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Les perrés d’Arcachon

Ce début d’année commence fort sur www.plongee-de-nuit-decouverte.com. Voici un article qui devrait j’en suis sûr attirer votre attention jusqu’au bout.

Les perrés de St Yves à Arcachon.

Les perrés, un ilot de vie.

J’ai souvent parlé de ces fameux monticules pierreux lors de mes compte-rendus de plongées à St Yves. En effet, ces empierrements parfois complètement effondrés, accueillent d’importantes colonies d’hermelles et avec elles de nombreuses espèces de crustacés, d’anémones ou de limaces de mer qui y trouvent refuge au milieu du sable omniprésent.

Même si je n’en faisais pas de cauchemars, je me suis souvent demandé en furetant pour faire quelques photos pourquoi ces empierrements étaient présents à cet endroit et pourquoi avec certaines directions et surtout avec une telle profondeur. J’ai donc fini par prendre le temps de chercher dans la littérature et sur internet.

Un perré c’est quoi ?

Avant de lever le voile sur la définition exacte du mot perré, je voudrais souligner que l’on trouve par-ci par-là différentes orthographes comme perrey (que j’affectionne personnellement, allez donc savoir pourquoi, d’ailleurs je ne me rapelle même plus où je l’avais trouvée moi-même !) ou encore perret et même moins souvent pairé. Mais la seule orthographe que retient le dictionnaire est bien perré. Alors bon, restons-en à ce dernier mot.

Un perré par extension est une zone de bord de mer recouverte d’un tas de pierres ou de galets, soit plus communément ce qu’on appelle un empierrement.

A Arcachon, cette structure a depuis longtemps été utilisée pour protéger le littoral de l’érosion naturelle. Le flux et le reflux à chaque changement de marée peuvent atteindre sur de gros coefficients des vitesses importantes de près de 1,5 m/s. Beaucoup de sable peut alors être déplacé ce qui est dangereux pour la stabilité des berges mais aussi pour la navigation. De plus, les fortes houles qui viennent battre la côte par grand vent sont particulièrement destructrices.

Mais avant d’en dire plus, il faut éclaircir un point particulier qui tient en la différence entre perré et digue.

Différence entre perré et digue.

Ci dessus la digue de la pointe du Cap Ferret et à droite le perré au pied de la dune du pyla.

La digue à la différence du perré sert plus particulièrement à protéger une zone de terre des vagues submersives. Sa construction en rochers et béton dépasse la hauteur des terrains à protéger. Le perré lui se trouve être un prolongement du terrain. A Arcachon ils sont plutôt orientés parallèlement au front de mer, mais parfois aussi perpendiculairement.

J’ai cherché longtemps à savoir par qui et pourquoi ont été construits les perrés devant la plage d’Arcachon, à l’est de la jetée de la chapelle. Le fait qu’ils soient présents jusqu’à 15 m de fond et jusqu’à plus de 100 m du bord était pour moi un éternel questionnement.

Pour en savoir plus il m’a fallu revenir loin en arrière dans le passé de la ville balnéaire.

Une brève histoire d’Arcachon.>

Dès la fin des années 1700, le bassin d’Arcachon avait attiré l’attention de la marine de guerre qui souhaitait sous les directives de Louis XVI y installer un port. Mais avant ça il fallait stabiliser les berges et les dunes, ce qui fut fait pendant de longues années par diverses plantations et autres aménagements.

Dans le milieu des années 1800 une ligne de chemin de fer vint relier Bordeaux à La Teste-de-Buch. En quelques années à peine fut implanté un débarcadère sur de belles plages de sable fin à 5 km au nord et avec elles les chemins permettant de le desservir, Arcachon était née.

Une intense activité maritime commença à s’installer et de nombreuses embarcations venaient déposer ou enlever diverses marchandises. Le port d’Arcachon n’existait pas à l’époque et pour protéger les bateaux des mouvements de la mer, les gens installèrent nos fameux perrés.

Ce qu’il faut voir, c’est qu’à l’époque, la plage s’étendait en pente douce jusqu’à près de 200 m du rivage actuel.

Le développement économique de la ville avait assez vite nécessité la création d’un vrai port, d’autant que les éléments naturels s’étaient à plusieurs reprises déchainés comme le montre les historiques des différentes tempêtes enregistrées depuis 200 ans ( et le malheureux réchauffement climatique n’y était pour rien à l’époque c’est certain). Petit à petit le temps a fait son œuvre, les marées ont emporté le sable, ont creusé les fonds dans lesquels les perrés se sont progressivement enfoncés pour ne devenir aujourd’hui qu’un souvenir tellement vague que plus personne n’en garde la mémoire.

Que dire de plus ?

Que dire de plus ? Ahhhh mais il y a encore beaucoup à dire !!, si si !!, et c’est pour ça que je vous invite à rester connectés sur le blog pour connaitre bientôt la suite dans laquelle je reparlerai des perrés bien sûr, mais surtout de ce qu’on y trouve, que ce soit en parlant de la faune sous-marine ou des épaves englouties dont certaines sont accessibles depuis le bord sans trop de difficultés.

Alors, je vous dis à très bientôt pour vous en raconter davantage ..