèces de mollusques dépourvues de coquille. Elles sont extraordinairement surprenantes par leurs formes et leurs couleurs. Aucune n’est comestible, tant mieux, c’est quand même plus sympa de simplement les observer. Ces petits animaux sont très fragiles, il est prudent de ne pas les attraper ou de les bousculer.

Certains de ces mollusques ont une caractéristique surprenante, ils respirent grâce à des branchies qui sont directement placées à l’extérieur et à l’arrière du corps sans aucune protection. Voilà pourquoi on les appelle des nudibranches, cela signifie « branchies à nu ». En cas d’alerte, les nudibranches peuvent remiser leur appareil respiratoire à l’abri à l’intérieur du corps.

Trouver des nudibranches n’est pas chose facile, ils sont de petites dimensions, de quelques millimètres à peine jusqu’à 5 ou 6 centimètres pour les plus grands. Comme les limaces terrestres, ils auraient une durée de vie assez courtes, de l’ordre de quelques mois à une année. De fait s’ils sont abondants au cours de l’été, on n’en voit quasiment plus pendant la saison froide. Il faut être un fin connaisseur pour arriver à les identifier correctement car beaucoup se ressemblent.

La plupart de ces petits animaux fréquentent à faible profondeur les rochers d’Hortense, cependant, on en trouve aussi à plus de 18 mètres.Si vous avez l’œil averti, vous les verrez l’été s’affairer comme des fous à se reproduire. On les voit alors en mélées étroites ou bien accolés flanc contre flanc carle système sexuel de certains est localisé à cet endroit sur le côté droit. Le plus facile est de repérer la ponte qui forme des espèces de draperies très jolies soit directement sur les rochers sans guère de protection ou bien aussi suspendues au plafond de petites cavités. Une fois repérées, regardez bien autour, ils ne sont pas loin. S’ils ne copulent pas, ils rampent lentement en solitaires sur les parois verticales des rochers tapissés d’algues. Ils se mettent souvent à l’abri dans les petites crevasses en jouant les équilibristes sur le plafond des trous.

Côté Arcachon on va trouver moins d’espèces qu’au Cap Ferret. C’est sur les perreys, à faible profondeur qu’on peut les voir. Prenez votre temps pour fouiller à leur recherche, les observer est un vrai régal pour les yeux. Le photographe averti arrivera à tirer quelques magnifiques photos, chose parfois très difficile à cause de leur petitesse et du courant qui les bouscule énormément. En attendant de vous y essayer, vous pouvez profiter de la galerie photos qui leur est consacrée.

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Le grondin

6octobre2004-grondin-web

Le grondin est un poisson très facilement reconnaissable sur les fonds sableux du bassin d’Arcachon. De couleur allant du rouge très pâle au rougeâtre plus marqué, il a le front plat, un corps assez allongé et surtout deux magnifiques nageoires pectorales en forme d’ailes circulaires. Ces nageoires se replient le long du corps au repos. Déployées, elles montrent des tâches colorées du brun sombre au noir, parfois bleu irisé. La bordure des ailes est constituée d’une frange bleue très jolie à la lumière des phares

Le grondin affectionne les fonds de sable à faible profondeur. A Arcachon on le croise régulièrement jusqu’à 15 mètres. En plongée de nuit, on le trouve immobile à l’affut d’une proie. C’est un poisson peu peureux. Incommodé, il étendra ses ailes et se tournera vers une direction de repli. Les 3 premiers rayons de ses nageoires pectorales sont indépendants et repliés vers le sol, le grondin s’en sert adroitement pour marcher ou reculer d’une façon étonnante. Poussé à la fuite, il donnera un coup de queue sec et rapide qui le propulsera quelques mètres plus loin.

Le grondin n’a pas une nage rapide et même après une fuite, il se laissera approcher sans difficulté. Le photographe pourra prendre tout son temps pour peaufiner de belles photos. Ses gros yeux bien ronds produisent des reflets verts et bleus magnifiques sous la lumière des phares.

Son nom viendrait du fait qu’il serait capable de pousser quelques grognements. Personnellement je n’ai jamais eu l’occasion de les entendre, je suis certainement un peu trop sourd.

Le grondin est un poisson très sympathique que les jeunes plongeurs auront beaucoup de plaisir à observer de près, ils auront raison, pourquoi s’en priver, c’est si agréable.

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Le homard bleu du bassin d’Arcachon

Homard Bleu-2013

Ce n’est pas une illusion de penser que certaines espèces disparaissent progressivement du bassin d’Arcachon sans qu’on sache réellement pourquoi. Ceci dit, une certaine forme de logique nous pousse à croire que nous n’y sommes pas pour rien. Les plongeurs y ont sans doute une part de responsabilité. Le fait est que le homard bleu, appelé aussi le homard breton, a presque disparu du bassin d’Arcachon.

Il y a une vingtaine d’années, il n’était pas rare de le rencontrer, souvent de belle taille, dans les empierrements du Cap Ferret et sous les carcasses de bateaux devant la ville d’Arcachon. De nos jours c’est devenu quasiment impossible. On pourrait passer des années sans en apercevoir un seul. Lorsqu’on a la chance de croiser un spécimen, c’est un jeune de taille modeste, inférieure à 20, 25 centimètres.

Les juvéniles de cette taille ont probablement entre 3 et 4 ans. Les adultes peuvent atteindre bien plus de 50 centimètres mais pour en voir de cette taille, il faudrait remonter la côte jusqu’en bretagne.

La journée, le homard se cache au fond d’un terrier ou dans les profondes cavitées dans les rochers. La nuit il sort pour chasser, c’est à ce moment là qu’on a le plus de chance de le rencontrer.

La première chose qui impressionne chez ce gros crustacé, c’est l’ensemble fait par ses deux grosses pinces. Elles lui servent à broyer les autres crustacés dont il se nourrit. Attention, le plongeur imprudent qui voudra s’essayer à l’attraper pourrait amèrement le regretter, chacune de ces pinces est tout à fait capable de sectionner un ou plusieurs doigts sans effort.

Pour le dénicher, il faut être attentif aux mouvements des fins filamments rouges orangés au fonds des trous. Il s’agit de ses antennes qui trahissent sa présence. Il faut alors se montrer patient et attendre que la curiosité le pousse à s’approcher prudemment. Il tentera des approches successives marquées de reculs rapides tant qu’il ne se sentira pas en sécurité.

Son ennemi pricipal était le poulpe, mais celui-ci, comme le homard, marque depuis quelques années un net recul de fréquentation du bassin d’Arcachon. Par contre, le congre est bien représenté partout dans le bassin, c’est avec ce grand prédateur que le jeune homard en période de mue aura le plus de maille à partir.

En chasse photographique, le homard reste rarement un sujet immobile. Son corps assez volumineux soulève facilement la vase. Le photographe devra donc s’armer de patience pour pouvoir prendre quelques photos exploitables. L’animal se laisse difficilement approcher. Contrairement aux araignées, je n’ai jamais noté chez le homard une indisposition à la lumière des phares, heureusement, cela facilite la prise de vue.

