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Les perrés d’Arcachon (partie 3).

Le perré EST.

Comme promis, après mes deux premiers articles, l’un sur l’origine des perrés de St Yves, l’autre sur la description du perré de la ruelle St François, voici une petite suite sur le perré qui longe parallèlement la plage à une centaine de mètre du rivage en direction de l’EST vers la jetée Thiers.

Un peu trop loin du bord.

Il faut tout de suite attirer l’attention du lecteur sur le fait que ce perré orienté à l’EST est vraiment loin du bord de plage. Nous l’avons vu dans mon article précédent, le perré de la ruelle St François s’enfonce en effet progressivement dans l’eau en direction du Nord sur une bonne centaine de mètres. De part et d’autre, à gauche comme à droite, la mer à creusé le sable au fil des ans et le fond est aujourd’hui stabilisé dans la zone des 16 à 22 m selon l’endroit. Courants et contre-courants s’y disputent la circulation des flux marins selon le sens et l’importance des marées.

Il est assez peu prudent de s’y aventurer sans un guide qui connait bien le lieu et encore moins si on n’est pas aguerri à la lecture de sa boussole en plongée.

Une zone dangereuse en été.


L’été, la zone de plongée de St Yves se charge de très nombreuses embarcations, la plus grande prudence est de mise.

Dès le début de la saison estivale, des milliers de bateaux naviguent en sortant ou en rejoignant les ports d’Arcachon et des autres villages portuaires. Cela rend la zone particulièrement dangereuse.

Les plaisanciers connaissent assez mal la signalétique marine et encore moins celle annonçant la présence de plongeurs. La nécessité absolue de faire surface dans cette zone est particulièrement périlleuse.

La nuit offre évidemment plus de tranquillité mais l’éloignement du bord et la présence de forts courants de surface empêchent d’aborder une excursion en plongée sur ce site en toute quiétude. Encore une fois, il n’est pas inutile de rappeler que le site de St Yves reste un endroit à explorer avec beaucoup de préparation et seulement sur petits coefficients, même en suivant les consignes d’adeptes de la plongée à cet endroit.

Quel intérêt d’aller aussi loin du bord ?

Le site de St Yves n’est pas dénué d’intérêts. Bien évidemment, la plongée sur ce spot éminemment réputé pour son trou, une ancienne résurgence des eaux douces des Abatilles, attire nombre de clubs locaux ou même des départements limitrophes.


Le ponton de la Chapelle, en face du trou St Yves accueille de très nombreux pêcheurs en été. Trop s’en approcher les courrouce quelque peu et il n’est pas rare de voir soudainement une quantité anormale de turlutes racler le fond. Mieux vaut rester à l’écart près du perré de la ruelle ST François.

J’en profite pour rappeler que les riverains apprécient assez peu la présences des plongeurs qui parfois abusent c’est certain de vociférations discourtoises, quand ce n’est pas de tenues légères indécentes en pleine rue.


Le COTRE BLEU, un chalutier en bois, n’est pas la seule épave intéressante à St Yves. Une vedette très sympa échouée par 17 m de fond vaut un petit détour sur un perré.

Le site abrite également quelques épaves, dont la plus connue est certainement le COTRE BLEU. Mes prochains articles vous en diront un peu plus sur les autres épaves que j’y visite en partant du bord. Pour certaines, les atteindre du bord n’est pas possible et un bateau serait nécessaire. Cependant, la grande promiscuité des bateaux de plaisance n’incite pas à tenter l’aventure, sauf avec un encadrement conséquent, seule garantie contre les risques d’accidents.

Le perré EST bénéficie d’un gros avantage, très peu de plongeurs s’y aventurent, la faune locale s’y est implantée de longue date et ne semble pas craindre particulièrement une petite visite.

Comment faire ?

Pour atteindre le perré EST il faut se mettre à l’eau sur petits coefficients de pleine mer, trente à 40 minutes avant l’étale haute et en planifiant une plongée d’une heure maximum. Depuis la mise à l’eau de la ruelle St François, on longe sur son flanc droit (sur main gauche donc) le perré qui monte plein nord vers le chenal. Ne pas descendre, mais suivre tranquillement le sommet du perré cap au Nord. Après une centaine de mètres la bifurcation se fait en pente douce. Si vous la dépassez, vous pénétrez sur un plateau sableux qui s’enfonce doucement dans le chenal. Revenir alors plein sud pour suivre le perré qui se dirige plein EST. Garder le perré sur main droite pendant une trentaine de mètres le temps de le visiter tranquillement dans la zone des 15 m.

Il est bien sûr possible de poursuivre la balade plus loin, mais on atteint alors une zone de fonds perturbés qui montent et qui descendent alternativement avec de fortes déclinaisons. La réserve d’air de la bouteille n’y résisterait pas.

