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La profondeur de champ.

La profondeur de champ en photo.

Tout le monde a entendu parler de la profondeur de champ. Pour autant même certains photographes débutants n’ont pas eu suffisamment d’informations pour comprendre ce qu’elle représente ni comment on s’en sert pour travailler des effets sur une photo.

Voyons donc de quoi il s’agit.

Profondeur de champ

Pour faire simple, la profondeur de champ représente une zone de l’espace plus ou moins éloignée à l’avant de l’appareil photo dans laquelle tout objet qui s’y trouve apparaîtra net sur la photo prise par le photographe.

Trois façons d’appréhender la profondeur de champ.

* Première façon: Action sur le diaphragme. Sur un appareil photo, le diaphragme est un peu comme un disque percé dont on peut faire varié le diamètre central en agissant sur un anneau de réglage. Plus il est fermé, moins la lumière pénètre dans l’appareil photo mais par contre, gros avantage, un espace très profond devant l’objectif apparaitra net sur la photo. Les objectifs photo ayant en général de bien meilleures caractéristiques optiques près du centre des lentilles, l’image sera très peu déformée et les photos seront de grande qualité, surtout si la sensibilité ISO est de faible valeur.

* Deuxième façon: Action sur la focale. Plus l’objectif utilisé est de focale faible (28 mm par exemple, ou même moins), plus la profondeur de champ sera grande et le champ large. Au contraire si on utilise un téléobjectif puissant(300 mm par exemple, ou plus), la profondeur de champ va être fortement réduite tout comme la largeur du champ. Pour faire de la macro on comprendra de suite qu’il vaut mieux éviter de trop zoomer si on veut conserver une profondeur de champ assez grande. A contrario, si on souhaite limiter la profondeur de champ, c’est à dire réduire la zone de netteté sur une image photo, on pourra utiliser un téléobjectif.

* Troisième façon: Rester éloigné de l’objet à photographier. En effet, plus on sera près de la cible, et plus il sera difficile d’avoir une zone nette profonde sur la photo. Voila pourquoi la macro reste un domaine assez difficile à maîtriser par les néophytes.

En photo sous-marine les choses se compliquent pour le photographe à cause de la turbidité de l’eau qui provoque l’absorbtion rapide de la lumière. Pour avoir une chance d’avoir une photo bien nette en plongée, il va falloir associer autant que possible les 3 façons que l’on vient de décrire à l’instant. Le handicap le plus sérieux sera de disposer d’une quantité de lumière suffisante si l’on veut fermer le diaphrame au maximum (F11 ou plus). L’usage de sources de lumières d’appoint sera sans doute indispensable avec tous les inconvénients liés à la température de couleur des lampes ou des flashs.

Influence du mode de réglage

Effet du choix de l’ouverture du diaphragme.

profond

Pour une cible placée à une distance donnée, plus le diaphragme est ouvert (f:2,8) et plus la zone de netteté est réduite. Par contre plus le diaphragme est fermé, plus la zone de netteté est étendue en avant et en arrière de la cible.

Effet de la longueur de focale de l’objectif.

focale

Le changement d’objectif est souvent motivé par la volonté de grossir l’image. Avec un téléobjectif de 300 mm, le petit chien de notre exemple paraitra plus grand sur la photo. Cependant la zone de netteté va se trouver réduite par rapport au cas précédent.

Effet de la distance de mise au point.

mise point

A réglage de la focale et de l’ouverture identique, la zone de netteté sera beaucoup plus réduite autour de notre petit chien s’il est à 1,5 m que s’il est éloigné du photographe.

Notions de netteté.

Ne pas faire confiance aux automatismes.

La notion de netteté est intimement lié à la quantité de « flou » que le photographe est prêt à accepter sur ses photos. Comme dans ce domaine tout est histoire de goûts personnels, mieux vaut en principe laisser chacun libre de ses réglages.

Si cela est satisfaisant en photo terrestre, tout se complique en photo sous-marine. Dans ce domaine, il n’est pas question de laisser l’appareil photo décider des réglages au risque d’être très fortement déçu par le résultat. En effet, les programmes proposés par les constructeurs sont programmés à partir de paramètres optiques dépendant de la lumière diurne dans un spectre lumineux très bien défini.