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Le calmar à Arcachon

Calmar Cap Ferret  hortense Arcachon

Le calmar, certains écrivent calamar, est un céphalopode que l’on rencontre l’été au bassin d’Arcachon. C’est une espèce vivant normalement en pleine mer mais qui vient à la période estivale déposer ses oeufs sous forme de tubes blancs attachés en grappe sur les tiges d’algues ou sur quelques aspérités de rochers.

Les calmars rencontrés au bassin d’Arcachon n’ont évidemment rien à voir avec le Kraken des légendes nordiques. Ils sont d’une relative petite taille, rarement supérieure à 25 centimètres. D’habitude, on le croise en solitaire ou en petit groupe de 3 à 5 individus d’une taille de l’ordre d’une dizaines de centimètres. Il s’agit alors de très jeunes individus qui viennent satisfaire leur curiosité dans la lumière des lampes du plongeur de nuit.

Cette espèce est étonnante d’intelligence. Avec mon ami plongeur il nous est plusieurs fois arrivé de partager avec ces jeunes calmars quelques moments de délire pendant lesquels chacun son tour ils venaient jouer à se laisser attraper dans ma main pour pouvoir s’en échapper d’un coup brusque avant de tenter la même chose avec celle du copain. Ce jeu pouvait durer quelques minutes et nous a laissé des souvenirs inoubliables. D’une façon plus générale, le plongeur de nuit verra ces juvéniles l’accompagner une partie de la plongée. En bons observateurs, ils se placent juste à la limite entre la lueur des phares et l’obscurité puis disparaissent d’un coup, attirés par autre chose.

Comme la seiche et le poulpe cette espèce est capable de changements de couleurs surprenants. Les très jeunes arborent en général une robe très claire tachetée de zones rougeâtres. Les individus plus âgés nagent plus volontier en solitaire. Ils arborent une belle couleur rouge d’un effet très séduisant en plongée de nuit.

Toujours en mouvement, les calmars sont assez difficiles à photographier ou à filmer, surtout si l’eau est trouble. S’ils acceptent de rester dans la lumière c’est un vrai régal. Il faut avoir de la chance, car la plupart du temps, le calmar viendra juste faire un petit tour d’exploration et s’échappera à toute vitesse vers l’obscurité.

C’est une espèce taillée pour la vitesse, les accélérations qu’elle montre en plongée sont franchement impressionnantes, ça laisse un frisson glacé dans le dos quand on imagine ce dont les grands calmars des profondeurs doivent être capables.

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La seiche

Seiche Arcachon aout2006

Parmi les céphalopodes, la seiche est un décapodes. Ce nom bizare signifie simplement qu’elle possède 10 tantacules. Les 2 plus grands, les plus longs, lui permettent d’attraper ses proies. Les tantacules sont équipés de ventouses qui maintiennent fortement les proies qui viennent d’être capturées. Celles-ci sont ensuite conduites jusqu’à la bouche en forme de bec de perroquet.

le bassin d’Arcachon est occupé toute l’année par une population assez nombreuse de jeunes seiches en dévelloppement ou par les couples d’adultes qui viennent s’y reproduire au printemps et en été. On rencontre les pontes accrochées à faible profondeur à des rochers ou des tiges d’algues. Les oeufs de seiches ressemblent à des grappes de raisins dont les grains noirs et pointus mesurent à peine plus d’1 centimètre.

Les jeunes seiches ont une croissance rapide. Celles habituellement rencontrées au Cap Ferret sur les zones sableuses ainsi qu’à Arcachon mesurent jusqu’à 15, 20 centimètres. Les adultes peuvent atteindre le double de taille. C’est surtout sur les fonds sableux d’Arcachon, de la surface et jusqu’à à une dizaine de mètres de profondeur qu’on rencontre les plus grands spécimens.

La seiche est un animal très intelligent qui adapte son comportement à la situation. En plongée de nuit par exemple, on peut voir certaines opportunistes venir chasser les petits poissons trop curieux attirés par la lumière des phares. Contrairement au calmar, elle ne cherche pas a observer le plongeur. Elle n’en a pas trop peur et ne semble pas indisposée par la lumière des phares. Du coup, il est facile de l’approcher et de tenter quelques grossissements intéressants comme par exemple un plan serré sur un œil.

Il ne faut pas confondre les jeunes seiches avec une espèce très voisine, la sépiole. Cette dernière est assez difficile à observer car elle reste souvent enfouie dans le sable. La sépiole mesure à peine 10 centimètres à l’âge adulte. La plupart de celles qu’on peut observer mesurent 2 à 5 cm

La seiche est un excellent chasseur de poissons et de crustacés. En dehors des adultes en période de fraie que l’on voit nager par 2 ou par 3, la seiche adopte plutôt une attitude de chasse à l’affut, posée immobile sur le sable. Elle utilise alors sa capacité à changer de couleurs pour se confondre parfaitement avec son environnement. Elle peut aussi décider de se recouvrir de sable, seuls ses yeux restant encore visibles.

Si la seiche n’a pas vraiment peur du photographe de nuit, elle n’apprécie pas trop pour autant que cette présence s’éternise. Au bout de quelques dizaines de secondes elle décidera la plupart du temps de prendre la fuite jusqu’à une zone en dehors de la lumière du plongeur. La nage est alors élégante et colorée, c’est un excellent sujet de vidéo. Les toutes jeunes n’aiment pas prendre la fuite, certainement de peur de se faire repérer par un autre prédateur. Elles préfèrent marquer leur mécontentement en relevant presque à la verticales 2 ou 3 tentacules en guise de menace. Si cette posture s’avère inefficace, elle s’enterre brusquement pour échapper au regard.

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L’anémone-bijou

Anémone-bijou-1

Les corynactis, plus connues sous l’appellation d’anémones-bijoux, sont de petits animaux marins parmi les plus beaux et les plus spectaculaires en plongée de nuit au bassin d’Arcachon. Ils ont colonisé une bonne partie des enrochements du Cap Ferret. Curieusement les anémones-bijoux sont bien plus rarement implantées du côté d’Arcachon. Encore que ces derniers temps les épaves soient en train d’être fortement colonisées par ces anémones et par de grosses éponges jaunes citrons. C’est une espèce assez particulière qui colonise les flancs de rochers par bouturage, c’est à dire la production de clones à partir d’un seul individu dont ils gardent la couleur.

Les colonies tapissent ainsi de grandes surfaces de la même couleur avoisinant avec d’autres de couleurs différentes. Cet éventail des couleurs est relativement vaste, allant du jaune au vert en passant par le mauve, l’orangé, le rose, le brun clair et plus rarement le blanc. Très fréquentes dès les premiers mètres sous la surface on la trouve jusqu’au delà de 12 mètres de profondeur.

En forme de disque d’un à deux centimètres de diamètre l’anémone bijou possède une petite bouche centrale légèrement proéminente. Celle-ci est entourée d’une série de petits tentacules placés en forme de cercle. La rangé extérieure du disque est constituées de tentacules beaucoup plus grands. Tous se terminent par un renflement en forme de petite sphère de couleur différente du disque et du plus bel effet sur une photo.

