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Les épaves facilement accessibles de St-Yves.

Un retour de vacances s’accompagne toujours d’une reprise de travail, je vous ai donc concocté un article sur les épaves à explorer près du bord devant la ville d’Arcachon.

Les épaves des perrés d’Arcachon et du trou St Yves.

Après avoir expliqué récemment ce qu’est le trou St-Yves je peux maintenant aborder le sujet des épaves visitables depuis le bord devant la ville d’Arcachon. Évidemment il existe de nombreuses épaves dans et en dehors du bassin plus difficiles d’accès, pour les visiter, il faut s’adresser aux clubs de plongée locaux ou disposer soi-même d’un bateau, mais ce n’est pas mon propos ici.

Rappel sur ce que sont les perrés d’Arcachon.


Un perré bien visible et la mise à l’eau d’où débuter les explorations.

J’ai déjà parlé des perrés et de leur origines à travers différents articles ces derniers mois. Je vous invite donc à découvrir ces textes et même pourquoi pas à les relire car il serait trop long de redévelopper leur contenu maintenant. Un petit résumé est tout de même nécessaire.

Les perrés sont des empierrements que les anciens avaient érigé pour protéger la cote intérieure du bassin d’Arcachon des assauts des vagues et donc de l’érosion. Certains sont pourtant perpendiculaires au trait de cote. On peut en voir quelques-uns sur la plage du Moulleau au sud de la ville.

Leur utilité était de freiner ou de casser l’élan des courants marins le long de la cote. En effet, avant l’installation des ports tout autour du bassin, de nombreux bateaux déchargeaient ou au contraire embarquaient leurs marchandises directement sur les plages de sable, ce qui les exposait aux marées dont la puissance déplace à l’extérieur mais aussi dans le bassin des quantités extraordinaires de sable. Petit à petit les empierrements se sont progressivement enfoncés au fur et à mesure de la disparition de leur support pour se retrouver maintenant entre 9 et 23 m sous les eaux.

Les épaves visitables depuis le bord.


Un plan approximatif des épaves évoquées dans cet article.

Il n’est guère facile de trouver des archives précises sur toutes les épaves du coin, mais la plus célèbre et sans doute la mieux documentée, est celle du chalutier en bois le Côtre Bleu. Bien que très abimée elle attire encore nombre de plongeurs.


Le chalutier le Côtre Bleu.

Pour y accéder, il faut suivre un Cap au 330 en partant de la mise à l’eau en face de la rue St François d’Assise. Le mieux est de la visiter sur basse mer et impérativement par bonne visibilité. En effet il n y a pas moins de 90 a 100 m de palmage par 14 à 15 m de fond pour l’atteindre.


Le volant de la vedette, une belle épave en bon état. Taille environ 2 m sur 7.

En partant de la même mise à l’eau, on peut aller chercher l’épave d’une vedette encore équipée de son moteur. Pour la trouver, il faut prendre un cap au nord en longeant dans cette direction le sommet du perré sans trop descendre tout de suite sur le flanc est. L’épave est en effet située à environ 80 m du bord par 17 m de fond à droite du perré. L’étrave est orientée au nord et c’est donc par le moteur ou l’entrée de la cabine qu’on tombera dessus. Petite info utile, deux gros poteaux en ciment se trouve environ 2m plus bas plus à l’est. Si vous les trouvez c’est donc que la vedette se trouve quelque part juste au-dessus plus à l’ouest. La ballade pour cette épave se fait de préférence sur pleine mer.

Toujours en partant de la même mise à l’eau, on peut trouver sur la droite à environ 50 ou 60 m en prenant un cap à l’est et en descendant dans la zone des 10 a 12 m l’épave d’une barge dont l’origine m’échappe. Quasiment ensevelie sous le sable il n y a plus grand chose à y voir si ce n’est des raies torpilles en train de se reposer (faire attention où on pose les mains). La seule partie intéressante se situe quelques mètres plus au nord par 15 m de fond. Orienté sud- nord, un mur d’environ 4 m de large sur presque autant de haut semble sortir soudain du sable. En y prêtant attention on peut y découvrir quantités de concrétions, d’éponges, d’ascidies et même parfois quelques nudibranches. La ballade pour cette explo se fait sur pleine mer sur un banc de sable sans aucun repère, maitrise de la boussole obligatoire. Petit indice, juste à coté on trouve une protubérance légèrement inclinée, de quelques 50 cm de diamètre et sortant du sable sur près d’ 1,5 m. Le mur se trouve moins de 2m plus au nord-ouest.

la sécurité avant tout.

