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On en finira donc jamais !!

Dragage et réensablage du SIBA, la pouasse.

On pensait en avoir finit avec les dragages et les reensablages des plages, et bien pas du tout. En effet amis plongeurs et plongeuses je glisse ces quelques lignes pour vous informer que c’est repartit pour un tour au sud d’Arcachon.

Une dragueuse du SIBA, le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon a été installée à la jetée du Moulleau. Comme l’année dernière, du sable va être aspiré sur le banc de sable immergé pour être redéposé sur la plage sud du Moulleau puis lorsque cela sera terminé ce sera le tour de la plage nord.

A ce qui est annoncé par le SIBA, les travaux dureront jusqu’au 15 juin, non il ne s’agit pas d’une erreur, vous lisez bien jusqu’au 15 juin !!. Autant dire que si vous voulez plonger devant la ville d’Arcachon munissez-vous d’un sonar ou d’un radar car vous naviguerez à l’aveugle c’est certain.

Etat actuel de la chose à St Yves

Je sors d’une plongée Kamikaze à St Yves avec mon binôme Frédéric. La visibilité variait de 30 à 50 cm au mieux. L’ensemble de la zone est complètement recouverte d’une couche de limon grisâtre de plusieurs millimètres d’épaisseur.

D’autre part, beaucoup de sable s’est déplacé et recouvre le perey de la ruelle en bonne partie. Pas moyen d’y voir grand chose car dès que l’on palme, des nuages de boues fines obscurcissent la visibilité. C’est bien dommage parce que le peu que l’on a pu voir avec Frédéric montrait que beaucoup d’anémones très jolies ornent le massif des hermelles.

Frédéric a même pu observer plusieurs petits doris rouges. Personnellement je n’en avais jamais vu sur le perey de la petite ruelle de la mise à l’eau.

Il ne reste plus qu’à espérer que la zone d’Hortense puisse rester à l’écart de cette pollution catastrophique. Elle tombe malheureusement au moment ou les seiches de mer viennent se reproduire dans le bassin. D’autres espèces pourraient en pâtir comme les dorades par exemple ou une bonne partie de la faune dont la nourriture à base d’hydraires et de bryozoaires va se retrouvée ensevelie et probablement mourrir en partie.

Je ne pense pas qu’aucune étude d’impact sur l’environnement sous-marin ait jamais été faite pour mesurer les effets nocifs de cette pratique sur la faune et la flore sous-marine, quel gâchit.

Adieu la visi. turbidité et plongées galères

Turbidité, mais quand cela cessera-t-il enfin ?

On aurait pu croire en fin d’année 2016 que la plongée sur nos sites favoris du bassin d’Arcachon allaient redevenir une source de vrais plaisirs pour les yeux. Malheureusement depuis le mois de janvier il faut bien se rendre à l’évidence, il va falloir s’habituer à plonger dans un bain de boue.

Mais pourquoi donc ?

Ils se trouve que plusieurs communes du basin se sont associées pour fonder une structure qui leur permet de dégager l’envasement des ports et des chenaux d’accès.

C’est le SIBA. Créé en 1964, le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon intervient au service des communes d’Arcachon, la Teste de Buch, Gujan-Mestras et le Teich et les 6 communes du nord Bassin : Biganos, Audenge, Lanton, Andernos-les-Bains, Arès et Lège-Cap Ferret.

En fait de boues on devraient plutôt parler de vases car il s’agit d’un dépôt naturel qui s’accélère simplement en particulier avec l’activité humaine croissante tout autour du bassin.

D’où vient toute cette vase ?

Plusieurs facteurs ont contribué ou contribuent aujourd’hui à l’envasement de tout le fond du bassin mais aussi des berges plus proches de l’océan.

La première source de sédiments est l’apport naturel des écoulements d’eau dont La Leyre est le principal contributeur. L’urbanisation locale est venue transformer le littoral et l’effet tampon des zones végétales s’est vu fortement diminué d’où un accroissement des déversements de matières organiques dans la lagune.

Mais ce n’est pas tout, l’activité économique a joué un rôle non négligeable, on a bien sûr accusé l’ostréiculture, peut-être avec raison, mais c’est surtout avec le développement du nautisme et l’usage de produits d’entretient à base d’étain fortement toxique que le phénomène s’est accéléré. Bien évidemment, l’augmentation des nitrates produits par l’agriculture et les rejets provoqués par la présence humaine ont permis le développement de boues fines et lourdes dans lesquelles se concentrent en particulier des métaux lourds et des composants chimiques toxiques pour la faune et la flore sous-marine.

Où en est-on ?

Malgré les efforts du SIBA et l’amélioration des filtrages de rejets d’origines humaines, on ne peut que constater l’accélération du phénomène. C’est des millions de m3 de vases qu’il faudrait traiter, on est loin des quelques 60 000 m3 enlevés chaque année ou presque des ports et des chenaux.

Les dragages.


La principale parade consiste malheureusement à prélever les sédiments qui obstruent les ports en particulier. Ce faisant cette activité soulève une grande quantité de vase qui vient opacifier l’eau du bassin tout en rediluant tous les effluents toxiques qui s’étaient stabilisés dans les boues. La conséquence immédiate est bien sûr une hécatombe dans le milieu sous-marin avec la perte irrécupérable des herbiers de zostères, l’intoxication des organismes filtreurs et de leurs prédateurs. La lumière solaire ne pénètre plus assez profond dans l’eau d’où une augmentation de la prolifération bactérienne avec à la clé la fragilisation du milieu animal et au pire sa disparition.

Le point depuis le début de l’année.

Les dragages du port de Fontainevieille à Taussat qui avaient commencé début janvier sont terminés, oufff. Toujours au fond du bassin, c’est 8500 m3 de vases qui ont été dégagées du port du Teich.

Et maintenant ?

Et bien rien n’est fini, quand c’est pas les vases qu’on déplace, c’est le sable. Tout le printemps 2016 avait été pollué par le réensablement de la plage du Moulleau à Arcachon, c’est cette année au tour de la plage de La Vigne. Résultat des courses, une visibilité qui vient de chuter d’a peine plus d’un mètre à moins de vingt centimètres.

C’est aussi au tour du port d’Audenge et de son chenal d’accès d’être dévasé. Je crois avoir compris que ce sera aussi le cas avant le mois de mai du port de Gujan-Mestras.

Bref, amis plongeurs et plongeuses, vous n’êtes pas sortis d’affaires !!