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Pourquoi entend-on mal sous l’eau ?

Comme beaucoup de plongeurs certainement, un jour j’ai eu à me poser la question « Pourquoi est-ce qu’on entend mal sous l’eau ? ». Comme beaucoup j’avais remis l’explication à plus tard. Mon travail de formateur en techniques industrielles m’a fait revenir en mémoire il y a peu mes anciens questionnements. J’ai finalement trouvé intéressant de faire une proposition d’explication à travers ce nouvel article que je vais essayer de rendre aussi clair que possible.

Le son c’est quoi ?

Un son est une vibration qui se propage de proche en proche dans un milieu « élastique », solide ou non. Les sons peuvent donc se propager aussi bien dans l’air, dans l’eau ou dans un corps plus solide comme l’acier par exemple. Cette onde a besoin d’un support pour se propager, ce qui explique qu’il n’y a aucun son dans l’espace puisque le vide ne peut pas le transmettre par « manque de matière support ».

Comment définit-on un son ?

On caractérise un son à partir de 3 critères techniques qui sont, sa fréquence, son intensité, son timbre.

La Fréquence.


La fréquence de l’onde sonore se définit par le nombre de cycles alternatifs par seconde.

Le son étant une onde, il possède donc une fréquence. Plus cette fréquence est rapide, plus le son est aïgu, vous aurez compris que plus la fréquence est faible, plus le son est grave. Nos oreilles ne sont pas capables d’entendre tous les sons. En général on admet que nous sommes capables d’entendre seulement des sons de fréquences comprises entre 15 et 20000 Hertz (20 kilohertz).

Certains animaux ont une oreille plus fine que la notre, ils peuvent entendre des sons beaucoup plus aïgus jusqu’à environ 40000 Hertz (les chats ou les chiens par exemple).

L’intensité d’un son, notion de bruits.

On peut facilement quantifier un son par son intensité. Cette mesure s’effectue en décibel (dB). Elle nous permet de donner une échelle de tolérance à la douleur. En effet, un son de plus de 80 dB devient un bruit fort, il est dangereux pour l’acuité auditive de nos oreilles, à 130 dB le son devient tellement fort qu’il en est très douloureux voire insupportable. Une exposition prolongée nous rendra probablement sujet à un traumatisme de l’oreille jusqu’à éventuellement devenir sourds.

Le timbre d’un son.

Dans le milieu musical on préfère quand on parle d’un son, évoquer plutôt son timbre.

En fait, les sons qui nous parviennent sont des assemblages de multiples fréquences. Les musiciens parlent d’harmoniques. Le timbre est une association d’harmoniques que le musicien tente de rendre parfaite en combinant différentes notes.

Le son sous l’eau.

Une vitesse de propagation différente que dans l’air.

Dans l’air un son circule avec une vitesse de propagation voisine de 340 m/s. Cette vitesse peut très légèrement varier en fonction de la densité de l’air et de sa température. Dans l’eau la vitesse de propagation est beaucoup plus rapide. Elle est proche de 1500 m/s. Dans d’autres milieux tels que les métaux, le son peut se propager à des vitesses bien supérieures jusqu’à plus de 5000 m/s.

Comment le cerveau localise-t-il un son dans l’air ?

Prenons un son provenant de la droite. Il est comme une vague qui passe devant un bateau. L’onde sonore va venir frapper le tympan de l’oreille droite. puis une fraction de seconde plus tard c’est le tympan de l’oreille gauche qui sera bousculé par l’onde. En fonction du temps entre les deux contacts le cerveau est capable de dire avec une précision de l’ordre de 10° d’où provenait le son. Mais les oreilles ne sont pas les seuls capteurs dont dispose le cerveau, l’ensemble du corps et les os en particulier lui servent à la géolocalisation.

Quelle différence avec le milieu aquatique ?

Dans l’eau, le son se propage donc 4 fois plus vite. Le cerveau se trouve perturbé par cette anomalie. Mais ce n’est pas le problème majeur qu’il rencontre. En effet dans l’eau l’oreille voit son impédance modifiée. Aie aie aie, dire que j’avais dit que j’allais faire simple !!!

L’impédance traduit le rapport entre la pression qui s’exerce et la vitesse de propagation du son dans le milieu donné. Nos tympans et les osselets de notre oreille jouent le rôle d’adaptateur et de transmetteurs avec le moins de pertes possibles jusqu’à la cochlée (le milieu aqueux dans lequel se trouvent les capteurs audios de nos oreilles.


L’oreille est un outils de transmission des ondes assez complexe.

Lorsque notre oreille est sous l’eau le son arrive donc dans un milieu aquatique. Pour atteindre les capteurs de l’audition, après le tympan, le son va devoir traverser une phase gazeuse (en lien avec les sinus) puis à nouveau une phase liquide dans la région de la cochlée. Cela se traduit par un affaiblissement notoire du son.

