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Voir et observer.

Plonger, voir et observer.

J’ai parfois eu la remarque suivante venant de quelques plongeurs, et pas que de simples débutants: « T’as de la chance d’avoir vu ce truc, je l’ai jamais vu moi au bassin ».

Dans cet article je vais, une fois n’est pas coutume, vous soumettre une petite réflexion personnelle. Bien sûr elle ne vaut que ce qu’elle vaut, mais bon, elle est quand même sûrement intéressante. D’ailleurs vos avis seront les bienvenus.

Il faut reconnaître que la turbidité de l’eau du bassin d’Arcachon une bonne partie de l’année ne favorise pas l’observation sous-marine. On est obligés de faire avec malheureusement. Cependant, on peut quand même revenir un peu sur le vocabulaire car pour moi en tout cas il y a une grosse différence entre « voir » et « observer« .

Que dit le dictionnaire.

Si on se réfère au dictionnaire LAROUSSE le verbe observer peut avoir plusieurs significations, j’en retiendrais 2 particulières.

* Premièrement on trouve: « Remarquer, constater quelques chose… ». Par exemple on pourrait dire: « j’ai remarqué que les hydraires tubulaires se font plus rares dès que l’eau du bassin de réchauffe ».

* Deuxièmement on trouve aussi: « Examiner attentivement quelque chose ou quelqu’un afin de l’analyser, de l’étudier ou de le comprendre ». Par exemple « j’observe l’évolution de la ponte des nudibranches pendant l’été ».

Pour le verbe voir le dictionnaire LAROUSSE fait quelques différenciations de la façon suivante:

* Premièrement: « Percevoir quelque chose grâce aux yeux ». Bon ça on s’en doutait un peu !!

* Deuxièmement: « Regarder, examiner quelque chose ». Finalement, c’est assez proche de la définition du verbe « observer ». En plongée, c’est l’attitude du plongeur qui va faire la différence, voyons comment.

Voir ou observer le jour ou la nuit ?

Y a-t-il une différence dans l’observation que l’on peut faire le jour ou bien la nuit ? On pourrait être tentés de répondre que non, et pourtant il y a vraiment beaucoup de différences.

En plongée de jour.

En plongée de jour, si l’on peut facilement « voir » la biodiversité marine, beaucoup d’espèces qui la constituent peuvent nous voir aussi. Inconvénient principal de la chose, c’est que la plupart nous considèrent comme des prédateurs potentiels et cherchent à se tenir éloigner de nous.

Certaines espèces sont diurnes, d’autres nocturnes. Ces dernières cherchent la plupart du temps un abri loin des regards et ce n’est que lorsque la lumière a presque disparu qu’elles sortent vaquer à leurs occupations. Il n’est donc possible ni de les voir, ni de les observer la journée.

La puissance lumineuse du soleil peut créer elle même des difficultés, en particulier si l’eau est turbide. Elle prend alors une couleur dominante, souvent jaunâtre mais aussi grisâtre, verdâtre ou bleuâtre en fonction de l’heure et de la couche nuageuse. Les reliefs ont tendance à s’estomper, parfois très fortement, et même la lumière des phares n’est pas suffisante pour redonner des couleurs ou éliminer les particules. Pas facile dans ces conditions de voir grand chose.

En plongée de nuit.

En plongée de nuit les choses sont assez différentes. D’une part, seul ce qui est dans le faisceau des phares apparaît au regard, d’autre part le noir environnant laisse éclater un univers de couleurs impossibles à apprécier de jour.

Les espèces animales les plus craintives comme quelques poissons ou certains crustacés identifient moins le plongeur de nuit à un danger plutôt qu’à une curiosité bisare. Assez souvent d’ailleurs certains de ces petits animaux s’approcheront prudemment pour venir voir de quoi il retourne. Quelques malins en profiteront même pour chasser dans la lumière des phares. Qui l’eut crû ! hé ben oui, sans jeu de mot, c’est à voir.

Non seulement on peut voir la nuit les espèces de jour en train de dormir mais aussi les espèces nocturnes qui étaient restées cachées durant la journée.

La différence se fait en photo.

En explo de plongée on va donc voir des choses, c’est déjà une certitude, ce n’est pas pour autant qu’on sait les observer. Faire de la photo peut nous y aider.

Voir et observer, la différence.