Le spot de St-Yves est un endroit dangereux du fait des courants et contre-courants puissants, de la faible visibilité (parfois moins de 30 cm en hiver), du manque de repères sous-marins, des distances et des profondeurs importantes ou encore des nombreux bateaux à moteur qui croisent à proximité. J’ai failli oublier les bas de lignes des pécheurs, ouf !.

On ne s’aventure pas ici sans l’aide d’un habitué. Il serait dommage de prendre des risques inutilement. La consommation d’air doit être particulièrement surveillée, en cas de problème ou de doute, il vaut mieux savoir renoncer. S’il s’agit juste d’un problème d’orientation, prendre cap au sud jusqu’à trouver un fond de 3m ou moins, seul signe valable de la proximité du bord de plage.

Conclusion.

Au final, malgré la satisfaction de les trouver, les épaves visitables depuis le bord à St-Yves présentent peu d intérêts de mon point de vue. Autant profiter de la sortie pour être plus attentif aux richesses biologiques parfois surprenantes de ce site de plongée de moins en moins fréquenté au bénéfice des spots de plongée de la pointe du Cap Ferret plus au nord.

Et quoi d’autre ?

Et bien parmi les nouveautés à courte échéance il y a ma participation avec Claude Clin à un concours vidéos sur la vie marine à Arcachon. Vous vous en doutez, il y aura de belles images à la clé. Résultat attendu le 2 septembre ce sera vite là. Pour que tout le monde en profite je mettrai ici un lien pour voir la vidéo.

Dans la foulée, je vous prépare un article sur le matériel photo. Ces derniers temps on m’a posé plusieurs fois des questions sur le choix d’une lentille macro. Je reviendrai donc en détail sur le fonctionnement de ce matériel et la signification de ce qu’on appelle les dioptries.

L’article suivant devrait rester dans la domaine de la photo mais cette fois sur l’utilisation d’un outil d’aide à une bonne exposition qu’on appelle l’histogramme. J’avais proposé de revenir de ce sujet lors de mon dernier article sur la retouche des photos de plongée. Bon d’accord le temps passe vite et je bouscule parfois mon planning.

Il y aura aussi en page VOYAGES, deux articles photos sur la plongée en Martinique et en Corse du sud.

Pour ne rien louper.

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Marées du Bassin d’Arcachon




Marées du Bassin d’Arcachon

Marées du Bassin d’Arcachon

Je vous l’avais promis lors d’un précédent article sur l’origine des marées océannes, voici un complément qui va vous parler plus précisément des marées aux bassin d’Arcachon. Dans cet article je partage mon expérience, je n’évoquerai donc pas les plongées que je ne pratique pas, c’est à dire les plongées en bateaux, les dérivantes, les épaves ou les blockhaus.

Généralités sur les marées au bassin d’Arcachon.

le cas spécial du bassin.

plan arcachon

Le bassin d’Arcachon est vraiment un cas un peu spécial en France en ce qui conscerne les mouvements de la mer. Cette ancienne lagune de forme grossièrement triangulaire est alimentée principalement en eaux douces par le débit de la Leyre au sud-est et au sud-ouest par le flux et le reflux de la mer. Coté océan atlantique, un goulet relativement étroit d’environ 3 kilomètres laisse entrer ou sortir aux fortes marées environ 400 millions de m3 d’eau salée. Un tiers du bassin reste cependant toujours immergé, même sur marées basses.

De forts courants dans les passes et les principaux chenaux.

L’ouverture du bassin sur l’océan est encombrée de bancs de sables très mobiles qui sur un cycle d’environ 80 ans bouchent ou libèrent les zones de passage des bateaux. Ces passages très redoutés des marins sont appelés « les passes« . De très forts courants marins et de fortes houles en font un passage obligé parfois mortel.

