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Photo et vidéo, retouche ou pas retouche ?

Retoucher ou pas une vidéo ou une photo ?

J’avais gardé ça assez discrètement mais j’ai passé une dizaine de jours de vacances en Martinique. L’occasion vous vous en doutez de faire quelques plongées avec une partie de mon bardas photo. C’est un peu encombrant tout ce matos mais ça vaut vraiment le coup de se fatiguer un peu. On a discuté photo et technique, bien évidemment, avec quelques autres plongeurs et je me suis rendu compte que pas plus la retouche photo que la retouche vidéo ne sont réellement connues. Je me suis donc dit que ce serait probablement une bonne idée que de faire ici un petit point sur la question avant de reprendre mes articles sur le bassin d’Arcachon.

Quelles différences entre photo et vidéo ?

On pourrait effectivement se poser la question de savoir quelles différences il y a entre une photo sous-marine et un clip tourné dans les mêmes conditions. La réponse est pourtant presque logique, il n’y en a pas, un clip vidéo n’est simplement que la juxtaposition, dans l’ordre, d’une série d’images (et donc de photos) placées les unes à côté des autres et dont le défilement rapide donne l’illusion d’une continuité du fait de la rémanence de la lumière sur notre fond de l’œil. Pour la retouche des deux types d’images on va juste utiliser de préférence des logiciels dédiés, il en existe pas mal de disponibles sur internet.

Pourquoi retoucher une photo ou une vidéo ?

Notre œil est un outil formidable, il est très sensible à la lumière du jour et il est assez fiable, tout au moins pendant nos jeunes années. Mais alors pourquoi les couleurs que l’on observe avec un masque ne sont pas les mêmes que celle d’une photo ?

En fait notre œil n’y est pour rien, les coupables s’il doit y en avoir sont l’appareil utilisé et notre cerveau. En effet, notre œil n’est simplement que l’association d’une lentille optique et d’un capteur sensible à la lumière. Les informations transmisent au cerveau sont donc des données brutes qui nécessitent un développement, un traitement du signal si vous préférez. Notre cerveau se comporte alors comme un ordinateur disposant de divers programmes de retouche qui lui permettent de reconstituer une image qui doit être la plus fidèle possible, non pas à la réalité, mais à ce que le cerveau estime qu’elle doit être en fonction de ce qu’il a en mémoire de ses expériences passées.

Sous l’eau nous l’avons déjà décrit, les couleurs ne pénètrent pas en profondeur sur les mêmes distances, le rouge disparaissant très vite dès les premiers mètres contrairement au bleu qui est visible jusqu’à très grande profondeur.

Bon c’est bien beau tout ça, mais ça n’explique toujours pas la différence d’appréciation avec le rendu d’une photo ou d’un film sous-marin et ce que dit notre « vision ». Et bien c’est assez facile à comprendre. L’appareil numérique enregistre des données brutes en grandes quantités sur la luminosité, la couleur, la netteté, les contrastes etc… Pour les appareils photos disposant de la ressource, ceux-ci enregistrent tous ces détails dans une mémoire appelée fichier Raw, pour ceux ne disposant pas de cette option, le format d’affichage est dit compressé, le plus souvent en jpeg, après avoir subit un traitement informatique. Chaque constructeur est de ce point de vue différent des autres pour des questions de propriété intellectuelle sur les logiciels, quand bien même ils utiliseraient le même capteur optique, ce qui est d’ailleurs souvent le cas.

Cela signifie que pour une même photo prise avec des appareils différents, le résultat seront différents sur chaque appareil, à quelque chose prêt bien sûr. Il n’y a donc pas UNE réalité, mais autant qu’on peut en créer avec le matériel, notre cerveau y compris.

Retouche ou pas alors ?


La retouche photo embellit les couleurs et permet d’éliminer les brumes bleues.

Retouche bien évidemment !!, votre objectif étant je présume de ramener de beaux souvenirs, il n’est pas forcément besoin qu’ils soient exactement fidèles à ce que vous avez vu, ce dont entre parenthèse vous êtes bien incapables de vous rappeler quelques jours plus tard sinon à travers une vague sensation de…, et comme je le disais, rien n’est moins sûr.

Bref, que faire ? Hé bien, pas grand chose si vos photos ou vos films sont malheureusement mal exposés, flous et sans aucune couleur hormis du bleu partout. Aie, là ça fait mal.

C’est bien joli, mais on fait comment pour que ce ne soit pas le cas ?

