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Et si on parlait mégapixels ?

Je me rends compte en refaisant un petit tour sur mes précédents posts qu’il y a longtemps que je n’ai plus parlé technique photo.

Encore une fois, loin de moi l’idée de vous faire croire que j’en suis un grand spécialiste, pas du tout, mais vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre sur Facebook et beaucoup me posent des questions assez pertinentes tant sur la photo que sur la vidéo. Avant de revenir bientôt et une dernière fois sur les perrés d’Arcachon, je vais essayer de lever un voile sur un des éléments parfois mal compris en matière de numériques.


Le SONY RX100, un excellent compromis entre capteur et résolution en faible lumière.

C’est quoi un mégapixels ?

Mégapixels vous avez dit ? hummm, voyons d’abord ce qu’est un pixel. Le pixel est l’unité de base permettant de mesurer la définition d’une image numérique matricielle. C’est en fait une contraction du vocable anglais signifiant « élément d’image ». Méga est le coefficient multiplicateur et signifie million. 10 mégapixels veut donc dire 10 millions de pixels. Les pixels permettent de quantifier la définition de l’image.

Définition d’une image.

Pour se représenter facilement ce qu’est la définition d’une image on va imaginer une image en forme de rectangle. on trace sur ce rectangle une grande quantité des colonnes et de lignes. Chaque case obtenue va représenter un pixel. Si on multiplie le nombre de colonnes par le nombre de lignes on obtiendra le nombre de pixels total de l’image, c’est sa définition.

Cool, facile, mais petite question: c’est quoi alors la différence entre définition et résolution ? Bien vu !!, voilà qui demande plus de précision.

Résolution d’une image.

Avant tout, il faut se rappeler que beaucoup de termes de technologie s’expriment dans la langue de Shakespeare. La résolution se définit donc en DPI (dot per inch), c’est à dire en nombre de colonnes et de lignes contenues dans une image de surface d’un pouce carré, un pouce mesurant 2,54 mm. Par exemple 360 DPI, signifie qu’on a une image qui contient 360 colonnes et 360 lignes par pouce carré. En pratique cela signifie que plus on voudra avoir une image grande et de qualité, plus il faudra avoir de pixels pour remplir l’espace de chaque case.

Bien bien, donc si tout le monde a suivi jusque là, on pourrait penser que plus un appareil photo à de pixels, mieux c’est. Et bien pas vraiment, voyons pourquoi.

La pièce maîtresse, le capteur.

Plus que le nombre de pixels, c’est avant tout la dimension du capteur qui fait la différence. Ok, mais c’est quoi le capteur ?

Le capteur est l’élément de base de l’appareil photo ou de la caméra numérique, c’est l’équivalent de l’antique pellicule. Plus il est grand et plus il est capable de traiter correctement les rayonnements lumineux qui viennent le frapper lors de la prise de vue.

La technologie évolue très vite dans ce domaine de l’électronique. Beaucoup d’appareils actuels utilisent des capteurs de types CMOS mais d’autres technologies sont aussi présentes sur le marché. Ces capteurs sont constitués de photodiodes ultrarapides et de faible coût de fabrication. Rentrer plus en détail ici nécessiterait un article complet rien que pour les capteurs, je ne m’étendrai pas sur ce sujet.

Plus le capteur est grand, plus on se situe dans du matériel haut de gamme, comme avec la catégorie des reflex à base de haute technologie APS-H développée par CANON par exemple. Dans un domaine toujours de précision mais à l’usage d’un public non professionnel, c’est le capteur 1″ (lire 1 pouce) qui fait parler de lui. S’il est quasiment deux fois plus petit que le capteur APS-H, ce capteur équipe maintenant pas mal de compacts et d’hybrides dit experts, comme mon RX100 par exemple.


Sous l’eau, et c’est encore plus vrai la nuit, c’est votre source de lumière qui fera la réussite de votre film ou de vos photos.

Capteurs et mégapixels.

J’espère que vous l’aurez compris, plus le nombre de pixels est grand sur la surface d’un capteur, meilleure est sa définition. Pour autant cela ne veut pas dire que l’appareil sera très performant, en effet sur un capteur de petite dimension mais avec beaucoup de mégapixels, chaque photosite (élément sensible des photodiodes) reçoit peu de lumière du fait de sa petite taille. Cela génère ce qu’on appelle du bruit qui fait baisser la qualité de l’image, surtout dans le cas de faibles luminosités. On dit que le capteur a alors une faible dynamique, ce que l’électronique devra essayer de compenser avec plus ou moins de bonheur. Par contre on pourra tirer un grand tirage papier sans trop de soucis.