En plongée, on l’a vu dans mon article sur les couleurs de l’eau, la lumière est très vite aborbée en profondeur, ce qui signifie que le spectre lumineux n’a plus rien à voir avec celui qui sert de référence pour les automatismes de l’appareil photo. De plus pour que le système d’autofocus fonctionne correctement le capteur électronique doit pouvoir mesurer des contrastes suffisamment forts. Hors en profondeur tout paraît monochromatique et donc sans contraste. Les lumières d’appoint sont donc indispensables. Et ce n’est que plus vrai si l’on veut faire de la photo en plongée de nuit.

La photo sous-marine.

Pour faire simple, en photo sous-marine c’est vous qui devez faire les bons choix. Cela impose un minimum de connaissances techniques et surtout beaucoup de pratique. Ne pas croire qu’il suffit de disposer d’un bon matériel pour que cela suffise à s’exonérer de ses propres réglages.

Pour obtenir une bonne profondeur de champ, il vaudra mieux positionner l’appareil en priorité à la fermeture (position A en général) en sélectionnant des réglages compris entre F8 et F22. Si la quantité de lumière est insuffisante, l’appareil photo va diminuer la vitesse d’obturation. Il ne servirait à rien d’avoir une grande profondeur de champ si la photo est floue à cause d’un temps d’exposition trop long ce qui provoque un « bougé ». Il suffira d’augmenter la sensibilité ISO jusqu’à ce que la vitesse d’obturation soit au moins 2 fois supérieure à la focale utilisée. Par exemple pour une focale de 50 mm, il ne faut pas que la vitesse soit inférieure au 1/100 de seconde.

L’inconvénient de remonter dans les sensibilités ISO est qu’à partir de 600 ISO, du grain apparaît sur la photo et vient flouter l’image. Pour rester dans des ISO intéressants (80, 100, 200 ISO), il faudra une lumière d’appoint puissante. En plein jour cela nécessitera un ou des flashs, en nocturne, soit des lampes puissantes (entre 5 et 10000 lumen en grand angle d’au moins 100°), soit des flashs selon le matériel et les moyens du photographe.

La macro.

doris bleu hortense le 1 janvier 2015 chromodoris Hortense le 27 12 2015

La macro est un cas à part, elle nécessite de l’expérience et un matériel adapté. L’extrème proximité de la cible avec l’objectif de l’appareil imposera une très courte profondeur de champ. Si la turbidité de l’eau le permet, mieux vaudra rester suffisamment éloigné de la cible et grossir la photo en retouche à l’ordinateur. Si la turbidité est importante, au contraire il faudra se rapprocher au plus près pour éviter les particules. Malheureusement cela se fera au détriment de la profondeur de champ, d’autant plus que le photographe utilisera des lentilles macros de fort grossissement comme des 10 à 20 dioptries.

Conclusion.

La photo sous-marine n’est pas chose facile. C’est une activité qui impose du calme, de la patience et de la réflexion. Rechercher la meilleure profondeur de champ assurera une réussite certaine dans les prises de vues à condition de ne pas oublier d’autres paramètres important comme la balance des blancs. Connaitre des échecs au démarrage est tout à fait normal. Il faut les analyser et se remettre à l’ouvrage en testant de nouveaux réglages. C’est un investissement en temps et en patience mais il est payant à coups sûrs. Alors, bonne profondeur de champ et belles photos ….

La retouche des photos de plongées




La retouche photo.

Peut-on améliorer une photo de plongée ?

Lorsqu’on prend le temps de regarder ses photos de plongée, on se rend compte que certaines que l’on pensait sans intérêt, parce qu’un peu floues ou pas assez colorées, pourraient très bien être améliorées en utilisant un logiciel de retouche photo capable de leur redonner de la netteté ou du contraste. Améliorer une photo c’est toujours le gage du plaisir de la partager plus tard.

Ne pas croire aux miracles.

C’est une évidence, avec une 2 chevaux on ne pourra jamais faire une formule 1. En photo c’est un peu pareil, si votre photo est floue il y a peu de chance que même le plus sophistiqué des programmes informatiques puisse inventer des détails que votre appareil n’aura pas réussi à enregistrer sur le cliché.

Cela veut-il dire pour autant que tout est perdu ? Heureusement pour nous la réponse est non. On peut ne pas croire aux miracles et trouver pourtant par la technique le moyen d’améliorer une prise de vue qui y ressemblent beaucoup.

Supprimer la couleur dominante.