En plongée, il n’est guère prudent de mettre les doigts n’importe où. Pour autant, on pourra sans risque caresser avec délicatesse les coroles de ces petits animaux. Au contact, ils se rétractent et offrent de nouvelles formes très esthétiques. L’impression laissée sur la main en est vraiment très agréable.

Le photographe trouvera avec les anémones-bijoux mille possibilités d’exercer son talent pour obtenir de très belles macros riches en lumières et en couleurs. La petitesse de chaque individu nécessite pour réussir un plan serré de monter une lentille grossissante sur le caisson. Il faudra alors jouer sur différentes positions de l’éclairage pour obtenir le meilleur effet. Le plus dur est la plupart du temps de trouver un appui stable dans le courant pour éviter les bougés désastreux.

Les colonies d’anémones-bijoux abritent de temps en temps le repère de petites blennies. Les repérer permet de faire quelques portraits colorés très intéressants, presque poétiques.

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Le cérianthe

Cérianthe Arcachon

Bien que de dimensions moins imposantes que ses cousins de méditerranées, lesquels peuvent atteindre près de 40 centimètres de diamètre, le cérianthe du bassin d’Arcachon est tout autant magnifique à observer.

Ce petit animal vit à l’intérieur d’un tube enfoncé dans le sable ou la vase dans lequel il trouve instantanément refuge en cas d’alerte. Le bruissement trop proche des bulles d’air du plongeur ou le crissement du bras flexible d’un appareillage photo le fera immédiatement réintégrer son abri. C’est donc un petit animal assez difficile à approcher pour les plongeurs trop impatients.

On le rencontre souvent sur les fonds sableux devant la ville d’Arcachon à faible profondeur jusqu’aux environs de 10, 12 mètres. On le croise aussi moins fréquemment au Cap Ferret, mais il est vrai que sur ce spot de plongée on se ballade assez peu sur les plateaux sableux.

Le cérianthe se distingue facilement des anémones car il est d’une part de dimension relativement grande, jusqu’à une vingtaine de centimètres de diamètres. D’autre part ses nombreux tentacules se présentent sous 2 types différents en longueur et en couleur. Autour de la bouche se concentrent de très nombreux tentacules de petites dimensions, souvent de couleur violacée. l’animal s’en sert pour envelopper ses petites proies et les diriger vers sa bouche difficilement observable. Les tentacules les plus grands forment une couronne élégante qui s’écarte dans le courant pour capturer les minuscules crevettes et autres larves présentent dans le plancton. Les malheureuses proies n’ont aucune chance de survivre à une capture

Les tentacules les plus grands sont généralement de couleur ocre très claire, presque tranparente avec parfois de petits anneaux vert brillants du plus bel effet en photo sous-marine. Le plongeur patient peut se délecter à observer les multiples tentacules, près d’une centaine, qui amènent inlassablement leurs captures vers la bouche au sommet du tube. C’est un sujet de vidéo particulièrement esthétique et curieux que la prise de photo a du mal à mettre en valeur.

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Les Vers Marins

La Sabelle Paon

Sabelle Arcachon 2004

La sabelle est un ver dont l’essentiel du corps est caché à l’intérieur d’un étui en forme de tube de quelques millimètres de diamètres. Une partie de ce tube couleur de vase s’enfonce verticalement dans le sable ou la vase tandis qu’une autre partie reste dégagée et s’élève sur une dizaine de centimètres au-dessus du sol.

Le sommet du tube est orné d’un panache de tentacules qui s’écartent en forme de couronne sur un diamètre 8 à 10 centimètres environ. Ces tentacules flottent dans le courant des marées pour en extraire la nourriture du petit animal. Ces tentacules sont d’une jolie couleur brun clair tachetée régulièrement par des bandes de brun plus foncé, certains ont une couleur dominante violacée très marquée.

Le sommet intérieur de l’étui est flanqué de 2 tentacules plus fins, plus sombres et plus rigides qui s’élèvent verticalement alors que 2 autres plus petits, en général de couleur plus claire, parfois jaune marquent l’entrée du tube.

La sabelle paon est un animal solitaire et très craintif. Une vibration suspecte de l’eau et les tentacules sont instantanément retirés à l’intérieur de l’étui. Le photographe devra se montrer très prudent et très patient pour réussir de belles photos d’autant qu’avec le courant les tentacules bougent énormément.

A Arcachon, on rencontre très fréquemment La Sabelle toute l’année sur les sables peu profonds et jusqu’à 8 à 10 mètres. Ce ver vit complètement isolé sur le plateau sableux ou à proximité de colonies de jeunes moules, je n’en ai jamais vu en colonie. Avec un peu de chance, on peut même surprendre un hippocampe dont la queue se sera enroulée autour du tube.

La Sabelle Limicole

Sabelle limicole Arcachon

Bien moins spectaculaire que sa cousine la sabelle paon, la sabelle limicole est aussi beaucoup plus rare. On la trouve aussi bien devant Arcachon qu’au Cap Ferret. C’est un animal de petite taille dont l’entonnoir caractéristique mesure de 2 à 5 centimètres de diamètre. Ce dernier est formé par la juxtaposition de nombreux tentacules plaqués les uns sur les autres

La sabelle limicole fréquente les pieds de rochers où s’accumule de la vase. Ce ver est très craintif et réintégrera à la moindre alerte son entonnoir à l’intérieur du tube qui lui sert d’abri.

D’une belle couleur, c’est un sujet intéressant pour le photographe s’il arrive avec patience et prudence à approcher son sujet d’assez près avant qu’il ne se réfugie dans son abri.

La petite Serpule

Serpule Cap Ferret

Ce petit ver très coloré se rencontre avec un peu de chance à faible profondeur sur les fonds rocailleux et vaseux. Sa petite dimension et la craintivité qui l’entraine à se réfugier rapidement dans son tube le rendent particulièrement difficile à repérer.

Son panache en général d’une belle couleur rose ou rouge orné près du centre de taches blanches est un vrai régal pour les yeux. Il dépasse à peine 2 à 3 centimètres de diamètre et comprend un petit opercule qui vient obstruer le tube en cas de rétractation.

Chaque tentacule est formée d’une tige entourée perpendiculairement par de minuscules filaments qui le font ressembler un peu à une plume.

Les planaires

Planaire brun

Les planaires sont de petits vers plats souvent confondus avec des nudibranches. C’est généralement le fait qu’ils n’aient pas de branchies visibles en arrière du corps, que celui-ci soit vraiment très plat et que la tête soit simplement ornée de 2 tentacules qui permet de faire la différence.

La taille peut atteindre 4 à 5 centimètres pour les plus grands. Ces petits animaux sans squelette sont capables de se faufiler dans n’importe quel petit trou. En terrain dégagé ils sont également capables de vitesses de déplacement surprenantes alors qu’au contraire les limaces de mers sont relativement lentes. Tout comme les nudibranches, ils sont absolument superbes à observer du fait de l’incroyable élégance avec laquelle les ondulations des franges du corps lui permettent d’avancer. Certains spécimens peuvent également nager en ondulant de tout le corps, c’est souvent des juvéniles et cette nage laisse l’impression d’une danse étrange et mystérieuse.