Votre handicap sous l’eau c’est le manque de couleurs, si vous voulez en avoir, pas d’autre solution que de les y apporter grâce à des flashs ou à des lampes. Malheureusement l’eau absorbe très vite les couleurs et même avec de l’eau claire comme aux Antilles, pas question d’obtenir de belles couleurs à plus d’un mètre avec des phares et deux ou trois mètres avec des flashes. Aie, ça fait mal aussi ça !!, bon on fait quoi alors ?

Que retoucher et avec quoi ?

J’aurais du dire en premier: avec quoi !! Avec un logiciel d’ordinateur bien sûr. Je n’ai pas pour objectif de faire de la pub pour une marque ou une autre, votre choix possible est vaste, que ce soit entre les gratuits et les payants, mais aussi entre les chers et les pas chers, voire même entre les efficaces et les inefficaces.

Bref, fouillez les forums pour vous faire une idée selon vos moyens et vos goûts.

J’avais proposé il y a quelques temps un article sur l’utilisation des filtres, en particulier d’un filtre rouge dont la fonction est de bloquer une partie du bleu. Ce n’est pas à l’usage une solution pratique. Elle dépend trop dans ses résultats de la position du soleil, de la clarté de l’eau, de la profondeur, bref de plein de paramètres qui sont susceptibles de varier pendant la plongée et donc ce n’est pas un filtre mais plusieurs filtres qu’il faudrait utiliser, imaginez la galère.

Ok, vous allez regardez ça, très bien. Reste donc à savoir quoi toucher en retouche.

En premier lieu, faites toujours votre travail sur une copie, on ne sait jamais, surtout lorsqu’on débute dans ce travail. Il manque la plupart du temps deux couleurs essentielles, le rouge et le jaune. L’idée de base est donc d’en ajouter par petites doses pour ne pas trop s’éloigner d’un effet objectif de la modif. Il faut bien évidemment enlever du bleu, mais attention, n’y allez pas trop fort, sinon l’eau ne sera plus bleue, mais presque grise ce qui n’est évidemment pas la réalité.

La plupart des appareils offrent un réglage appelé « Balance des blancs » que les caissons étanches gardent accessible. Mais sous l’eau l’utiliser est loin d’être évident. Ce réglage permet de recaler la lecture d’une couleur blanche, je devrais dire plutôt un gris moyen, le plus proche possible comparativement à un gris étalon qu’il est possible d’acheter, mais qui de mon point de vue n’est pas nécessaire. L’idée si vous voulez est de régler l’appareil pour qu’un objet blanc ressorte blanc sur la photo. Pratique dans le principe, beaucoup moins dans la pratique, sans parler des pertes de temps à faire les réglages.

Bref, autant passer du temps devant un ordinateur, c’est presque plus efficace. Avant même de tenter d’équilibrer les couleurs vous devriez ajuster le même petit réglage de la balance des blancs mais cette fois ci avec un logiciel de retouche, on procède par tâtonnements successifs jusqu’à obtenir un résultat acceptable, au début c’est un peu fastidieux mais une fois qu’on commence à maîtriser le logiciel, ça devient intuitif et c’est même un vrai plaisir dont vous aurez très vite du mal à vous passer.

Retoucher c’est pas tricher un peu ??

N’écoutez pas les donneurs de leçons, si corriger une photo c’était tricher, il y en aurait plein les poubelles, que ce soit celles en noir & blanc ou autres et pas un seul magazine de photo ne se vendrait. Votre travail est simplement d’embellir, c’est presque de l’art finalement. Vous ne mettriez pas un Picasso ou un Dali à la poubelle parce qu’ils ont déformer leur modèle féminin. Bon, on est d’accord, donc faites vous plaisir avant tout et si la photo ou le film de vos plongées est au final plus beau que ce que vous avez vu, et bien tant mieux, non ?

S’il y a de la demande je peux faire quelques petits tutos, mais si vous cherchez un peu, il en existe déjà beaucoup sur YouTube par exemple. Vous serez d’autant plus fiers des résultats si c’est vous qui avez fait l’essentiel du travail de recherches et d’essais, alors n’hésitez plus, osez la retouche de vos photos et de vos films.

Filmer avec ou sans filtre rouge ?



Photos et films en eaux claires.

Je rentre très récemment d’un séjour en Martinique où j’ai pu faire quelques plongées très sympas dans les eaux claires du sud de l’île, côté Mer Caraïbe, et plein de photos et de clips vidéos. Quand on a pris l’habitude au Bassin d’Arcachon de plonger avec de l’eau turbide, la limpidité de l’eau la-bas et sa température uniforme de 27 à 28 degrés de la surface jusqu’au fond sont un vrai régal.