Même si le courant le long des enrochements du Cap Ferret ou devant la ville d’Arcachon sont moins importants, ils atteignent néanmoins très facilement une vitesse de 1,5 à 2 m/s, soit 5,4 à 7,2 km/h. C’est plus que largement suffisant pour être dangereux pour les plongeurs. Les débutants qui ne maîtrisent pas bien les horaires de mise à l’eau et le sens des courants peuvent facilement se trouver piégés. Sous le coup d’un effort violent de palmage ils peuvent risquer de faire un essoufflement. La prudence doit donc toujours être de mise.

L’essentiel du flux marin se situe à la passe nord et le long des rives du Cap Ferret, le débit sera un peu moins important devant les plages du Moulleau et d’Arcachon. Pour autant ces zones restent aussi dangereuses qu’ailleurs.

Les marées du bassin.

La marée au bassin d’Arcachon est de type semi diurne, c’est à dire qu’à quelque chose près on observe 2 marées hautes et 2 marées basses par jour. On l’a vu dans mon article précédent, en fait, le cycle n’est pas réellement de 24h00, mais de 24h et 50 minutes du fait du déplacement de la lune sur son orbite autour de la terre.

Les marins utilisent des termes parfois méconnus pour parler des marées. Ainsi on a pour la marée montante au bassin (appelée flot ou flux) une durée moyenne de 6h20 mais seulement 6h00 pour la marée descendante (appelée jusant ou reflux). Par conséquent on peut en déduire tout de suite que le courant montant est un peu moins rapide que celui descendant ou en tous cas moins rapide à s’établir. Pour les marées de mortes eaux, l’écart entre flux et reflux est encore plus conséquent et peut presque atteindre 1h30.

Au bassin d’Arcachon, le marnage, c’est à dire l’écart de niveau entre pleines mers et basses mers successives, varie d’un peu plus d’1m à presque 5 m selon qu’on se trouve sur un coefficient proche de 20 ou sur un coefficient de 120.

Les plongeurs devront donc tenir compte de toutes ces variations. Prenons un exemple, sur un coefficient de 76 au Cap Ferret sur basse mer, 2h00 après l’étale basse, le niveau de l’eau monte de près de 1m.

Courants et contre-courants.

Un phénomène bien connu sur les bords de rivière, mais aussi sur les rives du bassin d’arcachon (en particulier au Cap Ferret), le débit de l’eau ne suit pas forcément le sens du débit principal mais au contraire emprunte un sens inverse. On pourra donc constater des contre-courants parfois assez violents près des rives rocheuses ou sableuses du Cap Ferret ou d’Arcachon. Ces courants prennent naissance du fait des perturbations rencontrées par le flux principal (anses, obstacles, perreys, trous, fortes dénivellations …).

Le bassin est un endroit dangereux, il est bon pour les débutants ou même pour les plongeurs aguerris mais qui ne plongent pas souvent, de tenir compte des avis ou de l’expérience des plongeurs qui pratiquent la zone d’une façon soutenue.

Comment gérer les marées en plongée au bassin.

Les pratiques club.

Les pratiques de plongées se trouvent être complètement différentes selon qu’on plonge en club ou en binômes indépendants, selon qu’on fait de l’exploration ou plutôt de la photo.

Par mesure de sécurité, et pour répondre à des exigences engageant la responsabilité des présidents ou des cadres des clubs, ceux-ci enseignent certaines règles assez restrictives concernant les plongées sur forts coefficients ou les plongées de nuit. Ainsi il est courant de fixer une interdiction de plonger sur des coefficients de plus de 80 et parfois même de plonger de nuit.

D’autre part, j’ai souvent constaté que les clubs limitent, volontairement ou non, la durée des plongées à moins de 45 minutes. C’est en effet assez prudent, la plupart des plongeurs utilisent des blocs de 12 litres et doivent toujours conserver au moins 50 bars de pression de sécurité dans la bouteille ( pour soi-même ou pour porter secour avec un deuxième détendeur au besoin). Personne ne consommant la même quantité d’air ( voir mon article sur comment réduire sa consommation), c’est en effet plus prudent.

Certaines habitudes sont assez surprenantes. Une idée reçue veut qu’il faille se mettre à l’eau 20 minutes avant l’étale et être sorti 20 minutes après. Mes longues années de pratique m’ont montré que ce n’est pas le meilleurs choix pour des plongées sereines.

Profiter de l’expérience.

