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Les épaves facilement accessibles de St-Yves.

Un retour de vacances s’accompagne toujours d’une reprise de travail, je vous ai donc concocté un article sur les épaves à explorer près du bord devant la ville d’Arcachon.

Les épaves des perrés d’Arcachon et du trou St Yves.

Après avoir expliqué récemment ce qu’est le trou St-Yves je peux maintenant aborder le sujet des épaves visitables depuis le bord devant la ville d’Arcachon. Évidemment il existe de nombreuses épaves dans et en dehors du bassin plus difficiles d’accès, pour les visiter, il faut s’adresser aux clubs de plongée locaux ou disposer soi-même d’un bateau, mais ce n’est pas mon propos ici.

Rappel sur ce que sont les perrés d’Arcachon.


Un perré bien visible et la mise à l’eau d’où débuter les explorations.

J’ai déjà parlé des perrés et de leur origines à travers différents articles ces derniers mois. Je vous invite donc à découvrir ces textes et même pourquoi pas à les relire car il serait trop long de redévelopper leur contenu maintenant. Un petit résumé est tout de même nécessaire.

Les perrés sont des empierrements que les anciens avaient érigé pour protéger la cote intérieure du bassin d’Arcachon des assauts des vagues et donc de l’érosion. Certains sont pourtant perpendiculaires au trait de cote. On peut en voir quelques-uns sur la plage du Moulleau au sud de la ville.

Leur utilité était de freiner ou de casser l’élan des courants marins le long de la cote. En effet, avant l’installation des ports tout autour du bassin, de nombreux bateaux déchargeaient ou au contraire embarquaient leurs marchandises directement sur les plages de sable, ce qui les exposait aux marées dont la puissance déplace à l’extérieur mais aussi dans le bassin des quantités extraordinaires de sable. Petit à petit les empierrements se sont progressivement enfoncés au fur et à mesure de la disparition de leur support pour se retrouver maintenant entre 9 et 23 m sous les eaux.

Les épaves visitables depuis le bord.


Un plan approximatif des épaves évoquées dans cet article.

Il n’est guère facile de trouver des archives précises sur toutes les épaves du coin, mais la plus célèbre et sans doute la mieux documentée, est celle du chalutier en bois le Côtre Bleu. Bien que très abimée elle attire encore nombre de plongeurs.


Le chalutier le Côtre Bleu.

Pour y accéder, il faut suivre un Cap au 330 en partant de la mise à l’eau en face de la rue St François d’Assise. Le mieux est de la visiter sur basse mer et impérativement par bonne visibilité. En effet il n y a pas moins de 90 a 100 m de palmage par 14 à 15 m de fond pour l’atteindre.


Le volant de la vedette, une belle épave en bon état. Taille environ 2 m sur 7.

En partant de la même mise à l’eau, on peut aller chercher l’épave d’une vedette encore équipée de son moteur. Pour la trouver, il faut prendre un cap au nord en longeant dans cette direction le sommet du perré sans trop descendre tout de suite sur le flanc est. L’épave est en effet située à environ 80 m du bord par 17 m de fond à droite du perré. L’étrave est orientée au nord et c’est donc par le moteur ou l’entrée de la cabine qu’on tombera dessus. Petite info utile, deux gros poteaux en ciment se trouve environ 2m plus bas plus à l’est. Si vous les trouvez c’est donc que la vedette se trouve quelque part juste au-dessus plus à l’ouest. La ballade pour cette épave se fait de préférence sur pleine mer.

Toujours en partant de la même mise à l’eau, on peut trouver sur la droite à environ 50 ou 60 m en prenant un cap à l’est et en descendant dans la zone des 10 a 12 m l’épave d’une barge dont l’origine m’échappe. Quasiment ensevelie sous le sable il n y a plus grand chose à y voir si ce n’est des raies torpilles en train de se reposer (faire attention où on pose les mains). La seule partie intéressante se situe quelques mètres plus au nord par 15 m de fond. Orienté sud- nord, un mur d’environ 4 m de large sur presque autant de haut semble sortir soudain du sable. En y prêtant attention on peut y découvrir quantités de concrétions, d’éponges, d’ascidies et même parfois quelques nudibranches. La ballade pour cette explo se fait sur pleine mer sur un banc de sable sans aucun repère, maitrise de la boussole obligatoire. Petit indice, juste à coté on trouve une protubérance légèrement inclinée, de quelques 50 cm de diamètre et sortant du sable sur près d’ 1,5 m. Le mur se trouve moins de 2m plus au nord-ouest.

la sécurité avant tout.

