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Pourquoi l’eau est bleue et pourquoi les couleurs disparaissent sous l’eau




Pourquoi l’eau est bleue et pourquoi les couleurs disparaissent sous l’eau.

Qu’est ce que la lumière et pourquoi les choses ont-elles des couleurs ?

Quelques notions de physique simples sur la lumière.

La lumière que nous percevons grâce à l’outil extraordinaire que constitue notre oeil nous vient essentiellement de notre étoile le soleil. Hors notre oeil n’est capable de percevoir qu’une partie très limitée du spectre total de la lumière solaire. Ce que nous appelons la lumière visible ne correspond en fait qu’à la courte fenètre des longueurs d’ondes comprises entre les ultraviolets et les infrarouges. Dans cette frange étroite nous retrouvons les couleurs de base que vous pouvez observer dans un arc-en-ciel

Les objets que nous regardons, de part leurs natures différentes, absorbent ou renvoient certaines longueurs d’ondes. Ainsi un objet que nous percevons jaune ne l’est que parce qu’il n’a pas absorbé la longueur d’onde qui correspond au jaune. C’est pourquoi un objet est noir s’il ne nous renvoie quasiment aucune couleur, en fait, il les absorbe toutes. Il faut donc retenir que les couleurs des objets que nous voyons ne sont donc en fait que celles qu’ils n’ont pas absorbées.

Spectre de la  lumière visible et pénétration dans l'eau pour P2N

Les perturbations subies par la lumière.

La lumière peut subir différentes perturbations: elle peut être réfléchie, réfractée, absorbée ou diffusée. La neige réfléchie toute les couleurs, elle nous parait donc très blanche. L’eau claire par contre absorbe très vite toutes les couleurs et ne diffuse en grande quantité que le bleu. Ce bleu sera d’autant plus dense que l’eau est profonde.

Mais l’eau est rarement pure car elle contient de très nombreuses et différentes particules de tailles et de quantités plus ou moins importantes. Les eaux des mers chaudes près de l’équateur sont en général très claires, la vie planctonique qui n’aime pas la chaleur y est rare et donc, le bleu domine. Par contre, plus les eaux sont froides en remontant vers les pôles de la planète et plus la vie planctonique est intense. Dans le plancton certains éléments comme les algues produisent une activité chlorophyllienne, elles absorbent le bleu et diffusent le vert, voilà pourquoi les eaux froides paraissent plus vertes.

Les couleurs disparaissent en profondeurs.

Plus la lumière pénètre dans les profondeurs et plus elle perd en intensité. Le rouge est ainsi absorbé dès les 3 à 5 premiers mètres, puis le orange et ensuite le jaunes, qui lui disparait vers une vingtaine de mètres de profondeur. Plus profond, l’eau absorbe de violet et le vert pour finalement ne laisser que le bleu filtrer jusqu’à 60 à 80 mètres. Au delà la lumière disparait progressivement et fait place à la nuit perpétuelle en dessous de 400 à 1000 mètres.

Le bleu prédomine en profondeur

Nécessité de disposer d’une source autonome de lumière.

Si vous descendez à plus de 15 mètres de profondeur, la lumière diminue, tout paraitra très vite sombre et d’une couleur uniforme d’un gris bleuâtre assez désagréable. Pour faire de la photo ou du film à faible profondeur et garantir de belles couleurs il faudra compenser l’absorption des longueurs d’ondes par des filtres colorés qui redonneront un peu de punch au couleurs. La solution est relativement peu efficace et assez fastidieuse à mettre en œuvre car il faut plusieurs filtres de différentes tonalités selon la profondeur atteinte. Une autre solution consiste à amener votre propre source de lumière, que ce soit avec des lampes, des phares ou des flashs.

La lumière des phares est indispensable

La puissance de ces instruments reste relativement modeste, en tout cas dans la limite d’un certain budget. C’est pourquoi ils ne seront performants que dans une zone très limitée et ce d’autant plus que l’eau sera chargée de particules.

Nous aborderons ce sujet délicat dans de prochains articles dans lesquels nous reparlerons de photo et de plongée de nuit.

Oser la plongée de nuit




Pourquoi tenter la plongée de nuit

Une plongée différente

On me pose souvent la question avec étonnement « Mais pourquoi plonger la nuit ? » comme s’il y avait dans cette activité quelque chose d’inconsidéré, quelque chose de mystérieux, peut être même quelque chose de dangereux.