J’avais pris la précaution d’emporter avec mon matériel photo un filtre rouge dont je comptais bien mesurer l’influence sur la prise de vue et comparer les résultats obtenus avec ce qu’il est possible de réaliser en retouche photo ou en retouche vidéo une fois revenu en métropôle.

Quelques notions de base.

Pourquoi un filtre rouge ?

Comme je l’ai développé dans mon article sur la couleur dans l’eau, la lumière blanche du rayonnement solaire est en fait constituée de plusieurs longueurs d’onde. Chacune d’elle représente une couleur simple comme le jaune ou le bleu. Hors, ces longueurs d’onde sont plus ou moins absorbées par l’eau et disparaissent progressivement en fonction de la profondeur.

Le rouge est la première couleur à disparaître une fois passé les 5 premiers mètres. Le bleu peut lui atteindre des zones beaucoup plus profondes. L’oeil humain transmet au cerveau des informations que celui-ci est capable d’analyser et de modifier pour nous donner une sensation de couleurs ou de tonalités légèrement différentes de la réalité.

Un appareil numérique ne dispose pas d’un tel système d’adaptation………

Cliquez sur ce lien pour découvrir l’article en entier..


Comment les poissons voient-ils les couleurs. Partie 2.




Comment l’homme et les poissons voient-ils les couleurs

La vision des couleurs chez l’homme et chez les poissons. Partie 2.

Comme promis lors de ma dernière publication, voici la deuxième partie du texte sur la vision des couleurs chez nos amis les poissons.

Vu que je ne suis pas biologiste (voir mon à propos), ce qui va suivre est donc simplement une petite synthèse de mes recherches ici où là concernant la vision animale. Mon objectif est seulement de vous faire partager des informations parfois assez surprenantes, en tous cas, peu courantes. En effet, la vision animale, en particulier celle des poissons, est assez peu étudiée scientifiquement.

Généralités sur la vision des poissons.

La vision chez les poissons, un domaine peu étudié.

Vouloir comprendre la vision chez les poissons c’est s’engager dans une recherche assez longue pour trouver quelques publications sérieuses ou bien documentées. Dans ce domaine d’étude, les analyses scientifiques en France mais aussi à l’étranger ne courent pas vraiment les rues (en tous cas, pas en français).

Par contre il est facile de trouver et de lire quelques articles intéressants sur les blogs de passionnés de pêche à la ligne. Manifestement, beaucoup de spécialistes de cette discipline se sont assez longuement intéressés à l’influence de la couleur des leurres sur le taux de réussite de leurs prises. Que ce soit d’ailleurs pour la pêche en rivière ou pour la pêche en pleine mer.

Des différences physiologiques assez frappantes avec l’œil humain.

grondin 1 œil de grondin du bassin d'Arcachon

L’œil des poissons a un certain charme en plongée. Il brille parfois de belles couleurs et permet de faire quelquefois des photos très sympas car il est vraiment différent du notre d’un point de vue physiologique.

Tout d’abord, les poissons n’ont pas de paupières, ils ne peuvent donc pas fermer les yeux comme nous. Ensuite on constate facilement que leur pupille est énorme comparée à la notre. On peut facilement imaginer que cela leur permet de laisser entrer dans leurs yeux plus de lumière et donc de mieux voir en très faible lumière.

On peut le voir sur les deux photos ci-dessus, lorsqu’on éclaire un œil de poisson il prend des colorations très belles qui trahissent une paroi intérieure assez spéciale et très réfléchissante. La lumière d’une lampe ne fait pas se fermer l’iris du poisson alors que le notre se contracte plus ou moins rapidement pour diminuer le diamètre de notre pupille, nous évitant ainsi d’être éblouis. Chez le poisson, les bâtonnets de la rétine seraient capables de se rétracter en partie pour se retrouver protégés des fortes lumières.

Vous aurez aussi noté que contrairement à nous, les yeux du poisson ne sont pas placés frontalement, mais sur le côté de la tête. De plus, ils ne sont pas enfoncés dans des orbites, mais sont proéminents. De plus, chacun des deux yeux de l’animal peut bouger indépendamment. Cela lui offre la possibilité d’étendre le champ visuel très largement au-delà du notre, presque jusqu’à 300° (180 pour nous). Autre curiosité, comme chaque œil est indépendant, il peut « rouler » de telle sorte à pouvoir observer des détails au-dessus et en-dessous du poisson.