Le spot de St-Yves est un endroit dangereux du fait des courants et contre-courants puissants, de la faible visibilité (parfois moins de 30 cm en hiver), du manque de repères sous-marins, des distances et des profondeurs importantes ou encore des nombreux bateaux à moteur qui croisent à proximité. J’ai failli oublier les bas de lignes des pécheurs, ouf !.

On ne s’aventure pas ici sans l’aide d’un habitué. Il serait dommage de prendre des risques inutilement. La consommation d’air doit être particulièrement surveillée, en cas de problème ou de doute, il vaut mieux savoir renoncer. S’il s’agit juste d’un problème d’orientation, prendre cap au sud jusqu’à trouver un fond de 3m ou moins, seul signe valable de la proximité du bord de plage.

Conclusion.

Au final, malgré la satisfaction de les trouver, les épaves visitables depuis le bord à St-Yves présentent peu d intérêts de mon point de vue. Autant profiter de la sortie pour être plus attentif aux richesses biologiques parfois surprenantes de ce site de plongée de moins en moins fréquenté au bénéfice des spots de plongée de la pointe du Cap Ferret plus au nord.

St Yves, c’est quoi ?

St Yves, un des sites de plongée les plus connus du bassin d’Arcachon.

St Yves évoque pour beaucoup de plongeurs locaux un site ensablé moyennement profond sur lequel les clubs font découvrir aux néophytes l’épave déglinguée d’un vieux chalutier en bois, le Côtre Bleu.

Mais pour les plus aguerris c’est certainement le lieu de plongée le plus profond à l’intérieur de bassin. En effet, assez loin du bord, sur un plateau dans la zone des 15 à 17 m, une dépression sur le fond sableux s’enfonce assez brutalement jusqu’à plus de 30 m. C’est le Trou St Yves. Très bien, mais bon, St Yves c’est qui ? levons le voile sur cette question.

La villa St Yves.


St Yves c’est avant tout le nom d’une célèbre villa repérable sur le front de mer à sa petite tour. Quelques dizaines de mètres plus au nord se trouve le ponton de la Chapelle.

La villa St Yves à été construite au début de 19° siècle puis réaménagée depuis à plusieurs reprises selon les goûts des différents propriétaires successifs. Située entre la jetée Thiers et le ponton de la Chapelle, c’est une bâtisse très facilement reconnaissable à sa tour belvédère de plan carré qui domine la toiture. A quelques mètres plus au Nord une extension de la rue St François d’Assise permet aux plongeurs qui fréquentent ce site d’accéder à la mise à l’eau sans importuner les pêcheurs du ponton.

Le ponton fait face à la basilique Notre Dame. C’est maintenant le seul ponton autorisé pour la pêche à la ligne. A la période estivale mais également tout au long de l’année, le nombre impressionnant de bas de lignes à cet endroit rend les plongées délicates car le site est connu pour la mauvaise visibilité de l’eau.

Le trou St Yves.

Au nord, dans le prolongement du ponton de la Chapelle se trouve une zone sableuse qui sert depuis des décennies de cimetière à bateaux et autres aéroplanes. Cette zone s’appelle le trou St Yves. Certains disent qu’il s’agirait des restes d’une ancienne résurgence d’une veine d’eau douce. Plus certainement il s’agit d’un simple décaissement dans les dunes de sables sous-marines. Sa forme globalement circulaire lui a donné son surnom de trou. Le trou St Yves se situe sur la rive concave du chenal du Teychan, c’est une zone d’affaissement du sable qui s’enfonce d’un quinzaine de mètres par rapport au plateau environnant.

Dans cette zone assez vaste de plusieurs milliers de m² ont été déposées plusieurs épaves de bateaux dont le plus visité est sans doute le Côtre Bleu, le seul qui soit facilement accessible depuis le bord.

Malheureusement, cette épave de bois s’est effondrée et disloquée sous les coups violents des marées. A cet endroit la visibilité est rarement bonne mais on peut, avec un peu de chance, en partant de la mise à l’eau et en suivant un Cap au 330 pendant une centaine de mètres, trouver l’épave de ce chalutier coulé par 14 m de fond le 22 juin 1976.

