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Les épaves facilement accessibles de St-Yves.

Un retour de vacances s’accompagne toujours d’une reprise de travail, je vous ai donc concocté un article sur les épaves à explorer près du bord devant la ville d’Arcachon.

Les épaves des perrés d’Arcachon et du trou St Yves.

Après avoir expliqué récemment ce qu’est le trou St-Yves je peux maintenant aborder le sujet des épaves visitables depuis le bord devant la ville d’Arcachon. Évidemment il existe de nombreuses épaves dans et en dehors du bassin plus difficiles d’accès, pour les visiter, il faut s’adresser aux clubs de plongée locaux ou disposer soi-même d’un bateau, mais ce n’est pas mon propos ici.

Rappel sur ce que sont les perrés d’Arcachon.


Un perré bien visible et la mise à l’eau d’où débuter les explorations.

J’ai déjà parlé des perrés et de leur origines à travers différents articles ces derniers mois. Je vous invite donc à découvrir ces textes et même pourquoi pas à les relire car il serait trop long de redévelopper leur contenu maintenant. Un petit résumé est tout de même nécessaire.

Les perrés sont des empierrements que les anciens avaient érigé pour protéger la cote intérieure du bassin d’Arcachon des assauts des vagues et donc de l’érosion. Certains sont pourtant perpendiculaires au trait de cote. On peut en voir quelques-uns sur la plage du Moulleau au sud de la ville.

Leur utilité était de freiner ou de casser l’élan des courants marins le long de la cote. En effet, avant l’installation des ports tout autour du bassin, de nombreux bateaux déchargeaient ou au contraire embarquaient leurs marchandises directement sur les plages de sable, ce qui les exposait aux marées dont la puissance déplace à l’extérieur mais aussi dans le bassin des quantités extraordinaires de sable. Petit à petit les empierrements se sont progressivement enfoncés au fur et à mesure de la disparition de leur support pour se retrouver maintenant entre 9 et 23 m sous les eaux.

Les épaves visitables depuis le bord.


Un plan approximatif des épaves évoquées dans cet article.

Il n’est guère facile de trouver des archives précises sur toutes les épaves du coin, mais la plus célèbre et sans doute la mieux documentée, est celle du chalutier en bois le Côtre Bleu. Bien que très abimée elle attire encore nombre de plongeurs.


Le chalutier le Côtre Bleu.

Pour y accéder, il faut suivre un Cap au 330 en partant de la mise à l’eau en face de la rue St François d’Assise. Le mieux est de la visiter sur basse mer et impérativement par bonne visibilité. En effet il n y a pas moins de 90 a 100 m de palmage par 14 à 15 m de fond pour l’atteindre.


Le volant de la vedette, une belle épave en bon état. Taille environ 2 m sur 7.

En partant de la même mise à l’eau, on peut aller chercher l’épave d’une vedette encore équipée de son moteur. Pour la trouver, il faut prendre un cap au nord en longeant dans cette direction le sommet du perré sans trop descendre tout de suite sur le flanc est. L’épave est en effet située à environ 80 m du bord par 17 m de fond à droite du perré. L’étrave est orientée au nord et c’est donc par le moteur ou l’entrée de la cabine qu’on tombera dessus. Petite info utile, deux gros poteaux en ciment se trouve environ 2m plus bas plus à l’est. Si vous les trouvez c’est donc que la vedette se trouve quelque part juste au-dessus plus à l’ouest. La ballade pour cette épave se fait de préférence sur pleine mer.

Toujours en partant de la même mise à l’eau, on peut trouver sur la droite à environ 50 ou 60 m en prenant un cap à l’est et en descendant dans la zone des 10 a 12 m l’épave d’une barge dont l’origine m’échappe. Quasiment ensevelie sous le sable il n y a plus grand chose à y voir si ce n’est des raies torpilles en train de se reposer (faire attention où on pose les mains). La seule partie intéressante se situe quelques mètres plus au nord par 15 m de fond. Orienté sud- nord, un mur d’environ 4 m de large sur presque autant de haut semble sortir soudain du sable. En y prêtant attention on peut y découvrir quantités de concrétions, d’éponges, d’ascidies et même parfois quelques nudibranches. La ballade pour cette explo se fait sur pleine mer sur un banc de sable sans aucun repère, maitrise de la boussole obligatoire. Petit indice, juste à coté on trouve une protubérance légèrement inclinée, de quelques 50 cm de diamètre et sortant du sable sur près d’ 1,5 m. Le mur se trouve moins de 2m plus au nord-ouest.

la sécurité avant tout.

Le spot de St-Yves est un endroit dangereux du fait des courants et contre-courants puissants, de la faible visibilité (parfois moins de 30 cm en hiver), du manque de repères sous-marins, des distances et des profondeurs importantes ou encore des nombreux bateaux à moteur qui croisent à proximité. J’ai failli oublier les bas de lignes des pécheurs, ouf !.

On ne s’aventure pas ici sans l’aide d’un habitué. Il serait dommage de prendre des risques inutilement. La consommation d’air doit être particulièrement surveillée, en cas de problème ou de doute, il vaut mieux savoir renoncer. S’il s’agit juste d’un problème d’orientation, prendre cap au sud jusqu’à trouver un fond de 3m ou moins, seul signe valable de la proximité du bord de plage.

Conclusion.