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Le Congre

Congre Cap Ferret 12 2003

Le congre le plus impressionnant que j’ai pu observer était une bête magnifique d’au moins 2 de mètres de long que nous avions croisée en plongée de nuit alors qu’il chassait en pleine eau dans les rochers d’Hortense. Là, j’avoue qu’on ne fait pas le fier, la bête est vraiment très très impressionnante.

C’est la seule fois où j’ai eu à croiser en pleine eau un animal de cette taille. D’habitude au bassin d’Arcachon on ne rencontre les gros congres que cachés dans les trous des rochers du Cap Ferret ou dans ceux des épaves de bateaux. Par contre, il est très courant de surprendre les jeunes de moins d’un mètre en vadrouille de chasse sur les étendues sableuses devant la ville d’Arcachon.

Le jeune congre peut être facilement confondu avec une grosse anguille. Pour éviter la méprise il suffit de regarder le départ de la nageoire dorsale. Celle-ci commence à hauteur de la terminaison des nageoires pectorales. Chez l’anguille la nageoire dorsale commence beaucoup plus loin.

Le congre possède une mâchoire puissante qui s’ouvre jusque sous ses 2 gros yeux ronds. Je n’ai jamais observé chez cette espèce, autant chez les gros que chez les petits, une attitude agressive vis à vis de moi lorsque je m’approche pour filmer. Cependant la prudence impose de rester loin de l’animal et de ne pas l’exciter avec de la nourriture pour le faire sortir de son trou. Ce serait une erreur fatale pour quelques doigts que l’animal pourrait sectionner sans effort. La vitesse éclair avec laquelle il est capable de sortir de son trou et d’y rerentrer ne laisserait aucune chance au plongeur de retirer sa main à temps.

Le congre chasse essentiellement la nuit, c’est donc à ce moment là qu’on a le plus de chance de faire de rencontres. Le photographe attentionné pourra s’approcher de près et réaliser quelques beaux portraits. Le congre, comme beaucoup de poissons est un animal curieux, après un moment à l’abri dans son trou, il tentera souvent une approche lente et hésitante pour venir voir de plus près le plongeur qui l’éclaire. Il suffit donc d’être patient et de ne pas trop bouger. Si la lumière directe le dérange, il suffira de détourner un peu la lampe.

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Les raies

Plusieurs espèces de raies fréquentent l’intérieur du bassin d’arcachon. C’est en été qu’on peut les observer les plus nombreuses. La raie est un poisson qui exerce un certain pouvoir de fascination, sans doute à cause de sa forme assez curieuse, ou peut-être par similitude avec l’étrange magie du vol des raies manta, ces géantes des mers du sud immortalisées dans des films cultes sur la vie sous-marine.

Attention toutefois, l’aspect tranquille de ces poissons peut cacher de réels dangers comme on va le voir juste après. Les raies passent beaucoup de temps posées à plat sur les fonds sableux. Pour se dissimuler, elles agitent frénétiquement leurs nageoires, ce qui soulève un nuage de sable qui en retombant vient les recouvrir d’une façon très efficace.Il est donc toujours prudent de regarder où on pose les mains sous peine d’une désagréable surprise.

La raie torpille

Raie Torpille Arcachon 2003

Appelée aussi raie marbrée, c’est celle avec laquelle il faudra être le plus prudent. D’une forme presque circulaire, de couleur ocre à légèrement rosée, cette espèce a développé un organe spécial placé en arrière au niveaux des yeux. Cet organe spécialisé est capable de produire une décharge électrique de plus d’une centaine de volts. Même les toutes jeunes en sont dotées. La raie torpille s’en sert pour étourdir les proies passant à proximité de sa tête.

La décharge n’est pas mortelle pour l’homme mais provoque une très vive douleur, je connais quelqu’un qui peut en parler d’expérience. Attention donc lorsque vous vous baladez près des épaves devant la ville d’Arcachon, c’est un site qu’elles affectionnent tout particulièrement, parfois en grande troupe.

On la rencontre aussi au Cap Ferret, étonnemment enfoncée dans des trous entre les rochers ou même dans de gros tuyaux en ciment. Il n’est pas rare de la croiser la nuit en plein vol à quelques dizaines de centimètres au-dessus du sable. La surprise de voir ce corps massif vous passer rapidement sous le ventre provoque quelquefois une belle frayeur. Ceci dit, je ne connais aucun cas ou ce poisson aura délibérément agressé un plongeur. Si elle est importunée, la raie torpille essaiera plutôt de se cacher sous un manteau de sable ou plus couramment de prendre la fuite vers un lieu moins fréquenté.

La raie pastenague

Portrait Pastenague Arcachon

Beaucoup plus rare que la torpille on la reconnait à un corps épais et large, taillé légèrement en pointe, souvent gris foncé à brun, des yeux massifs prohéminents et une queue fine. Elle aussi doit motiver le plongeur à rester prudent. Son apparente docilité cache une arme redoutable sur sa queue. Il s’agit d’une pointe épineuse et venimeuse aussi affutée qu’un couteau et qui provoque une douleur puissante. Il paraît que certains pourraient s’en évanouir. En plongée il y a peu de risques, c’est surtout les baigneurs qui peuvent par malchance marcher sur une jeune pastenague se reposant près de la surface. Les raies pastenagues que l’on croise au bassin d’arcachon sont de jeunes spécimens d’une taille relativement modeste comparée à celle des adultes vivants en pleine mer. Pour autant elles n’en sont pas moins dangereuses. Les pastenagues n’apprécient que peu la présence du plongeur nocturne et préfère gagner le plus rapidement possible le noir de la nuit loin des phares. Sa nage est esthétique et rapide, il n’est pas facile de la suivre longtemps.

La raie brunette

Raie brunette Arcachon 2009

C’est la plus belle et la plus agréable à rencontrer. Sa robe brune à ocre claire est enjolivée de magnifiques taches ou dessins sur toute la surface du dos. Comme les autres raies on la trouvera la nuit posée à plat sur les fonds sableux ou vaseux jusqu’à 8, 10 mètres de profondeur. Rencontrer une juvénile d’une vintaine de centimètres est un vrai régal. Les spécimens plus agées offrent un spectacle inégalé la nuit par la beauté et la grace de la nage que ce poisson montre en rasant le fond ou même en nageant en pleine eau.

La raie brunette comme la raie bouclée est un sujet magnifique pour le photographe ou le cinéaste amateur. Elle se laissera facilement approcher et même caresser. Si elle cherche à s’enfuir, sa nage relativement lente permet au plongeur de l’accompagner assez longtemp pour qu’elle lui laisse un souvenir puissant ou pourquoi pas un très beau film vidéo.

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La petite cigale de mer

petite cigale de mer a hortense mai 2010

Un petit crustacé présent toute l’année

La cigale de mer du bassin d’Arcachon est un petit crustacé qui fréquente toute l’année les rochers de la digue du Cap Ferret. Entre 5 et 15 mètres, elle affectionne les aplombs verticaux recouverts d’algues ou d’anémones bijou.