Plus au nord, mais accessibles seulement en bateau, on trouve d’autres épaves dont « La Poupe » et « La Mado ». Puis plus loin et plus profonds d’autres navires dont « Le Sentez Anna » ou encore « La Petite Fleur de Lisieux ». Il y aurait même un avion de chasse de type Mystère IV, mais je ne me rappelle pas avoir jamais entendu un plongeur dire qu’il l’avait vu.

Les perrés de St Yves

Les perrés sont des empierrements dont j’ai décrit précédemment à travers plusieurs articles la raison et les caractéristiques. Je vous renvoie à ces 5 articles car il serait trop long ici de revenir dessus.


Facilement visible par -17m une petite épave d’une vedette dont le moteur est toujours en place, l’occasion de faire une photo sympa du volant.

Facilement accessibles depuis le bord toujours par la même mise à l’eau, Les perrés permettent de rencontrer ou découvrir une faune particulière dans le bassin mais aussi d’autres épaves dont une vedette par -17m à quelques 80 mètres du bord vers le nord. Plus à l’Est et moins profonde une épave de barge très ensablée accueille crabes et autres crustacés de jeunes sars et oblades et même parfois un joli congre.

Bref, un site à découvrir, même s’il est vrai que les richesses du Cap Ferret le surclassent de très loin. Attention c’est un site qui peut s’avérer très dangereux du fait des forts courants et du manque de repères. Un guide local et une bonne maîtrise du maniement d’une boussole sont nécessaire pour une sortie en sécurité.

Les perrés d’Arcachon, la faune locale

Cela fait maintenant plusieurs semaines que j’ai commencé à parler des perrés immergés devant la ville d’Arcachon. Pour ceux et celles qui n’ont pas encore lu ces articles, je vous invite à les découvrir en cliquant sur les liens suivants: les perrés partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5.

Dans cet article je vais vous présenter la faune très particulière que l’on rencontre non pas sur les perrés, mais plutôt tout autour.

Autour des perrés, une faune particulière.

Autour des perrés ont rencontre de grandes étendues sableuses, parfois en plateaux, parfois sous forme de mini-dunes, parfois recouvertes de coquilles vides d’huitres et de moules sauvages, parfois encombrées de débris divers comme des tuiles et autres gravats de petites tailles et parfois malheureusement recouvertes de un à plusieurs centimètres d’une vase fine qui obscurcit la visibilité au moindre coup de palme.

La difficulté principale pour le plongeur y est certainement l’absence totale de repères visuels. Le propre du sable est de se déplacer assez vite au gré des courants ce qui peut entrainer des variations rapides et importantes dans le paysage sous-marin. Conclusion évidente, hors de question de s’y aventurer si on ne sait pas parfaitement manier sa boussole, et encore moins si on n’en a pas, ce qui serait presque suicidaire sur ce site de plongée.

Croire que sur ces étendues désertes il n’y a rien à voir est une erreur, au contraire, certes plus diffuse, la vie ici aussi est bien installée.

Les poissons.

Les poissons plats

Chercher les poissons plats sur les plateaux sableux n’est pas très évident. Pourtant si on est attentif aux traces discrètes laissées dans le sable, on peut en déduire la présence des soles par exemple. Les soles se cachent la journée sous une couche de sable fin dont elles se recouvrent adroitement en faisant osciller violemment leur corps, seuls leurs deux yeux émergent pour surveiller ce qui se passe ou pour localiser une proie qui passerait à proximité. La nuit on les trouve plus facilement découvertes alors qu’elles sont en chasse pour se nourrir.

Plusieurs autres espèces de poissons plats les imitent à merveille. Parmi eux ont compte les plies, les flex, les barbues, les limandes, les turbos. Bien que beaucoup moins nombreux que les soles, il n’est pas rare de croiser ces poissons sur le banc de sable à l’est du ponton de la Chapelle.

Tous ces poissons plats préfèrent les eaux peu profondes, du premier mètre jusqu’à 8 ou 10 mètres de fond, mais guère plus, sauf sans doute pour les spécimens âgés qu’on peut croiser rarement par plus de 15m.