Pour avoir une belle image, surtout en faible luminosité il vaudra mieux avoir des photosites bien éclairés. Ce qui sous-entend un nombre de mégapixels raisonnable par rapport à la dimension du capteur.

Mégapixels et plongée de nuit.

Le plongeur photographe et le plongeur cinéaste doivent se poser la question du choix de l’appareil numérique.

En gros pour simplifier, vous savez maintenant je pense que l’eau absorbe énormément la lumière. Cette contrainte entraine une choix particulièrement délicat. En effet, pour faire du film il faut beaucoup de lumière, il faudra donc avoir un capteur le plus grand possible, même sans énormément de mégapixels, à partir de 8 c’est déjà pas mal. Malheureusement, pour faire de la photo, le capteur manquera de lumière, l’image sera donc de moins bonne qualité, moins précise et moins dynamique que ce que le photographe ferait dans les mêmes conditions.

Le photographe dispose d’un énorme avantage, il sait (en tout cas il devrait savoir) gérer la lumière très puissante de ses flashs. Pas de problème d’exposition, et donc pas de bruit sur la photo. Le capteur peut donc envoyer un signal analogique de grande qualité. Un nombre élevé de mégapixels est alors plus que souhaitable.

Bref, voilà pourquoi mon RX100 mark 4 utilisé avec des lampes ne donnera jamais la qualité photographique que ce qu’il pourrait donner avec des flashs. Ce n’est pas tant une histoire de capteur et de pixels, mais beaucoup plus celle de la qualité et de la quantité de la lumière au moment de la prise de vue.

Voila voila, j’espère que cet article vous aura permis d’y voir un peu plus clair.

Si cet article vous a plu.

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La video en plongée sous-marine au bassin d’Arcachon avec le RX100




La video en plongée sous-marine au bassin d’Arcachon avec le RX100

La video en plongée sous-marine, un vrai plaisir

18 avril 2015.

Pourquoi le choix du RX100 ?

Le RX100 que propose SONY est un compact expert capable de très bonnes performances aussi bien en mode photo qu’en mode vidéo. SONY a beaucoup fait progresser ce modèle (sorti en été 2012) à travers deux versions mark II et Mark III, bientôt la IV. La version III du RX100 est époustouflante en plongée de nuit. Elle produit des images d’une pureté à tomber par terre si on l’associe à une optique macro de qualité professionnelle avec un peu de post-traitement sur ordi.

Mon budget ne me permet pas pour l’instant d’acquérir cette version, rien de bien embêtant, le modèle de base me donne encore pleine satisfaction. Son capteur de 20 Megapixels et les programmes de traitement d’images proposés par le constructeur laissent une grande marge de manœuvre pour adapter la prise de vue aux conditions difficiles du bassin d’Arcachon.

fleurs blanches nudibranche

Le RX100 est petit, léger, réactif, efficace en faible lumière, et surtout, il filme en haute définition à 50 images par seconde. En plongée de nuit il permet d’obtenir d’excellentes photos en macro malgré la turbidité de l’eau. En mode photo le cinéaste amateur se voit offrir un large choix de fonctionnement, de l’automatique total au réglage de la priorité à la vitesse ou à la profondeur de champ.

Choix du réglage de mode de prise de vue choix du mode d'enregistrement

Justement, quel choix sélectionner, automatique ou manuel ?

Tout dépend de l’objectif à atteindre ou du besoin immédiat. L’automatique est très pratique pour réagir avec rapidité. Il suffit d’enclencher le mode vidéo par un simple appui sur le bouton de cette fonction à l’arrière de l’appareil. Les réglages sont parfois délicats à atteindre avec les gants en hiver au dos du caisson étanche. Dans ce mode l’appareil gère très bien tout seul la balance des blancs ( ce sujet fera l’objet d’un prochain article) et optimise la prise de vue en favorisant la vitesse. Cela peut être gênant si on veut une grande profondeur de champ. Dans ce cas il vaudra mieux passer par la molette de sélection des fonctions qui donne le choix en manuel entre les différentes priorités.

Le gros avantage du RX100 Mark 1 est de laisser à l’opérateur la possibilité de prendre des instantanés tout en filmant, ce que d’autres compacts n’autorisent pas (Une possibilité qui n’est plus présente sur la version Mark 3.). De moins bonne qualité qu’en mode photo normal, ces clichés sont tout de même largement intéressants. Cependant, si le courant est fort et l’eau chargées de particules il peut y avoir de nombreuses anomalies, des aberrations dans l’image créées malheureusement par un autre réglage de l’appareil, le mode d’image justement.

Quelle différence entre un enregistrement 50i et un 50p ?