Un mécanisme physiologique malgré tout assez proche de celui de l’homme.

Du fait de la grande diversité des espèces de poissons, des différences notables de la configuration des yeux existent d’une espèce à l’autre. Il n’est pas question dans ce chapitre d’en faire un inventaire précis mais plutôt de dégager les caractéristiques essentielles qui nous permettront de nous faire une idée des perceptions visuelles qu’ont ces animaux.

oeil de poisson 2 Vision bino chez les poissons

Comme chez l’homme, la chaine sensorielle de la vision commence par l’organe récepteur de la lumière qu’est l’œil. L’influx nerveux transmet les informations rétiniennes au cerveau du poisson par l’intermédiaire du nerf optique. Jusque là point de différence avec nous. Par contre, la rétine des poissons possède beaucoup plus de bâtonnets que notre propre rétine. Ils sont donc mieux armés que nous pour voir par faible luminosité et surtout la nuit.

Les poissons ont un cristallin presque sphérique. Il traverse assez fortement l’iris pour venir presque effleurer la cornée. Contrairement au notre, leur cristallin ne peut changer de forme pour accommoder le trajet de rayons lumineux. Il peut juste être légèrement déplacé en arrière grâce à un muscle placé au dessous de lui. Du coup, en vision de loin, les rayons lumineux sont assez vite réfractés et sont focalisés en avant de la rétine ce qui rend l’image floue. En vision de loin le poisson souffre donc de myopie. Rien de bien grave, sous l’eau de toute façon on ne voit jamais très loin. En vision de près par contre, les rayons de lumière subissent moins de réfraction en arrière du cristallin et surtout sans aucune aberration chromatique du fait que le cristallin n’est pas déformé. Ils focalisent alors un peu plus loin sur la rétine. Les poissons voient donc très bien de près.

Les poissons ne voient pas tous les mêmes couleurs.

Tous les poissons ne sont pas logés à la même enseigne, leurs capacités à voir les couleurs dépendent de leur mode de vie ( en particulier en phase de reproduction), du milieu environnant (récif de corail, sable…), et de la profondeur à laquelle ils vivent (en dessous d’une centaine de mètres il n’y a aucun intérêt à voir les couleurs, il n’y en a pas). Ce n’est pas tout, des différences notables existent selon que le poisson est plutôt une proie (la vision est orientée vers la surveillance) ou bien un prédateur (les chasseurs possèdent une vision plus frontale).

La plupart des poissons qui vivent en eaux claires près de la surface ont comme nous une vision trichromique très performante. Ils voient donc en couleurs et cela soulève bien évidemment de gros débats entre pêcheurs quant à savoir quelle et la meilleure couleur à adopter pour une mouche, une turlute ou une cuillère. On trouve d’ailleurs sur le net des articles assez bien fournis sur ces débats concernant la truite, le blass, le brochet, la carpe et bien d’autres.

Mais ce n’est pas tout, certains poissons seraient capables de voir dans un domaine de spectre qui nous est totalement inconnu, ils verraient dans l’ultraviolet. Cette capacité semble jouer un rôle très important dans les modes de communication au sein des espèces car les proies et les prédateurs ne voient pas la même gamme de couleurs ultraviolettes. D’autres enfin ne voient qu’en bichromie, c’est en général le rouge qu’il ne voient pas.

Le rouge est d’ailleurs une couleur répandue chez les proies, n’oublions pas que c’est la couleur la plus vite absorbée dans l’eau. En profondeur ce qui est rouge apparait donc noir pour les prédateurs. Avantage certain pour les proies si ce n’était que les prédateurs bénéficient d’un sens de l’odorat particulièrement développé avec lequel ils chassent beaucoup plus qu’avec la vue, surtout les prédateurs nocturnes qui voient très mal malgré des yeux énormes (le congre par exemple). Dans les grandes profondeurs les poissons peuvent développer des capacités étonnante à capter la moindre lumière. Ainsi la sensibilité aux faibles lumières pourrait être près de 100 fois meilleure que la notre.

Conclusions

J’espère que vous aurez trouvé cet article intéressant. J’ai essayé de faire le plus concis possible sans être trop approximatif.

N’hésitez pas à commenter, à préciser pourquoi pas certaines informations de ce texte. Si vous le partagez, faites m’en part, ça me fera plaisir.

Je vous dis à bientôt pour d’autres articles. Bonnes plongées à tous et toutes.