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Eviter les particules en photos sous-marines de nuit

Gérer son éclairage en plongée de nuit.

Préambule: ne pratiquant quasiment que le film de nuit en éclairage LEDs, je ne parlerai ici que de ce mode d’éclairage et pas du tout de l’usage des flashs, un domaine qui est déjà traité ailleurs de très bonne façon.

Beaucoup des photos que je publie ici sur le blog ou encore sur ma page Facebook peuvent surprendre les habitués de la plongée au bassin d’Arcachon. En effet, la plupart donnent l’impression de conditions idéales pour de la photo avec semble-t-il une eau très limpide. Pourtant tout au long de l’année la visibilité oscille de 30 cm seulement à 7 ou 8 mètres maximum, avec une moyenne d’1,5 mètres. Alors comment puis-je arriver à produire des clichés aussi peu encombrés de particules ?

Les particules

Il est évident que je n’ai pas de baguette magique pour faire disparaître les particules véhiculées par le courant des marées ( d’ailleurs, si j’en avais une, je l’utiliserais pour bien autres choses…). Au fait, elles sortent d’où toutes ces particules ?

L’origine des particules marines.

Plusieurs origines sont possibles pour expliquer la présence des particules marines.

Tout d’abord il y a la présence naturelle du plancton. Celui-ci est particulièrement important lors de la période hivernale au cours de laquelle la température oscille entre 7 et 11°C.

La période hivernale est traditionnellement celle où certaines villes côtières du bassin louent les services du Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (le SIBA) pour dévaser les ports et leurs chenaux d’accès ou bien pour réensabler certaines plages. Ces opérations soulèvent évidemment d’énormes quantités de vases ou de boues sédimentaires qui se diffusent très rapidement dans les eaux et qui sont véhiculées aux grès des marées un peu partout dans le bassin.

A certaines périodes de l’année les conditions météos peuvent favoriser également l’apparition de flocons de boues. Ce phénomène biologique apparait lors de conditions particulières ou le mélange des eaux douces et salines donne naissance à certains développements bactériens produisant des assemblages cellulaires vivants ou morts d’environ 250 microns de diamètre mais qui s’agglomèrent pour former d’innombrables flocons opaques de l’ordre du millimètre. La grande quantité de ces flocons donnent l’impression d’un nuage de neige virevoltant dans tous les sens.

Les fortes marées enfin, parfois associées aux tempêtes, brassent considérablement les rivages et soulèvent quantités de particules qui viennent opacifier les eaux.

Gérer sa lumière pour éviter les flux de particules.

Dans certaines circonstances, même avec la meilleure volonté, il est impossible d’empêcher l’apparition des particules sur une photo. La visibilité est si réduite que les images en sont inexploitables.

Mais alors, comment faire ?

Tout d’abord, il faut bien se rendre à l’évidence, il sera impossible avec une eau chargée de faire des photos d’ambiance. La seule façon pour espérer faire de belles photos sera de se lancer dans la macrophotographie.

En effet, pour faire de la macro il est nécéssaire d’approcher l’objectif du caisson étanche au plus près de la cible. La faible distance réduit considérablement le nombre de particules. Pour autant ce n’est pas suffisant.

En photo de nuit, une lapalissade implacable serait de dire que pour ne pas voir les particules sur une photo prise en eau chargée, le mieux serait de ne pas les éclairer. Et bien c’est exactement ce qu’on va essayer de faire justement.

Plus on est près de la cible et plus il est difficile de l’éclairer frontalement, ça tombe bien, c’est justement ce qu’il ne faut pas faire. La seule solution est alors de positionner l’éclairage latéralement avec un angle presque perpendiculaire à l’axe de la prise de vue et de chaque côté de la cible.

Autre avantage de cette technique, elle fait ressortir très bien le relief de l’image. Cet effet est encore plus accentué si on positionne l’appareil photo au même niveau que la cible, voire même légèrement en dessous si c’est possible.

Ok pour les particules, mais que fait-on pour éliminer les zones d’ombres ?

L’astuce consiste à utiliser une lampe d’appoint de plus faible puissance ou de puissance équivalente et de la positionner à la perpendiculaire au dessus de la cible, presque à contre-jour. Cette lumière va effacer les zones nombres créées par les lampes latérales. On peut même disposer si on est riche deux lampes positionnées à environ 75°C de par et d’autre de la cible, toujours sur un plan vertical perpendiculaire à l’axe optique de l’appareil photo. La lumière est alors homogène et cela donne de la puissance à l’image.

Et ça suffit ?

Et bien non malheureusement, si l’eau est chargée, que voulez-vous elle est chargée un point c’est tout !! Donc vous n’éviterez pas les particules sur la photo. Par contre, bonne nouvelle, elles seront en très petites quantités normalement.

Du coup, il suffira de faire un petit traitement d’image sur ordinateur pour effacer les points ou les traits de lumières disgracieux. Assombrir un tout petit peu l’image permet normalement de vaincre les zones résistantes.

Le problème de la technique macro.