Comme je vous le préconise, mieux vaut ne pas aller trop loin, au bout d’une trentaine de mètres donc, remonter doucement au sommet du perré puis redescendre sur sa face sud pour rentrer sans descendre en dessous de 15 m en gardant l’enrochement sur main droite vers l’OUEST. Dès que le perré oblique vers le sud, remonter sur son sommet et le suivre plein sud pour rentrer tout droit vers la berge dans la zone des 9 à 10 m.

Bien surveiller la pression des bouteilles.

La promenade que je viens d’évoquer ne se négocie pas la fleur au fusil. Elle doit rester réservée à des plongeurs confirmés possédant une bonne maîtrise du compas et un attitude sans faille dans la surveillance de la consommation d’air.

Il n’est pas inutile d’envisager pour cette sortie des blocs de 15 litres. Les 12 litres seraient à mon humble avis franchement trop limités. Même moi qui connais bien le lieu je ne m’y aventurerais pas avec un 12 litres. Je sais que pour les dames c’est vraiment lourd un 15 litres, mais avec un 12, mieux vaut s’en tenir à une excursion plus sécurisée.

Et pour en savoir plus ?

Pour en savoir plus je vous conseille de rester attentifs à ce qui se passe sur le blog. Je reviendrai d’ici une dizaine ou une quinzaine de jours pour détailler les rencontres qu’on peut faire sur le perré EST, mais aussi tout autour, et des choses à dire, croyez moi il y en a beaucoup.

J’espère donc vous retrouver très vite pour la suite certainement attendue qui décrira un endroit finalement assez méconnu des plongeurs en général.

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Les batteries Li-Ion

Les batteries Li-ion et la plongée

Les batterie Li-ion, on dit aussi les accumulateurs Li-ion, sont des batteries à base de technologie au Lithium. On ne peut pas vraiment dire qu’il s’agisse d’une technologie nouvelle puisqu’elle existe sur le marché des accumulateurs depuis plus de 20 ans déjà. Ce type de batteries bénéficie actuellement d’un véritable engouement.

Pourquoi utiliser une technologie Li-Ion ?

La technologie Ion Lithium permet d’accumuler beaucoup plus de charge énergétique que les anciennes batteries au nickel (de 2 à presque 5 fois plus) pour un encombrement réduit. Les batteries Li-ion n’ont pas d’effet mémoire, un véritable et énorme avantage. Enfin, ces accumulateurs ne s’auto-déchargent quasiment pas, parfois même sur des durées d’un an ou plus et ils ne nécessitent aucun entretien de maintenance.

Une Technologie non sans risques

Tout irait bien avec cette technologie dans le meilleur du monde si tous ces avantages ne s’accompagnaient pas de sérieux inconvénients.

Une décharge profonde risque d’endommager la batterie, mais en plongée, il arrive d’avoir besoin de lumière longtemps, la nuit par exemple ou en expédition sous-terraine. Il vaut mieux éviter de trop tirer sur l’accumulateur et prendre la précaution de le recharger régulièrement, même si ce n’est que très peu.

L’électrolyte liquide présente réellement un danger de manipulation. En cas de détérioration de l’accumulateur, l’électrolyte peut entrer en contact avec l’air ou avec l’eau. Il y a alors production d’un acide dangereux. Une mauvaise utilisation ou une élévation de température anormale peut même rendre l’accumulateur explosif.

Par construction, il peut même se produire des court-circuits internes.

Pour se protéger de ces dangers, il est impératif que les éléments Li-Ion soient protégés par une électronique embarquée capable de contrôler la charge et la décharge, les surintensités anormales et les décharges profondes qui feraient baisser la tension en dessous de 2,5 v (3,7 v en charge normale).

Attention aussi aux expressions utilisées ici ou là: ne pas confondre battery et batterie, le premier terme est anglais et signifie pile (d’ailleurs les piles au lithium existent bel et bien mais ne sont pas rechargeables). Batterie est l’expression française utilisée par abus de langage pour parler d’un accumulateur.

Pour finir, il faut être prudent sur l’utilisation des chargeurs qui sont vraiment d’un usage très spécifique. En effet, la charge des éléments doit se faire en deux temps bien distincts avec un contrôle très pointu du courant de charge surtout en fin d’opération. La tension de charge finale ne doit jamais dépasser 4,2v.

Comment utiliser ses batteries Li-ions ?

Les batteries Li-ion pour le grand public ont une durée de vie de quelques années à peine alors que celles destinées aux matériels professionnels peuvent atteindre des durées de vie de plus de 10 ans sans soucis.

Puisqu’on parle de durée de vie, il semblerait que ces batteries puissent se détériorer à la longue, même si elles ne sont pas utilisées. Il est d’ailleurs conseillé pour le stockage de vider partiellement les accumulateurs pour ne faire une recharge partielle que de temps en temps afin de compenser l’auto-décharge (elle est très faible, quelques % par mois, mais elle existe).

Il est également conseillé de ne pas utiliser les Li-ion aussitôt après une charge complète, pas plus qu’il ne faut les exposer à une température importante, les Li-ion, c’est comme les Leds, ça aime les températures froides.