Les poissons rampants

Toujours dans les zones peu profondes des 8 premiers mètres on rencontre rougets et grondins perlons. Ces derniers sont tout à fait étonnants. En effet, leurs nageoires pectorales bleutées sont absolument gigantesques et magnifiquement ornées de motifs sombres propres à chaque individu. Elles offrent un superbe spectacle. Ce poisson étrange ne cesse d’étonner, il répugne à nager mais préfère marcher ou courir sur le sable grâce aux 3 premiers rayons de ses nageoires pectorales qui sont indépendants et mobiles. Près de la surface on peut découvrir de temps en temps une vive recouverte de sable.

Les autres poissons.

En plongée dans le banc de sable, surtout la nuit, on peut à certaines époques se faire accompagner de bancs importants de jeunes lieus jaunes, parfois plusieurs centaines. Ces poissons d’une dizaine à une quinzaine de cm sont taillés pour la vitesse et sont impressionnants de vivacité. Leur curiosité les pousse à venir au plus près des plongeurs, parfois à moins d’un mètre mais jamais plus d’une à deux secondes. Moins rapides, on peut croiser quelques rares bars ou quelques mulets sur les contreforts des perrés. Les juvéniles peu nombreux en général de divers sars et d’oblades préfèrent souvent aux perrés les restes disloqués de quelques épaves de barges coulées près du bord de plage dans la zone des 10 m.

Les mollusques

La période de la reproduction attire dans le bassin certaines espèces habituellement plus communes de la pleine mer. Au printemps et au début d’été les seiches de mer viennent déposer leurs grappes d’œufs sur les tiges de zostères et sur les enrochements plus solides éparpillés dans le sable comme par exemple les corps-morts de bateaux. C’est un vrai régal de les rencontrer en plongée de nuit seules ou par petits groupes de 2 à 3 individus, en général un gros mâle et deux femelles.

Plus tard en été, c’est au tour des calmars de venir hanter la nuit les zones sableuses à la recherche de nourriture. Souvent il s’agit de très jeunes rarement seuls et qui sont particulièrement curieux de voir des plongeurs de près. Les adultes arborent une fière couleur rouge magnifique. Extrêmement rapides, ils n’hésitent pas à venir très près regarder les plongeurs, puis leur curiosité satisfaite ils disparaissent dans la nuit.

Le sable s’anime parfois de choses étranges qui rampent assez rapidement en pointant vers le haut une espèce de trompe d’éléphant. Ce sont des nasses. Ces minuscules mollusques dont la coquille rappelle celle d’un escargot, sont les nettoyeurs locaux. Ils arpentent parfois en très grand nombre les bancs de sable à la recherche du moindre cadavre de poisson à dévorer.

Les crustacés

Les zones sableuses près de la surface accueillent elles quantités de crabes verts et de crabes poilus. La plupart du temps ils restent ensevelis et donc invisibles, sauf lors de la période d’accouplement où les grands mâles viennent entraver les petites femelles en attendant leur mue, seule période où ils pourront les féconder. Dans les zones vaseuses ou sur les épaves des barges, les araignées se regroupent au printemps, parfois par centaines pour se reproduire. C’est toujours un spectacle surprenant.

Les anémones et cérianthes

Jusqu’à 10 12 m on peut avec de la chance tomber nez à nez avec une magnifique anémone des sables. Ses tentacules presque transparents les rend assez difficiles à identifier. Bien plus gros et donc plus facile à voir on trouve les cérianthes. Eux aussi solitaire dans les vastes étendues, ils impressionnent par leur grande taille et les magnifiques couleurs de leurs tentacules.

Les vers des sables

Certains comme les sabelles limicoles sont particulièrement rares, elles ressemblent à une espèce d’entonnoir de couleur pourpre ou mauve foncé. C’est en particulier dans le sol sablo-vaseux contre un corps mort de bateau qu’on aura le plus de chance de les trouver. Mais c’est la sabelle paon qui donnera une touche splendide de beauté et de délicatesse avec son panache plumeux qui ondule avec grâce dans le courant.

Les raies.

Sur le plateau sableux on rencontre deux principaux types de raies. La plus belle est sans conteste la raie brunette, la seconde la raie torpille. La raie brunette adulte mesure jusqu’à 1 m, il m’est arrivé d’en croiser dans la zone des 15 m. Elles sont fabuleusement belles et très faciles à photographier ou à filmer. Plus près de la surface c’est généralement des jeunes de l’année de 10 à 20 cm que l’on rencontre posés tranquillement sur le sable. Près des épaves où à l’abris des courant derrière un perré, les raies torpilles sont souvent quasi recouvertes de sable un peu comme les soles et autres poissons plats cités plus haut. Attention aux têtes en l’air, il n’est pas judicieux de poser une main maladroite sur le sable sans s’assurer qu’on n’est pas au-dessus d’une raie torpille. En effet, ces poissons sont capables de déclencher une décharge électrique douloureuse de plusieurs dizaines de volts.

