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Les perrés d’Arcachon, la faune locale

Cela fait maintenant plusieurs semaines que j’ai commencé à parler des perrés immergés devant la ville d’Arcachon. Pour ceux et celles qui n’ont pas encore lu ces articles, je vous invite à les découvrir en cliquant sur les liens suivants: les perrés partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5.

Dans cet article je vais vous présenter la faune très particulière que l’on rencontre non pas sur les perrés, mais plutôt tout autour.

Autour des perrés, une faune particulière.

Autour des perrés ont rencontre de grandes étendues sableuses, parfois en plateaux, parfois sous forme de mini-dunes, parfois recouvertes de coquilles vides d’huitres et de moules sauvages, parfois encombrées de débris divers comme des tuiles et autres gravats de petites tailles et parfois malheureusement recouvertes de un à plusieurs centimètres d’une vase fine qui obscurcit la visibilité au moindre coup de palme.

La difficulté principale pour le plongeur y est certainement l’absence totale de repères visuels. Le propre du sable est de se déplacer assez vite au gré des courants ce qui peut entrainer des variations rapides et importantes dans le paysage sous-marin. Conclusion évidente, hors de question de s’y aventurer si on ne sait pas parfaitement manier sa boussole, et encore moins si on n’en a pas, ce qui serait presque suicidaire sur ce site de plongée.

Croire que sur ces étendues désertes il n’y a rien à voir est une erreur, au contraire, certes plus diffuse, la vie ici aussi est bien installée.

Les poissons.

Les poissons plats

Chercher les poissons plats sur les plateaux sableux n’est pas très évident. Pourtant si on est attentif aux traces discrètes laissées dans le sable, on peut en déduire la présence des soles par exemple. Les soles se cachent la journée sous une couche de sable fin dont elles se recouvrent adroitement en faisant osciller violemment leur corps, seuls leurs deux yeux émergent pour surveiller ce qui se passe ou pour localiser une proie qui passerait à proximité. La nuit on les trouve plus facilement découvertes alors qu’elles sont en chasse pour se nourrir.

Plusieurs autres espèces de poissons plats les imitent à merveille. Parmi eux ont compte les plies, les flex, les barbues, les limandes, les turbos. Bien que beaucoup moins nombreux que les soles, il n’est pas rare de croiser ces poissons sur le banc de sable à l’est du ponton de la Chapelle.

Tous ces poissons plats préfèrent les eaux peu profondes, du premier mètre jusqu’à 8 ou 10 mètres de fond, mais guère plus, sauf sans doute pour les spécimens âgés qu’on peut croiser rarement par plus de 15m.

Les poissons rampants

Toujours dans les zones peu profondes des 8 premiers mètres on rencontre rougets et grondins perlons. Ces derniers sont tout à fait étonnants. En effet, leurs nageoires pectorales bleutées sont absolument gigantesques et magnifiquement ornées de motifs sombres propres à chaque individu. Elles offrent un superbe spectacle. Ce poisson étrange ne cesse d’étonner, il répugne à nager mais préfère marcher ou courir sur le sable grâce aux 3 premiers rayons de ses nageoires pectorales qui sont indépendants et mobiles. Près de la surface on peut découvrir de temps en temps une vive recouverte de sable.

Les autres poissons.

En plongée dans le banc de sable, surtout la nuit, on peut à certaines époques se faire accompagner de bancs importants de jeunes lieus jaunes, parfois plusieurs centaines. Ces poissons d’une dizaine à une quinzaine de cm sont taillés pour la vitesse et sont impressionnants de vivacité. Leur curiosité les pousse à venir au plus près des plongeurs, parfois à moins d’un mètre mais jamais plus d’une à deux secondes. Moins rapides, on peut croiser quelques rares bars ou quelques mulets sur les contreforts des perrés. Les juvéniles peu nombreux en général de divers sars et d’oblades préfèrent souvent aux perrés les restes disloqués de quelques épaves de barges coulées près du bord de plage dans la zone des 10 m.