Voir implique la notion d’instantané. Observer implique au contraire une notion du temps plus étendue. On pourrait dire que voir c’est avoir de la chance, observer c’est autre chose, c’est de la science et de la patience.

Voir.

L’exploration sans but précis permet de faire des rencontres innattendues, bien sûr, mais elles restent fugaces. Une plongée normale, en tous cas telle que pratiquée dans les clubs, prend entre 30 et 50 minutes environ. Ce temps n’est pas suffisant pour faire de la recherche car la zone couverte est bien trop grande. De plus, le fait d’être dans une palanquée impose au plongeur un impératif de cohésion du groupe, pas question de s’attarder à observer un point de détail alors que le reste du groupe est déjà loin.

Observer.

Pour observer réellement, il faut prendre son temps, parfois plonger en solitaire. Le photographe amateur le sait bien. c’est même parfois à la dernière minute qu’il lui arrive de tomber par hasard et après de vaines recherches sur « LE TRUC » hyper rare à prendre en photo.

La plongée peut être alors poussée à ses dernières limites, presque jusqu’à fleurter avec celles de la sécurité. C’est là que toute l’expérience du plongeur est importante, car lui sait jusqu’où ne pas aller.

Ce faisant, il prends son temps, règle ses lumières, choisit son cadrage, shoote et recommence jusqu’à être certain d’avoir dans la boîte la photo qui va faire rêver. Hé oui, c’est toute une science, et celle-ci prend du temps pour la maîtriser. Il faut voir, mais aussi chercher à voir. Les trous, les flancs de rochers, les touffes d’algues et même les déserts sableux offrent à celui qui s’attarde des choses extraordinaires, même si ce n’est que pour le plaisir des yeux si on a pas d’appareil photo.

Conclusion.

Les fonds marins sont riches de surprises. Ce qu’il faut retenir, c’est que pour les observer et en garder le meilleur souvenir, il faut savoir aiguiser son regard et suivre parfois son intuition, être curieux. Cela prend beaucoup de temps, il faut donc apprendre à le gérer. Ce faisant, c’est la porte ouverte à des plaisir des yeux inespérés. Alors n’hésitez pas, prenez votre temps…. en sécurité bien sûr.

Pour finir.

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le commenter ou à en parler autour de vous ou à conseiller la visite du blog. ce sera la meilleure façon de voir ce dernier durer longtemps.

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La Sensibilité ISO

La sensibilité d’un appareil photo.

Le photographe débutant est souvent un peu perdu avec les appareils photos modernes. Dès qu’il souhaite sortir des sentiers battus offerts par les réglages programmés en usine par les constructeurs, il se retrouve seul face à des choix cornéliens à faire entre sensibilité, ouverture de diaphragme, vitesse d’obturation, priorité à la profondeur de champ ou bien à la vitesse.

Dans cet article je vais donc vous expliquer comment utiliser le réglage de la sensibilité ISO.

Les ISO, qu’est ce que c’est ?

Les ISO expriment la sensibilité du capteur d’un appareil photo numérique moderne. Il faut reconnaitre que peu de monde utilise encore les anciennes pellicules argentiques. Lorsque les photographes travaillaient encore avec cette technologie, c’était la sensibilité de la pellicule utilisée.

ISO signifie International Organisation for Standardization, soit en français Organisation Internationale de Normalisation.

Les ISO ça sert à quoi ?

Les ISO servent à identifier la quantité de lumière nécessaire au capteur numérique de façon que ses pixels produisent une image ni trop sombre, ni trop lumineuse. En pratique le photographe parle plutôt de l’exposition. Si on appelle H l’exposition et S la sensibilité du capteur, on aura la relation suivante: S x H = constante.

D’une façon plus concrète, si on obtient une image identique mais prise à 100 puis 200 ISO, celle prise à 200 ISO aura nécessité 2 fois moins de lumière que celle de 100 ISO pour être exposée de la même façon.

Comment l’appareil numérique fait-il pour changer de sensibilité ?

La chaine numérique.