Tenir compte du coefficient selon le lieu.

Sur très faible coefficient (inférieur à 40), le marnage est assez restreint. Par conséquent le débit du flux ou du reflux est assez limité. Il est donc possible de s’autoriser une marge confortable autour de l’étale pour une mise à l’eau. Ainsi, sur un coefficient de 32 il est possible de décaler la plongée de presque 1 heure sans trop de gêne avant ou après l’étale.

Sur coefficients supérieurs à 45 et inférieurs à 80, il faut tenir compte du lieu.

Arcachon.

A Arcachon, on plonge en général sur pleine mer. Une mise à l’eau 30 minutes à 1h00 avant l’étale haute convient tout à fait. Une plongée de moins d’une heure permettra de sortir de l’eau sans avoir à subir un reflux trop important à moins d’avoir envie de jouer au drapeau en plein vent.

Sur coefficient de plus de 80 la plongée est un peu plus sportive, la mise à l’eau se fait 1h00 avant l’étale haute. Dès que l’étale est dépassée un fort courant ramène le plongeur vers le sud ouest. Les piliers du ponton de la chapelle doivent servir de limite absolue à ne pas dépasser ( à moins d’aimer marcher longtemps avec le bloc sur le dos).

Les plongées sur mer basse à Arcachon sont pratiquées en général par les clubs qui font un aller retour sur l’ancien chalutier « le cote bleu ». Je n’aime pas beaucoup ce parcours, il amenne trop près des bas de lignes des pêcheurs qui squatent le ponton de la Chapelle. En cas de mauvaise visibilité, il est très facile de se faire accrocher dans les fils de pêche et les ameçons.

Hortense.

A Hortense, on plonge de préférence sur basse mer. La mise à l’eau est confortable si on s’immerge à l’heure de l’étale ou bien 10 à 15 minutes maximum avant. S’immerger plus tôt c’est risquer de subir des courants violents qui marquent la fin du descendant. Ils peuvent être puissants localement et tirent le plongeur vers le fond en direction du chenal. Après l’étale basse à Hortense, le flux montant est assez long à prendre de la puissance, la plongée peut donc durer un peu plus longtemps. Attention toutefois aux contre-courants qui obligent parfois à palmer assez violemment pour remonter vers la zone de sortie de la plongée. Chose assez surprenante, ces contre-courants peuvent parfois être plus violents sur un coefficient de 55 que sur un de 80.

Les clubs pratiquent aussi la plongée à Hortense sur pleine mer. J’ai moins d’expérience sur ce cas là mais j’ai changé mes habitudes et maintenant je me mets à l’eau 1h00 avant l’étale haute pour ne pas être trop bousculé sur le descendant. La sortie de l’eau doit se faire au niveau de la mise à l’eau des bateaux, ça nécessite un palmage assez long. Attention à bien rester cap à l’ouest au retour car sinon, il est très facile de s’éloigner du bord avec seulement 2 mètres de profondeur. Dans ce cas il faudra palmer fort et longtemps pour rejoindre la rive. En cas de bouteille presque vite il faudra revenir en surface, chose toujours très dangereuse à cause de la présence de nombreux bateaux.

Pour des plongées sur coefficients de plus de 80 à Hortense, toujours plonger sur basse mer en se mettant à l’eau pile au moment de l’étale basse. Il est alors possible de faire une plongée très tranquille jusqu’à des coefficients de plus de 100 avec finalement très peu de courant tant qu’on reste dans la zone de sécurité à moins de 10 m.

La Vigne

Je pratique rarement la plongée sur ce site. Ma seule expérience s’y résume à des plongées sur pleine mer sur des coefficients inférieurs à 80. La profondeur du site est très limitée, pas de risque de surconsommer, même en palmant fort.

En ce qui me concerne je plonge à cet endroit 1h00 avant l’étale haute. La plongée se fait en longeant la rive sur main droite vers le sud, pas moyen donc de se tromper. Le site est assez pourvu en vases, du coup il est très facile d’en soulever de grosses quantités si on ne palme pas avec prudence. Il peut donc être intéressant de faire le début de la plongée sur le fond sableux en s’éloignant un peu du bord et de rentrer vers le port avec le courant de face au moment du reflux. Cela permet de garder une qualité d’eau très correcte, c’est même indispensable si on veut faire de la photo.