Les mollusques

La période de la reproduction attire dans le bassin certaines espèces habituellement plus communes de la pleine mer. Au printemps et au début d’été les seiches de mer viennent déposer leurs grappes d’œufs sur les tiges de zostères et sur les enrochements plus solides éparpillés dans le sable comme par exemple les corps-morts de bateaux. C’est un vrai régal de les rencontrer en plongée de nuit seules ou par petits groupes de 2 à 3 individus, en général un gros mâle et deux femelles.

Plus tard en été, c’est au tour des calmars de venir hanter la nuit les zones sableuses à la recherche de nourriture. Souvent il s’agit de très jeunes rarement seuls et qui sont particulièrement curieux de voir des plongeurs de près. Les adultes arborent une fière couleur rouge magnifique. Extrêmement rapides, ils n’hésitent pas à venir très près regarder les plongeurs, puis leur curiosité satisfaite ils disparaissent dans la nuit.

Le sable s’anime parfois de choses étranges qui rampent assez rapidement en pointant vers le haut une espèce de trompe d’éléphant. Ce sont des nasses. Ces minuscules mollusques dont la coquille rappelle celle d’un escargot, sont les nettoyeurs locaux. Ils arpentent parfois en très grand nombre les bancs de sable à la recherche du moindre cadavre de poisson à dévorer.

Les crustacés

Les zones sableuses près de la surface accueillent elles quantités de crabes verts et de crabes poilus. La plupart du temps ils restent ensevelis et donc invisibles, sauf lors de la période d’accouplement où les grands mâles viennent entraver les petites femelles en attendant leur mue, seule période où ils pourront les féconder. Dans les zones vaseuses ou sur les épaves des barges, les araignées se regroupent au printemps, parfois par centaines pour se reproduire. C’est toujours un spectacle surprenant.

Les anémones et cérianthes

Jusqu’à 10 12 m on peut avec de la chance tomber nez à nez avec une magnifique anémone des sables. Ses tentacules presque transparents les rend assez difficiles à identifier. Bien plus gros et donc plus facile à voir on trouve les cérianthes. Eux aussi solitaire dans les vastes étendues, ils impressionnent par leur grande taille et les magnifiques couleurs de leurs tentacules.

Les vers des sables

Certains comme les sabelles limicoles sont particulièrement rares, elles ressemblent à une espèce d’entonnoir de couleur pourpre ou mauve foncé. C’est en particulier dans le sol sablo-vaseux contre un corps mort de bateau qu’on aura le plus de chance de les trouver. Mais c’est la sabelle paon qui donnera une touche splendide de beauté et de délicatesse avec son panache plumeux qui ondule avec grâce dans le courant.

Les raies.

Sur le plateau sableux on rencontre deux principaux types de raies. La plus belle est sans conteste la raie brunette, la seconde la raie torpille. La raie brunette adulte mesure jusqu’à 1 m, il m’est arrivé d’en croiser dans la zone des 15 m. Elles sont fabuleusement belles et très faciles à photographier ou à filmer. Plus près de la surface c’est généralement des jeunes de l’année de 10 à 20 cm que l’on rencontre posés tranquillement sur le sable. Près des épaves où à l’abris des courant derrière un perré, les raies torpilles sont souvent quasi recouvertes de sable un peu comme les soles et autres poissons plats cités plus haut. Attention aux têtes en l’air, il n’est pas judicieux de poser une main maladroite sur le sable sans s’assurer qu’on n’est pas au-dessus d’une raie torpille. En effet, ces poissons sont capables de déclencher une décharge électrique douloureuse de plusieurs dizaines de volts.

Les nomades

Évidemment ce n’est pas une nouvelle espèce, je mets volontairement dans cette catégorie les poulpes et les congres qui arpentent assez souvent la nuit les bancs de sables à la recherche de crustacés pour se nourrir. Cependant ils ne constituent pas une faune spécifique des fonds sableux. c’est pourquoi je les ai gardé pour la fin.

Bilan

Vola, j’espère que ce petit bilan vous aura convaincu que même les étendues semi-désertiques des bancs de sables autour des perrés d’Arcachon méritent qu’on leur prête une attention particulière car ils abritent une faune très variée bien que peu nombreuse. En tous cas une faune parfois spécifique qu’on ne peut pas rencontrer dans les rochers du Cap Ferret.