Je dirais que la meilleure réponse est de tenter soi même l’expérience pour ressentir à quel point, contrairement à la plongée normale, on se sent la nuit  totalement immergé dans un autre monde, à quel point on éveille avec surprise tous nos sens et que ce qui jusqu’alors pouvait passer inaperçu devient une source d’étonnements et de découvertes.

On découvre que la plongée de nuit apporte de la sérénité, l’envie de prendre son temps, de chercher tout ce que le regard du jour nous a caché. Et au détour d’un rocher, au milieu d’un tapis d’anémones, dans le recoin d’un surplomb de béton, soudain on aperçoit médusé une bestiole inconnue, une perle rare de la bio-diversité,  une chose qu’on n’a encore jamais vue malgré les années d’explorations du même lieu. C’est ça la magie de la plongée de nuit et de la chasse photographique.

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Un autre monde

La nuit le comportement des animaux marins changent, au lieu de prendre instantanément la fuite à l’approche du plongeur, ils se laissent approcher, comme paralysés par la lumière. Les plus craintifs ne prennent la fuites qu’au dernier moment. Beaucoup sont attirés par la lumière ou la chaleur des lampes comme les calamars par exemple. Il n’est pas rare de se faire accompagner un certain temps sur une bonne distance pourvu qu’on ne fasse pas de gestes brusques. Et puis il y a aussi les opportunistes qui comme la seiche profitent de la lumière pour chasser sous vos yeux les malheureux petits poissons trop curieux venus s’exposer dans le faisceau lumineux.

Plonger ?, oui, mais avec de la lumière

Les progrès de l’industrie électronique nous offre désormais un vaste choix de lampes, de torches et de phares, d’un coût abordable, parfaitement adaptés à ce type d’exploration. On en reparlera à travers un prochain article sur le matériel que j’utilise. Disons simplement pour l’instant qu’il vaut mieux privilégier un faisceau large et être certain d une autonomie proche de l’heure ou plus, en ayant toujours à portée de main une lampe de secours. Le monde sous-marin nocturne s’éclaire alors dans le faisceau des phares de mille couleurs impossibles à apprécier dans la lumière ambiante du jour et qui sont un vrai régal pour les yeux autant qu’une source d’inspiration pour les photographes.

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Ce qu’on ne voit pas en plongée de jour

Lorsque les dernières lueurs du jours disparaissent,la vie sous-marine grouille soudain d’une surprenante activité. De nombreuses espèces invisibles la journée sortent enfin de leur cachettes diurnes et offrent un spectacle vivant et souvent très amusant. Dans le même temps on peut surprendre d’autres habitants des profondeurs bien calés dans un creux de rocher pour se protéger des courants alors qu’ils entament une nuit de sommeil réparatrice.

Conjuguer plaisir et prudence

Évidemment, on ne plonge pas la nuit en improvisant. Le droit à l’erreur n’existe pas en plongée de nuit sous peine de graves conséquences. C’est pourquoi il faut préparer la chose avec beaucoup d’attention tant au niveau du matériel que de la météo. Quoi de plus ridicule que de tomber en panne d’éclairage alors même que vous êtes plongé dans un noir profond et sans repère.

On ne plonge la nuit que si on connait parfaitement, c’est une exigence absolue, et le site à explorer, et le binôme qui vous accompagne. Hors de question d’improviser une sortie touristique qui pourrait facilement tourner au drame. Pour le matériel c’est la même prudence à adopter, il faut être certain de son état de fonctionnement, chose impossible à savoir s’il ne vous appartient pas. Prévoir du matériel en doublon n’est pas ridicule, c’est juste un peu plus lourd mais parfois tellement utile.

Enfin pour clôturer ces recommandations, il est prudent de limiter la profondeur. Le plongeur constatera que le vie sous-marine est de jour comme de nuit bien souvent plus intense près de la surface qu’à de 20 mètres de profondeur. Rester dans la zone des 5 à 10 mètres constitue un excellent choix, surtout l’hiver lorsque l’eau est froide.

Il ne faut pas être effrayé par ce qui précède, en respectant ces quelques conseils on s’ouvre à d’immenses plaisirs, ce qui est bien l’idéal de la plongée, alors très bonne plongée de nuit à tout le monde.

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