La différence entre mode 50i et 50p ne saute pas immédiatement aux yeux. la sélection s’effectue dans le menu vidéo. 50 signifie que l’appareil enregistre 50 images par seconde. C’est excellent pour la haute définition. En gros plus le chiffre est élevé plus la vidéo sera de qualité et facile à ralentir au montage. En mode 50i, l’image est dite entrelacée, c’est à dire que l’appareil n’enregistre que la moitié d’une image à la fois. Si l’objet filmé est rapide, le programme va avoir du mal à « recoller » les morceaux et des aberrations sous forme de petits traits disgracieux et très difficiles à traiter vont apparaitre. Sur la partie film ça passe relativement inaperçu mais pas sur les photos prises en filmant. Le mode 50p permet lui d’enregistrer une image complète en une seule passe. Cela améliore la qualité, par contre, la quantité de données à traiter par les algorithmes des programmes augmente et risque de ralentir notamment les transferts vers la carte mémoire.

Quelle carte mémoire installer dans l’appareil ?

Le choix est vite fait pour une carte mémoire: la plus rapide qui soit. Aie !!, je n’avais pas pensé au budget ! Évidemment, puisque on filme en haute définition, chaque séquence est de taille conséquente. Disons que pour être tranquille sur une sortie, 8 Go suffisent mais cela oblige à vider la carte pour la plongée suivante. Un choix de 64 Go assure une mémoire assez grande pour plusieurs plongées successives. 32 Go semble un choix suffisant. Quelle que soit la carte mémoire, un peu comme un disque dur, il faudra veiller à ne pas la saturer car cela la ralentit.

Les cartes les plus rapides actuellement sur le marché ne sont pas strictement nécessaires, elles sont faites pour la vidéo 4K, et le RX ne gère pas cette norme.

Des séquences vidéos de qualité pour assurer un montage de qualité.

Faire des séquences vidéos de qualité n’est pas si facile que ça. En plongée, le temps ne semble pas passer à la même vitesse. La sortie paraîtra toujours trop courte, même au bout d’1h30. Pendant qu’on filme en plongée, au contraire le temps parait plus long, le débutant aura alors l’impression d’avoir filmé assez longtemps une séquence et décidera de la couper. Mais au visionnage c’est la déception, le clip est bien trop court, là c’est la rage. Alors petit conseil, prenez votre temps. Si une séquence est trop longue au montage le logiciel pourra la retailler très facilement.

Eviter les images qui tremblent.

Une image qui tremble rend tout de suite un film assez désagréable. Le RX100 stabilise assez bien les images par programme, mais pour obtenir de belles images justement, le mieux est de ne pas bouger du tout. Au bassin malheureusement, c’est plus facile à dire qu’à faire. Le courant joue un peu avec le photographe comme le vent avec une voile. Et quand ce n’est pas le courant qui gêne, c’est les points d’appuis qui manquent. Il faudra alors bien savoir jouer du poumon ballast si on veut s’en sortir pas trop mal.

Et si on enregistre autrement qu’en haute définition ?

Enregistrer un film en haute définition, c’est le gage d’un plaisir assuré au visionnage. Oui mais bon, et si le film c’est juste pour youtube ? Ben, je dirais que qui peut le plus, peut le moins, il sera toujours possible de diminuer la résolution avec le logiciel de montage. Par contre avec un film minable on ne fera jamais une merveille, c’est certain.

Quelle lumière pour la vidéo ?

La gestion de la lumière en mode vidéo est vraiment quelque chose à ne pas négliger comme nous l’avons vu dans un article précédent sur la température de couleur. J’utilise uniquement des lampes LED « lumière du jour ». Le rendu des couleurs est assez fidèle en eau assez claire. En eau fortement troublée de particules, la dominante jaune provoquée par l’absorption devient nettement visible. On peut néanmoins la diminuer sensiblement avec un logiciel de montage en faisant quelques essais ou bien faire comme les pros des réglages de balance des blancs de temps en temps.

Un film c’est bien, mais bien cadré c’est encore mieux.

Tout d’abord, un clip bien cadré, c’est l’assurance d’un certain plaisir au visionnage. Comme en photo, il faudra éviter de centrer systématiquement l’objet du clip. La règle du tiers marche très bien, elle donne de l’espace devant un animal en mouvement. Deuxième règle, éviter à tous prix les changement de plans rapides. En prise de vue on ne se rend pas compte de l’impact que ça a sur l’image, mais au montage l’image qui bouge sans arrêt ou trop vite c’est catastrophique, presque autant que d’avoir le mal de mer sur un bateau qui tangue.

L’amateur vidéaste doit s’obliger à respecter ces quelques règles très simples, même s’il n’est pas forcément facile de les mettre en œuvre.

Bonnes plongées et bons films. A bientôt.