Conclusion.

Voila, cet article est surement un peu trop long mais il est important. J’espère que vous y aurez trouvé des renseignements utiles pour organiser vos propres plongées. Si c’est le cas, n’hésitez pas à glisser un petit commentaire, un simple « merci » pourquoi pas, ça fait toujours plaisir. Bonnes plongées tout le monde….

Découvrir les marées dans le détail.




Les marées dans le détail.

Le phénomène des marées expliqué dans le détail.

photo terre lune

Ont trouve rarement dans la litterrature une explication vraiment satisfaisante au phénomène des marées, que ce soit par omission des auteurs ou par méconnaissance de la mécanique céleste.

J’ai eu la chance de m’intéresser pendant plusieurs années à l’astronomie dans un club important de la région bordelaise où je donnais de temps en temps quelques conférences. Cette expérience m’a permis d’étudier et de mieux comprendre le phénomène des marées. Je vais vous en faire une présentation que j’espère la plus claire possible.

Le phénomène des marées, c’est loin d’être simple.

Pour la plupart des gens, y compris de nombreux auteurs d’articles ou de livres, le phénomène des marées est simplement une variation du niveau de la mer liée à l’attraction gravitationnelle qu’exercent la lune et le soleil sur les mers et océans de notre planète.

En fait, cette explication se veut très minimaliste et approximative car elle fait allègrement l’impasse sur des phénomènes célestes complexes qui sont encore aujourd’hui très difficiles à mesurer, sinon à calculer. Voyons donc comment tout ça s’organise.

Le fonctionnement les marées.

L’attraction lunaire et solaire.

Alignement

Vous le savez, la terre tourne autour du soleil à une distance de 150 millions de kilomètres. Elle parcourt entièrement son orbite elliptique en une année. Cette orbite définit un plan appelé l’écliptique. La terre tourne également sur elle-même en 24 heures.

Bourrelet

La lune quant à elle, tourne autour de la terre sur une orbite elliptique mais dont le plan est incliné de 5° par rapport à celui de l’écliptique. La distance terre lune est en moyenne de 384 000 kilomètres. La lune effectue un tour de terre complet en un peu plus de 27 jours. Comme elle met le même temps pour tourner sur elle-même, depuis la terre on ne peut donc voir qu’une seule face de la lune

Les lois de la gravité font que la masse lunaire attire vers elle la terre et en particulier son fluide principal qui est l’eau des océans et des mers. Pour bien comprendre le raisonnement il faut imaginer la terre comme une sphère entièrement recouverte d’eau (ce qui évidemment n’est pas le cas en réalité). Cette attraction est maximale du coté de la terre situé en face de la lune. La lune attire donc l’eau la plus proche ce qui crée un bourrelet dirigé vers la lune (point B du schéma), à cet endroit la terre connait donc une marée haute. Sur un axe perpendiculaire à celui terre-lune, l’eau baisse en fonction de la quantité qui s’est déplacée vers la lune (mais aussi du côté opposé à la lune, c’est ce cas de marée qui est souvent mal compris). Cela crée à ces endroits une marée basse. Mais curieusement, je viens de le préciser, un autre bourrelet se forme de l’autre côté de la terre ( au point A du schéma), celui le plus éloigné de la lune . Hors l’influence de la lune telle que décrite juste précédemment devrait écraser cette partie là aussi en attirant l’eau vers elle et par conséquent y créer une marée basse. Comme ce n’est pas le cas, il y a donc forcément une autre explication à cette deuxième marée haute.

Le soleil crée lui aussi une force de marée. son effet est d’autant plus grand que la lune et le soleil seront alignés du même côté de la terre. Si c’est la terre qui est entre la lune et le soleil, les effets gravitationnels se contrarient, ce qui crée une marée haute de petite amplitude.

Combien de marées par jour ?