Ce petit décapode d’une dizaines de centimètres ne peut se confondre avec aucun autre crustacé local. Bien plus petite que sa cousine de méditerranée, son corps allongé est carapaçonné par une série d’anneaux s’enroulant à l’arrière comme la queue d’une langouste. D’une couleur brune, parfois très foncée, souvent liserée de rouge, la petite cigale du bassin possède une grosse tête aux magnifiques yeux noirs brillants montés sur 2 saillies mobiles rouge sang . L’avant de la tête est orné par de 2 larges plaques rigides horizontales recouvertes d’une espèce de duvet plumeux.

La cigale est un petit animal peu farouche mais il est prompt à s’enfuir en se propulsant en arrière si on s’approche de trop près. Elle ne semble pas dérangée outre mesure par la lumière des phares. Le plongeur photographe aura tout le loisir de peaufiner son cadrage car même si elle se déplace sur ses 5 paires de pates rayées de bandes jaunes, c’est toujours très lentement.

A l’automne on peut avec beaucoup d’attention repérer entre les corolles d’anémones bijou de jeunes cigales de l’année mesurant quelques millimètres à peine. Leur couleur presque blanche ou finement rosée les rend très difficiles à observer et encore plus difficile à photographier en macro.

La population de cigales est assez variable d’une année sur l’autre. Parfois très nombreuses, elles se font aussi comme en ce moment, relativement rares. Je ne pourrais dire quels facteurs influencent réellement la densité de sa population.

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L’Oblade

Belle oblade sur le sable d'Arcachon

Caractéristiques générales.

Les oblades que l’on rencontre au bassin d’Arcachon sont des poissons de dimension modeste de l’ordre d’une dizaine de centimètres. Il s’agit de juvéniles, les adultes faisant faire environ 3 fois cette taille.

Les oblades, présentes au bassin d’Arcachon en toutes saisons, sont souvent confondues par les plongeurs débutants avec une espèce cousine, les sars. Elles s’en distinguent par une tache noire entourée d’une bande blanche au niveau de la naissance de la nageoire caudale.

En général, c’est un poisson à la robe argentée. Quelques spécimens rencontrés dans les rochers d’Hortense peuvent prendre une légère coloration verte sur la moitié supérieure du corps.

Un poisson très remuant.

l’oblade est un poisson assez peu craintif. Il manifeste même parfois un certain intérêt pour l’objectif d’un caisson étanche. Tout irait donc bien pour le photographe si ce petit poisson n’avait pas la bougeotte permanente. Il nage par saccades et se retourne régulièrement dans toutes les directions.

Ce petit poisson est donc un sujet particulièrement difficile à saisir de près à moins d’avoir un appareil photo à la mise au point très rapide. En mode vidéo il est tout aussi difficile de faire de belles séquences. En effet, en plongée de nuit sa brillance à la lumière des phares surexpose sa robe et ses mouvements brusques imprévisibles rendent particulièrement difficile une mise au point précise.

Pour le plongeur contemplatif c’est toujours un spectacle agréable de voir ce poisson en groupe ou en solitaire virevolter près de lui.

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Le rouget de roche, rouget barbet du bassin d’Arcachon.

rouget davant Arcachon 1-11-2012

Caractéristiques

Le rouget est un poisson que l’on croise fréquemment au bassin d’Arcachon, que ce soit sur les rochers du Cap Ferret entrecoupés de zones vaseuses ou bien sur les plateaux sableux devant la ville d’Arcachon. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’il vit en plus grande quantité. Souvent solitaire au bassin d’Arcachon, les jeunes forment parfois de petits groupes de 2 à 3 individus. Personnellement je n’ai jamais eu l’occasion de l’observer en grosse troupe ou en banc

Le rouget, comme son som l’indique est de couleur rouge, mais pas uniformément rouge, plutôt rosé avec 2 grosses bandes rouges. Le flanc est parcouru par 2 raies jaunes dans le sens du corps. Celui-ci est assez allongé, peu comprimé sur les flancs et possède une grosse tête à front abrupt avec deux gros yeux. La mâchoire inférieure dispose de deux barbillons blancs que le poisson détend devant lui ou replie sous sa mâchoire au gré de son activité. Ces appendices lui servent à fouiller la vase ou le sable à la recherche de petites proies.

A partir du mois de septembre on croise de plus en plus de rougets adultes de grandes dimensions, 25 à 30 cm environ, ce qui lui vaut le surnom de « vendangeur ». Ceux-ci se font moins nombreux dès le mois de janvier où ils rejoignent des eaux plus profondes

Attention aux confusions.

L’appellation rouget est suffisamment vague pour entrainer des méprises. Cette appellation regroupe une grande quantité de différents poissons. L’espèce dont on parle ici est plus communément appelée rouget de roche (affectionne les rochers) ou encore rouget barbet(pour ceux qui fréquentent les plateaux sableux ou vaseux). Il ne faudrait pas par exemple le confondre avec son cousin le rouget perlon plus connu chez nous sous le nom de grondin.

Un poisson top-modèle

Le rouget est un poisson peu farouche la nuit et se laisse facilement approcher. La lumière des phares ne semble pas l’importuner particulièrement. Le photographe attentif qui tentera une approche lente pourra faire de nombreux plans en prenant tout son temps. Comme un top-modèle, ce poisson lui offrira à travers quelques courts déplacements plusieurs profils assez esthétiques.

La nuit on trouve souvent le rouget en train de se reposer tranquillement posé sur le sable. Si on a la chance de le surprendre en activité de chasse c’est alors l’occasion de le suivre un petit moment pour le filmer. Sa façon assez surprenante d’utiliser ses 2 barbillons sensitifs est un sujet de film intéressant.

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Les sars

sar commun du bassin d'Arcachon

Plusieurs espèces de sars fréquentent l’intérieur du bassin d’Arcachon. Ces poissons sont de tailles relativement modestes. Effectivement, l’essentiel des différents sars observables au Cap Ferret ou bien sur les bancs de sable d’Arcachon sont de jeunes spécimens. Les sars du bassin sont en général des poissons assez peu farouches la nuit. Ils se laissent assez facilement approcher et ne semblent pas perturbés par la lumière des phares.

Le sar commun.

Le sar commun est un poisson de petite taille au corps argenté et au museau légèrement pointu. Les flancs élevés sont très comprimés et traversés verticalement par plusieurs petites rayures sombres parfois assez difficilement observables. la zone en avant de la nageoire caudale possède une grosse tache noire.

Les juvéniles se regroupent par petits groupes et n’hésitent pas à se mélanger avec les autres espèces de sars et les petites oblades.

Le sar tambour.

Pour le plongeur, le sar tambour ne se différencie du sar commun que par les 5 à 6 raies larges et sombres qui zèbrent verticalement ses flancs. Au niveau comportemental rien ne le distingue des autres sars, il fréquente les même lieux rocailleux et les mêmes épaves ensablées à faible profondeur.

Le sar à tête noire.

le sar à tête noire ressemble trait pour trait au sar commun. On le reconnait facilement au fait que la tache noire devant la nageoire caudale a pris une allure de raie verticale large et sombre. Une deuxième raie verticale noire et assez large se trouve derrière la tête. Elle part de la base de la nageoire dorsale et traverse le flanc jusqu’au ventre.

Le sparaillon.

