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Les perrés d’Arcachon, 4° partie

Le perré EST.

Comme je vous l’avais promis, je continue ma série sur les perrés par un petit texte sur l’empierrement dont j’ai à peine commencé à parler dans le 3° volet publié il y a 2 semaines environ.

Le perré EST c’est quoi ?


Pas facile d’imaginer ce à quoi pouvait ressembler un perré à l’origine. Sur la plage devant Arcachon on n’en voit aucune trace. Un perré sur la plage du Moulleau donne une petite idée.

Pour ceux et celles qui auraient loupé les 3 premiers épisodes, je rappelle rapidement que les perrés dont je parle dans cette série ne sont pas ceux qui protègent les berges actuelles mais ceux que les déplacements des bancs de sable ont contribué progressivement à engloutir.

Le perré Est est donc l’empierrement construit il y a plusieurs dizaines d’années tout au bout du perré partant de la plage de la ruelle St François vers le nord. A cette extrémité le perré se sépare en deux partie, une allant sensiblement vers le nord/nord-ouest, et une autre allant plein EST en direction de la jetée Thiers.

La partie haute se trouve aujourd’hui immergée dans la zone des 10 m. Les parties basses se situent beaucoup plus bas entre 17 et 24 m. Ces dernières profondeurs fluctuent assez souvent en fonction des déplacements du sable au fil des saisons et des tempêtes.

Je n’ai jamais mesuré de façon précise sur quelle longueur il faut garder le cap au nord, mais c’est approximativement entre 70 et 80 m, pas facile à dire sans faire une mesure exacte au décamètre. A ma connaissance, on ne trouve malheureusement aucune trace dans les archives des conditions dans lesquelles les perrés ont été édifiés. Si certains ont des informations sur la chose, je suis prêt à les inclure dans cette présentation en citant la source de l’information.

Quand y faire une escapade ?


La ruelle St François permet d’accéder au bord de plage pile en face du perré qui s’enfonce sous l’eau tout droit vers le nord. Attention à la glissade toujours à craindre.

La première chose très IMPORTANTE à dire est: ne JAMAIS faire cette excursion de cette zone sans un guide qui l’a déjà pratiquée. Plonger au bassin est suffisamment dangereux comme ça sans avoir à y prendre en plus des risques inutiles. Choisir de préférence un petit coefficient en dessous de 50 sur pleine mer et prévoir une plongée d’une heure maximum. Pas de plongée à cet endroit en bloc de 12 litres. Toujours par sécurité, prévoir d’être déjà sur le retour au moment de l’étale haute. En effet, certains passages sont des goulets pour le courant descendant. Ces endroits accélèrent fortement le flux descendant et produisent de grandes vitesses d’eaux qui peuvent désorienter, voire de faire paniquer un débutant. En respectant ces principes tout devrait bien se passer.

Il est comment ce perré ?

Bonne question. La réponse n’est pas facile à apporter car chaque saison apporte un peu de changements sous l’eau. Ce perré s’enfonce vers l’Est parallèlement à la plage. Son sommet est relativement étroit, dégagé, et les flancs d’empierrements nord et sud assez pentus. De temps en temps des zones sableuses recouvrent la partie haute sur quelques mètres à peine et offre un passage facile qui ressemble à de petits cols de montagne.

Des deux côtés on trouve le même type de faune que celle présente plus près du bord, avec tout de même moins de vie. Il faut dire qu’à cet endroit les courants montants et descendants sont particulièrement violents. On va donc trouver des trous de congres, de poulpes et de crustacés.

Côté Nord, la pente s’adoucit assez vite dans la zone des 15 m pour aboutir à un plateau sableux ondulé qui descend progressivement vers le chenal un peu plus loin. Le sol est jonché par ci par là de véritables cimetières de coquilles vides d’huitres et de moules. Peu de vie à ce que je me souvienne dans cette zone.

Côté Sud, la pente est assez abrupte et descend dans la zone des 20 m pour aboutir sur une étendue assez plate dans laquelle sont posés en vrac divers poteaux électriques, des blocs de bétons, de petits rochers, des blocs d’hermelles arrachés par les tempêtes. Peu de vie également à cet endroit. Pour rejoindre la plage plein Sud, il faut traverser cette zone profonde sur plusieurs dizaines de mètres. La maîtrise de la consommation d’air impose de ne pas tenter cette traversée. A mi chemin le sol semble remonter vers la surface mais d’un coup replonge vers les profondeurs, c’est assez peu rassurant.

Ceux qui imprudemment s’éloignent trop vers l’Est peuvent avoir envie de couper plein Sud pour rentrer. Grosse erreur. Le plateau qui sépare la plage du perré descend vers la zone des 22 à 24 m en présentant plusieurs promontoires sableux qui remontent vers les 10 m puis replongent vers les 20 m ou plus. Bref, hors de question de s’amuser à faire le yoyo au risque de se retrouver complètement paniqué et à court d’air. Et je ne parle même pas de la gestion des paliers qui vont évidemment s’imposer avant la sortie.

Que faire pour sécuriser la plongée ?

Pour sécuriser la plongée, il vaut mieux ne pas aller trop vers L’Est, disons qu’une trentaine de mètres est bien suffisant. On suit donc la face Nord sur main droite, 3 mètres en dessous du sommet, pendant une trentaine de mètres, on passe un petit col dès qu’on en trouve un et on redescend dans la zone des 12 m. On revient vers l’Ouest avec le perré toujours sur main droite jusqu’à atteindre la partie qui oblique vers le Sud. A ce moment là se placer au sommet s’il n’y a pas trop de courant ou légèrement en contrebas à l’abri du courant qui se lève forcément après l’étale.


Les courants peuvent être violents devant Arcachon, les perrés immergés les perturbent et peuvent créer des remous et des tourbillons dangereux, même en profondeur.

Attention, même sur petits coefficients les courants peuvent être puissants et la visibilité réduite. Certains vont s’ennuyer au cours de cette plongée. Ce qui est à voir est relativement petit. Il y a bien quelques épaves dans le coin mais ça c’est l’objet d’un prochain article. Il sera suivi par un autre plus orienté sur la faune locale. Celle-ci est parfois très différente de ce que la majorité des plongeurs connaissent au Cap Ferret qui n’est distant que de 3 km à vol d’oiseaux.

Bref si vous voulez ne rien louper de la suite, abonnez-vous !!, vous ne pourrez pas louper mes prochaines publications. En attendant, bonnes bulles à tous et toutes, en tous cas, ceux qui ne craignent pas l’eau à 9 ou 10° maxi du moment.