Combien de marées ? 4 direz-vous certainement. Hé bien non, raté ! Voyons pourquoi. La terre tourne sur elle-même en 24h mais la lune met plus de 27 jours à faire un tour de terre, par conséquent l’eau est attirée par la lune et se déplace donc sur le fond océanique pour rester dans l’alignement terre-lune. Si tout allait bien il y aurait donc 2 marées hautes et 2 marées basses par jour espacées les unes des autres de 6h. Malheureusement, la terre tourne autour du soleil et la lune autour de la terre. La lune bougeant, les bourrelets tournent avec elle. L’écart moyen sur un cycle provoqué par le déplacement lunaire sur son orbite est de l’ordre de la cinquantaine de minutes. Donc un cycle de 4 marées ne durera pas 24h, mais 24h et 50 minutes. D’autres variations viennent s’ajouter du fait que la lune ne tourne pas sur une orbite circulaire, mais sur une orbite eliptique. Bref vous l’avez compris, pour connaître l’heure d’une marée il est indispensable d’avoir un annuaire calculé à l’avance.

Le barycentre terre-lune.

couple terre lune

En fait, le couple terre-lune constitue un système double. On peut donc imaginer une droite reliant virtuellement le centre de ces deux planètes. Le point d’équilibre M placé sur cette droite constitue le centre de rotation mutuel, le pivot si vous préférez, autour duquel tournent la terre et la lune.

C’est lui en réalité qui tourne autour du soleil avec une trajectoire elliptique régulière. Le point M est appelé le barycentre du couple terre-lune. La trajectoire de la terre autour du soleil est donc une hélice enrubannée autour de l’ellipse décrite par le barycentre. Ce barycentre est en fait situé réellement à 1700 km sous la surface terrestre, le rayon de la terre étant d’environ 6400 km. Cet effet de rotation impose ce que l’on appelle une force d’inertie qui pousse l’eau du bourrelet A vers l’extérieur. Voila ce qui provoque la marée haute de ce côté de la planète.

La force d’inertie, également appelée force centrifuge, vous la connaissez bien. C’est elle qui vous plaque contre la portière passager d’une voiture lorsque le conducteur prend un virage à gauche un peu trop rapide. Et la terre tourne vite justement, imaginez donc qu’un point de l’équateur terrestre se déplace à près de 1400 km/h, ça laisse de quoi faire une belle force centrifuge.

Le poids de l’eau.

Nous l’avons vu avec l’article sur la force d’Archimède, le poids de l’eau est de 1 kilogramme par litre. le côté du globe terrestre qui connait la plus forte attraction lunaire voit son volume d’eau très fortement augmenter. Le poids supplémentaire de cette augmentation de volume crée une augmentation de la pression sur le fond de l’océan. Une force énorme appuie sur le plancher océanique tendant à l’aplatir. Par contre coup, cela exerce une poussée qui tend à soulever légèrement le plancher océanique situé à l’antipode et donc l’eau qui s’y trouve.

Cependant, comparée aux autres facteurs, cette poussée est peu significative.

Les frottements sur le fond.

Nous l’avons vu, les bourrelets d’eau s’allignent sur l’axe terre-lune. Puisque la terre tourne en 24h et la lune en 27 jours, l’eau se déplace donc sur le fond océanique et les plateaux continentaux en particulier. Il existe un phénomène de frottement entre l’eau et le sol rigide qui a tendance à freiner le déplacement de l’eau. Il se crée alors sur le front montant de la marée une espèce de vague de grande dimension horizontale qui contribue à faire monter un peu le niveau de l’eau. ce phénomène s’ajoutant donc dans une faible mesure à l’attraction lunaire.

Les conditions météo.

Hé oui, on a trop vite tendance à les oublier mais les conditions météos influencent la hauteur de la marée dans une proportion non négligeable bien que limitées. Ce phénomène est connu sous les noms de surcote et décote.

L’air en bord de mer est habituellement estimé à une pression moyenne de 1013 hectopascals, les anciens disaient, 1013 millibars. En fait c’est juste une moyenne qui fluctue vers une pression plus forte par beau temps ou vers un creusement de pression en cas de tempête ou de simple dépression.

La pression peut évoluer par exemple de 960 hectopascals à plus de 1030. Vous vous en souvenez peut-être, 1 bar correspond sensiblement à une hauteur d’eau de 10 mètres. 1 millibar correspond donc à 1 cm. Par conséquent, si la pression atmosphérique baisse par exemple de 20 millibars soit 993 hectopascals, l’air appui moins sur la surface de l’eau et celle-ci peut gagner 20 cm en direction de la lune. Evidemment en cas de forte pression, c’est l’inverse, la marée sera donc moins élevée que prévue.