Évidemment, ce petit inventaire est loin d’avoir fait le tour de la question car il y a bien d’autres espèces à découvrir sur le site de St Yves. J’espère que cet article vous convaincra que la mauvaise réputation de ce spot de plongée n’est pas du tout justifiée.

Les perrés d’Arcachon, partie 4.

Les habitants des perrés

Je reprends enfin la suite de mes précédents articles sur les perrés devant la ville d’Arcachon. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à les découvrir en cliquant sur les liens suivants : Partie 1, partie 2, partie 3.

Avant d’aller plus loin, je rappelle que je ne suis ni spécialiste de biologie, ni historien, ni adhérent à une quelconque école de pensée. Je suis seulement un plongeur comme tout le monde qui a simplement envie de partager une vision objective sur les milieux marins du bassin grâce à une expérience très souvent renouvelée de la plongée nocturne.

Les perrés, une oasis de vie spécialisée.

La ruelle St François permet de se glisser entre les immeubles pour accéder à la plage de la jetée de la Chapelle. La mise à l’eau y est relativement facile, bien que le sol puisse parfois se révéler assez glissant. En prenant un cap plein nord depuis cet endroit on descend progressivement vers un enrochement recouvert d’une multitude de tubes d’hermelles, un ver marin vivant dans un tube qu’il construit en agglomérant des grains de sable.

La face ouest du perré est très exposée au courant de la marée montante qui véhicule d’énormes quantités de sable à tel point qu’en ce moment une bonne partie de l’empierrement est ensevelie. Le côté Est est lui assez protégé. Le perré offre du coup tout un tas de cachettes occupées par de nombreux crustacés comme les crevettes, les crabes verts et d’autres espèces minuscules qui me sont encore inconnues. Assez peu de poissons à cet endroit mis à part quelques bars et de jeunes congres en chasse. Très rarement on peut y croiser une motelle. Les poulpes y trouvent souvent quelques refuges intéressants et un terrain de chasse très fourni en étrilles et autres crabes.

Un perré c’est grand.

On l’a vu précédemment, les perrés sont d’anciens enrochements qui préservaient les embarcations échouées volontairement sur la plage de sable des courants de la marée. Celui qui nous intéresse ici s’éloigne de la plage en s’enfonçant progressivement vers le nord. Le sommet demeure sur une bonne distance entre 9 et 13 m. On peut donc y faire une plongée assez tranquille sur petit coefficient, au-delà du coefficient de 70, il vaut mieux ne pas s’aventurer trop vers le nord car la zone peut être soumise à des courants très forts. Petit rappel au cas où, hors de question d’aller dans cette excursion sans savoir manipuler correctement une boussole, la visibilité peut changer très rapidement. Si tout se passe bien, aux environs de 70 à 80 mètres on arrive sur une bifurcation, une partie de l’enrochement s’éloigne plein Est vers la jetée Thiers et une autre vers le nord ouest. Une zone que je n’ai pas encore explorée, celle allant vers l’Est étant plus sécurisante à mon goût.

Cette balade peut conduire à s’éloigner sur une longue distance, mieux vaut rester prudent, il y a plus de vie dans la première partie, en tous cas bien assez pour en garder un excellent souvenir.

Et on voit quoi d’autre sur ce perré ?

En dehors des crustacés on peut trouver quelques espèces de nudibranches, le plus commun est sans réserve la Doris citron. Mais on peut trouver aussi des Doris rouges, des cantabriques et même des limaces à bigoudis. Dans un autre registre les hermelles se trouvent décorées à la saison d’une belle quantité de marguerites jaunes et d’anémones vertes.

Bien évidemment, en cherchant un peu on peut trouver plein d’autres animaux marins comme les galathées, les ophiures, les vers marins tels que les sabelles et autres, les ascidies et les éponges, tout un tas de mollusques dont la fameuse Lime. Bref, autant de bonnes raisons de se persuader qu’au bassin il n’y a pas qu’Hortense ou le port de La Vigne.

Et dans les prochains articles on parlera de quoi ?