A l’époque des pellicules argentiques, on utilisait des bains chimiques pour réveller les images enregistrées lors de l’exposition. Avec les capteurs électroniques les constructeurs ont été amenés à concevoir toute une chaine numérique du traitement de l’image. En simplifiant on trouve le capteur dont on va amplifier le signal analogique puis convertir le résultat en données numériques qu’un calculateur va traiter pour fournir des images sous différents formats comme le Jpeg ou le Raw. Pour changer de sensibilité, l’appareil modifie donc l’amplification du signal puis traite le résultat à travers différents filtres avant de produire l’image finale.
En plongée, le photographe est assez loin des normes retenues par les fabricants qui destinent leurs appareils à la photo terrestre. Il faudra donc chercher les meilleurs réglages par tatonnements si on fait de la photo sous-marine, en particulier de la photo nocturne.

Comment fait-on pour changer la sensibilité ?

Pour changer la sensibilité sur un appareil numérique moderne, il suffit d’appuyer sur la touche Menu. Un écran s’ouvre alors dans lequel il faut naviguer d’une façon plus ou moins intuitive pour aller jusqu’à la commande ISO. En sélectionnant cette option l’appareil propose les différents réglages possibles, en général cela va de 80 ISO à parfois plus de 10000. Plus le réglage est grand et plus la sensibilité est grande. Tout irait bien si le fait d’augmenter la sensibilité n’entrainait pas de graves perturbations dans l’image à tel point qu’elle peut en devenir inexploitable.

Quelle sensibilité choisir ?

Le choix de la sensibilité n’est pas facile, il dépend essentiellement des objectifs du photographe sous-marin. S’il recherche des photos de grande qualité, il lui faudra sélectionner une faible sensibilité mais il devra alors disposer de sources de lumière puissantes, donc des flashs. S’il peut se satisfaire d’une qualité moyenne, des phares ou des lampes suffiront en sélectionnant des sensibilités comprises entre 400 et 1600 ISO. Au delà de ces réglages, du grain, de la pixélisation, apparaissent et gâchent le souvenir. Les grandes sensibilités sont donc destinées à des environnements peu lumineux.

Comment régler son appareil sans choisir des sensibilités élevées ?

Le tout automatique.

Pour les plongeurs photographes néophytes, heureusement, il y a toujours moyen de ne pas trop se prendre la tête avec les réglages avant d’avoir suffisamment d’expérience. La position Auto permet d’obtenir des clichés d’assez bonne facture si on est peu exigeant. Dans ce mode, l’appareil va chercher le meilleur compromis entre ISO, ouverture du diaphragme et vitesse de l’obturateur. Je développerai ces modes de fonctionnement dans d’autres articles à venir.

Les autres réglages.

Le photographe sous-marin plus exigeant devra jouer avec plusieurs réglages, faire plusieurs essais en prenant son temps. En plongée l’eau est rarement identique d’une immersion à une autre, que ce soit à cause de sa turbidité, de l’ensoleillement ou de l’heure qu’il est. Et encore, je ne parle même pas des conditions de prise de vues nocturnes.

En plongée, les mouvements imprimés sur l’environnement par la houle ou les courants imposent souvent des prises de vue en vitesse rapide. Si on ne monte pas suffisamment dans les ISO, la photo se fera au détriment de l’étendue des zones nettes, ce qu’on appelle la profondeur de champ.

Pour obtenir des clichés nets sur une grande distance il faudra régler le diaphragme sur une petite ouverture, c’est à dire en choisissant une position repérée avec un nombre assez grand qu’on fait précéder de la lettre F. Par exemple F10, F11, F22. Malheureusement cela va nécessiter en général une exposition longue du capteur. Les mouvements de la cible seront alors perceptibles à travers un flou désagréable.

Prendre le temps de tester son matériel.

Quel que soit le fabriquant de l’appareil numérique, le fonctionnement global reste identique. En fait on n’obtient de bon résultats qu’après avoir passé beaucoup de temps en essais et parfois avec la décourageante impression qu’on n’arrivera jamais à rien. Avant de changer de matériel il faut être humble et réaliser que pour faire de la belle photo il faudra beaucoup de pratique et de patience.

Il faut savoir prendre son temps. La photo est une histoire de patience et de pugnacité. L’avantage certain du numérique est de vous donner la possibilité de parfaire vos clichés avec quelques retouches à l’ordinateur. Il ne s’agit pas de truquer ses photos mais plutôt d’utiliser quelques outils bien pratiques pour vous permettre de garder quelques beaux souvenirs pour les partager ensuite en famille par exemple.