Le nombre de cycles décharge/charge avoisine les 1000 en utilisation normale, ça laisse au plongeur une grande marge d’utilisation avant d’envisager un changement de ses accumulateurs.

Les questions qu’on se pose le plus souvent.

Est-ce qu’il faut commencer par charger une Li-ion neuve avant de s’en servir ?

A priori ,non, l’électronique de contrôle de la batterie a subi normalement une calibration en usine et la très faible décharge interne fait que l’accumulateur est prêt à fonctionner. Il semble donc plus normal de l’utiliser directement.

Le calibrage c’est quoi ?

L’électronique de surveillance et de contrôle de la batterie mémorise un cycle complet de décharge puis de charge. Une utilisation quotidienne des batteries peut modifier sensiblement les paramètres de réglage. Il est donc conseillé de faire une fois de temps en temps une décharge complète suivie d’une recharge complète. C’est ce qu’on appelle le recalibrage. La fréquence de cette opération est à cadencer en fonction de l’utilisation. Il faut cependant rester prudent, une décharge profonde peut définitivement détériorer la batterie, le mieux est donc de ne pas trop insister sur cette pratique.

Est-ce qu’on peut laisser la batterie vide longtemps avant de la recharger ?

A mon avis il ne vaut mieux pas, il n’est pas possible de connaitre simplement l’état de décharge de la batterie. Disons que si vous mesurez une tension de 3v à ses bornes il vaudrait mieux lui donner une petite recharge sans trop attendre. La décharge interne étant faible, elle n’est pas nulle, et un accumulateur déjà détérioré se déchargera en interne probablement plus facilement, ce qui risque de le conduire à se rapprocher trop près de la zone de détérioration.

Faut-il charger la batterie en une seule fois à fond ?

Tout dépend de ce que vous voulez faire avec l’accumulateur. Si vous voulez l’utiliser très rapidement, allez-y, mais attention, ne pas le faire en période de cannicule, la chaleur n’est pas du tout appréciée par les Li-ion qui perdent de la capacité de charge après de trop forte charge pendant une phase de montée en température. Si vous ne souhaitez pas utiliser la batterie de suite, le mieux est de la charger partiellement, la meilleure charge est à 40% si la batterie doit être stockée, dans ce cas la mettre dans un local frais.

Ces batteries sont-elles plus puissantes que les autres types ?

En théorie oui, cependant il y a de tout sur le marché internet. Le risque est d’acheter des contrefaçons qui vantent de fortes capacités alors qu’en réalité elles n’en font que la moitié à peine. Les batteries au lithium-ion sont chères à fabriquer, un prix trop attractif devrait lever beaucoup de doutes sur la fiabilité d’une annonce.

Ci-dessus, 2 exemples de contrefaçons: la jaune annonce 9800 mah ce qui est complètement illusoire, la deuxième annonce 4200 mah, sa facture est de bonne qualité et la batterie fonctionne assez bien mais son poids d’à peine 40 grammes démontre la fraude. En réalité il s’agit d’une batterie de 2800 mah maquillée.

Comment savoir si un accumulateur Li-ion est de bonne qualité ?

On vient de le voir, le prix peut-être un bon indice mais c’est surtout le poids qui fait la différence. Si vous prenez par exemple des batteries 18650 ( très couramment utilisées dans les lampes de plongée), d’une capacité entre 2800 et 3400 mah, elle pèsera entre 45 et 52 grammes environ. Plus légère c’est l’assurance d’une entourloupe du vendeur. De la même façon, une batterie de ce type annoncée avec une capacité de 6000 à 9000 mah sent l’escroquerie à plein nez.

Peut-on utiliser un chargeur universel ?

Surtout pas, ce serait extrêmement risqué. Les Li-ion sont extrêmement sensibles et fragiles lors de la charge. Elles nécessitent des chargeurs adaptés.

Combien de temps une batterie Li-ion se conserve-telle ?

En réalité il faudrait se poser la question: quel âge a-t-elle ? En effet ces accumulateurs se détériorent petit à petit d’autant plus qu’ils ont été stockés dans de mauvaises conditions. Disons qu’une longévité de 4 à 5 ans est une moyenne honorable. Donc du coup, il ne faut pas acheter une batterie qui a déjà cet âge-là si vous voulez la conserver autant.

Conclusions.

Les batteries Li-ions se retrouvent installées un peu partout maintenant (téléphones, portables, consoles de jeux, appareils photo etc etc…). Bref pas moyen de passer à travers. En plongée, ces batteries ont permis de réduire d’une façon impressionnante la dimension des lampes et des flashs. On ne va pas s’en plaindre, en tous cas pas moi. Pour autant elles restent des sources d’énergies dangereuses avec des risques d’explosion, de dégagement de flammes ou de projections d’acides. Il est donc prudent de les manipuler avec précaution.

Il y a encore beaucoup à dire sur ces batteries et sur leurs prochaines évolutions technologiques, ça fera peut-être l’objet d’un prochain article.

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