Dans le prochain article je parlerai des poissons plats et des raies qui sont une des attraction de l’endroit. Dans le suivant, qui sera probablement le dernier de cette longue série, je parlerai des épaves qui y sont accessibles directement en plongeant depuis le bord.

Je vous souhaite donc de bonnes lectures dans le blog et d’excellentes plongées si vous pouvez mettre la tête sous l’eau prochainement.

Retour de vacances

Retour de vacances en Corse

S’il est au moins une chose qui ne dure pas assez longtemps, c’est bien les vacances, surtout s’il fait beau, que le paysage est magnifique comme en Corse et que l’eau est non seulement transparente mais aussi très chaude (comparée au bassin d’Arcachon).

Bref encore une fois le séjour en Corse a été un vrai régal, quoique je me serais satisfait de températures ambiantes plus fraiches. Fleurter avec les 40°C c’est trop pour moi, mais bon, c’est une bonne occasion de chercher le frais d’une bonne sieste, lol.

Ceux qui me connaisse auront deviné que je me suis appliqué à ramener dans les valises pas mal de belles photos. Je vais vous en présenter quelques-unes ce soir évidemment, puis beaucoup d’autres tres belles d’ici quelques jours à travers un petit récap dans ma page « Voyage« .

Dans le bleu on peut chercher quelques gros spécimens comme ici un banc de dentis. Mais en regardant dans les failles ou les trous les poissons plus petits sont encore plus intéressants comme cette magnifique perche de mer.

Toujours dans les tailles réduites, les girelles sont nombreuses et à force de chercher du mérou partout on ne les voit presque pas. Pourtant ça vaut le coup de passer un peu de temps à regarder dans les failles. Pas mal de castagnoles, serrans et autres s’y mettent à l’abri.

D’ailleurs dans les failles on trouve aussi de magnifiques plafonds recouverts d’éponges très colorées ou de colonies d’anémones encroûtantes jaunes. En remontant vers la surface on trouve des zones dégagées où les herbiers de posidonies sont abondants.

Bref je vais vous parler de tout ça plus en détail très bientôt sur ma page « Voyages » comme promis.

Et la reprise des sorties au bassin ?

J’aurais aimé bien sûr remettre la tête sous l’eau comme d’habitude au Cap Ferret mais plein de contre-temps et une méchante tendinite à une épaule m’imposent de rester encore quelques jours au calme. Ce n’est que pour mieux me préparer à retourner dans l’eau froide et opaque pour y chercher d’autres espèces de nudibranches.

Du coup je vais en profiter pour préparer aussi quelques articles qui devraient vous intéresser j’en suis certain.

Restez donc attentifs, tout ça c’est pour très bientôt.

Petit bilan.

Avant la reprise, c’est toujours le moment d’un petit bilan. Cet été vous avez été de plus en plus nombreux à visiter le blog et je vous en remercie. Savoir que le travail fourni plait ou qu’il apporte quelque chose qui sort de l’ordinaire à mes visiteurs est une excellete motivation pour continuer à faire vivre ce site.

La fréquence des visites progresse avec une tendance positive tout comme le nombre de pages vues (de l’ordre de la centaine par jour). C’est très peu sans doute, mais aussi beaucoup compte tenu du fait que mon blog reste confidentiel et qu’il n’a aucune vocation commerciale. Je voulais un blog visuel et culturel, je crois que j’arrive tant bien que mal à cet objectif. En tous cas je suis ouvert aux suggestions tant qu’elles restent amiables.

J’essaie d’apporter de la variété tant sur les thèmes des articles que sur les contenus photos. Encore une fois, vos commentaires ou vos likes seront les bienvenus.

Pour mémoire.

Pour mémoire justement, peut-être faut-il rappeler ici que je ne suis, ni docteur en biologie marine, ni moniteur photo à la féfé, ni même spécialistes des sciences de la mer en général. Le travail que je présente ici est simplement le fruit de mes propres recherches sur des questionnements qui me viennent de temps en temps, comme à tout un chacun. Je voudrais simplement partager avec vous et vous donnez l’envie d’aller jeter un oeil sous la surface à l’occasion. J’ai vu que quelques-une de mes illustrations sont reprises ailleurs, bon, ben c’est bon signe je trouve, ça veut probablement dire qu’elles sont de qualité.