Cependant, notre corps étant essentiellement composé d’eau et se trouvant immergé il va transmettre très bien les ondes sonores qui vont trouver une raisonnance particulière dans les os du crane. Au final, on ressent assez bien le son plutôt qu’on l’entend. Cependant, on a la désagréable impression qu’il arrive de partout à la fois. On va donc « entendre » les sons et les bruits mais sans réelle possibilité de les localiser, c’est flagrant avec le bruit des bulles, sauf évidemment si la source se trouve à proximité immédiate.

Conclusion.

Cet article est sans doute un peu trop long mais la chose n’était pas si facile que ça a expliquer à moins de faire tellement vague qu’il n’aurait servi à rien. J’espère qu’il vous aura apporté quelques éléments de réflexion. Il y aurait tellement plus à dire: par exemple comment les lobes des oreilles amène le son jusqu’au tympans, ou encore comment on peut écouter de la musique sous l’eau. Mais tout cela serait bien trop compliqué.

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Bonnes bulles estivales à tout le monde.

La plongée rend-elle sourd ?

Plongée et surdité.

Pourquoi vouloir traiter de surdité ici alors qu’il s’agit d’un sujet qui manifestement serait plus compatible avec un blog de médecine ? Tout simplement parce que souffrant moi-même d’une déficience auditive aux deux oreilles je me sens particulièrement concerné. Porter des prothèses auditives n’est pas chose amusante. Du coup, je pense utile de partager d’une façon simple ce que j’ai appris dans mes recherches en ce domaine.

La surdité c’est quoi ?

La surdité c’est quoi ? whouaa !!, bonne question vu qu’en fait, il y en a plusieurs.

La surdité se mesure grâce à des tests d’audiométrie qui vont définir 5 niveaux d’acuité en fonction de l’affaiblissement du volume sonore perçu par paliers de 20 à 30 décibels. L’objectif n’est pas ici d’en faire l’analyse, mais de faire un lien avec l’immersion, que se soit en scaphandre ou en apnée..

Les sites de prothésistes sont souvent agrémentés d'informations didactiques intéressantes comme ici sur le site A"audition Conseil".

Les sites de prothésistes sont souvent agrémentés d’informations didactiques intéressantes comme ici sur le site « Audition Conseil ».

La surdité peut être la conséquence de la dégradation de différentes zones comme l’oreille externe, l’oreille moyenne, l’oreille interne, mais aussi le nerf auditif ou encore le cerveau lui-même.

La surdité peut être due à un traumatisme sonore, Bon d’accord, en plongée, il y a peu de chance qu’on s’amuse à faire exploser des pétards. Le plus souvent en plongée on aura donc affaire à un traumatisme corporel lié à un mauvais équilibrage des tympans. Il y a aussi malheureusement des déficiences congénitales évolutives (ou pas). La surdité peut toucher une seule oreille ou bien les deux. Tout ça n’est pas très simple si on a pas une culture de la chose médicale.

Comment savoir si on est concerné ?

HEIN  ???

HEIN ???

Pour savoir si on est concerné par une baisse d’acuité auditive, qu’on soit plongeur ou pas, le mieux est de faire procéder régulièrement à un dépistage chez un ORL. Il mettra en évidence un statut particulier de l’audition et/ou son évolution dans le temps.

Dans la majorité des cas les problèmes d’audition surviennent consécutivement à des expositions prolongées à des niveaux sonores élevés on l’a dit. Ce peut être le cas du fait du milieu professionnel ou bien de l’usage non maîtrisé de sources sonores comme les casques de baladeurs par exemple. La question pour nous est simplement de savoir si la plongée est un élément aggravant.

Il est possible d’être victime d’une surdité brusque, en général sur une seule oreille, en général passagère et sans qu’il y ait de cause apparente. Dans ce cas il faut investiguer très vite pour en trouver la cause. L’analyse des événements précédents peut mettre en évidence un traumatisme ou une fragilité du par exemple à un accident de décompression.

Plongée et traumatismes de l’oreille.

Si on est en bonne santé.

Lorsqu’on est en bonne santé et qu’un suivi médical sportif est mis en place, il y a peu de risques de traumatiser ses oreilles pour peut qu’on respecte certaines règles de prudence.

Si on a déjà des problèmes d’audition.

Les prothèses auditives ne fonctionnent pas sous l'eau.

Les prothèses auditives ne fonctionnent pas sous l’eau.

Si on a déjà des problème d’audition, suivez mon regard, il est évident qu’il faille s’astreindre à encore plus de prudence. Normalement il n’y a pas de contre indication en dehors du cas où la surdité a été causée précédemment par justement un accident en plongée. On peut citer par exemple les déchirures de tympans, les inflammations chronique etc… Là, la meilleure des prudences est de ne plus plonger ou alors en limitant l’immersion à très faible profondeur si le trauma est jugé guéri par un ORL.

Surdité liée aux barotraumatismes.

En plongée vous le savez, vous exposez votre oreille à de fortes variations de la pressions liées à votre profondeur d’immersion et à la vitesse avec laquelle vous effectuez vos changements de profondeurs.