Les nomades

Évidemment ce n’est pas une nouvelle espèce, je mets volontairement dans cette catégorie les poulpes et les congres qui arpentent assez souvent la nuit les bancs de sables à la recherche de crustacés pour se nourrir. Cependant ils ne constituent pas une faune spécifique des fonds sableux. c’est pourquoi je les ai gardé pour la fin.

Bilan

Vola, j’espère que ce petit bilan vous aura convaincu que même les étendues semi-désertiques des bancs de sables autour des perrés d’Arcachon méritent qu’on leur prête une attention particulière car ils abritent une faune très variée bien que peu nombreuse. En tous cas une faune parfois spécifique qu’on ne peut pas rencontrer dans les rochers du Cap Ferret.

Évidemment, ce petit inventaire est loin d’avoir fait le tour de la question car il y a bien d’autres espèces à découvrir sur le site de St Yves. J’espère que cet article vous convaincra que la mauvaise réputation de ce spot de plongée n’est pas du tout justifiée.

Les perrés d’Arcachon

Ce début d’année commence fort sur www.plongee-de-nuit-decouverte.com. Voici un article qui devrait j’en suis sûr attirer votre attention jusqu’au bout.

Les perrés de St Yves à Arcachon.

Les perrés, un ilot de vie.

J’ai souvent parlé de ces fameux monticules pierreux lors de mes compte-rendus de plongées à St Yves. En effet, ces empierrements parfois complètement effondrés, accueillent d’importantes colonies d’hermelles et avec elles de nombreuses espèces de crustacés, d’anémones ou de limaces de mer qui y trouvent refuge au milieu du sable omniprésent.

Même si je n’en faisais pas de cauchemars, je me suis souvent demandé en furetant pour faire quelques photos pourquoi ces empierrements étaient présents à cet endroit et pourquoi avec certaines directions et surtout avec une telle profondeur. J’ai donc fini par prendre le temps de chercher dans la littérature et sur internet.

Un perré c’est quoi ?

Avant de lever le voile sur la définition exacte du mot perré, je voudrais souligner que l’on trouve par-ci par-là différentes orthographes comme perrey (que j’affectionne personnellement, allez donc savoir pourquoi, d’ailleurs je ne me rapelle même plus où je l’avais trouvée moi-même !) ou encore perret et même moins souvent pairé. Mais la seule orthographe que retient le dictionnaire est bien perré. Alors bon, restons-en à ce dernier mot.

Un perré par extension est une zone de bord de mer recouverte d’un tas de pierres ou de galets, soit plus communément ce qu’on appelle un empierrement.

A Arcachon, cette structure a depuis longtemps été utilisée pour protéger le littoral de l’érosion naturelle. Le flux et le reflux à chaque changement de marée peuvent atteindre sur de gros coefficients des vitesses importantes de près de 1,5 m/s. Beaucoup de sable peut alors être déplacé ce qui est dangereux pour la stabilité des berges mais aussi pour la navigation. De plus, les fortes houles qui viennent battre la côte par grand vent sont particulièrement destructrices.

Mais avant d’en dire plus, il faut éclaircir un point particulier qui tient en la différence entre perré et digue.

Différence entre perré et digue.

Ci dessus la digue de la pointe du Cap Ferret et à droite le perré au pied de la dune du pyla.

La digue à la différence du perré sert plus particulièrement à protéger une zone de terre des vagues submersives. Sa construction en rochers et béton dépasse la hauteur des terrains à protéger. Le perré lui se trouve être un prolongement du terrain. A Arcachon ils sont plutôt orientés parallèlement au front de mer, mais parfois aussi perpendiculairement.

J’ai cherché longtemps à savoir par qui et pourquoi ont été construits les perrés devant la plage d’Arcachon, à l’est de la jetée de la chapelle. Le fait qu’ils soient présents jusqu’à 15 m de fond et jusqu’à plus de 100 m du bord était pour moi un éternel questionnement.

Pour en savoir plus il m’a fallu revenir loin en arrière dans le passé de la ville balnéaire.