Si mes articles vous plaisent.

Si mes articles vous plaisent, pensez à en faire de temps en temps la publicité, ça sera ma meilleure récompense.

En vous souhaitant bonnes lectures, je vous souhaite de bonnes plonges, il est encore temps d’en profiter.

Comment l’homme et les poissons voient les couleurs




Comment l’homme et les poissons voient les couleurs

La vision des couleurs chez l’homme et chez les poissons, similitudes et différences. Première partie.

La vision des couleurs chez l’homme et chez les poissons serait-elle identiques? Après la rédaction de deux articles importants sur la disparition des couleurs dans l’eau en fonction de la profondeur et sur la turbidité des eaux du bassin, je me suis fait la réflexion suivante: Pourquoi donc la nature a-t-elle prévu que les choses immergées aient potentiellement des couleurs puisqu’il est presque impossible de les observer sans l’apport d’une source de lumière autonome ?

Pour répondre à cette question, je me suis tourné vers le net à la recherche d’informations ou d’études sur le sujet et je vous livre ici, sans prétention, le fruit de cette quête.

Le texte nécessaire serait trop long pour un seul article. Aussi je vous propose de le partager en deux parties. La première partie ci-dessous parlera de la vision chez l’homme. La deuxième viendra assez vite derrière pour faire le point sur le cas des poissons.

Généralités sur la vision humaine.

Un mécanisme physiologique complexe.

S’il est au sommet de la chaîne de l’évolution, l’homme est loin d’avoir une vision au top. D’autres espèces animales ont en effet développé des capacités bien plus performantes dans des domaines comme la vision de loin ou encore la vision nocturne. Pourtant presque aucune ne voit les couleurs comme nous. Les chats par exemple, comme les vaches, ne distinguent que très peu le rouge et voient plutôt leur environnement dans le bleu et le vert

L'œil humain est une petite merveille de l'optique animale Hx20v 2

Notre œil est évidemment l’outil de base de notre vision. Pour faire simple, il est équivalent à l’optique et au capteur électronique d’une caméra moderne. Dans la caméra c’est le processeur vidéo et les programmes de traitement des images qui nous permettent d’en avoir le rendu en couleurs. Pour l’homme cette fonction est assurée par le cerveau. Il transforme les informations sensorielles transmises par l’œil à travers le nerf optique et grâce à quelques processus cérébraux, il nous rend capables d’observer les formes, les textures, les couleurs ou encore d’estimer les distances, les reliefs ou les caractéristiques d’un mouvement.

Coupe d'un oeil humain

Notre cristallin est déformable. Cette caractéristique permet à l’œil de focaliser correctement les images sur la rétine. Malgré la sophistication de l’œil, on peut souffrir de quelques handicaps comme la myopie ou l’hypermétropie. Le myope voit bien de près mais mal de loin, l’hypermétrope c’est l’inverse.

Super, mais la vision des couleurs concrètement, ça marche comment ?

Pour comprendre la vision des couleurs, il faut allez dans l’œil voir se qui se passe. Les rayons de lumière pénètrent l’œil par la cornée, traversent le cristallin et se retrouvent focalisés au fond de l’œil sur la rétine.

Hors, le fond de l’œil est tapissé de très nombreux capteurs photosensibles appelés cônes et bâtonnets. On compte environ 6 à 7 millions de cônes pour chaque œil. Ils sont concentrés sur le centre de la rétine. En fait, il existe 3 types de cônes dont chacun est spécialisé dans la « vision » d’une couleur particulière, ou plus exactement d’une longueur d’onde spécifique. Un premier type de cônes permet de « voir le rouge, un second le vert et le dernier le bleu. Quelques rares personnes possèdent un quatrième type de cônes mais c’est trop particulier pour en parler dans cet article.

Absorbance des cônes

Chaque type de cônes dispose d’un pigment spécifique pour une des trois longueurs d’onde correspondant au rouge, au vert ou bleu. Lorsque ce pigment est touché par un rayon de lumière assez puissant, le pigment est détruit, ce qui libère une impulsion électrochimique véhiculée jusqu’au cortex cérébral. Heureusement, le pigment est très rapidement régénéré pour permettre une nouvelle impulsion.