Moins fréquent et légèrement plus petit, le sparaillon se distingue assez difficilement du sar commun, si ce n’est que le dos peut avoir une faible coloration ocre. Par contre c’est le seul de la famille des sars à posséder des nageoires ventrales de couleur jaune.

Le sar est au global un petit poisson sympathique que le plongeur débutant aura beaucoup de plaisir à observer car il ne cherchera pas à s’enfuir tout de suite à son approche.

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Le gobie

Gobie a Arcachon

Le gobie est un petit poisson solitaire que l’on rencontre aussi bien sur les perreys d’Arcachon que dans les rochers du Cap Ferret. Au bassin d’arcachon on peut observer à faible profondeur deux types de gobies, le gobie noir et le gobie des sables.

Le gobie noir est le plus grand. Il peut atteindre de 10 à 15 cm et fréquente les rochers sur les fonds vaseux. Le gobie des sables, plus petit se trouve mieux adapté à la coloration de son environnement.

Le gobie est un petit poisson que l’on trouve immobile la nuit. Pour autant il n’aime pas rester longtemps à voir venir le plongeur photographe. Du coup, il s’échappera très vite à l’abri d’un trou. Beaucoup moins fréquent que la blennie avec laquelle il est souvent confondu, il reste assez difficile à observer et à prendre en photo ou en film. La tête du gobie est relativement grosse et son corps cylindrique. Contrairement à la blennie il n’a pas de tentacules au dessus de la tête et sa nageoire dorsale est divisées en deux parties distinctes. La blennie ayant elle une seule dorsale tout le long du dos

Difficile de dire si la fuite rapide du gobie à l’approche du plongeur est due plus à une crainte quelconque qu’à un inconfort lié à la présence des phares. Il est fort probable que les deux raisons soient impliquées.

Le gobie reste un poisson difficile à observer. Pour y arriver, le photographe devra faire preuve de patience et de prudence dans ses mouvements.

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La sole

tete de sole commune a Arcachon

La sole est un poisson plat d’environ 20 à 30 cm qui vit dans la zone des 6 à 12 mètres sur les plateaux sableux ou vaseux du bassin d’Arcachon. Sa forme ovale est très caractéristique. La sole vit souvent ensablée de sorte qu’il est parfois difficile de la localiser. Cependant elle laisse souvent dans le sable une trainée qui permet de suspecter qu’un spécimen se trouve dans les parages.

La sole possèdent un flanc blanc sur lequel elle repose à plat sur le sable. Sur le deuxième flanc tourné vers la surface, deux yeux prohéminents lui permettent d’observer l’approche d’éventuelles proies alors que tout son corps est recouvert de sable. Mais ce curieux poisson n’a pas besoin de se cacher sous le sable ou la vase, son flanc fournit par mimétisme un camouflage particulièrement efficace. Pour se cacher, la sole ne creuse pas le sol, de quelques coups d’ondulations violentes de son corps, elle soulève un nuage de grains ou de vase qui en retombant doucement viennent la recouvrir en totalité.

Des lèvres épaisses devancées de petits barbillons forment une bouche en biais assez curieuse. La face visible est recouverte d’écailles rugueuses enduites d’un humus glissant. Des nageoires continues et plates entourent des deux côtés du corps de la tête à la queue.

La sole est représentée au bassin d’Arcachon par plusieurs espèces assez difficiles à distinguer les unes des autres. C’est un poisson que l’on voit rarement nager sauf pour prendre la fuite. Son corps ondule alors rapidement, ce qui la propulse à grande vitesse sur quelques mètres. Elle se pose alors très vite et s’enlise pour disparaitre à la vue.

La sole est un poisson qui se laisse facilement approcher la nuit. Le plongeur aux gestes prudents pourra même arriver à la caresser. Sa passivité en fait un superbe sujet pour le photographe. Par ailleurs, je n’ai jamais remarqué que la lumière des phares la gene particulièrement.

On la rencontre toute l’année au bassin d’Arcachon mais seules les jeunes y passent l’hiver. Les adultes de belles tailles ne reviennent qu’aux beaux jours. Influence négative de la surpêche ou bien pour d’autres causes inconnues, la sole se fait de plus en plus rare. Mon expérience du bassin montre que la taille moyenne des individus rencontrés la nuit a fortement diminué aux cours des 10 dernières années. Souhaitons que cela ne soit que passager.

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Les crevettes

belle crevette bouquet hortense cap ferret

Plusieurs types de petites crevettes sont observables au bassin d’Arcachon. On les trouve très facilement à toutes les profondeurs, dans les zones rocailleuses ou elles trouvent de nombreux abris. Parfois solitaires mais la plupart du temps en petits groupes ou bien encore en grande troupes, elles affectionnent les trous de congres. Ceux-ci les tolèrent pacifiquement (ce qui ne les empêche pas d’en croquer quelques unes de temps en temps). On peut aussi trouver de petites crevettes tachetées, mais bien plus rarement, dans les sables à proximité d’un abri rocheux. En cas de danger elles s’enfonce dans le sable pour se cacher. Leur présence est quasi impossible à repérer

13Juin2003-Crevette bouquet

La crevette bouquet.

La petite crevette rose, appelée aussi crevette « bouquet » ou encore « chevrette » est commune au bassin d’Arcachon. Son corps qui peut atteindre 4 à 5 cm. Il est transparent avec des raies brunes à rouges. Le dos est ponctué de petites tâches blanches difficilement discernables. Les pattes possèdent de belles bandes jaunes ou brunes

C’est une crevette facilement observable la nuit bien que son activité principale soit diurne. En général elle n’aime pas beaucoup la présence du plongeur, à moins que ce soit celle des phares. Le photographe devra être assez rapide pour faire ses prises de vues car elle détale assez rapidement vers le trou le plus proche. Le courant ne semble pas la gêner et au besoin elle est même capable de nager. En cas d’alerte elle peut montrer une vitesse de fuite absolument époustouflante.

La grande crevette rose.

Très similaire à la crevette bouquet, le corps de la grande crevette rose est lui aussi transparent mais sans la ponctuation des tâches blanches. Il est parcouru de larges raies verticales brunes. Par contre les pattes sont en général dépourvues de bandes jaunes. La grande crevette rose peut atteindre le double de la taille de sa cousine la crevette bouquet. Elle est cependant plus rare dans cette taille, il faudra descendre en dessous de 10 mètres pour en rencontrer.

Diverses autres crevettes difficiles à identifier.

Mélées aux autres crevettes ont peut aussi observer plus rarement de petites crevettes presque entièrement blanches le corps étant très opaque. Elles fréquentent les mêmes trous que les bouquets. Une autre variété sensiblement de la même taille est une petite crevette rouge cette fois.

Bref, restez attentifs, distinguer les différentes espèces de crevettes est finalement très difficile. Le mieux est de profiter du spectacle qu’elles nous accordent et de prendre quelques belles photos ou quelques jolis films.

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Le tacaud.

Tacaud à Hortense juillet 2010

Le tacaud est un poisson de taille assez modeste au bassin d’Arcachon. Les adultes qui peuvent vivre jusqu’à 4 ans forment des bancs parfois nombreux sur les épaves ou dans les grottes entre 20 et 200 mètres de fond en mer.