En technique macro, La profondeur de champ est malheureusement réduite. C’est pourtant plutôt intéressant car les particules seront floutées, et donc moins gênantes. Par contre, du fait de la fermeture du diaphragme, peu de lumière pénètrera dans l’appareil photo et les clichés vont avoir tendance à être sous-exposés, à moins de travailler en tout automatique, mais nous avons vu dans un article précédent que ce n’est pas une bonne solution.

Pour redonner de la vivacité à la photo, il suffira de jouer avec la sensibilité ISO de l’appareil. En augmentant la sensibilité on obtient des vitesses d’obturation plus rapides. Plus la vitesse d’obturation est grande, et moins les particules véhiculées par le courant donneront des traits de lumières désagréables qui viennent gâcher la photo.

Evidemment, la maîtrise de tous ces paramètres n’est pas facile, c’est l’expérience seule qui vous montrera les bons choix. Alors n’hésitez pas à faire plusieurs photos d’un même sujet en variant la position ou le nombre des lampes, en réglant les ISO ou le diaphragme, c’est le meilleur gage d’avoir dans le tas, au moins un cliché qui vaudra la peine d’être gardé.

Pourquoi l’eau est bleue et pourquoi les couleurs disparaissent sous l’eau




Pourquoi l’eau est bleue et pourquoi les couleurs disparaissent sous l’eau.

Qu’est ce que la lumière et pourquoi les choses ont-elles des couleurs ?

Quelques notions de physique simples sur la lumière.

La lumière que nous percevons grâce à l’outil extraordinaire que constitue notre oeil nous vient essentiellement de notre étoile le soleil. Hors notre oeil n’est capable de percevoir qu’une partie très limitée du spectre total de la lumière solaire. Ce que nous appelons la lumière visible ne correspond en fait qu’à la courte fenètre des longueurs d’ondes comprises entre les ultraviolets et les infrarouges. Dans cette frange étroite nous retrouvons les couleurs de base que vous pouvez observer dans un arc-en-ciel

Les objets que nous regardons, de part leurs natures différentes, absorbent ou renvoient certaines longueurs d’ondes. Ainsi un objet que nous percevons jaune ne l’est que parce qu’il n’a pas absorbé la longueur d’onde qui correspond au jaune. C’est pourquoi un objet est noir s’il ne nous renvoie quasiment aucune couleur, en fait, il les absorbe toutes. Il faut donc retenir que les couleurs des objets que nous voyons ne sont donc en fait que celles qu’ils n’ont pas absorbées.

Spectre de la  lumière visible et pénétration dans l'eau pour P2N

Les perturbations subies par la lumière.

La lumière peut subir différentes perturbations: elle peut être réfléchie, réfractée, absorbée ou diffusée. La neige réfléchie toute les couleurs, elle nous parait donc très blanche. L’eau claire par contre absorbe très vite toutes les couleurs et ne diffuse en grande quantité que le bleu. Ce bleu sera d’autant plus dense que l’eau est profonde.

Mais l’eau est rarement pure car elle contient de très nombreuses et différentes particules de tailles et de quantités plus ou moins importantes. Les eaux des mers chaudes près de l’équateur sont en général très claires, la vie planctonique qui n’aime pas la chaleur y est rare et donc, le bleu domine. Par contre, plus les eaux sont froides en remontant vers les pôles de la planète et plus la vie planctonique est intense. Dans le plancton certains éléments comme les algues produisent une activité chlorophyllienne, elles absorbent le bleu et diffusent le vert, voilà pourquoi les eaux froides paraissent plus vertes.

Les couleurs disparaissent en profondeurs.

Plus la lumière pénètre dans les profondeurs et plus elle perd en intensité. Le rouge est ainsi absorbé dès les 3 à 5 premiers mètres, puis le orange et ensuite le jaunes, qui lui disparait vers une vingtaine de mètres de profondeur. Plus profond, l’eau absorbe de violet et le vert pour finalement ne laisser que le bleu filtrer jusqu’à 60 à 80 mètres. Au delà la lumière disparait progressivement et fait place à la nuit perpétuelle en dessous de 400 à 1000 mètres.

Le bleu prédomine en profondeur

Nécessité de disposer d’une source autonome de lumière.

Si vous descendez à plus de 15 mètres de profondeur, la lumière diminue, tout paraitra très vite sombre et d’une couleur uniforme d’un gris bleuâtre assez désagréable. Pour faire de la photo ou du film à faible profondeur et garantir de belles couleurs il faudra compenser l’absorption des longueurs d’ondes par des filtres colorés qui redonneront un peu de punch au couleurs. La solution est relativement peu efficace et assez fastidieuse à mettre en œuvre car il faut plusieurs filtres de différentes tonalités selon la profondeur atteinte. Une autre solution consiste à amener votre propre source de lumière, que ce soit avec des lampes, des phares ou des flashs.

La lumière des phares est indispensable

La puissance de ces instruments reste relativement modeste, en tout cas dans la limite d’un certain budget. C’est pourquoi ils ne seront performants que dans une zone très limitée et ce d’autant plus que l’eau sera chargée de particules.

Nous aborderons ce sujet délicat dans de prochains articles dans lesquels nous reparlerons de photo et de plongée de nuit.