A moins de souffrir de quelques déficiences, les gens ont donc une vision trichromique pour peu que l’éclairement soit suffisant, ce qui est le cas la journée. La nuit la lumière est trop faible pour que les mécanismes photoniques des cônes fonctionnent.

Et la nuit alors ?

Justement, la nuit, l’éclairement est bien trop faible, les cônes ne peuvent assurer correctement leur fonction car les pigments ne fournissent plus d’influx nerveux, ou en tous cas, pas assez. C’est donc les bâtonnets, beaucoup plus nombreux ( plus de 100 millions), qui vont assurer le fonctionnement de l’œil. Malheureusement, les bâtonnets sont principalement sensibles aux niveaux de gris, même si leur caractéristique d’absorption est proche de la lumière verte. Ils ne permettent pas de voir en couleurs. Ils occupent une position plus excentrée que celle des cônes sur la rétine. Ils sont même quasiment absents de la section la plus sensible au centre de la rétine.

Pour pouvoir observer un objet dans la pénombre il ne faut donc pas le regarder de face mais légèrement de travers de telle sorte que les bâtonnets puissent recevoir le flux lumineux. On appelle ça avoir une vision périphérique.

Vision en relief, accoutumance, éblouissement et acuité visuelle.

Le fait d’avoir nos deux yeux positionnés sur le devant du visage conditionne une vision binoculaire. Nous pouvons grâce à cela voir en relief. Cet avantage à aussi un inconvénient majeur, notre champ visuel est réduit à environ 180°. Cela nous empêche de voir correctement sur les côtés et nous prive d’apercevoir ce qui se passe dans notre dos.

Les bâtonnets ont besoin d’un temps d’adaptation à la faible luminosité pour être totalement efficaces. C’est l’accoutumance. Il faut compter un bon quart d’heure pour cela. Malheureusement, l’éclat brusque d’une lumière, même peu puissante anéantit instantanément le bénéfice de l’accoutumance à la faible luminosité.

Les bâtonnets sont des éléments fragiles. Une trop forte lumière appliquée trop longtemps les détériore. Une longue exposition peut même les détruire irrémédiablement. L’œil humain dispose de deux dispositifs de protection contre l’éblouissement. La paupière en se fermant presque instantanément empêche la lumière de nous aveugler. L’iris quant à lui se comporte un peu comme le diaphragme d’un appareil photo, il se ferme pour adapter la quantité de lumière pénétrant dans l’œil. Cependant, cette fermeture est relativement lente. Hors la nuit l’iris est ouvert à fond, la pupille ( le trou au milieu de l’iris) est alors largement dilatée et il lui faut un temps assez long pour pouvoir se fermer.

L’acuité visuelle n’a pas grand chose à voir avec la vision des couleurs. C’est juste la capacité à distinguer un objet de très petite dimension placé loin de l’œil. Tout le monde se rappellera le test d’acuité visuelle pratiqué chez les ophtalmologues avec la planche à lettres de différentes grosseurs.

Voila pour l’essentiel qu’il faut retenir sur la vision humaine des couleurs. Je vous retrouve très bientôt pour la deuxième partie de cet important article avec cette fois la vision chez les poissons. Promis, je fais aussi vite que je peux pour cette prochaine publication.

Si ce blog vous plait, n’hésitez pas à en parler autour de vous. Vous pouvez aussi vous abonner ou bien laisser un petit commentaire, ça fait toujours plaisir.

Voir la suite.


Ajout d’une galerie photos sur les congres du bassin




Le Congre

Congre Hortense bassin Arcachon 2014

Vous trouverez 1 nouvelle galerie photos chez les poissons, il s’agit d’une collection de plusieurs photos de divers congres photographiées sur les fonds sableux d’Arcachon et sur les rochers du Cap Ferret.

Vous trouverez également un texte en VIE MARINE sur ce poisson de taille impressionnante.

Bon visionnage et bonne lecture.