Le vent.

Ca y est, on arrive au bout de la démonstration. Il ne reste plus quasiment qu’à traiter le cas du vent bien que d’autres considérations astronomiques pourraient être évoquées.

Vous le comprendrez sans problème, si le vent est puissant et qu’il s’oppose à la direction du déplacement de la marée, il va la ralentir. Si au contraire il pousse l’eau dans son sens de déplacement la marée va monter plus vite.

Conclusion.

Je pense avoir fait la démonstration que la détermination des horaires des marées reste un calcul extrêmement difficile. Son résultat peut en effet subir des variations qui vont modifier notamment les horaires des étales de basses ou de pleines mers fournies dans les annuaires.

Il ne faudra donc pas s’étonner d’avoir des décalages sur les horaires et le sens des courants.

La plongée est une activité dépendante d’un milieu naturel extrêmement variable. Il est prudent d’en connaitre les secrets pour pouvoir mieux négocier les surprises qu’ils nous réservent.

Prochain rendez-vous.

Je vous laisse tout le temps de bien digérer ce long article avant de revenir dans quelques temps vous reparler des marées, mais cette fois-ci en vous parlant de celles du bassin d’Arcachon. En attendant, très bonnes plongées à tous et toutes…


La rentrée s’annonce pleine de surprises




La rentrée s’annonce pleine de surprises.

Les vacances sont finies.

En tous cas, les vacances sont finies pour moi. J’espère que les vôtres ont été agréables si vous avez eu la chance d’en prendre aussi. Elles ont peut-être été l’occasion de quelques plongées ici où là, sans doute au bassin d’Arcachon pour les girondins, peut-être même la nuit, cool.

Bref, c’est la rentrée et c’est pour moi l’occasion de vous retrouver avec de nouvelles idées pour ce blog.

Séjour en Corse 2015.

J’ai la chance d’avoir passé une dizaine de jours en Corse du sud sur notre île de beauté. J’en ramène des images plein les yeux et quelques petits films sous-marins très sympas. J’aurais donc l’occasion de vous en parler bientôt à travers quelques commentaires qui pourraient intéresser ceux qui auraient envie de découvrir les fonds marins de ce coin magique de méditerrannée.

De nouveaux articles très bientôt.

D’ici la fin de la semaine je vous proposerai un article important sur le phénomène des marées. Je vous invite à ne pas louper cette publication, elle va très certainement vous surprendre. Vous allez constater que l’on ne vous a pas tout dit sur ce phénomène très particulier de la mécanique céleste. La seule attraction gravitationnelle de la lune et du soleil sur nos mers et nos océans est loin d’expliquer la totalité des faits observés. J’aurai ainsi l’occasion de faire avec vous un peu d’astronomie planétaire, vous allez voir, c’est passionnant.

Dans la foulée, je vous proposerai un article sur le cas des marées du bassin d’arcachon. Le bassin est un écosystème vraiment très particulier. Y plonger demande de l’expérience pour effectuer des plongées en toute sécurité, tout en jouant au mieux avec des paramètres très changeants tels que coefficients, étales hautes et basses, température, turbidité, choix de l’heure de mise à l’eau, durée de la plongée etc….

Bientôt 1 an déjà.

Hé hé, 1 an déjà en novembre 2015, franchement je n’ai pas vu le temps passer. J’ai essayé tout au long de ces derniers mois de vous proposer le meilleur de ce que je connais du bassin. Des photos bien sûr, mais aussi des articles de fond tirés des mes nombreuses années d’expériences de plongées de nuit. Je continuerai à garder comme objectif de transmettre ma passion pour ce monde fragile et fascinant. C’est un environnement certe dangereux, mais il mérite le respect et nous devons tous en être ses meilleurs ambassadeurs.

Je travaille déjà à faire le bilan d’une année de travail. hé oui, ça ne paraît pas comme ça, mais alimenter ce blog demande beaucoup d’investissement et de temps. D’ailleurs, je vais sans doute ouvrir un sujet sur le forum où vous aurez l’occasion de donner votre avis (avec indulgence j’espère) sur l’évolution du blog ou sur la qualité de ce qui vous y est proposé.

A très vite donc pour de nouvelles aventures sous-marines.