En cas de dominante de couleur désagréable liée à la source de lumière, dominante jaune en général mais parfois rouge, on pourra récupérer une tonalité plus réaliste en jouant sur la balance des blancs soit sur l’appareil lui-même mais aussi en post production sur son ordinateur. Vous n’avez pas fini d’y passer des heures !!

Si cet article vous a plu…

Si cet article vous a plu, ne ratez pas ceux qui vont bientôt suivre. J’aborderai les autres réglages des appareils numériques, j’en reparlerai d’ailleurs très vite à l’occasion du 1° anniversaire du blog le 8 novembre prochain. En attendant n’hésitez pas à partager l’adresse de ce blog et de le conseiller autour de vous. Un petit commentaire sympa me fera vraiment plaisir, prenez quelques secondes pour l’écrire, ce n’est pas très long mais tellement motivant pour moi. A très bientôt donc…

 

La plongée de nuit en solo




Pourquoi tenter la plongée de nuit en solo

Les bonnes raisons de plonger à plusieurs

Les sites de plongée du bassin d’Arcachon sont relativement éloignés de Bordeaux, s’y rendre seul pour plonger de nuit ne présente pas une réelle difficulté mais avant de décider d’y aller en solitaire, il vaut mieux être bien conscient de certaines évidences.

En dehors de la plongée elle-même, ce qui peut poser problème au plongeur de nuit en solo est sans aucun doute la route du retour. Plonger procure une détente physique bien connue, ça c’est tout bon, mais l’ennemi qui guette, c’est l’endormissement. La fatigue de la journée, l’heure tardive du retour, la durée du trajet, la rectitude des routes, une météo parfois capricieuse, voilà autant d’éléments propices à vous rendre la conduite délicate et les réflexes ralentis. Bref, autant de bonnes raisons pour partager la plongée et le trajet avec un bon copain qui se chargera de vous tenir éveillé au volant et avec qui vous pourrez discuter à chaud de ce que vous aurez vu sous l’eau.

Passer du stress au plaisir

Alors, y aller seul ou pas ? La réponse dépend de votre formation et de votre vécu. Pour l’avoir pratiqué à quelques occasions, je suis un partisan convaincu de cette expérience extraordinaire. Extraordinaire parce que tout seul dans le noir des profondeurs on se sent comme immergé sur une autre planète, tous les sens sont au maximum de leur sensibilité. L’intensité des émotions est à son comble, mêlant à la fois plaisir et peur. La première fois est une expérience inoubliable. Évidemment elle n’est pas à conseiller ni aux débutants, ni aux plongeurs peu solides psychologiquement.

Ne jamais sous-estimer les risques

La nuit et encore plus si c’est en solo, aucune erreur en plongée n’est permise, surtout pas une panique. Pour plonger la nuit en solo il faut, c’est un minimum, avoir déjà pratiquer à plusieurs reprise la plongée de nuit et s’y sentir complètement à l’aise. Il faut être certain de maitriser parfaitement ses nerfs, la topographie du site, les courants, les instruments, être absolument sûr du bon fonctionnement de son matériel, quitte à avoir tout en double. Descendre profond serait irresponsable. Il va de soi que ce genre d’exploration s’organise. Il faut s’obliger au besoin à prévenir une connaissance qui saura exactement où on plonge, éventuellement la zone explorée et s’en tenir fermement à un horaire de sortie préétabli et confirmer pourquoi pas par téléphone que tout s’est bien passé.

Se jeter à l’eau

Si on a bien préparer la plonger de nuit, alors oui dans ces conditions ça vaut le coup, ça vaut vraiment le coup. C’est même la panacée pour le photographe. Il peut enfin prendre son temps à fouiller pour trouver « LE » truc à ramener. Il peut sans se soucier d’autres choses tester et choisir le meilleur angle, la meilleure position pour l’éclairage. Celle qui lui permettra de faire la différence, de ramener « LA » photo du siècle….enfin, peut-être. Quoi de plus énervant que de ne pas pouvoir prendre le cliché rêvé parce qu’un troupeau de plongeurs maladroits aura soulevé un nuage de boue avec les palmes. Même à deux seulement on arrive à se gêner mutuellement, c’est pour dire.

Si vous vous sentez prêt, c’est peut-être le moment d’essayer.

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