Une brève histoire d’Arcachon.>

Dès la fin des années 1700, le bassin d’Arcachon avait attiré l’attention de la marine de guerre qui souhaitait sous les directives de Louis XVI y installer un port. Mais avant ça il fallait stabiliser les berges et les dunes, ce qui fut fait pendant de longues années par diverses plantations et autres aménagements.

Dans le milieu des années 1800 une ligne de chemin de fer vint relier Bordeaux à La Teste-de-Buch. En quelques années à peine fut implanté un débarcadère sur de belles plages de sable fin à 5 km au nord et avec elles les chemins permettant de le desservir, Arcachon était née.

Une intense activité maritime commença à s’installer et de nombreuses embarcations venaient déposer ou enlever diverses marchandises. Le port d’Arcachon n’existait pas à l’époque et pour protéger les bateaux des mouvements de la mer, les gens installèrent nos fameux perrés.

Ce qu’il faut voir, c’est qu’à l’époque, la plage s’étendait en pente douce jusqu’à près de 200 m du rivage actuel.

Le développement économique de la ville avait assez vite nécessité la création d’un vrai port, d’autant que les éléments naturels s’étaient à plusieurs reprises déchainés comme le montre les historiques des différentes tempêtes enregistrées depuis 200 ans ( et le malheureux réchauffement climatique n’y était pour rien à l’époque c’est certain). Petit à petit le temps a fait son œuvre, les marées ont emporté le sable, ont creusé les fonds dans lesquels les perrés se sont progressivement enfoncés pour ne devenir aujourd’hui qu’un souvenir tellement vague que plus personne n’en garde la mémoire.

Que dire de plus ?

Que dire de plus ? Ahhhh mais il y a encore beaucoup à dire !!, si si !!, et c’est pour ça que je vous invite à rester connectés sur le blog pour connaitre bientôt la suite dans laquelle je reparlerai des perrés bien sûr, mais surtout de ce qu’on y trouve, que ce soit en parlant de la faune sous-marine ou des épaves englouties dont certaines sont accessibles depuis le bord sans trop de difficultés.

Alors, je vous dis à très bientôt pour vous en raconter davantage ..

Turbidité à Arcachon, plongées galère.




Une turbidité toujours conséquente à Arcachon.

Une turbidité toujours conséquente à Arcachon.

carrelet (plie) devant Arcachon 7 juin 2015

La turbidité de l’eau à Arcachon persiste d’une façon surprenante. On a beau se dire que les choses devraient finir par s’arranger et que si au Cap Ferret on a pu vivre il y a une semaine une accalmie bienvenue avec 3 mètres de visibilité, à St Yves manifestement rien ne change.

Hier soir, pas moyen d’avoir mieux que 50 cm. L’eau était chargée d’une façon massive de nuages de flocons de boue. Le fond de sable en est entièrement recouvert de la surface jusqu’à 10 mètres de profondeur et probablement plus mais je n’ai pas tenté d’aller voir.

Danger pour les débutants !!

En quelques mois à peine, la cartographie du fond devant Arcachon a bien changée. D’importantes quantités de sable se sont déplacées et les épaves en ont fait les frais bien évidemment. L’exploration de ce site reste donc pour le moment une sortie à risque pour les débutants qui ne sont pas encore habitués à cette topographie changeante et surtout à cette turbidité catastrophique.

La maitrise de la boussole et un éclairage puissant sont absolument indispensables. L’épaisse couche de vase très opaque et très volatile qui recouvre le plateaux sableux produit au moindre coup de palme une nuage opaque qui empêche jusqu’à la lecture des instruments, même à quelques centimètres du masque.

Du coup je ne conseille pas pour l’instant la plongée sur ce site.

Le journal de ce blog.

N’hésitez pas à lire mes résumés de plongées de nuit compilés sur la page JOURNAL. Vous y trouverez des infos sur la qualité de l’eau et quelques photos que je ramène régulièrement. Si vous plongez à Arcachon, n’hésitez pas à me transmettre vos constatations sur la température de l’eau, la visibilité etc… je redonnerai ces infos dans le journal, cela peut être très utile pour d’autres plongeurs.

A bientôt pour un prochain article. Je pense le consacrer à la poussée d’Archimède. Histoire de découvrir ou redécouvrir les lois de la pesanteur et de la flotaison.