Plus on descend en profondeur, plus la pression augmente. Le tympan est soumis à une force qui le pousse vers l’intérieur de l’oreille. Si la trompe d’Eustache est bloquée, l’air d’équilibrage ne peux pénétrer l’oreille interne jusqu’au tympan. Celui-ci s’étire anormalement et crée une douleur violente. A l’excès, il peut même se rompre.

Lors de la remontée, surtout si elle est trop rapide, le phénomène inverse se produit. La pression de l’oreille interne pousse le tympan vers l’extérieur où la pression diminue avec le retour vers la surface.

Quel que soit le cas, la douleur est un signal d’alerte de votre corps, il faut immédiatement en tenir compte. Si votre oreille ne passe pas en descendant il faut absolument remonter de quelques mètres. Hors de question de jouer la pompe à air en soufflant comme un malade dans le nez lors de la valsalva, à moins de chercher les problèmes. Le passage des tympans doit toujours se faire sans contraintes. En cas de résistance le mieux est de renoncer en remontant à la surface doucement, attendre quelques secondes, essayer une valsalva modérée, si l’oreille passe, pas de soucis redescendre doucement enpassant les oreilles sans violence tous les mètres.

Et si l’oreille ne veut pas passer du tout ? Ben mieux vaut renoncer à descendre. Les têtes brûlées qui s’y aventurent se retrouvent parfois avec des saignements, des acouphènes et parfois pire.

Les coton-tiges compactent le cérumen au fond de l'oreille.

Les coton-tiges compactent le cérumen au fond de l’oreille.

L’oreille est un organe important dans la gestion de l’équilibre, il faut absolument la protéger pour s’assurer des immersions sans soucis. Attention donc aux cagoules trop serrées par exemple. Dans le même ordre d’idée, avoir des tympans bien propres. L’abus d’usage des coton-tiges pour se nettoyer les conduits auditifs tasse parfois le cérumen contre le tympan et il y durcit.

Autre recommandation, lorsque vous plongez en eaux tropicales, quantité de bestioles se baladent dans l’eau. Certaines sont si petites qu’on ne les voit pas. Par contre, pour elles l’oreille est un abri inespéré dans lequel l’une d’elle peut décider de s’installer. Pour s’en débarrasser préventivement, ne pas oublier de se rincer les conduits auditifs avec de l’eau douce.

La pratique.

La pratique de la valsalva est relativement brutale. Elle marche très bien si on la déclanche dès le premier mètre d’immersion. Déjà, à 3 ou 4 m, c’est trop tard. Cette technique est a exclure en remontant. La pratiquer dans ce cas serait pire que le mal.

D’autres techniques existent comme par exemple tirer le maxillaire inférieur vers l’avant jusqu’à entendre un petit déclic dans l’oreille. Personnellement je ne suis pas très doué avec ces méthodes donc je me limiterais juste à ce signalement.

Une dernière chose que je n’ai pas signalé, l’intérieur de l’oreille peut subir diverses modifications physiques comme des calcifications ou un gonflement des cartilages conduisant à un rétrécissement des conduits auditifs. Encore une fois, un suivi médical régulier permettra de surveiller ces inconvénients que l’on sait traiter médicalement sans problèmes.

Conclusion.

Mieux vaut prévenir que guérir, donc soyez attentifs à vos oreilles en ne les sollicitant jamais avec des tensions trop fortes. C’est le meilleur gage de ne pas vivre une diminution de l’audition à plus ou moins long terme.

Il faut tout de même répondre à la question initiale, la plongée rend-elle sourd ? La réponse la plus concise est : « Non, mais elle peut !! ». Le monde sous-marin est un monde où l’on doit s’inviter avec prudence.

J’espère que ce petit topo vous aura intéressé. Pour ne pas louper mes prochains articles, abonnez-vous, l’inscription se fait simplement en notant votre adresse mail dans le cadre réservé à cet effet. Dès la nouvelle parution vous recevrez une lien à cliquer qui vous dirigera instantanément sur la page de mon article.

En ce début d’année, laissez moi vous souhaiter d’excellentes plongées.

La sépiole

La sépiole.

La sépiole est un petit mollusque, un céphalopode plus exactement qui ressemble à une minuscule seiche bien qu’en fait elle ne fasse pas partie de cette catégorie.

Petite sépiole 3 juillet 2016 p2n sépiole 1 3 juillet 2016 p2n

Le corps de la sépiole mesure à peine 5 cm, il est sensiblement cylindrique. La tête supporte 8 bras équipés de ventouses. Ah ben mince !, 8 ça fait pas 10 et déca c’est bien 10, aurais-je loupé quelques choses ? Loupé non, mais pas vu oui. Effectivement les deux derniers bras sont enroulés sous les premiers lorsque le sépiole nage, ces deux là sont préhensibles, ils servent à la chasse pour attraper les …….

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