La nuit dans le bassin d’Arcachon on trouvera plutôt des spécimens isolés, par exemple à Hortense, où ils affectionnent les abris sombres et les failles sous les rochers des berges. Ce sont des jeunes de moins d’un an d’une taille comprise entre 10 et 15 cm. Les adultes peuvent atteindre les 40 cm en pleine mer. On peut le rencontrer aussi sur les zones sableuses à condition qu’il y ait à proximité un abri sombre ou il pourra se réfugier rapidement

Le tacaud est un poisson de couleur beige clair à rosé, légèrement cuivrée, dont les flancs sont parcourus par 4 à 5 larges bandes sombres. La machoire inférieure est un peu en retrait et supporte un barbillon nettement visible. Les flancs sont applatis et le dos orné de 3 nageoires distinctes. Le ventre possède 2 nageoires anales. Une tache noire est nettement visible à la base des nageoires pectorales.

Le tacaud est finalement assez peureux. En plongée de nuit il laissera peu de chances au photographe pour l’approcher d’assez près. Ou alors, il faut avoir la chance qu’il se piège lui-même dans un trou entre les rochers qui ne possède pas une voie d’évasion sous une des roches. Du coup il est plus facile de le filmer pour peu que la visibilité soit bonne. Je n’ai encore jamais testé une approche avec une lampe rouge ou bleue pour voir s’il tente moins de s’échaper. En effet, pour l’instant, je ne suis pas équipé pour shooter au flash.

Les jeunes tacauds n’hésitent pas à l’occasion à se méler aux sars ou au oblades. On peut parfois le confondre avec un de ses cousins, le capelan. Ce dernier est pourtant assez différent. De corps plus allongé, il ne dispose pas des rayures foncées ni la tache foncée près de la nageoire pectorale.

Le jeune tacaud ne manifeste visiblement pas de curiosité particulière envers le plongeur, ni même avec la lumière des lampes. C’est donc un modèle photographique assez peu facile à maîtriser, même en vidéo d’aileurs car il est très remuant.

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La vielle et les labridés du bassin d’Arcachon.

La Vieille

La vieille est un poisson aux multiples couleurs. L’évantail des coloris qu’elle est susceptible de nous montrer est vraiment très large, du très foncé quand elle est jeune, mais pas forcément, au tons très clairs chez l’adulte, tachetée ou pas. Les jeunes vieilles peuvent se confondre très facilement avec d’autre labridés, les crénilabres, du moins tant qu’ils ne sont pas en parade nuptiale. A cette période en effet les crénilabres se dote de très belles couleurs qui font penser à de beaux poissons tropicaux.

Portrait de vieille a Hortense Vieille en ballade Hortense

Au bassin d’arcachon on rencontre plus fréquemment de jeunes spécimens entre 10 et 20 cm. C’est un poisson qui aime les abris des rochers sur les berges mais parfois aussi les plateaux sableux peu profonds où elle chasse dans les herbiers entre la surface et une vingtaine de mètres.

La vieille a un corps assez massif, à grosse tête et à pédoncule caudal haut et épais. La bouche est assez petite et très charnue. Elle est munie de dents puissantes qui lui permettent de s’attaquer aux petits crustacés ou aux petits mollusques. Sur le dos, une grande nageoire descend presque jusqu’à la nageoire caudale. L’avant de cette dorsale est munie d’épines tandis qu’à l’arrière elle forme un large galbe souple et arrondi.

La vieille est un poisson actif principalement en journée. D’ailleurs, en plongée de nuit que ce soit à Hortense ou dans les pereys d’Arcachon, on observe assez facilement les jeunes en train de dormir à l’abri du courant dans un creux de roche, une huitre ouverte ou calés entre les éponges.

Cela n’empêche pas de croiser de temps en temps des poissons de tailles plus imposantes mais dans ce cas il est rare de les surprendre en train de dormir. La vieille n’aime pas trop la présence du plongeur, à moins que ce soit celle des phares ( encore que j’en ai vu venir vers moi et mes lampes plutôt que de fuir). Elle cherchera généralement l’abri d’un trou quitte à se cogner de temps en temps car manifestement elle ne voit pas bien la nuit. Assez rarement on peut tomber sur une grande vieille adulte d’une trentaine de cm en ballade nocturne. La photographier n’est pas simple mais pour une séquence vidéo, c’est un sujet assez intéressant car de couleur vive est finalement assez lent dans ses déplacements. Si on ne montre pas de signes d’agressivité elle se laissera même tentée par un portrait, ce qui lui laissera un peu de temps pour analyser l’étrange animal qui fait des bulles et qui l’éblouit.

Les jeunes sont des modèles beaucoup plus concilliants pour le photographe. A moins de vraiment les déranger, ils préfèront rester immobiles, inquiets mais confiants que la meilleure chose à faire en cas d’agression est de ne pas se faire remarquer, donc je suppose que pour eux, ne pas bouger la nuit, c’est survivre.

Les crénilabres.

Jeune Crénilabre en période de reproduction Crenilabre

Les crénilabres sont des poissons cousins de la vieille. De corps moins massif ils sont aussi plus petits, une quinzaine de centimètres environ au bassin d’Arcachon. Il est assez difficile de les différencier des jeunes vieilles. Ils en ont la forme et la couleur, encore que le corps soit un peu plus élancé. Cependant on peut facilement remarquer chez eux une tache noire sur le pédoncule caudal, à la naissance de la nageoire caudale, ce qui permet de les différencier car la vieille n’en a pas.

Chez le crénilabre la saison de la reproduction s’accompagne chez le mâle de magnifiques couleurs jaunes, roses et vertes bleutées qui font beaucoup penser aux girelles de méditerranées. D’ailleurs, ces dernières appartiennent il me semble à la même famille. Si vous surprenez des crénilabres à cette période, profitez en bien, c’est extrèmement rare d’en trouver au bassin d’Arcachon.

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L’Etrille , un crabe très présent au Bassin d’Arcachon.

Plusieurs appellations.

Bien que l’étrille soit plus connue localement sous ce nom, elle est aussi appelée sur les marchés etrille commune, crabe espagnol, crabe cerise ou bien padelle, et il existe encore d’autres appellations moins usitées

Description.

L’étrille est un crustacé très présent au bassin d’Arcachon. C’est un crabe qui fréquente de préférence les zones rocailleuses mais aussi les zones sableuses dans lesquelles se nichent des colonies de moules ou des herbiers sous lesquels elle se cache. On la trouve à toutes profondeurs. On ne peut guère la confondre avec d’autres espèces car l’etrille arbore des yeux d’un rouge vif assez spectaculaire et pour le moins étonnant.

ds l'oeil de l'étrille Hortense le 15 11 2015

Ce petit crustacé possède un corps triangulaire assez aplati qui atteint au Bassin une taille adulte de 5 à 6 centimètres de long pour une largeur d’environ 7 à 10 cm. Sa coloration peut varier du gris aux tons rougeâtres, verdâtres ou brunâtres. Les pinces relativement modestes possèdent des lignes d’une belle couleur bleue ou violette.

