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Boussole ou compas sous l’eau.

Boussole ou compas, quel matériel utiliser sous l’eau ?

J’ai déjà eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises dans les pages de ce blog, être capable de bien s’orienter sous l’eau peut être vital, surtout au bassin d’Arcachon où la visibilité est connue pour être très limitée tout au long de l’année et où les courants peuvent être tourmentés et très puissants.

Une boussole c’est quoi ?

Selon la définition retenue par l’encyclopédie en ligne Wikipedia, « une boussole est un instrument de navigation constitué d’une aiguille magnétisée qui s’aligne sur le champ magnétique de la Terre. Elle indique ainsi le Nord et le Sud magnétiques. A retenir tant qu’on y est, que le pôle géographique est fixe sur l’axe de rotation de la Terre alors que le pôle nord magnétique se déplace dans le temps d’une façon désordonnée, ce qui nécessite des calculs de compensation si on doit se déplacer sur de grandes distances.

Pour s’orienter on va mesurer les angles en degrés. Un tour complet du cadran d’une boussole fera 360°. Les 4 points cardinaux seront parcourus dans le sens des aiguilles d’une montre. L’Est sera donc à 90°, et on parlera d’un cap au 90. Le Sud sera si vous avez tout bien suivi au 180, le sud-est au 135….. Bien ,j’espère que personne n’est encore perdu sans boussole !!

On pourra donc dire qu’une boussole est une aiguille mobile s’orientant dans une rose des vents fixe. Et c’est là que ça se complique un peu puisque malheureusement quand on porte la boussole à la main, au poignet ou ailleurs, elle est tout sauf immobile. Restons donc pragmatiques.

Un compas c’est quoi alors ?

Si on en reste à la dernière définition d’une boussole, à contrario, un compas serait donc une rose des vents mobile s’orientant dans un cadre fixe. L’usage veut qu’on utilise le nom de boussole pour les instruments de navigation terrestre à aiguille aimantée. En plongée on parlera de compas, l’aiguille est remplacée par un disque pivotant. Bon j’en connais qui commencent à se dirent: « On est pas sorti de l’auberge !!! ». Rassurez-vous, voyons tout de suite comment s’y retrouver en pratique.

Relever un cap à suivre.


Sur les deux cadrans de compas ci-dessus, on distingue les traits noir ou rouge qui servent à relever ou a prendre un cap.

Sur un compas de plongée classique, le cadran est traversé de part en part par un trait fin de couleur noire ou rouge, peut importe. Lorsqu’on veut connaitre l’orientation d’un objet que l’on observe face à soi (pour peu qu’il y ait une très bonne visibilité), il suffit d’aligner ce trait dans la direction de l’objet observé, on dit que l’on fait un relèvement de cap. Vous remarquerez alors que la rose des vents a pivoté dans son bain d’huile stabilisatrice et s’est arrêtée en indiquant la direction du nord magnétique. Il suffit alors de tourner le cadran pour aligner le repère 0 degré en face de la flèche indiquant le nord (la lettre N majuscule). La lecture sur le cadran de l’angle en vis à vis du trait noir ou rouge du côté de l’objet observé donne son cap.

Suivre un cap.

La plupart du temps en plongée la visibilité est très réduite, du coup pour trouver un objet si on connait son cap, il suffit de régler son compas à partir de ce paramètre, voyons comment procéder.

Supposons que nous cherchions à aller voir le Côtre Bleu au cap 330 en partant de la mise à l’eau de la ruelle St François à Arcachon.Tout d’abord il va falloir faire tourner le cadran mobile du compas de façon à aligner le repère 330° (ou 33 selon le modèle) sur le trait rouge ou noir. Le cap 330° est un cap presque au nord. Attention !! il faut aligner l’angle sur le trait dans le sens où on va se déplacer.

Il ne reste plus qu’à tenir le compas devant soi et qu’à pivoter sur soi-même. Au fur et à mesure de notre rotation, la rose des vents pivote elle aussi. Il nous reste finalement à aligner la flèche noire qui indique le nord de la rose des vents avec la graduation 0° du cadre. Il suffit maintenant de palmer en prenant garde de maintenir le nord de la rose des vents bien aligné avec le 0° du cadran et normalement tout doit bien se passer.

Pourquoi ça ne marche pas ?

Si la distance à franchir est grande, disons quelques dizaines de mètres, il y a de fortes chances qu’on ne trouve pas la cible malgré toute l’attention portée à rester bien aligné. Que s’est-il donc passé ?, Pourquoi est-ce que ça ne marche pas notre réglage de cap.

Le courant de marée.

Il est fort probable que le courant de marée nous ait déportés au fur et à mesure de notre trajet. Si nous étions sur une marée montante, en fait nous sommes arrivés trop à l’Est, il aurait fallut compenser la force du courant en déviant notre cap légèrement sur la gauche. Sur marée descendante il aurait fallut compenser à droite. Une opération particulièrement difficile puisque la distance à franchir est d’environ 100 m. L’erreur en bout de course peut vite atteindre une dizaine de mètres, du coup on passera à côté de l’épave sans la voir.

La position du compas

J’ai rarement vu les plongeurs au bassin d’Arcachon s’appliquer à ne jamais perdre de vue leur compas. Faire cela et veiller en même temps à ne perdre personne de la palanquée sur une distance aussi grande, c’est mission impossible. D’autant que l’on trouve différentes façons de porter le compas. Certains le porte au poignet, d’autres attaché par un lien rétractable à un anneau de la stab, d’autres enfin intègrent le compas dans une platine qui donne également la pression d’air et éventuellement la profondeur atteinte. Bref, autant de situations qui ne permettent pas d’avoir à tout instant le cap sous les yeux. Mais alors comment faire ?

Personnellement j’ai depuis longtemps adopté une technique plus efficace de mon point de vue. Je monte mon compas sur la platine de mon appareillage photo, ce qui me permet de toujours le surveiller en l’ayant en permanence face à moi dans une position la moins gênante possible. La platine est en aluminium et la visserie en inox A4, l’ensemble est amagnétique et ne produit aucun décalage mesurable avec la direction du Nord.

Et en plongée de nuit alors ?

En plongée de nuit c’est simple, j’ai équipé mon gilet stabilisateur d’une petite lampe LED que je porte en épaulière. En fait j’en ai même une sur chaque épaule, histoire de sécuriser la plongée. Mon compas tout comme mon appareillage photo se trouve éclairé en permanence, c’est donc extrêmement facile pour suivre un cap dans l’obscurité et atteindre une cible sans trop prendre de risque de s’égarer.

Conclusion.

Plonger la nuit sans boussole au bassin d’Arcachon serait suicidaire. Je déconseille vivement aux plongeurs de se risquer à cette grosse erreur tactique. Le compas tout comme le couteau est un outil de sécurité incontournable.

Pour ceux qui ne savent pas encore prendre un cap, entrainez-vous, c’est facile et ça peut vous sauver la mise, ce serait franchement idiot de s’en priver.

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Bonnes bulles tout le monde et à bientôt pour d’autres sujets passionnants sur le bassin.