Au final, malgré la satisfaction de les trouver, les épaves visitables depuis le bord à St-Yves présentent peu d intérêts de mon point de vue. Autant profiter de la sortie pour être plus attentif aux richesses biologiques parfois surprenantes de ce site de plongée de moins en moins fréquenté au bénéfice des spots de plongée de la pointe du Cap Ferret plus au nord.

Et quoi d’autre ?

Et bien parmi les nouveautés à courte échéance il y a ma participation avec Claude Clin à un concours vidéos sur la vie marine à Arcachon. Vous vous en doutez, il y aura de belles images à la clé. Résultat attendu le 2 septembre ce sera vite là. Pour que tout le monde en profite je mettrai ici un lien pour voir la vidéo.

Dans la foulée, je vous prépare un article sur le matériel photo. Ces derniers temps on m’a posé plusieurs fois des questions sur le choix d’une lentille macro. Je reviendrai donc en détail sur le fonctionnement de ce matériel et la signification de ce qu’on appelle les dioptries.

L’article suivant devrait rester dans la domaine de la photo mais cette fois sur l’utilisation d’un outil d’aide à une bonne exposition qu’on appelle l’histogramme. J’avais proposé de revenir de ce sujet lors de mon dernier article sur la retouche des photos de plongée. Bon d’accord le temps passe vite et je bouscule parfois mon planning.

Il y aura aussi en page VOYAGES, deux articles photos sur la plongée en Martinique et en Corse du sud.

Pour ne rien louper.

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Les perrés d’Arcachon, partie 4.

Les habitants des perrés

Je reprends enfin la suite de mes précédents articles sur les perrés devant la ville d’Arcachon. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à les découvrir en cliquant sur les liens suivants : Partie 1, partie 2, partie 3.

Avant d’aller plus loin, je rappelle que je ne suis ni spécialiste de biologie, ni historien, ni adhérent à une quelconque école de pensée. Je suis seulement un plongeur comme tout le monde qui a simplement envie de partager une vision objective sur les milieux marins du bassin grâce à une expérience très souvent renouvelée de la plongée nocturne.

Les perrés, une oasis de vie spécialisée.

La ruelle St François permet de se glisser entre les immeubles pour accéder à la plage de la jetée de la Chapelle. La mise à l’eau y est relativement facile, bien que le sol puisse parfois se révéler assez glissant. En prenant un cap plein nord depuis cet endroit on descend progressivement vers un enrochement recouvert d’une multitude de tubes d’hermelles, un ver marin vivant dans un tube qu’il construit en agglomérant des grains de sable.

La face ouest du perré est très exposée au courant de la marée montante qui véhicule d’énormes quantités de sable à tel point qu’en ce moment une bonne partie de l’empierrement est ensevelie. Le côté Est est lui assez protégé. Le perré offre du coup tout un tas de cachettes occupées par de nombreux crustacés comme les crevettes, les crabes verts et d’autres espèces minuscules qui me sont encore inconnues. Assez peu de poissons à cet endroit mis à part quelques bars et de jeunes congres en chasse. Très rarement on peut y croiser une motelle. Les poulpes y trouvent souvent quelques refuges intéressants et un terrain de chasse très fourni en étrilles et autres crabes.

Un perré c’est grand.

On l’a vu précédemment, les perrés sont d’anciens enrochements qui préservaient les embarcations échouées volontairement sur la plage de sable des courants de la marée. Celui qui nous intéresse ici s’éloigne de la plage en s’enfonçant progressivement vers le nord. Le sommet demeure sur une bonne distance entre 9 et 13 m. On peut donc y faire une plongée assez tranquille sur petit coefficient, au-delà du coefficient de 70, il vaut mieux ne pas s’aventurer trop vers le nord car la zone peut être soumise à des courants très forts. Petit rappel au cas où, hors de question d’aller dans cette excursion sans savoir manipuler correctement une boussole, la visibilité peut changer très rapidement. Si tout se passe bien, aux environs de 70 à 80 mètres on arrive sur une bifurcation, une partie de l’enrochement s’éloigne plein Est vers la jetée Thiers et une autre vers le nord ouest. Une zone que je n’ai pas encore explorée, celle allant vers l’Est étant plus sécurisante à mon goût.

Cette balade peut conduire à s’éloigner sur une longue distance, mieux vaut rester prudent, il y a plus de vie dans la première partie, en tous cas bien assez pour en garder un excellent souvenir.

Et on voit quoi d’autre sur ce perré ?

En dehors des crustacés on peut trouver quelques espèces de nudibranches, le plus commun est sans réserve la Doris citron. Mais on peut trouver aussi des Doris rouges, des cantabriques et même des limaces à bigoudis. Dans un autre registre les hermelles se trouvent décorées à la saison d’une belle quantité de marguerites jaunes et d’anémones vertes.

Bien évidemment, en cherchant un peu on peut trouver plein d’autres animaux marins comme les galathées, les ophiures, les vers marins tels que les sabelles et autres, les ascidies et les éponges, tout un tas de mollusques dont la fameuse Lime. Bref, autant de bonnes raisons de se persuader qu’au bassin il n’y a pas qu’Hortense ou le port de La Vigne.

Et dans les prochains articles on parlera de quoi ?

Dans le prochain article je parlerai des poissons plats et des raies qui sont une des attraction de l’endroit. Dans le suivant, qui sera probablement le dernier de cette longue série, je parlerai des épaves qui y sont accessibles directement en plongeant depuis le bord.

Je vous souhaite donc de bonnes lectures dans le blog et d’excellentes plongées si vous pouvez mettre la tête sous l’eau prochainement.