J’en ai déjà parlé dans un article précédent, en plongée on est souvent amené à utiliser pour la photo ou le film des sources de lumières artificielles. Celles-ci sont caractérisées par la longueur d’onde propre à leur technologie. C’est ce qu’on appelle leur température de couleur. L’appareil photo enregistre sans discernement la réalité d’une situation. Si votre source autonome éclaire avec une dominante jaune, vous retrouverez cette dominante sur la photo.

Pour supprimer une couleur dominante il existe plusieurs moyens. Les logiciels de retraitement d’images regorgent de réglages précalculés qui fonctionnent plutôt pas mal. Ils portent souvent des noms du style « couleur automatique » ou bien « Ton automatique » ou encore « contraste auto ». Bien qu’assez efficaces, ces réglages, qui ne sont pas spécialement destinés à la photo sous-marine, donnent des résultats sensiblement trop marqués.

Il vaudra mieux utiliser dautres réglages plus sophistiqués dans lesquel vous aurez la possibilité d’ajuster certains paramètres comme par exemple le nombre de pixels touchés par la modification. Photoshop dispose par exemple d’une commande très intéressante du menu Réglage appelée « Variante ». Cette commande permet de choisir certaines corrections dans les tons clairs, moyens ou sombres. Une autre possibilité toujours dans les menus « réglage » est d’utiliser un filtre d’exposition puis de réajuster la luminosité ou la saturation.

Le résultat après plusieurs tatonnements peut être assez bluffant. Au début ce travail semble difficile et peu efficace, mais lorsqu’on a acquis la maîtrise des réglages avec de l’expérience, on mesure toute la puissance des logiciels et on arrive finalement à faire des choses surprenantes.

Améliorer la netteté.

Améliorer la netteté d’une image est un des réglages les plus délicats à utiliser. Les logiciels de traitement de photos proposent toute une série de filtres très pratiques pour obtenir des effets graphiques surprenants. Parmis ces effets on en trouve un appelé « renforcement ». En choisissant cette option on accède à des réglages permettant d’améliorer la netteté des contours ce qui contribue à rendre une image bien plus belle. Le résultat n’est cependant pas toujours au rendez-vous car il dépend des paramètres choisis. 3 paramètres sont à définir dans photoshop par exemple: Le gain à régler entre 100 et 200% ou plus au besoin, Le rayon concernant le nombre de pixels modifiés à choisir entre 0,5 et 4, le seuil à positionner sur zéro pour les cas difficiles.

Certains logiciels comme Photoshop proposent aussi une alternative intéressante en travaillant sur des fusions de calques. Après avoir dupliquer le calque d’origine on applique dans le menu « filtres/divers » un filtre passe-haut dans lequel on sélectionne la quantité de pixels à traiter, un choix de 2 va très bien en général. Dans le menu « calque » on applique un style de calque de fusion en lumière vive dans lequel on pourra tester différentes opacités. Après fusion de tous les calques on récupère une image vraiment améliorée au niveau de la netteté.

Attention, la gourmandise est un vilain défaut (il paraît). Vouloir pousser les réglages un peu trop loin c’est prendre le risque d’introduire dans l’image tout un tas de perturbations qui risquent fort de la dénaturer complètement. Il est donc prudent de toujours travailler sur une copie de la photo originale. En cas de problème, on pourra effacer cette copie et recommencer le travail en repartant de la photo initiale.

Apprendre à travailler avec des logiciels.

Plutôt que de se disperser à travailler avec plusieurs logiciels de traitement d’images, je pense qu’il est plus efficace d’en choisir un et de l’exploiter à fond. Bien que ce ne soit pas très difficile, cela demande tout de même un temps assez conséquent. Il vaudra donc mieux être un spécialiste d’un logiciel plutôt que nul dans plusieurs.

La retouche photo peut devenir un outil de création graphique particulièrement riche car les limites des logiciels sont sans cesse reculées. A vrai dire, ils deviennent tellement puissants qu’on finit par ne plus savoir quoi faire tellement les choix sont vastes.

Avec les logiciels on peut vraiment se faire énormément plaisir et obtenir des productions d’une qualité à couper le souffle. Ce serait dommage de ne pas en profiter, surtout que certains sont gratuits et qu’ils n’ont pas grand chose à envier aux softs professionnels vendus en général une petite fortune.

Conclusion.

Travailler ses photos c’est réellement une source de plaisirs très agréables. Il y a là tout un monde à découvrir qui vous permettra de profiter à fond des images que vous aurez ramenées de vos nombreuses plongées. Alors n’hésitez plus, osez la retouche d’image comme les pros.