L’étrille a développé deux pates arrières aplaties. Elles lui permettent de nager d’une façon plus ou moins maladroite. Pour échapper à un plongeur trop envahissant, elle n’hésitera pas à se lancer dans le vide pour plonger vers un abris plus profond.

On ne peut pas reconnaître facilement le mâle de la femelle. Le mâle a une languette abdominale plutôt triangulaire alors que chez la femelle elle est sensiblement circulaire.

Période d’observation.

L’étrille est présente au bassin d’Arcachon toute l’année. On la rencontre seule en période hivernale. C’est un animal assez peu craintif si on l’approche avec prudence. En été et jusque tard dans l’année on la trouve souvent accouplée.

Le mâle, parfois de belle taille, maintient une femelle bien plus petite bien calée sous une pince. C’est une attitude qu’on retrouve d’ailleurs chez le crabe vert. Le mâle attend que la femelle mue pour s’accoupler avec elle face contre face.

couple étrilles hortense 13 06 2015

Les femelles pondent en général durant les mois d’hiver dans les zones de sables vaseux.

L’étrille en plongée.

L’étrille est relativement abondante, ce qui permet de l’observer facilement. Contrairement à d’autres crustacés, elle ne cherche pas à se cacher en utilisant un camouflage à partir d’éponges ou d’anémones.

Lorsqu’elle est en période d’accouplement, le mâle maintient la femelle fortement ancrée sous sa carapace. Dans cette position il bouge relativement peu et on pourra facilement les prendre en photo. On rencontre facilement l’étrille en plongée de nuit, un moment ou elle cherche sa nourriture.

La population varie parfois en grande proportion en fonction de l’activité prédatrice des poulpes et des congres. Les poulpes en particulier exercent un prélèvement important dans les populations de crustacés, les étrilles ne sont pas leur seules victimes, les araignées de mer payent elles aussi un lourd tribut à l’appétit vorace des poulpes.

L’étrille est un crustacé agréable à rencontrer car on pourra facilement la prendre en photo ou en film. Ses couleurs vives en macro en font un beau sujet de portrait.

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Le Bar, le Loup

Le bar est un poisson très recherché au bassin d’Arcachon. Les pêcheurs adorent tout autant sa capacité à se « défendre » que la qualité de sa chair. D’ailleurs les restaurants locaux ne s’y trompent pas et proposent divers plats très gouteux de ce poisson. On le retrouve aussi sur les cartes sous le nom de « Loup », une appellation qui viendrait de sa voracité.

Ce surnom de « loup » est bien malencontreux car un autre poisson porte le même nom. Il s’agit d’une espèce très différente qui ressemble plus à un énorme gobie qu’à la silhouette élégante du bar.

bar-sable-2 bar-6

Le bar est un poisson carnivore à l’allure fusiforme. Le corps est relativement massif sur l’avant où une large tête possède une bouche puissante et de grande dimension. La robe du bar que l’on rencontre au bassin d’Arcachon est en général de couleur argentée et claire. Mais parfois le dos parait plus sombre. Le dessus de la tête lui aussi est relativement foncé tout comme une tâche assez large qui orne les opercules des branchies au dessus des nageoires pectorales. La nageoire caudale est massive et de grande dimension. Le bar possède des nageoires dorsales équipées d’épines particulièrement redoutables. Dans une moindre mesure c’est le cas aussi des nageoires pectorales et anales.

Le bar est un chasseur diurne ou nocturne de petits poissons et de petits crustacés. On le rencontre aussi bien devant la ville d’Arcachon au niveau des perreys en bordure des bancs de sable que le long de la digue du Cap Ferret. C’est un poisson qui s’adapte facilement à des eaux claires ou turbides, voire même saumâtres. Les jeunes spécimens mesurant une vingtaine de centimètres chassent en petits groupes, la plupart du temps près de la surface et affectionnent les zones découvertes par la marée descendante où ils trouvent facilement de nombreux petits crustacés. Les adultes de taille plus imposante se rencontrent plutôt en solitaire. Ils peuvent atteindre 40 à 50 cm. Le bar pourrait semble-t-il atteindre des dimensions plus grandes encore, mais en plongée de nuit je n’en ai jamais rencontré, 50 cm c’est déjà une belle bête.

En plongée de nuit le bar reste d’une nature prudente. S’il chasse il ne se laissera pas approcher facilement et sa nage tranquille cache un poisson capable d’accélérations impressionnantes. Sur les perreys ou dans les anfractuosités des digues on le croise parfois la nuit en train de se reposer à l’abri du courant. On peut alors tenter de l’approcher avec prudence car sinon il est prompt à chercher immédiatement la fuite.

Contrairement à ce qu’on voit dans certains ports, la lumière des phares de plongée de l’attirent pas particulièrement. La curiosité le poussera parfois à venir traverser en un éclair le faisceau lumineux puis il repart aussitôt dans l’obscurité.

Le mâle et la femelle n’ont pas de différences particulières, il n’est pas facile de les différencier. La fraie du bar se fait normalement en pleine eau en début d’année quand l’eau est aux environs de 14°C. Du coup on ne peut pas trouver de pontes de bars accrochées à quelques rochers.

Les rencontres avec de jolis bars sont rares, même en plongée de nuit, alors si vous en croisez un, essayez d’en profiter au maximum.

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Le Prêtre.

Le Prêtre est un petit poisson d’une dizaine de cm qui vit en groupe plus ou moins dense près de la côte rocheuse du Cap Ferret. Il affectionne les zones peu profondes de la surface à quelques mètres.

Généralités

La journée on le trouve près de la surface mais la nuit il se met à l’abri plus profond entre les rochers ou au dessus du sable. C’est un poisson assez craintif mais la nuit il se laisse attirer par la lumière des phares des plongeurs.

Les jeunes spécimens vivent en bancs de plusieurs dizaines voire centaines d’individus. En plongée de nuit leur présence peut même à certaines occasions devenir problématique car les tous jeunes poissons n’hésitent pas à venir au plus près des plongeurs dans une danse rapide et désordonnée, chahutant et percutant parfois assez fort masques et combinaisons.

Description.

Le prêtre possède un corps de forme allongée muni d’une large bouche oblique. Trait caractéristique, les deux dorsales sont bien séparées. Quand aux nageoires pectorales elles occupent une position très haute sur le flanc et sont souvent dirigées vers le haut pendant la nage.

Une bande brillante de couleur argentée zèbre le flanc dans sa longueur. La tête du prêtre est fournie de 2 gros yeux Argentés au milieu desquels se trouve une large pupille noire.

Bien que de couleur argentée la plupart du temps, ce petit poisson peut revêtir des variantes de couleurs, en particulier légèrement vertes ou brunes.

En plongée.

Le prêtre a une nage saccadée très particulière. Le petit poisson se déplace normalement par petits bonds au rythme de sa respiration. Il est capable d’accélérations fulgurantes mais en général il reprend sa nage normale moins d’un mètre plus loin.

Le prêtre se repose souvent près d’un banc de sable la nuit. Il est possible pour le photographe de l’approcher assez facilement et de shooter lorsqu’il s’immobilise entre deux petits bonds. Plus facile à dire qu’à faire, le petit poisson n’en fait qu’à sa tête et change de directions à tout va.

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Un commentaire

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