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Comment éviter la buée dans le masque.

Bien comprendre la buée.

Tout plongeur a été confronté un jour ou l’autre à un phénomène de dépôt de buée à l’intérieur de son masque. Si certaines méthodes que nous verrons plus loin très rapidement permettent de s’en protéger, peu de gens savent ou comprennent pourquoi ce phénomène se produit. Je vais donc faire ici un petit rappel presque scientifique pour me démarquer des présentations habituelles.

Les états de l’eau.

L’air que nous respirons est formé de différents gaz mais aussi de vapeur d’eau. L’eau est un élément naturel présent sur notre planète sous 3 formes spécifiques qui sont: l’eau liquide, l’eau en phase solide (glace) et l’eau en phase gazeuse (la vapeur). Notre atmosphère est le principal agent transporteur de l’eau en phase vapeur. Quand l’atmosphère contient beaucoup de vapeur d’eau on dit qu’elle est saturée.

Pourquoi y a-t-il de la buée ?

Au contact d’une surface plus froide que le gaz atmosphérique une partie de la vapeur d’eau qu’il contient va se transformer en micro-gouttelettes. Plus il y a de gouttelettes, plus un voile opaque et grisâtre se forme. C’est ce que l’on constate sur la vitre d’un masque ou sur le miroir d’une salle de bain.

Saturation et point de rosée.

Trois paramètres influencent la création de la buée. Premièrement, sa formation est liée aux propriétés du support sur lequel elle se dépose, deuxièmement, elle est liée au niveau de saturation de l’humidité dans l’atmosphère et enfin à la température du support ainsi que celle du gaz.

Le point de rosée est la température du support qui permet la condensation, il dépend évidemment de la saturation en vapeur d’eau mais pas seulement. Par exemple si on a 100% d’humidité dans l’air, le point de rosée sera égal à la température ambiante. Si par contre l’air est moins chargé en humidité, le point de rosée sera plus bas, et ce d’autant plus que l’humidité sera faible. On en déduit donc que plus l’humidité de l’air sera grande et plus il y a des risques d’apparition de la buée.

Tout corps chaud transmet sa chaleur à celui qui est plus froid. Donc en ce qui nous concerne, la vitre du masque au contact de l’eau se réchauffe grâce à l’air contenu dans le masque qui se refroidit, il y a donc échange d’énergie. C’est cet échange d’énergie qui permet la création de gouttelettes d’eau microscopiques.

Le phénomène dépend également de l’état du verre du masque: micro-rayures, rugosité, encrassement, présence d’éléments chimiques divers. Toutes ces imperfections facilitent ce qu’on appelle le mouillage. Le phénomène de début de condensation porte quant à lui un nom assez barbare, la nucléation hétérogène.

La diffusion des gouttelettes.

Les micro-gouttelettes vont avoir tendance à s’agglomérer rapidement pour former des gouttelettes de plus en plus grosses. Le dépot d’humidité sur le masque devient alors opaque car il absorbe une partie de la lumière.

Comment éviter la formation de buée dans le masque ?

Pour éviter la formation de buée dans le masque, une des méthodes les plus employées est de cracher sur la vitre interne avant de mouiller le masque. Quelle drôle de pratique !! Mais puisqu’elle marche très bien, regardons pourquoi.

La salive est un agent tensioactif. Whouaaa !!, là déjà ça fait peur !! Bon alors rassurons nous, on peut imaginer qu’un tensioactif est un « assemblage » de 2 parties. La première partie qu’on appellera A aime la proximité de l’eau, la deuxième partie B au contraire déteste l’eau, elle souhaite s’en éloigner. Cette dernière partie B va donc chercher une surface de contact qui ne lui déplait pas, par exemple le verre. On pourrait dire que l’eau agit de même en s’écartant de la vitre par antipathie avec cet élément B. En simplifiant beaucoup On peut dire que les particules d’eau s’écartent donc du verre par rejet des parties B qui s’y trouvent.

