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Les perrés d’Arcachon (partie 2)

Les perrés d’Arcachon (la suite).

Comme promis début janvier, voici la suite de mon premier article sur les perrés d’Arcachon. Elle comprendra certainement 3 ou 4 autres publications car il y a énormément de choses à dire ou à montrer que se soit sur la faune ou sur les épaves qui hantent le rivage.

Petit rappel.

Bien évidemment, si vous n’avez pas encore lu mon premier article du 2 janvier, je vous invite à prendre le temps de le découvrir. Je vais donc simplement rappeler ici que les perrés sont des alignements d’empierrements destinés à protéger les bords de côtes des violences de la mer. Les digues protègent elles des zones de terres qui peuvent se trouver parfois en-dessous du niveau de la mer, ou bien elles assurent un rempart contre les vagues submersives par grosses marées et gros coups de vents.

Vous avez pu voir également que les perrés de la plage située entre la jetée de la Chapelle et la jetée Thiers se trouvent maintenant immergés jusqu’à près de 20 m du fait de l’érosion consécutive aux forts courants des marées montantes ou descendantes.

Ils sont où ces perrés ?

C’est bien beau tout ça mais quand on est sur le ponton de la Chapelle, pas l’ombre à l’horizon d’un seul perré qui s’enfonce dans l’eau.

OK, et ils sont où alors tous ces perrés ?


A gauche, une vue du ponton de la Chapelle depuis la mise à l’eau de la ruelle St François, à droite, sur pleine mer pas question de trouver à cet endroit un sable accueillant si on a mal géré la boussole ou le temps d’immersion.

Celui qui reste le plus accessible est le perré qui s’enfonce progressivement vers le nord directement en face de la mise à l’eau de la ruelle St François. Pas la peine de chercher à cet endroit un amoncellement de pierres, elles ont depuis longtemps roulé au fond où le sable les a ensevelies. Celles restées en place sont maintenant recouvertes d’une grande quantité de tubes d’hermelles. Ces vers marins tubicoles ont presque entièrement colonisé le substrat rocheux qui disparait sous une multitude de constructions cylindriques en grains de sables collés entre eux par un ciment biologique extrêmement fragile. L’ensemble est parfois surprenant tant en quantité que par ses formes.

Et ça se présente comment sous l’eau ?

Bonne question…., disons que ça se présente plutôt bien, merci, mais voyons ça plus en détails.

En longeant la face du perré exposée à l’ouest, on suit transversalement vers le nord une pente douce de sable qui monte sur main droite. Ce sable accumulé par les puissants courants du flux des marées a par endroits tout recouvert et forme au sommet comme de petits cols de montagne. Par forts coefficients de marée ces passages sont le siège de courants marins puissants dont il vaut mieux se méfier.

Plus à gauche, la pente descend assez vite sur un plateaux sableux vers les 15 m de fond. On peut y trouver divers poissons plats, des grondins et des raies brunettes, mais je reviendrai sur ces rencontres possibles plus tard dans d’autres articles.

En restant sur le sommet du perré et en continuant vers le nord, on se retrouve après une cinquantaine de mètres vers les 10 m de fond sur un magnifiques espace assez plat où il y a beaucoup de vie entres diverses anémones, vers marins, ophiures, nudibranches et une grande quantité de petits crustacés de toutes sortes.

Le coté exposé à l’Est descend en pente beaucoup plus brutale vers 18 à 22 m, en tous cas aux endroits où le sable ne s’est pas offert une avenue. Ce coté à l’abri de la marée montante est encore plus riche en vie marine. Mais attention, toute cette vie prend refuge au sein des nids d’hermelles, elle est très fragile, au moins autant que leurs cathédrales de sables. Il faut donc veiller à la protéger des coups de palmes maladroits.

Et plus au nord ?

Si on continue plus au nord, le perré se sépare en deux parties. On est là à presque cent mètres du bord. Un bilan de la pression dans les bouteilles est indispensable pendant tout le trajet.

Personnellement je ne plonge à cet endroit que sur pleine mer et par petit coefficient. Si j’ai assez d’air je prolonge ma plongée par un trajet vers l’Est puis au sud afin de revenir au point de départ sur le descendant en restant à faible profondeur dans la zone des 6 à 8 mètres. Attention !!! , le retour vers le sud oblige a couper un fond de 20 m pendant au moins une quarantaine de mètres, je ne le conseille pas du tout. Le demi tour à faible profondeur est plus de mise. Pour cela on franchit le sommet du perré cap au sud et on oblique sur main droite en prenant la précaution de rester dans la zone des 10 m jusqu’à être revenu plein sud près de la plage où on s’est mis à l’eau.

Du coup, je ne connais pas la partie qui s’oriente vers l’Ouest, elle amène dans une zone où il peut y avoir de forts courants au reflux. Par sécurité je préfère explorer le perré qui oblique plein Est en le suivant par sa face Nord. Au delà de la bifurcation, on se retrouve sur du plateau sableux encombré de coquilles vides d’huitres et de moules. Pas grand choses à voir ici, d’autant que la profondeur avoisinant les 20 m n’encourage pas à y séjourner longtemps car la pression dans la bouteille a déjà bien baissé.

Et le perré qui part vers l’Est ?

Pour en savoir plus sur le perré qui s’oriente plein Est je vous engage à me retrouver ici pour le prochain article qui décrira cette zone assez peu connue des plongeurs.

Rappel sur la sécurité.

Le site de plongée de St Yves est un site dangereux car les courants peuvent non seulement y être forts, mais aussi tournants. Seuls les plongeurs très à l’aise dans la manipulation d’une boussole doivent s’y aventurer.

D’autre part, le fond sableux et très mobile, Il peut être creusé jusqu’à grande profondeur à plus de 20 mètres d’une façon tout à fait anarchique et il n’y a strictement aucun repère pour faire un point fiable de l’endroit où l’on se trouve si l’on a pas fait l’effort de consulter le compas en permanence.

Par sécurité je vous expliquerai dans le prochain article pourquoi il vaut mieux rester sur le perré principal et s’en tenir uniquement sur un parcours plein nord sur 60 à 70 m puis retour plein sud en restant systématiquement sur le haut du perré sur le retour.

Je vous dis donc à très bientôt pour la suite dans laquelle j’évoquerai la faune marine de ce coin assez particulier du bassin.

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