Pour rester tout de même plus scientifique, disons que l’eau distribue ses molécules d’oxygènes et d’hydrogènes de façon homogène, c’est ce qu’on appelle la tension superficielle de l’eau. La salive, en tant que tensioactif va venir perturber ce bel arrangement, on dit qu’elle diminue la tension superficielle de l’eau.

L’effet de la salive est que l’eau se trouve éloignée d’une certaine façon du verre de la vitre et donc de ses aspérités, rayures et autre produits gras ou chimiques. Du coup cela empêche la formation en grande quantité de micro-gouttelettes et donc de la buée.

Quel produits utiliser contre la buée ?

Si vous avez compris ce qui précède vous déduirez facilement que l’on peut utiliser pour lutter contre la buée d’autres tensioactifs que le crachat (m’enfin lui au moins il est gratuit). Alors quels produits ? hein ?

Et bien par exemple on peut savonner la vitre, certains utilisent aussi des pommes de terre ou encore un brossage de la vitre interne au dentifrice. Si vous êtes un peu plus riche, vous trouverez en magasin des sprays semblent-ils assez efficaces, ne me demandez pas lesquels, j’en suis resté au crachat, hé oui je sais…..!!

D’autres solutions existent comme la flamme d’un briquet pour dégraisser la vitre du masque, ou encore les produits pour lave-vaisselle utilisés entre 50 et 60 degrés. Vous l’aurez compris, c’est à vous d’essayer et de garder finalement la solution qui vous plait le plus.

Et si malgré tout ça on a encore de la buée dans le masque ?

Si vous avez malgré tout de la buée dans le masque après avoir essayé toute ces techniques, il ne vous reste plus qu’à jeter ce satané masque pour en prendre un qui vous ennuiera moins, hé hé !!

Si vous avez de la buée en cours de plongée, pas d’autre solution que de faire rentrer de l’eau dans le masque, un petit mouvement de tête pour mouiller la vitre et hop, plus de buée, malheureusement ça ne dure que quelques instants, mais bon, quand on est coincé, au moins ça, ça marche.

J’espère que cet article vous aura intéressé malgré ses quelques longueurs. Alors je vous souhaite bonne plonge et sans buée !! A bientôt pour d’autres articles, abonnez-vous, c’est gratuit et vous ne louperez rien des nouveautés.

Mieux voir la nuit avec des lentilles correctrices sur le masque




Une bonne vision fait la différence en plongée de nuit

Comment faire

Cela paraît une évidence que pour profiter pleinement d’un spectacle, le mieux est de bien le voir!!! Bien sûr direz-vous, pourtant, combien de plongeurs pensent encore que leur vue est suffisante et que ce n’est pas vraiment la peine de se préoccuper d’adapter leur masque avec des verres correcteurs.

C’est certain, le prix de verres correcteurs décourage ceux qui aimeraient investir dans un masque plus adapté à leur vue.

Hé bien c’est maintenant possible avec une dépense relativement modérée. On peut trouver dans les magasins de plongée des lentilles correctrices à coller sur votre verre de masque pour un prix raisonnable d’un peu moins de 50 euro.

masque et lentilles

Elle sont vendues par paire. Il s’agit de lentilles souples translucides qui par un phénomène de ventouse peuvent tenir plaquées contre la vitre intérieure du masque. Si cette position rassure car elle évite de perdre une lentille en cas de décrochement, elle a un très gros inconvénient, en plongée ces lentilles se couvrent très vite de buée et il faut alors faire rentrer un peu d’eau dans le masque pour la combattre. Vous je ne sais pas, mais moi je n’apprécie que moyennement, surtout si l’eau est froide.

Éviter la buée c’est possible

Pour éviter la buée, j’ai pris le risque d’essayer de les coller, après un bon dégraissage , sur la face extérieure du masque grâce à de la colle pour verre à prise rapide. La colle est à étendre en quantité raisonnable sur toute la surface plate de la lentille. Il reste alors à bien la plaquer à l’endroit voulu. On la maintient en position une bonne dizaine de secondes pour être certain de la prise. Il faudra prendre garde à ne pas se mettre de la colle partout sur les doigts, chose plus facile à dire qu’à faire, hé oui, comme c’est écrit, la colle rapide, ben… c’est rapide !. Si vous vous collez les doigts, pas de panique, il suffit de les faire rouler comme si vous vouliez écraser quelque chose en le roulant entre vos doigt.

Bien voir: une nécessité

Bref pour moi qui voyais trouble de près, le résultat est une vraie réussite et c’est un réel confort que de pouvoir profiter à fond des plongées sur des rochers tapissés d’anémones bijoux. Cette adaptation du masque est de toutes façons une absolue nécessité pour espérer réussir de belles photos de nuit, en macro par exemple. En effet, il est vraiment très difficile sans correction optique de juger sur l’écran numérique de l’appareil photo si la mise au point est correcte ou non. Se fier simplement aux automatismes du programme laisse parfois d’amères désillusions, la position réglage manuel apportera de bien meilleurs résultats.

Il ne faut donc pas hésiter à s’équiper. Sur mon propre masque, après une dizaine de plongée, la colle semblait tenir parfaitement. Attention toutefois, les lentilles souples ne sont pas parfaitement compatibles avec la colle rapide et le verre du masque. Par vieillissement ou par action de l’eau salée, l’effet de la colle peut s’estomper et il sera donc prudent de contrôler avant une plongée que la colle est toujours efficace. Si vous trouvez un bon moyen d’éviter la buée dans le masque, il sera toujours plus prudent d’y loger les lentilles.

Petit conseil à ceux et celles qui voudront franchir le pas, avant de coller vos lentilles, faites plusieurs essais de façon à être certains de les positionner correctement. Elles doivent être alignées avec l’axe des yeux sinon vous aurez l’impression d’y voir encore plus flou. Attention également à ne pas les coller trop haut sur la vitre, vous risqueriez d’avoir un champ visuel très réduit pour voir de loin.

Sincèrement on s’habitue très vite. J’aurais maintenant un mal fou à me passer de mes lentilles correctrices sur mon masque.

A vous de voir…..

Retour d’expérience.

Après bientôt 10 mois d’utilisation je reviens sur cet article apporter quelques remarques compléméntaires. Je suis toujours aussi satisfait de mes lentilles collées sur mon masque. Pour autant l’expérience montre que l’eau salée fragilise petit à petit le collage sur le verre extérieur du masque. Il faut donc surveiller assez attentivement l’aspect visuel de cet assemblage. Si jamais la colle vient à céder par endroit, on le repère très vite à une petite tache blanche indiquant que de l’air s’est introduit sous la lentille. Rien de bien grave au début, il suffit de plonger le masque sous l’eau douce et d’appuyer vers l’extérieur pour chasser l’air puis laisser sécher. Si vous attendez trop la colle risque de céder complètement ou la lentille pourrait durcir ce qui la fragiliserait. Par précaution j’ai ajouté de chaque côté de mes lentilles une goutte de mastic de réparation de combinaison de plongée. L’adhérence sur le verre est convenable et après 24h de séchage cela assure un maintien efficace des lentilles.

Si vous en avez le budget (entre 250 et 300 € environ), vous pouvez opter avec raison pour un masque équipé par un opticien en verres correcteurs. Dans ce cas, prenez soin de dégraisser la partie intérieure plusieurs fois avant d’aller en plongée. Vous pouvez utiliser par exemple du produit vaisselle pur en le laissant agir au moins 24 h. Pas questions en effet d’utiliser la flamme d’un briquet sur les verres correcteurs comme on peut le faire sur une vitre normale. En suivant ces conseils vous ne devriez pas être génés par la buée dans le masque….. Bonnes plongées

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